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Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

dimanche 5 décembre 2010

Des patients en psychiatrie exposent dans un hôpital à Villejuif

VILLEJUIF (Val-de-Marne) - Des patients en psychiatrie exposent jusqu'au 8 décembre peintures, sculptures et dessins à l'hôpital Paul-Guiraud de Vilejuif (Val-de-Marne), qui abrite la plus ancienne unité dédiée aux "malades difficiles" en France, a constaté un journaliste de l'AFP.

Gouaches aux couleurs saturées ou peintures naïves, une trentaine d'oeuvres singulières parsèment l'exposition "De la force aux soins" qui retrace également l'histoire du traitement de la santé mentale dans cet hôpital psychiatrique, l'un des trois plus importants en France.

Pièce maîtresse : trois sculptures faites de bric et de broc directement inspirées des "Ménines", un des plus célèbres tableaux de Velasquez.

"On veut montrer une autre image de la santé mentale, qui continue d'être taboue et de faire peur", résume Céline Delysse, directrice de la communication de Paul-Guiraud.

Selon elle, les oeuvres exposées à Villejuif ne s'apparentent pas à "l'art brut" popularisé par Jean Dubuffet dans les années 40 et qui désigne les créations de pensionnaires d'asiles psychiatriques.

"L'art brut n'existe plus depuis que les patients sont traités aux neuroleptiques", précise Mme Delysse, ajoutant que la création à l'hôpital s'inscrivait désormais dans "l'art-thérapie".

Cette exposition coïncide avec le centenaire de l'Unité pour malades difficiles (UMD) de Villejuif, la plus ancienne de France.

Ces structures sécurisées accueillent des patients issus du milieu carcéral ou du milieu hospitalier classique, qui ne peut plus les garder du fait de leur violence.

Elles prennent également en charge des malades ayant eu affaire au système judiciaire mais déclarés pénalement irresponsables.

Il existe cinq UMD en France.
(©AFP / 03 décembre 201



Des anxiolytiques sur ordonnance, et après ?
Publié le 13/11/2010 

Ces dernières années, les prescriptions d’anxiolytiques ont augmenté considérablement dans le monde. Si le débat sur la « médicalisation » voire la « psychiatrisation » d’une certaine angoisse « physiologique » ou « existentielle » est récurrent (faut-il considérer toute anxiété comme pathologique et lui apporter systématiquement une réponse pharmacologique ?), le problème le plus grave concerne l’usage détourné (abuse) de ces produits, lequel peut aller de la surconsommation ponctuelle à l’addiction médicamenteuse.

Émanant du département de psychiatrie de l’université américaine de Columbia, une étude analyse ce phénomène et confirme l’intérêt d’une pharmacovigilance constante. Portant sur près de 35 000 personnes, cette enquête retrouve en effet un mésusage de ces médicaments dans près de 2 % des cas (quand celui-ci concerne l’année écoulée) et dans 7,4 % des cas (en l’intégrant sur toute la vie des intéressés). Selon la durée retenue (une année ou toute l’existence), on constate que 1,5 % à 6,3 % des sujets usent (et abusent) de ces médicaments sans même jamais avoir reçu la moindre ordonnance à cet effet. Et parmi ceux disposant d’une ordonnance en bonne et due forme, elle se trouve détournée dans une finalité non médicale, le plus souvent, chez des hommes « jeunes, de race blanche, ayant des antécédents de toxicomanie ou de mésusage d’autres substances, ou un parcours émaillé de comportements illégaux. »

Ces résultats éloquents montrent que le praticien ne maîtrise pas toujours, en pratique, le devenir de son ordonnance et qu’une prescription de bonne foi portant sur des médicaments contre l’anxiété aboutit parfois à un usage non médical de ces produits. Bien que les anxiolytiques présentent une évidente utilité clinique, une plus grande attention devrait donc être accordée à cette possibilité d’une utilisation détournée des médicaments contre l’anxiété, notamment chez des patients présentant un risque accru de mésusage (profil connu de toxicomanie, d’addictions ou de délinquance).
Dr Alain Cohen


vendredi 3 décembre 2010

Suicide derrière les barreaux
Publié le 01/12/2010    

Les statistiques révèlent une mortalité par suicide cinq fois plus élevée chez les hommes incarcérés que dans la population générale. Mais la contribution spécifique des troubles psychiatriques à ce phénomène demeure méconnue, et une étude britannique a donc exploré les relations entre une pathologie mentale et des tentatives de suicide « presque réussies » (near-lethal suicide attempts) chez 60 prisonniers âgés d’au moins 18 ans, et comparativement à 60 prisonniers n’ayant pas ces mêmes antécédents suicidaires (groupe témoin).

Sans surprise, des troubles psychiatriques sont « omniprésents » chez les prisonniers ayant commis une tentative de suicide « presque mortelle ». Mais de façon plus inattendue, on retrouve aussi ces troubles chez 62 % des sujets-contrôles. Les pathologies concernées comprennent des antécédents dépressifs (avec parfois d’autres tentatives de suicide), des troubles anxieux, des addictions à des drogues ou /et un contexte psychotique. Sur le long terme, on observe l’association de ces suicides en prison avec une « dépression récurrente » ou une psychose.

Cette étude confirme le dysfonctionnement (probablement mondial) des politiques d’incarcération souffrant sur le terrain d’une confusion entre l’hospitalisation du malade mental et l’incarcération du délinquant, puisqu’une certaine population pénale (et même une surpopulation) se retrouve derrière les barreaux, alors qu’elle n’aurait manifestement rien à y faire, les intéressés relevant davantage des compétences de « blouses blanches » que de celles de « robes noires. » Et comme le disent de façon plus feutrée les auteurs, l’écart entre la proportion des prisonniers souffrant de problèmes psychiatriques et ceux recevant des traitements médicamenteux ou une aide psychothérapeutique suggère qu’en plus d’une meilleure évaluation des risques, « il faudrait réexaminer le traitement et la gestion des troubles psychiatriques communs chez les prisonniers à risque. » Au Royaume-Uni, depuis 2006, la responsabilité des soins pénitentiaires est confiée au National Health Service (NHS), le système étatique de santé public (décrit par un ancien chancelier de l’Échiquier, Nigel Lawson, comme la « religion nationale » du pays). Les auteurs espèrent que cela permettra de revaloriser les recherches sur l’efficacité et le coût des interventions psychiatriques en prison.
Dr Alain Cohen



Vivre avec un smic "demande beaucoup de débrouille"
02.12.10

Le ministère du travail a rendu public, mardi 30 novembre, un rapport d'experts chargé de donner son avis sur l'évolution du salaire minimum. Le document suggère de ne pas augmenter le smic, en dehors de la revalorisation liée à l'inflation. Dans une interview à "Libération", jeudi, la ministre de l'économie, Chrisitine Lagarde, a justifié cette position, arguant que "la stratégie des coups de pouce est inefficace pour la création d'emplois et la lutte contrela pauvreté". A cette occasion, nous avons demandé aux internautes touchant le smic (1 055 euros net par mois, à temps plein) de nous raconter leur trajectoire et expliquer comment ils s'organisent pour faire face aux dépenses de la vie quotidienne.

   * Un arbitrage inlassable, par Sandrine G.

Il y a longtemps que je ne regarde plus ma fiche de paie. Je la laisse dans son enveloppe et la range avec les autres. Elles s'accumulent dans un tiroir de la cuisine. Inévitablement, je sais qu'elle affichera le même salaire que le mois précédent : 1 055 euros.

Je déteste par avance la commisération et l'exotisme social dans lesquels vont se vautrer ceux qui liront tous ces témoignages. Mais il faut bien parler ; il faut dire cette expérience. Pour les journalistes, ce n'est qu'un marronnier qui annonce l'hiver. Pour moi, c'est une forme de vie. Et c'est la mienne.

Je suis caissière dans un hypermarché de province. J'ai 35 ans. Mon hypermarché fait en moyenne plus d'un million de chiffre d'affaires par jour. Dès le 7 du mois, je suis à découvert. Une fois que j'ai payé l'assurance de la voiture, l'essence, une petite complémentaire santé, le loyer de mon 25 m², l'assurance de ce logement, l'électricité et l'abonnement portable-Internet, je n'ai quasiment plus rien. Il faut manger aussi.

Seuls ceux qui connaissent cette forme de vie peuvent comprendre l'expérience de l'arbitrage inlassable et du calcul permanent. Je ne connais plus (mais les ai-je déjà connus ?) les petits excès – un livre, un cinoche, un restau, une fringue de marque – que l'on s'offre de temps en temps, en souriant, "parce qu'il faut bien se faire plaisir et qu'on n'a qu'une vie". J'accepte cette vie ordonnée et triste. Je crois que je ne crois plus en la justice.

   * Nous sommes heureux car nous sommes ensemble
, par Audrey C.

Je suis maman solo de deux enfants. Je vis au smic depuis cinq ans. J'ai privilégié le confort de l'habitation. Je vis dans une maison avec trois chambres et un jardin, en location. Avec un loyer élevé et des charges qui le sont aussi, les loisirs sont restreints. On sort très peu les week-ends. Je n 'ai pas le droit aux aides sociales car il faut toucher moins que le smic. Dès qu'il y a des problèmes de voiture ou des grosses factures qui arrivent, c'est dur. J'ai un prêt de consommation et je puise trop souvent dedans. Pour les courses, j'arrive à dépenser moins grâce au hard discount mais pour le reste (mutuelle, assurances, électricité, essence...), c'est dur de pouvoir tout payer avec si peu.

Pour vêtir mes enfants, j'achète des vêtements d'occasion grâce aux vide-greniers ou sur Internet, via des petites annonces. Pareil pour les meubles, l'électroménager. Des amis nous font des dons. Pour Noël, j'ai pris des jouets d'occasion. Les vacances, mes enfants ne connaissent pas. Malgré toutes ces difficultés financières, ils sont heureux car nous sommes ensemble, nous avons chacun une bonne santé et il y a beaucoup d'amour qui fait que l'on se sent plus riche humainement. Mais quand je me retrouve seule dans ma chambre, je me mets à pleurer en pensant à notre vie de misère et comment s'en sortir afin que leur avenir soit meilleur.

   * Je ne vis pas, je survis
, par Jean-Jacques B.

Je galère. Mon loyer représente presque la moitié de mon salaire, tous les 20 de chaque mois je n'ai plus d'argent. J'ai droit à quelques aides, notamment de la banque alimentaire et des aides personnalisées au logement, mais je ne vis pas, je survis.  Je ne fais aucune dépense, donc aucun plaisir. Je ne sors plus depuis que j'ai un loyer à payer. Le pire est que mes dépenses augmentent chaque année de façon continue, alors que mon salaire stagne au raz des pâquerettes. La vie est dure, presque sans intérêt.

   * La solidarité, la force du smicard, par Quentin M.

Vivre avec le smic, c'est éviter le gaspillage de gasoil, de nourriture, d'énergies. Manger LIDL, glaner sur les marchés quelques produits frais. Passer un peu de temps à relancer les institutions comme la Caisse d'allocations familiales pour qu'elles vous aident. Chercher les bonnes affaires quand il est question de vêtements, de matériels divers. Pour faire simple, vivre avec le smic c'est ménager ses envies, limiter ses déplacements (opter pour le vélo), ne pas sortir souvent, faire la fête chez soi, vivre en colocation, découvrir des réseaux d'entraide... C'est la solidarité du smicard qui fait sa force ! Etre smicard, c'est au final connaître la vraie valeur des choses, rester modeste, sans jalousie, et comprendre que la vie ne tourne pas autour de simples jouets à la mode et hors de prix (un iPhone, c'est déjà un tiers du salaire mensuel). Etre smicard demande beaucoup plus de culture, d'audace, de débrouille que d'être né riche et célèbre.

   * On ne vit pas avec le smic sans aides, par NC

Pour avoir une location décente pour quatre personnes dans le Sud, non située en zone inondable ou non insalubre, il faut déjà quasiment compter le smic. Donc en rajoutant téléphone, électricité, gaz et eau, c'est limite ou impossible de se payer la mutuelle, qui reste ainsi réservée aux enfants.

Calculez : 1 100 € de salaire + 700 € toutes allocations confondues + 200 € de pension alimentaire, lorsque le père veut bien = 2 000 €, pas mal. - 900 € de loyer, - 50 € d'électricité, - 150 € de gaz (sans avoir bien chaud), - 50 € de mutuelle pour les enfants, - 10 € d'eau en comptant bien et en se limitant, - 40 € de téléphone et Internet, - 50 € d'assurance pour le véhicule, - 320 € de cantine pour les enfants, - 150 € de centre aéré, moins ce qui reste pour manger, s'habiller, les frais (anniversaires où sont invités les enfants, réparation de véhicule ou tout simplement le gasoil pour aller au travail...).

   * Rigueur et débrouille, par Thomas

Je suis étudiant en alternance et je perçois 60 % du smic, ma copine 70 %. On paie un peu plus de 600 euros de loyer, et pour le reste, on se débrouille comme on peut. Dès qu'on a besoin de quelque chose (un meuble à remplacer, électroménager cassé), on regarde les sites d'annonces, on va chez Emmaüs, ou sur les sites de dons, qui sont encore trop peu courants... Pour les courses alimentaires, on scrute chaque semaine les promotions dans toutes les grandes surfaces, et on fait la tournée des magasins en fonction des offres. Parfois, on va aussi dans les déstockages alimentaires, où les produits ont une date limite de consommation proche, mais qui sont encore consommables. Pour la sécurité sociale, on bénéficie de la CMU (couverture-maladie universelle) complémentaire, ce qui nous limite les frais médicaux.

Nous n'osons pas aller voir les services sociaux, ni les associations humanitaires, non pas par honte ou amour-propre, mais car nous sommes conscients que nous ne sommes, hélas, pas les plus nécessiteux. A coté de notre alternance, nous faisons des petits boulots (plonge dans un restaurant, billetterie lors des spectacles, etc.), mais les places sont aussi rares que précaires...

   * La course à l'argent n'est pas une fatalité, par Alexandre D.

Nous avons deux enfants et vivons avec 1 200 euros net par mois. Pour quatre personnes, c'est donc en dessous du "seuil de pauvreté". La seule combine que nous avons est un coup de chance : nous avons un loyer de seulement 400 euros pour une chouette petite maison entre Aix et Marseille. Il semble que le coût du logement soit le plus gros problème pour vivre avec de petits revenus. Une fois le loyer payé, nous vivons bien. Même très bien. Est-il nécessaire d'avoir de quoi se payer un nouvel iPad tous les mois pour avoir le sentiment de vivre "décemment" ? La France est vaste et le coût de la vie n'est pas le même partout. Le smic n'est donc pas un revenu misérable pour tout le monde. Il est certain qu'à Paris, on doit quelque peu galérer, mais pour beaucoup d'autres, il s'agit simplement d'une vie normale, avec du temps pour faire ce qu'on aime, sortir quand on en a envie et se payer des vacances "décentes" de temps à autre. La course à l'argent n'est pas une fatalité. Sans aucune combine particulière, rien dans notre vie ne me paraît indigne.

   * Plutôt heureuse…
, par Charlotte C.

C'est dur, mais on se fait à tout, l'important étant de pas être trop ambitieux. Je mange peu de viande, j'achète peu de produits alimentaires transformés, j'ai vendu ma voiture, je circule à vélo (j'habite Limoges), je n'achète plus de livres ni de magazines, donc je passe beaucoup de temps dans la bibliothèque de mon quartier, j'emprunte ce qui m'intéresse. Je pars en vacances mais jamais loin, je squatte dans les maisons de vacances de mes amis avec mes filles. Pour les vêtements, je rafistole ou je vais dans les friperies, où je dégote des pièces tendance pour trois fois rien ! Bon, c'est pas toujours facile, j'ai souvent recours au système D mais je n'ai pas l'impression d'être moins heureuse qu'une autre. Je vis de façon très écolo par la force des choses, c'est pas si mal aujourd'hui !

   * Je vis depuis toujours avec le smic, voire moins..., par Anthony R.

Aujourd'hui âgé de 32 ans, je travaille depuis l'âge de 18 ans pour un smic ou à peine plus ; j'ai toujours occupé des postes qui impliquaient de travailler les jours fériés et les week-ends sans autres compensations que celles légales (dans la restauration rapide ou dans la jardinerie, c'est 25 % de plus les week-ends et jours fériés). Le smic m'a tout juste permis de subvenir à mes besoins fondamentaux, vitaux. Heureusement, la famille était là et la caisse d'allocation familiale, entre autres organismes sociaux et aidant.

Seulement, la vie, du moins la mienne, ne se résume pas à "manger, travailler, se loger". La culture et tous les "à-côtés" sont aussi indispensables. J'ai dû alors jongler entre légalité et illégalité. J'ai longtemps vécu en colocation pour minimiser les frais, ai usé de petits jobs "au black", voire même parfois de petits trafics. Rien de tout cela ne m'a permis de me payer de grosses berlines, des vacances dans les îles, juste de vivre ma vie simple, manger, me loger, m'habiller, sortir, découvrir, créer aussi.

   * Un smic, dès lors qu'il faut le partager, c'est maigre, par Océane R.

Personnellement, je suis au chômage (malgré un bac+8), alors je dois vivre en partageant le smic de mon compagnon. Pas d'enfants donc aucune aide. Nous ne pouvons pas en vivre : nous sommes hébergés tous deux chez une tierce personne (c'est-à-dire pas d'intimité de couple, pas d'autonomie, pas d'indépendance financière). Le smic pour une personne seule, ça suffit, mais dès lors qu'il faut le partager, c'est maigre : ça signifie pas de vacances, pas de loisirs, pas de sorties, pas de déplacements (y compris ceux qui me permettraient de trouver du travail), pas de quoi se faire plaisir... Des astuces ? Mon compagnon s'est mis en auto-entrepreneur, mais pour l'instant, aucun chiffre d'affaires, car travailler en plus d'un autre emploi salarié à temps plein, c'est épuisant et certains jours impossible.

Audition publique - Dangerosité psychiatrique : Étude et évaluation des facteurs de risque de violence hétéro-agressive chez les personnes ayant une schizophrénie ou des troubles de l'humeur - Paris - 10 décembre 2010

L'inscription en ligne est disponible ici

Cette Audition publique est organisée par la Haute Autorité de Santé en association avec l’Association France-Dépression, le Collège de la Médecine Générale (CMG), le Collège Français de Médecine d'Urgence (CFMU), le Collège National pour la Qualité des Soins en Psychiatrie (CNQSP), la Direction Générale de la Santé (DGS), la Fédération Française de Psychiatrie (FFP), la Fédération Nationale des Associations d'usagers en Psychiatrie (FNAPSY), la Société Française de Médecine d'Urgence (SFMU) et l'Union Nationale des Amis et Familles des Malades psychiques (UNAFAM).

Du 10/12/10 09:00 au 10/12/10 18:00

Les Livres de la Psychanalyse

Savoirs et clinique N° 12, octobre 2010 :
Freud et l'image
Franz Kaltenbeck  (dir.), Collectif
"Freud et l'image", issu d'un colloque interdisciplinaire, cerne la tension entre l'image dont le sens se laisse dévoiler et une autre fonction de l'image, qui excède le discours, porteuse d'effets esthétiques ou productrice de symptômes.

La psychanalyse tient compte des effets structurants de l'image, lisibles dans sa clinique (l'image du corps propre est le support précoce du moi, un cauchemar peut pousser au suicide). Mais des axes différents traversent sa théorie de l'image. Ainsi, dans La Science des rêves, Freud dévoile un sujet divisé qui, dans son sommeil, est soumis à une véritable passion des images. L'image semble être ici serve du logos, Freud comparant le rébus du rêve aux hiéroglyphes.

En revanche, Lacan met l'accent sur la puissance de l'image à travers la fixité du fantasme et traite l'imaginaire comme une donnée irréductible de l'expérience humaine. Les images, enracinées dans le désir de l'Autre, sont le vecteur de toutes sortes de volontés idéologiques, religieuses ou politiques. Des auteurs ont étudié le surgissement de l'image dans la littérature. D'autres, inspirés par le regard de Freud sur l'art, ont questionné l'art contemporain (peinture, photo, vidéo, cinéma) afin d'en tirer des conséquences novatrices pour la psychanalyse.

Ce numéro a été publié avec l'aide du CRIMIC, Centre de recherche interdisciplinaire sur les mondes ibériques contemporains, de Paris-Sorbonne.

mercredi 1 décembre 2010

Communiqué du NPA. Législation en psychiatrie : une avancée qui en appelle d'autres...
mercredi 1 décembre 2010

Statuant à la demande d’une personne qui estimait avoir été victime d’un internement arbitraire, le conseil constitutionnel vient d’abroger une disposition importante de la loi de 1990 sur l’hospitalisation psychiatrique.

A partir de juin 2011, il ne sera plus possible, au delà de 15 jours, de maintenir une personne hospitalisée à la demande d’un proche, contre son gré, en psychiatrie, sans l’avis d’un juge.

Cette décision relevait jusqu’à présent du seul avis du médecin.

La position du Conseil Constitutionnel remet, de fait, en cause pour les mêmes raisons « l’hospitalisation d’office », décidée par le préfet.

C’est enfin la reconnaissance qu’une personne souffrant de troubles psychiatriques est d’abord un citoyen comme un autre qui ne saurait être privé de sa liberté sans que la justice ait été saisie, même si le délai de 15 jours reste inacceptable.

Cette avancée, vient percuter le projet de loi sécuritaire sur l’hospitalisation psychiatrique, qui devait être soumis au Parlement dans quelques semaines Celui-ci prévoit la généralisation des soins sous contrainte…y compris hors du milieu hospitalier.

Le gouvernement va donc être obligé de revoir sa copie.

C’est l’occasion d’amplifier la campagne autour de l’appel « Mais c’est un Homme » contre la psychiatrie sécuritaire, et pour la reconnaissance de la personne soignée en psychiatrie, comme un être humain, ayant le même droits que tout citoyen !
Le Conseil Constitutionnel a mis en question la loi de 1990, source d’abus. ENFIN !
30 Novembre 2010
Par guy Baillon, Psychiatre des Hôpitaux     

Cet avis du 26 novembre est un progrès, mais surtout nous ne devons pas en rester là !
Certains professionnels de la psychiatrie s’en prennent aussitôt avec maladresse au Conseil Constitutionnel comme s’il s’agissait d’un méfait du Président Sarkozy, Cette réaction se croit juste parce qu’elle est violente alors qu’elle ne fait pas la moindre analyse, elle se croit juste parce qu’elle s’oppose à l’Etat.
Nos amis ne comprennent pas que leur mode de réaction, comme leurs arguments ne font que renfermer encore la psychiatrie dans un ghetto ! Tout en maintenant les psychiatres et leur pouvoir sur un piédestal ; ils en appellent à Foucault, mais c’est cette attitude de pouvoir que Michel Foucault critiquait chez les psychiatres ! C’est ce ghetto qui doit être aboli.

En fait nous devons remarquer que le Conseil reste très timoré et modeste dans sa contestation, sa critique ne concerne que la prolongation au-delà de 15 jours de l’hospitalisation à la demande d’un tiers ! Alors que la loi italienne est beaucoup plus exigeante, elle ne permet que 10 jours d’hospitalisation sous contrainte. La critique du Conseil est très partielle. C’est bien peu. De façon stupéfiante, il ne met pas en cause la prolongation des hospitalisations d’office, c’est cela qui est incohérent !

Reprenons nos esprits. Cet avis au lieu de provoquer la colère doit être au contraire l’occasion de remettre en cause la totalité de notre législation, et en cela on ne peut qu’être content de ce premier pas fait par le Conseil Constitutionnel, il faut non seulement le suivre mais l’entrainer pour remettre en cause l’atteinte à la liberté qu’installent dans notre pays de liberté la loi de 1838, et la loi de 1990 -qui n’en est que la confirmation hypocrite, elle est en réalité plus grave, car elle est appliquée avec beaucoup plus de facilité et de laxisme que ne l’était la loi de 1838 : -ainsi entre 1970 et 1990, pendant toute cette période, les hospitalisations sous contrainte ont diminué considérablement de 80 à 20%. Mais depuis la loi de 1990, qui a commencé à faire refluer les soignants sur l’hôpital et diminué les soins de secteur, les hospitalisations sous contrainte n’ont fait que croitre chaque année !
Dans le débat actuel les psychiatres ne se souviennent plus du propos très dur de Bonnafé, Daumezon et leurs amis: « l’internement cette conduite ‘primitive’ » (Information Psychiatrique, novembre 1948) ou ils ne l’ont pas compris. De plus nos anciens n’ont cessé de nous mettre en garde : toute ‘révision’ de la loi de 1838 (a fortiori celle de 1990) ne peut aboutir, justement parce que l’on veut accroitre les garanties, qu’à un résultat plus inquiétant car restreignant de façon plus perverse la liberté des patients. La seule attitude, à leurs yeux, était de promouvoir l’application de la politique de secteur qui, plutôt que des pierres et plutôt que des lois, mettait des hommes à la disposition de la population. La seule loi souhaitable était selon eux une loi avec un seul article : « La loi de 1838 est abolie ». Le Conseil devrait continuer sa critique et demander d’abolir la loi de 1990.
Le reste devait être réalisé concrètement par le déploiement des soignants dans les espaces de vie de la ville pour que la psychiatrie soit ‘accessible’, se montre vraiment au service des hommes de la Cité, les soigne là en s’appuyant si besoin sur les lois de droit commun.
Les troubles psychiques graves se déploient toujours sur de longues durées ; la présence dans le tissu social d’une équipe de secteur (enfin sortie de son ghetto hospitalier), et sa disponibilité permettent à la fois de répondre à la survenue progressive des troubles et d’enrayer leur évolution vers des manifestations violentes (celles-ci ne surviennent que parce que les premiers troubles n’ont pas été remarqués, et en particulier parce que les soignants refusent de recevoir et d’écouter la famille ; les familles sont les premiers témoins de ces souffrances, mais depuis deux siècles la psychiatrie méprise et écarte la famille).
Ceci n’est pas un propos abstrait : c’est ce que la pratique de la politique de secteur, dans les secteurs qui n’ont pas été déchirés ou laminés par l’administration, a montré progressivement pendant 40 ans ! C’est un constat clair. Il n’est pas besoin de loi pour soigner. Une loi ne soigne pas. Il faut en témoigner tant que la psychiatrie de secteur existe encore.
La psychiatrie ne peut évoluer que si elle prend conscience de son ghetto et de son pouvoir démesuré dénoncés par Michel Foucault comme par Bonnafé et Daumezon. C’est dans cette démarche seulement de critique de sa ghettoïsation que la stigmatisation et la discrimination, les pires fléaux de notre époque, seront écartées. Il est très regrettable de constater que les psychiatres de gauche comme de droite ne rêvent que d’obligation de soins et veulent l’appliquer eux-mêmes, ne percevant pas qu’ainsi ils se mettent au-dessus des lois. Puisqu’ils s’occupent de la folie seraient-ils ‘sacrés’ d’une valeur supérieure aux autres citoyens, ils seraient seuls à être capables de rencontrer les malades et à savoir comment diriger leur vie ! Il suffit de descendre de notre piédestal et d’aller voir l’équipe de secteur voisine et de regarder concrètement comment ces hommes que nous sommes agissons dans le quotidien avec les patients (auxquels nous refusons le terme d’usagers en dehors des soins) et avec leur famille : le constat est accablant, montrant notre naïveté et notre désarroi, mais aussi notre violence quand nous sommes démunis. Il faut seulement du temps et une attitude humaine, et pas une loi, pour commencer à soigner : l’attention à l’autre.

Avec cet arrêt du Conseil Constitutionnel la voie de la critique des lois spécifiques, ségrégatives et limitatives de liberté est enfin ouverte (on se sent assez mal à l’aise aujourd’hui de comprendre que cette démarche aurait pu commencer il y a longtemps).
Rien ne justifie une loi spéciale pour les troubles psychiques : la ségrégation et le racisme commencent là.
Ne parlons plus dans l’abstrait, concrètement il n’y a aucune amélioration possible de la loi de 1990, copie de la loi de 1838, parce que justement elle est basée sur une donnée ségrégative. Un pas considérable avait été fait avec la loi sur les biens en janvier 1968 : en effet la loi de 1838 concernait la personne ‘et’ ses biens, elle enfermait et en même temps elle gardait sous son contrôle tous les biens des malades (en fait elle les laissait dépérir). La loi de 1968 est une loi de droit commun s’adressant à toute personne limitée dans la gestion de ses biens quelle qu’en soit la cause (physique, psychique ou contextuelle). Cela a été une amélioration considérable. Mais le pire reste là : la restriction de liberté de la personne a persisté.

Il est essentiel de comprendre que toute limitation de la liberté est une atteinte aux droits constitutionnels de l’homme. Cette limitation ne saurait être mieux sauvegardée par un corps professionnel autre que la justice dont c’est la fonction. Sinon on crée une autre catégorie dans l’espèce humaine et l’on donne à la population un argument et des armes pour mettre à part cette catégorie, la traiter d’une autre manière et lui imposer un joug qui va l’inférioriser.
Cette question est aussi importante que l’était la peine de mort. Elle doit provoquer des débats aussi vastes. La persistance de la situation actuelle, qui a commencé en 1838, constitue une porte ouverte à toutes les dérives totalitaires.
Nous pouvons nous réjouir de voir le Conseil Constitutionnel nous ouvrir la route.
Mais ne nous cachons pas la réalité : la vraie question, celle qui prime tout et qui est occultée par ce débat, est l’élaboration d’un plan de santé sur la psychiatrie permettant de former suffisamment des hommes et de les mettre à disposition de la population dans les espaces banaux de la Cité, pour qu’ils soient « au service de tous » et apaisent ensemble, avec leur entourage, leurs souffrances psychiques. C’est une cause commune faite de solidarité.

Des sans-papiers exclus des centres d'hébergement d'urgence
29.11.10
AFP/PASCAL GUYOT



En octobre 2007, le président Nicolas Sarkozy avait rappelé le principe de l'accueil inconditionnel des SDF dans les centres d'hébergement d'urgence.

Refuser d'héberger des familles à la rue parce qu'elles ont été déboutées du droit d'asile, faire un tri entre les sans-abri selon leur "statut administratif"... C'est illégal et contraire aux promesses du président de la République d'offrir un "accueil inconditionnel" dans les centres d'hébergement d'urgence. Mais ces pratiques se multiplient en France selon le journal Libération qui publie, lundi 29 novembre, une série de documents confidentiels révélant des directives données par certaines préfectures pour exclure les sans-papiers des centres d'accueil pour sans-abri.

Le quotidien publie ainsi l'extrait d'un courriel adressé aux associations chargée de l'accueil des SDF par la direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) du Calvados : "Il a été rapporté à la DDCS que les ménages déboutés de la demande d'asile étaient présents en structure d'hébergement d'urgence (...). Lors de la réunion qui s'est tenue en préfecture le 16 juillet, la DDCS avait clairement annoncé que les déboutés ne seraient plus pris en charge dans le dispositif d'hébergement" et ce afin de résoudre un problème chronique de manque de place dans les structures d'accueil. "Actuellement, de trop nombreuses personnes restent quotidiennement sans solution de mise à l'abri, certaines places d'hébergement d'urgence étant embolisées [sic] par des personnes déboutées [du droit d'asile]."

La préfecture a, depuis, dû reconnaître que "le contenu de cet e-mail n'était pas légal" et que les mesures préconisées n'ont pas été mises en œuvre.

Dans le Haut-Rhin, il a été demandé aux responsables du 115 (chargés d'orienter les sans-abri qui les contactent vers les places d'hébergement disponibles), d'opérer un tri, selon la situation familiale du demandeur (célibataire, famille...), de sa vulnérabilité, et de son "statut administratif". Libération explique que le cahier des charges distingue les sans-abri de " (destiné à aider les personnes à la rue ou logées dans des conditions précaires) malgré l'annulation de la mesure de reconduite à la frontière prise à leur encontre
droit commun" et "les demandeurs d'asile ou les déboutés du droit d'asile". "En cas de saturation des places d'hébergement d'urgence, la nécessité d'assurer une fluidité au dispositif impose de prioriser le public de droit commun", stipule le document que s'est procuré le journal.

Un troisième cas est encore cité dans l'Yonne où une famille sans papiers a perdu son logement ALT

UNE "VARIABLE D'AJUSTEMENT"


Devant le manque de place dans les centres d'hébergement d'urgence, "les étrangers sans papiers deviennent une variable d'ajustement", déplore Nicole Maestracci, présidente de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS) qui rappelle qu'en 2007, "le président avait remis les choses au clair et réaffirmé ce principe de l'inconditionnalité".

En octobre 2007, lors de la journée mondiale du refus de la misère, Nicolas Sarkozy avait en effet clairement affirmé que l'accueil des personnes à la rue devait être "inconditionnel". "Quand quelqu'un est à la rue, qu'il est dans une situation d'urgence et de détresse, on ne va tout de même pas lui demander ses papiers. (...) Dans les centres d'urgence, on doit accueillir tout le monde", dit-il dans ce discours qu'il avait prononcé au Conseil économique et social, et que le site de l'Elysée a mis en ligne.

Lundi, après les révélations de Libération, le secrétaire d'Etat au logement, Benoist Apparu, a indiqué qu'une circulaire "hiver" serait envoyée "en fin de semaine" à toutes les préfectures, rappelant notamment ce principe de "l'accueil inconditionnel" dans les centres d'hébergement d'urgence, qui est inscrit dans le Code de l'action sociale et des familles. "J'ai fait appeler les trois préfectures [Calvados, Haut-Rhin, Yonne], c'est réglé", a-t-il assuré, faisant état "soit de zèle soit d'une mauvaise application" des directives.

Le secrétaire d'État, qui a rappelé la semaine dernière lors d'une visite au SAMU social l'objectif de "zéro demande non pourvue", a insisté sur l'existence d'une "mise à l'abri humanitaire quelle que soit la situation individuelle des personnes. Quand il y a un risque de passer la nuit dehors lors d'une période de grand froid, on ne se pose pas la question de savoir si la personne est française ou non, si elle a des papiers ou non."

Les informations de Libération ont suscité l'indignation de la gauche. "La responsabilité de la République c'est d'héberger tout le monde et ne pas faire le tri entre les SDF avec papiers et les SDF sans papiers", a tenu à rappeler le porte-parole du parti socialiste, Benoît Hamon. "Après la remise en cause de l'aide médicale d'État, la droite continue son offensive de destruction du principe de dignité de la personne humaine, inscrite depuis peu dans le préambule de notre Constitution", ont dénoncé les sénateurs du groupe PCF-Parti de gauche qui évoquent, dans un communiqué, une forme de "xénophobie d'État".

La FNARS, elle, appelle les pouvoirs publics à "adopter une attitude plus pragmatique et à regarder la réalité telle qu'elle est". "La politique consistant à rendre plus difficile l'accès à l'hébergement ou aux soins crée davantage d'insécurité pour les gens visés, mais aussi pour toute la société, rappelle, dans Libération, Nicole Maestracci. "Une société n'a jamais intérêt à laisser des gens dans une situation de dénuement total."

Douleur chez l'enfant : la contention bien présente

Daniel Annequin continue son petit bonhomme de chemin. Farouche combattant de la lutte contre la douleur chez l’enfant, ce médecin anesthésiste à l’Hôpital d’enfants Armand Trousseau à Paris a présenté, vendredi, un travail sur l’utilisation de la contention dans le soin chez l’enfant.

Eh oui, cela arrive. Et beaucoup plus souvent qu’on ne le croit. On dit même qu’en France les pratiques ont du mal à évoluer. Une infirmière en formation racontait récemment: «J’ai assisté à des scènes insupportables pour moi : des enfants que l’on maintient pendant plus de trois quarts d’heure pour poser une voie veineuse, des hurlements dont ces enfants se souviendront toute leur vie, des réflexions désobligeantes de la part de l’équipe soignante.»

Pour y voir plus clair, Daniel Annequin a réalisé, dans son hôpital qui est donc plutôt en avance sur ces questions, une étude. Les soignants ont réalisé une cotation de la contention selon une échelle de 5 niveaux. Niveau 0, pas de contention: l’enfant est calme et détendu. Le niveau 1 correspond à une «contention douce», c’est à dire une partie du corps de l’enfant est juste maintenue par une personne, sans réaction de retrait de l’enfant. Le niveau 2 renvoie à une «contention moyenne»: une ou plusieurs parties du corps de l’enfant sont maintenues avec réaction de retrait de l’enfant. Le niveau 3 correspond à une «contention forte»: une ou plusieurs parties du corps de l’enfant sont maintenues fermement, par plusieurs personnes. L’enfant proteste, crie et pleure. Le niveau 4 équivaut à une «contention très forte» : une ou plusieurs parties du corps de l’enfant sont maintenues (par plusieurs personnes) avec réaction de retrait, agitation importante de l’enfant qui se débat fortement malgré la contention.

Les résultats ? Huit unités de soins de Trousseau ont participé à cet audit qui a concerné 296 gestes chez 212 enfants. 42% des soins étaient des ponctions veineuses ou pose de cathéter, 17% de prélèvements superficiels, 10% de pansements, 6% d’aspirations rhino-pharyngées et 5% de ponction lombaire. Et bien, 28 % de ces gestes ont un niveau entre «2» et «4», 9% des gestes ont même nécessité une contention forte ou très forte. Ce qui est beaucoup. Dans plus de deux cas sur trois, les enfants qui ont subi une contention forte n’avaient pas reçu une analgésie suffisante. Et ce constat, peu encourageant: «Le soin qui se déroule mal n’est quasiment jamais arrêté et ce, même dans un hôpital très soucieux de la douleur» , note Daniel Annequin qui ajoute. «Il faut en finir avec l’omerta sur ce sujet.
Éric Favereau
Infirmières et âge de la retraite: ce qu'elles pensent.

En apparence la réforme en cours des études d’infirmières à vocation à renforcer la reconnaissance professionnelle du métier. Cette réforme s’inscrit dans celle, plus globale de la réforme en cours « Licence, Master Doctorat ».

La réforme LMD fixe les règles d’accessibilité à des niveaux universitaires de diplômes au bout d’au moins 3, 5 et 7 ans. A la clé, pour les infirmières, un passage en catégorie A (celui des cadres notamment) et une bien légitime revalorisation salariale. Oui mais voila ! Selon un sondage IPSOS établi à l’occasion du très prochain salon infirmier, 45% des infirmières concernées par la réforme préfèrent rester en catégorie B. La raison : Le maintien de leur droit de départ à la retraite à 55 ans. 39% des infirmières interrogées acceptent le passage en catégorie A avec un report de l’âge de la retraite à 60 ans majorée selon la réforme Woerth Sarkozy.

Les infirmiers et infirmières ont aussi été interrogés sur « l’âge maximum auquel ils pensent  pouvoir exercer leur métier dans de bonnes conditions » A cette question 48% % déclarent un âge inférieur ou égal à 55 ans et 45% un âge supérieur. Mais ces chiffres s’accompagnent de fortes disparités dans la mesure ou les infirmiers libéraux placent majoritairement la barre à 60 ans ou plus à l’inverse de celles et ceux travaillant à l’hôpital public.
François Aubart
Seuls, reclus chez eux : est-ce grave docteur ?

Seul, chez soi, à l’abandon : est-ce pour autant une maladie? Des «personnes âgées en perdition dans leur domicile», tout le monde en connaît : ces vieux qui ne sortent plus de chez eux, qui ouvrent peu la porte, ont peur de tout. Souvent, quand le voisinage intervient, c’est trop tard, la personne a basculé dans un autre univers.

La semaine dernière, à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, s’est tenu, à l’initiative de la Fédération des réseaux de santé gérontologie d’Ile de- France, le colloque «Gériatres et psychiatres : quelles collaborations au domicile du patient ?» Une étude a été présentée sur ces vieux en perdition chez eux. Ce sont des gériatres d’une association de l’est parisien qui ont travaillé sur cette population.

Ils disent avoir vite senti qu’il s’agit «d’une population particulière, pour la plupart en manque de soins». Et ont décidé d’analyser les dossiers des 225 premiers patients visités. Leur âge moyen est de  81 ans, 62% sont des femmes, 75%vivent seuls.«Près d’une personne sur deux a un entourage défaillant, lointain, voire inexistant», a décrit le Dr Stephan Pau-Montero. «35%, au départ, refusent les soins ou les aides en tout genre. 49% n’ont pas de médecin traitant.» L’étude montre que «31% de ces personnes âgées vivent dans des domiciles insalubres, 32%s ont dénutris. Par exemple, 14% d’entre eux ont des frigidaires vides, ou éteints, ou encore mal utilisés.» Que faire ? Intervenir alors qu’apparemment la plupart de ces personnes n’expriment pas de demandes ? Ne rien faire, ne serait-ce pas de la non-assistance à personne en danger ? Les gériatres américains ont défini un syndrome gériatrique dit «d’autonégligence», à l’instar des chutes, de la dénutrition, voire des incontinences.

Ce syndrome se définit «par une absence de recours aux besoins primaires», que ce soit l’hygiène, la santé, la sécurité, l’eau ou la nourriture. Dans le cas de l’étude de l’est parisien, près des deux tiers des personnes âgées en seraient atteintes. Et le Dr Stephan Pau-Montero de conclure : «La reconnaissance de ce syndrome doit permettre une meilleure prise en charge de ces personnes jusque-là exclues du parcours de soins traditionnels.» Est-ce si sûr ?

Médicaliser des comportements peut certes avoir des effets positifs. Mais sont-ils malades ?
Qu’en disent les intéressés ? Comme souvent dans ce genre d'études, leur parole manque fortement....
Eric Favereau


ABANDONNÉS - Un pays sans parents (Lens)

A la frontière de l’Europe, la Moldavie ne parvient pas à profiter de sa croissance. Une très large partie de sa population est poussée à l’émigration économique. Chaque famille a son lot d’adultes partis à l’Ouest pour travailler. En se rendant dans une école primaire dans une petite ville du pays, la photographe Andrea Diefenbach s’est rendu compte que les deux tiers des enfants connaissaient cette situation… au point que certains vivent seuls, gardés par leurs sœurs ou leurs frères aînés, parfois par leurs grands-parents.

Dans certains villages, la situation est tellement désespérée qu’une très grande majorité des adultes sont partis. Les enfants sont livrés à eux-mêmes. Les photos d’Andrea Diefenbach les montrent qui s’occupent seuls les uns des autres, où qui mangent avec leurs grands-parents, le regard un peu perdu. Tous vivent collés au téléphone, parfois à Skype, outils qui leur permettent de garder le contact avec leur mère ou leur père, qui leur envoient des cartons remplis de nourriture pour rendre l’éloignement moins dur à vivre.

Mais les enfants perdent la notion de famille, de nationalité ainsi que leur mode de vie. En réalité, ils sont privés de leur enfance”, écrit le blog Lens du New York Times.
Les psys sont-ils comme dans «Sopranos» ou «In Treatment»?

Les thérapies, qui prennent du temps, passent bien mieux sur petit écran qu'au cinéma.

Charlotte Pudlowski

Dans In Treatment et dans les Sopranos, les séances de psy sont inhabituelles. Les face-à-face remplacent les divans et les séances sont montrées plus longuement: on se rapproche de la réalité.

Les séries sont plus réalistes que les films

Le spectateur voit la thérapie avancer progressivement, à un rythme nettement plus réaliste que celui qu'on voit dans les films, ne serait-ce que parce que la temporalité des séries s'y prête mieux que celle des films. 

Comme le note le Professeur Gabbard dans son livre La Psychiatrie et le Cinéma, dans la plupart des films, les thérapeutes finissent toujours par coucher avec leur patient (par exemple dans La Maison du Dr Edwards d'Alfred Hitchcock pour n'en citer qu'un). [...]

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UNE POLLINISATION DE LA VILLE

À travers le terme générique de «Pollinisation de la ville», le Parti Poétique met en chantier un projet de recherche transdisciplinaire portant sur la ville, autour du travail d'Olivier Darné, plasticien et apiculteur urbain. Avec l'abeille pour témoin, ses installations dans l'espace public questionnent nos relations à l'environnement urbain, ses flux, ses tensions, ses densités et son organisation sociale, et favorisent la perception par le public des enjeux associés à une lecture de la ville différente, critique et constructive, au croisement des champs politiques et culturels. [...]

Avec ce projet de recherche appliquée, intitulé la Banque du miel, l’association franchit aujourd’hui une nouvelle étape de développement, qui se caractérise notamment par le lancement d’une vaste mission de pollinisation et d’essaimage. Par le biais d’installations artistiques dans l’espace public, la Banque du miel sensibilise le grand public à la lecture et à la compréhension des pressions que l’homme opère sur les milieux qu’il habite. La pertinence des problématiques soulevées par ce projet est mise en évidence par l'actualité de deux crises, l’une écologique (dégradation des écosystèmes, diminution des populations d'abeilles...), l’autre économique et sociale (crise financière).


Chaque année entre 200 et 300 kilos de Miel Béton sont offerts sur les trottoirs des villes, les places, les théâtres où les abeilles sont installées dans le cadre des projets de "pollinisation de la ville".
Le reste du miel produit par le Parti Poétique est vendu.
En achetant un pot de ce “Butin du ciel”, nectar et concentré d’histoires et de géographies urbaines vous investissez dans une ruche et parrainez la folie d’un projet artistique.

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Séminaire Psychologie, psychiatrie et psychanalyse : histoires croisées

  
* Jacqueline Carroy, directrice d’études à l’EHESS (TH)
* Jean-Christophe Coffin, maître de conférences à l’Université Paris-V/Descartes
* Annick Ohayon, maître de conférences à l’Université Paris-VIII/Vincennes-Saint-Denis
* Régine Plas

Psychologie, psychiatrie et psychanalyse ont contribué et contribuent à constituer le champ des savoirs et des pratiques sur l’homme. Il nous semble important de développer à leur endroit une approche historienne. Ce séminaire a pour propos de confronter les histoires de la psychologie, de la psychiatrie et de la psychanalyse, et d’explorer les territoires dévolus à l’homme moral, physique et social dans la période allant du XVIIIe au XXe siècle. Nous souhaitons privilégier la confrontation des approches et des points de vue afin de mettre en œuvre une histoire intellectuelle, culturelle et sociale du domaine « psy ». Soutenu par la Société d’Histoire des Savoirs sur le Psychisme (SHSP), ce séminaire est ouvert aux chercheurs et aux étudiants en histoire et en histoire des sciences, aux praticiens et aux chercheurs en psychologie, psychiatrie et psychanalyse et plus généralement en sciences humaines, ainsi qu’à toute personne intéressée.

Pour accéder au programme, cliquer ici

dimanche 28 novembre 2010

Le Conseil constitutionnel censure la loi sur les internements psychiatriques
26.11.10

Le Conseil constitutionnel a censuré, vendredi 26 novembre, la loi de 1990 sur les hospitalisations sous contrainte, en imposant le contrôle d'un juge dans les quinze jours après un internement en psychiatrie.

Saisi dans le cadre d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), le Conseil a considéré que l'hospitalisation sans consentement d'une personne atteinte de troubles psychiques à la demande d'un tiers ne peut être prolongée au-delà de quinze jours sans l'intervention d'un juge.

GARANTIES INSUFFISANTES


Il a en conséquence déclaré contraire à la Constitution l'article L337 du code de la santé publique, qui permet la prolongation d'une telle hospitalisation sur la seule foi d'un certificat médical circonstancié pour une durée maximale d'un mois, renouvelable par périodes successives.

Régie par la loi du 27 juin 1990, l'hospitalisation sous contrainte peut se faire soit à la demande d'un tiers, soit sur décision administrative du préfet ou du maire, motivée par la sécurité des personnes et de l'ordre public.

Le Conseil considère que les garanties prévues par la loi de 1990 sont insuffisantes. Il indique que "la liberté individuelle ne peut être tenue pour sauvegardée que si le juge intervient dans le plus court délai possible".

Or, relève-t-il, les contrôles et recours juridictionnels actuellement prévus par la loi sont insuffisants. "Ni l'obligation faite à certains magistrats de l'autorité judiciaire de visiter périodiquement les établissements accueillant des personnes soignées pour des troubles mentaux, ni les recours juridictionnels dont disposent ces personnes pour faire annuler la mesure d'hospitalisation ou y mettre fin", ne satisfont aux exigences de l'article 66 de la Constitution qui donne à l'autorité judiciaire la protection de la liberté individuelle.

DÉLAI DE QUINZE JOURS

Le Conseil souligne en outre que le droit reconnu aux personnes internées de saisir un juge est particulièrement difficile à mettre en œuvre, car une telle demande revient à manifester de la "défiance", envers ceux qui les soignent.

"Il est paradoxal que ceux dont les facultés sont altérées (…) soient en France les seules personnes pour qui la privation de liberté n'est pas soumise à un contrôle systématique de l'autorité judiciaire", soulignent les juges constitutionnels.

Le Conseil fixe à quinze jours le délai au-delà duquel l'intervention d'une "juridiction de l'ordre judiciaire" est obligatoire. Il n'a pas imposé qu'aucun internement ne soit décidé sans avis judiciaire. Les juges ont ainsi rappelé que la Constitution n'impose pas l'intervention d'un juge préalablement à toute mesure de privation de liberté.

Le Parlement dispose de huit mois pour proposer et voter une nouvelle loi, le Conseil ayant reporté l'entrée en application de sa décision au 1er août 2011.

Un impact sur la réforme en préparation
26.11.10

Imposée par le Conseil constitutionnel vendredi 26 novembre, l'obligation pour un juge de viser sous quinze jours les hospitalisations sous contrainte aura nécessairement un impact sur le projet de réforme de la loi de 1990, en attente d'examen par les parlementaires. Ce projet de loi "relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques", présenté en conseil des ministres en mai, élargit la possibilité de soins sous contrainte en dehors de l'hôpital.

Le texte prévoit la mise en place, à l'arrivée d'un malade à l'hôpital psychiatrique, d'une période d'observation de 72 heures maximum. Sera alors décidé s'il peut rentrer chez lui, s'il sort avec l'obligation de se soigner, ou s'il est hospitalisé, avec ou sans consentement.

Le projet de loi répond à une demande des familles, soucieuses de voir améliorer le suivi des malades. C'est après le drame de Grenoble, où un malade ayant fugué de l'hôpital avait poignardé un étudiant, que le président de la République avait demandé, fin 2008, une réforme des règles de l'hospitalisation.

Le texte fait l'objet de nombreuses critiques de psychiatres, d'associations et de la gauche. Ses opposants pointent l'absence de contrôle judiciaire : "Il maintient l'exception française en Europe d'une loi spécifique pour le traitement sous contrainte en psychiatrie, sans qu'un juge intervienne dans l'autorisation de cette privation de liberté. En posant le principe d'un soin sous contrainte imposable tant à l'hôpital qu'au domicile du patient, il y ajoute l'atteinte à la vie privée", indique ainsi un appel intitulé "Mais c'est un homme", signé notamment par la Ligue des droits de l'homme et le Syndicat de la magistrature.

Les psychiatres s'inquiètent en outre de voir imposer, pour des raisons sécuritaires, des soins sans consentement sur longue période par les préfets, qui suivent les sorties. Plus globalement, ils redoutent que les traitements médicamenteux l'emportent sur le suivi thérapeutique.
Laetitia Clavreul


Quand la machine "judiciaire" prend le pas sur l'évaluation psychiatrique...
 Par MARIE THERESE FERRISI
27 Novembre 2010

Une plaignante, Danielle S, a fait valoir auprès du Conseil constitutionnel que ses droits de liberté (téléphoner, recevoir du courrier, refuser un traitement) au vu de la loi du 27 juin 1990 relative aux droits et à la protection des personnes hospitalisées en raison de troubles mentaux et à leurs conditions d’hospitalisation, ces droits n’ont pas été respectés.
« Les sages » saisis par le Conseil d’Etat ont décidé hier soir la suppression de l’article L.337 inscrit au Code de la Santé Publique selon lequel :
- « Dans les trois jours précédant l'expiration des quinze premiers jours de l'hospitalisation, le malade est examiné par un psychiatre de l'établissement d'accueil.
« Ce dernier établit un certificat médical circonstancié précisant notamment la nature et l'évolution des troubles et indiquant clairement si les conditions de l'hospitalisation sont ou non toujours réunies. Au vu de ce certificat, l'hospitalisation peut être maintenue pour une durée maximale d'un mois.
« Au-delà de cette durée, l'hospitalisation peut être maintenue pour des périodes maximales d'un mois, renouvelables selon les mêmes modalités.
« Le certificat médical est adressé aux autorités visées au deuxième alinéa de l'article L. 338 ainsi qu'à la commission mentionnée à l'article L. 332-3 et selon les modalités prévues à ce même alinéa.
« Faute de production du certificat susvisé, la levée de l'hospitalisation est acquise »   

 A partir du 1er août 2011,  les malades mentaux hospitalisés à la demande d’un tiers (HSDT) feront l’objet au terme du quinzième jour d’hospitalisation non plus du seul certificat médical circonstancié qui affirme ou infirme la nécessité de poursuivre ce mode d’hospitalisation sous contrainte parce que leurs troubles ne leur permettent pas d’accepter les soins, mais ce sera au juge d’en décider.

La réforme de la loi de 1990 en attente d’examen (évènements tragiques de Pau, Grenoble) les parlementaires  devront d’ici là choisir soit un JLD (juge de la liberté et de la détention) ou une juridiction ad hoc qui fera le contrôle de l’HSDT.

Aujourd’hui, ce même contrôle est appliqué pour les gardes à vue et la rétention des étrangers. Il ne manquait que les personnes hospitalisées sans leur consentement.

L’avocate Corinne Vaillant a donné comme argument de défense de la plaignante que le simple fait de demander un stylo pour écrire à un juge était parfois considéré comme un motif suffisant pour prolonger l’internement.

D’abord le mot « internement » fait référence à la psychiatrie asilaire d’avant François Tosquelles précurseur de la psychiatrie institutionnelle. Ensuite, j’essaie d’imaginer le contexte où le patient qui est ou  n’est pas conscient de ses troubles et  au vu de ses droits qui lui ont été énoncés à son admission demande un stylo pour écrire à l’autorité judiciaire.

 Les soignants  (médecins, infirmiers) sont formés pour établir la différence clinique entre le délire procédurier de la personne paranoïaque et le discours névrotique de celle qui demande une écoute disponible et bienveillante. Dans les deux cas, un entretien s’ensuit.

La tournure judiciaire de ceci m’inquiète car ce qui pourrait être perçu par les soigants comme étant un signal clinique sur le chemin de la guérison par une prise de conscience des troubles ou l’acceptation du traitement serait disqualifié par le simple fait que nous répondrons au malade : « C’est le juge qui décidera si vous continuer le traitement et/ou si vous sortez demain » car c’est de cela qu’il va s’agir plus que la demande du coup de fil à passer ou du courrier à envoyer en toute urgence.

Nous savons par expérience que « la relation thérapeutique » est difficile à mettre en place avec une personne qui n’en a pas fait la demande parce que déni des troubles.

La CDHP (commission départementale des hospitalisations psychiatriques) a vocation consultative pour ce mode d’hospitalisation sous contrainte et peut être saisie par le patient. A-t-elle appliqué ses missions ? Est-ce que cette affaire n’est pas un prétexte politique d’un amenuisement du pouvoir médical transféré au ministère de la justice comme pour les affaires de "l’intérieur" ?

LE MONDE DES LIVRES
25.11.10

"Tomates", de Nathalie Quintane, "Les Ailes de plomb", d'Adriano Sofri et "Il vous faudra nous tuer", de Natacha Boussaa : écritures insurgées

Quand la révolution semblait aller de soi, en 1789, en 1917 ou même en 1968, elle était indissociablement action et poésie, insurrection sociale et dissidence langagière. Mais, depuis qu'elle paraît improbable dans les rues, c'est dans les textes que son esprit a trouvé refuge. Et c'est à la littérature qu'il revient d'accueillir l'espérance radicale en ses élans comme en ses fourvoiements.

Or, pour l'écrivain contemporain, penser la révolution c'est méditer une transmission bloquée, ainsi qu'en témoignent trois récits parus récemment : Tomates, de Nathalie Quintane, Les Ailes de plomb, d'Adriano Sofri, et Il vous faudra nous tuer, de Natacha Boussaa. Chacun à sa manière, ces livres tournent autour d'une seule interrogation : comment hériter des mots brûlants, de ces mots de passe qui soulevaient naguère les foules, comment les relancer aujourd'hui sans avoir l'air de prendre la pose, de bégayer lamentablement ?

Pour répondre à cette question, ces trois textes opèrent un va-et-vient, explicite ou souterrain, entre la mémoire militante des années 1970 et les enjeux de la période actuelle : les émeutes de banlieue, en 2005 ; les manifestations hostiles au contrat première embauche (CPE), en 2006 ; l'affaire dite de "Tarnac", du nom de ce village corrézien où s'étaient installés Julien Coupat et ses amis, avant d'être accusés d'avoir voulu faire dérailler des TGV.

"Jeune homme à idées"

C'est Nathalie Quintane qui met en avant ce dernier exemple : "Le fait est que nous avions été affectés par l'emprisonnement, arbitraire, d'un jeune homme à idées", écrit-elle. Au début de Tomates, elle confie que, pour elle, cette indignation devant le sort infligé à Julien Coupat a coïncidé avec la redécouverte des textes d'Auguste Blanqui (1805-1881), ce révolutionnaire qui passa trente-six ans au fond d'une cellule, et qu'on surnomma "l'Enfermé".

Dans L'Éternité par les astres, un essai écrit durant sa captivité au fort du Taureau, en Bretagne, le vieux socialiste notait : "Il n'y a pas de progrès, hélas ! Non, ce sont des rééditions vulgaires, des redites. Tels sont les exemplaires des mondes passés, tels ceux des mondes futurs. Seul le chapitre des bifurcations reste ouvert à l'espérance." Afin d'ouvrir un chapitre de ce genre, Nathalie Quintane expérimente à son tour la possibilité d'une nouvelle écriture insurgée.

Pour cela, l'auteur accomplit un double geste. Elle commence par reconnaître la césure qui sépare les paroles d'hier de celles d'aujourd'hui. Voilà pourquoi elle cite plusieurs documents d'époque. Une lettre de Jean-Marc Rouillan, par exemple, dans laquelle l'ancien militant d'Action directe dresse le bilan de sa génération : "Finalement, nous n'avons rien imaginé. Nous avons seulement recyclé d'une manière dilettante le syndicalisme rêvé, l'en-dehors des copains du début du siècle, le démocratisme..." Ou encore un article qu'Umberto Eco signa dans La Repubblica lors de l'enlèvement d'Aldo Moro par les Brigades rouges, pour ironiser sur ce "roman-feuilleton digne du XIXe siècle, fait de vengeurs et de justiciers habiles et efficaces comme le comte de Montecristo".

A chaque fois, Quintane interroge la place de la prose littéraire dans notre imaginaire politique : "Peut-on envisager (préparer, faire) la révolution (ou une insurrection) à partir d'autre chose que de la littérature (aussi bien la littérature "scientifique" ou philosophique que la littérature tout court) ?" Mais Nathalie Quintane ne s'en tient pas là. Une fois cette césure marquée, elle affirme qu'il ne s'agit pas de ressasser les formules du passé. S'il faut retrouver celles-ci, c'est pour être mieux à même d'en dresser l'inventaire, sans arrogance, en toute lucidité. "Il y avait si longtemps que tous ces mots n'avaient pas été prononcés et repris. Si longtemps que nous en étions coupés, que la jonction devait d'abord s'opérer avec eux, en les récrivant, en les re-disant, bien ronds en bouche, comme Luchini retourné garçon coiffeur mais acteur. Si longtemps que la transmission avait été coupée qu'il faudrait d'abord une période de décalque", note-t-elle dans ce texte qui se lit comme un poème en prose.

Style insurrectionnel

Cette période n'est pas close. Ainsi, lorsque Le Monde publia, en mai 2009, un texte de Julien Coupat, alors derrière les verrous, on découvrit, sous sa plume, une prose classique, à la fois noble et familière, directement issue de la tradition révolutionnaire et de ce que Guy Debord nommait le style insurrectionnel : "A quelques exceptions près, confie Nathalie Quintane, nous adhérâmes tous à ce qu'on peut formuler en manière d'épitaphe : il pensait mal mais il écrivait bien (i.e. qu'il se contente de bâtir sa Commune dans Le Monde). La France qui lit soupirait, soulagée : on apprenait encore dans les écoles (...), les Humanités n'étaient pas mortes, la banlieue n'avait pas tout pourri."

Décidément, pour briser le cercle infernal de la répétition, cette "période de décalque" était nécessaire. Elle visait à renouer le fil de la continuité, à engager un dialogue, même difficile, entre les générations. On se souvient de Tigre en papier (Seuil, 2002), le roman où Olivier Rolin met en scène un ancien militant "mao" qui, au volant d'une DS en orbite sur le périphérique parisien, conte son épopée à la fille d'un camarade disparu. Aujourd'hui, c'est Adriano Sofri qui adopte un dispositif similaire, entre silence et transmission.

Dans Les Ailes de plomb, l'ancien chef du groupe d'extrême gauche Lotta continua s'adresse à une jeune femme et lui raconte le destin du cheminot anarchiste Giuseppe Pinelli. Surtout, il pose à son tour la question de la langue insurgée, de cette "grammaire de la violence" qui peut changer le monde mais aussi l'ensanglanter. Tout en revendiquant son inscription dans une lignée qui remonte à la Révolution française, Sofri montre que cette rhétorique a fini par se vitrifier : "En cette fameuse période de 68, nous avions de nouveaux mots à notre disposition, et notre faute - une faiblesse de la pensée, une ignorance et une crainte - a été de céder aux anciens mots, tout en se sentant refluer loin de la terre promise", confie Sofri à son interlocutrice.

Cette jeune femme aurait pu s'appeler Natacha Boussaa. La comédienne de 36 ans signe un premier roman intitulé Il vous faudra nous tuer. Lena, la narratrice, travaille comme hôtesse d'accueil dans un building de verre. Elle se cache pour lire Théophile Gautier et Antonin Artaud. Révoltée par le chômage, la précarité, la misère, elle s'engage dans les manifestations contre le CPE et sent percer en elle la tentation du passage à l'acte : "J'ai accepté d'étouffer la violence qui, en réponse, sourdait en moi. J'ai accepté de lire. Lire jusqu'à plus soif, parce que les mots étaient la seule substance capable, en moi, de tuer la rage. J'ai lu pour faire le gros dos et pour m'étourdir. Je me suis saoulée de lecture, comme d'autres de vin, pour me tenir debout." A l'horizon d'un tel récit, il y a le refus d'un avenir bouché, d'une langue asphyxiée. Il y a donc, là encore, le désir obstiné d'offrir une autre forme à la rébellion, l'effort pour inventer une écriture en révolution permanente, propre à ouvrir l'univers des possibles.

TOMATES de Nathalie Quintane. P.O.L, 144 p., 12,50 €.



LES AILES DE PLOMB. MILAN, 15 DÉCEMBRE 1969 d'Adriano Sofri. Traduit de l'italien par Philippe Audegean et Jean-Claude Zancarini. Verdier, 252 p., 19 €.

IL VOUS FAUDRA NOUS TUER de Natacha Boussaa. Denoël, 176 p., 16 €.
Jean Birnbaum

Des consultations chez le médecin à prix variables ?26/11/2010

C'est ce que préconise l’ex-ministre de la Santé, Élisabeth Hubert, dans un rapport remis vendredi à l’Elysée et qui vise à relancer la médecine libérale.

L’ex-ministre de la Santé, Élisabeth Hubert, prône notamment des consultations à prix variable chez le généraliste, allant jusqu’à 70 euros, dans un rapport remis vendredi à l’Elysée et qui vise à relancer la médecine libérale et à enrayer la désertification médicale.

Chargée, en avril, par Nicolas Sarkozy d’une mission sur la médecine de proximité, Élisabeth Hubert, qui préside la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (Fnehad), préconise une série de mesures conjoncturelles et structurelles pour combattre la crise que connaît la médecine libérale.

Pour la grille de tarification qui est proposée, en remplacement du prix unique de la consultation - qui passera de 22 à 23 euros le 1er janvier prochain -, «le critère de valorisation doit être la difficulté à établir un diagnostic», suggère le rapport.

Les prix pourraient s’échelonner de la moitié du tarif actuel pour un rendez-vous de simple formalité à 70 euros pour «une consultation longue et difficile». «Moins d’actes mieux payés est le rêve de tout médecin. Moins d’actes médicaux inutiles est le rêve de tout organisme payeur. Un autre référentiel des tarifications des médecins peut permettre de concilier ces aspirations apparemment divergentes», écrit Élisabeth Hubert.

A propos du surcoût potentiel pour l’Assurance maladie, déjà en fort déficit, elle fait valoir que les caisses de Sécurité sociale disposent déjà des «profils des médecins et des caractéristiques de leurs pratiques» et peuvent ainsi repérer ceux qui réclameraient des tarifs élevés non justifiés.

Adapter la médecine française à Internet

Parmi les mesures «temporaires» pour les zones rurales désertées par les médecins, le rapport propose d’installer des jeunes médecins sortis de l’internat dans des locaux mis à la disposition de collectivités locales et de mettre à la disposition des populations «des moyens de transport pour se rendre chez le médecin le plus proche».

D’autres mesures de moyen et long terme, dont les effets ne se feront sentir qu’à une échéance de 8 à 10 ans, concernent la réforme des études médicales, jugée trop axée sur l’hôpital.

Une autre proposition forte est d’adapter la médecine française à l’internet en développant les systèmes d’information (partage des données médicales sur les patients entre praticiens) et la télémédecine. Prenant acte des préférences des jeunes médecins pour un travail en groupe plutôt qu’en solitaire, le rapport estime que les «regroupements pluriprofessionnels doivent davantage être favorisés», mais tout en veillant à «ne pas laisser faire n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment».
(Source AFP)


samedi 27 novembre 2010

Neuf cents accidents médicaux par jour dans les hôpitaux français
26.11.10

Neuf cents accidents médicaux, en moyenne, surviennent chaque jour dans les hôpitaux et cliniques français, révèle la deuxième enquête nationale sur les événements indésirables graves liés aux soins (Eneis), publiée par le ministère du travail et de la santé. Sur ce total, quatre cents seraient "évitables" estime le rapport. Ce résultat élevé est proche de celui de 2004.

Chaque année, ce sont donc entre 275 000 et 395 000 "événements indésirables graves" (EIG) qui surviendraient dans les établissements hospitaliers français, estime l'étude. "Globalement, ça n'est pas brillant", convient Philippe Michel, directeur du Comité de coordination de l'évaluation clinique et de la qualité en Aquitaine (CCECQA), coauteur de l'étude réalisée avec la Drees (évaluation et statistique). "Mais cela ne doit pas masquer les progrès qui ont été faits, par exemple en anesthésie-réanimation ou contre les infections nosocomiales, c'est-à-dire contractées à l'hôpital", tempère-t-il.

Les EIG évitables (de 160 000 à 290 000 par an) sont ceux "qui n'auraient pas eu lieu si les soins avaient été conformes à la prise en charge considérée comme satisfaisante au moment de leur survenue". "Vingt pour cent des EIG évitables survenus à l'hôpital ou en clinique sont associés à des médicaments (...). Ils sont en cause dans quasiment la moitié des cas d'EIG ayant entraîné une hospitalisation", ajoute Philippe Michel.

DES ACCIDENTS EN LIEN AVEC DES CONDITIONS DE TRAVAIL DÉGRADÉES

Il évoque le problème des traitements anticoagulants, où l'on n'enregistre guère de progrès, avec des traitements compliqués qui peuvent être difficiles à gérer par des patients âgés. Autre tendance, "une augmentation des hospitalisations pour infection du site opératoire, qui peut être liée à l'identification au domicile d'une infection contractée dans un établissement de santé. Mais cela peut être aussi la conséquence d'une mauvaise prise en charge des plaies opératoires en ambulatoire [hors de l'hôpital]", dit-il. Comme en 2004, l'étude pointe des "défaillances humaines des professionnels", moins souvent en lien avec des défauts de connaissances qu'avec des conditions de travail dégradées, "une supervision insuffisante des collaborateurs" ou encore une "mauvaise organisation" ou un "déficit de communication entre professionnels", note le Dr Michel.

Cependant, tous les événements indésirables liés aux soins ne sont pas considérés comme évitables. Ils peuvent aussi résulter de risques auxquels est exposé le patient dans le cadre de soins optimaux, souligne l'étude. Ils touchent plus fréquemment des patients fragiles, âgés, souvent déjà dans un mauvais état de santé.

Le plus souvent, l'événement indésirable entraîne un prolongement d'hospitalisation, mais le pronostic vital ou une incapacité à la sortie de l'hôpital peuvent être en jeu, voire, plus rarement, la mort.

"L'accident médical est lié à un système d'organisation des soins inefficient"

Neuf cents accidents médicaux, en moyenne, surviennent chaque jour dans les hôpitaux et cliniques français, dont quatre cents seraient évitables, selon une nouvelle étude du ministère de la santé. Ces "événements indésirables graves" (EIG) ont des causes multiples, sur lesquelles revient Nicolas Gombault, directeur de la mutuelle d'assurance du corps de santé français Sou médical et membre de l'association La Prévention médicale.

Le chiffre de 900 accidents médicaux par jour vous paraît-il élevé ?


Nicolas Gombault : Cette étude conforte les données dont nous disposons. Il faut noter que le nombre de sinistres déclarés est beaucoup plus faible : de 12 à 15 000 accidents chez les médecins praticiens et en hôpitaux et cliniques donnent lieu à des réclamations par an. Cette étude-ci est fondée sur les cas avérés d'EIG signalés par les professionnels de santé. Le nombre d'EIG reste en fait faible par rapport au volume des actes médicaux, estimé à environ 500 millions d'actes médicaux remboursés par les caisses d'assurance maladie par an. Mais il reste toujours trop important, notamment si l'on considère que 40 à 50 % d'EIG sont évitables. Pour le reste, il faut savoir que toute prescription médicamenteuse ou tout acte médical peut comporter des risques. Et, si l'on est alcoolique, diabétique ou hypertendu, on a plus de risques de contracter des maladies nosocomiales.

A qui la faute ?


Les EIG sont très variés et peuvent aller de la chute d'un patient dans un couloir à une faute évidente du personnel médical comme laisser sortir le patient opéré sans anticoagulants, ou se tromper de patient ou de côté à opérer. Les causes sont multiples et plurisectorielles : défaut ou erreur de médicamentation, erreurs et défaillances humaines, infections nosocomiales ou mauvaise coordination entre professionnels de santé et entre établissements de santé.

Ces derniers problèmes dits "systémiques" sont les plus fréquents. Chaque professionnel de santé est très bon dans son domaine mais il y a un problème dans la prise en charge globale du patient. C'est toute l'organisation du système de soins qui peut être remise en cause. La multiplicité des tâches du personnel de santé et le manque de personnel jouent notamment sur cette organisation, mais il est difficile de dire qu'il y a une dégradation sur ce point ces dernières années. Ce sont davantage les pratiques qui sont en cause et le manque de prise en considération des risques.

Prenons le cas d'une opération de prothèse globale de la hanche gauche où le patient se retrouve finalement opéré de la hanche droite. La première réaction est de dire que la faute incombe au chirurgien et in fine, s'il y a plainte, le juge établira la responsabilité du chirurgien. Mais, quand on creuse, on remarque souvent que l'accident est lié à un système d'organisation des soins qui n'est pas efficient, où aucune procédure n'a été mise en place pour empêcher l'accident, comme par exemple la check-list utilisée aux Etats-Unis. Cette dernière, qui consiste à vérifier tous les paramètres avant l'opération, n'est obligatoire que depuis peu. En obligeant le chirurgien à apposer ses initiales sur la hanche à opérer, on limite les risques d'erreur.

Quelles mesures doivent être prises pour réduire le nombre des EIG ?


Outre l'introduction de procédures de vérification comme la check-list, le passage, il y a quelques jours, du décret d'application obligeant chaque établissement de santé à déclarer tout EIG va dans le bon sens : cette déclaration permettra de mieux connaître les causes des EIG pour éviter les erreurs. Elle va changer en profondeur les pratiques et instaurer une culture de la sécurité et de la qualité qui n'est actuellement pas une priorité. En matière de prévention des risques, il est nécessaire de passer d'une culture défensive à une "culture de l'erreur". Il faut repenser l'organisation des établissements de santé en ce sens.

Sur quoi portent les réclamations en matière d'accidents médicaux ?


Elles varient d'une spécialité à l'autre. Il y a plus de généralistes que de spécialistes mais l'on estime que seul un généraliste sur cent est visé chaque année par une réclamation, contre un chirurgien sur deux. Pour les généralistes, ce sont en majorité des erreurs de diagnostic. La plupart du temps, le médecin est passé à côté de la maladie. Pourquoi ? L'exemple typique est la méningite, où le patient a été vu dans le cadre d'une routine d'épidémie de grippe, entre 36 patients atteints de grippe. Le médecin n'a pas cherché un autre diagnostic. Il faut mettre en place une méthodologie.

La communication avec le praticien est un facteur déterminant. Certains médecins, quand l'événement est survenu, ne savent pas communiquer et ne savent pas reconnaître qu'il y a eu un incident. C'est une cause significative des réclamations. On reproche également beaucoup au médecin des manquements au devoir d'information.

Le nombre de réclamations est-il en augmentation ?


Globalement, les réclamations sont en nette augmentation. La jurisprudence évolue vers davantage de mise en cause de la responsabilité des médecins et une plus grande sévérité des magistrats : 68 % des dossiers jugés sur le fond se terminent par une condamnation et le coût moyen des indemnités augmente. C'est une très grande source d'inquiétude pour ceux qui sont les plus exposés au risque : les chirurgiens et obstétriciens. Ces derniers peuvent être condamnés à titre personnel à des indemnités importantes, ce à quoi il faut trouver une solution. Car, à échéance, on va vers la suppression des obstétriciens en clinique.
Propos recueillis par Hélène Sallon