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samedi 27 avril 2019

Sylvaine Perragin : «L’obligation d’être heureux au travail fera bientôt partie des objectifs à atteindre»

Par Erwan Cario — 
«Jobless Happiness» ('heureux sans travailler') de Maia Flore (2015).
«Jobless Happiness» ("heureux sans travailler") de Maia Flore (2015). Photo Maia Flore. Agence VU



Après vingt ans passés auprès de salariés en souffrance, la psychologue dénonce, dans «le Salaire de la peine», le business bien huilé du bien-être des salariés, tourné avant tout vers la performance.

Les salariés des grandes entreprises, et parfois des moins grandes, connaissent bien cette impression étrange lorsqu’au détour d’un questionnaire ou d’une formation la structure qui les emploie affiche une préoccupation pour leur bien-être. Il y a comme un décalage, comme une imposture sous-jacente difficile à identifier. Les directions des ressources humaines proposent parfois du coaching pour «gérer son stress», mettent en place une «hotline psy», organisent des «expérimentations managériales» qui vont permettre de «mettre l’humain au cœur du process» pour que les salariés, pardon, les «collaborateurs», soient épanouis. Mais aucune des solutions proposées pour régler les problèmes identifiés n’ira jusqu’à remettre en cause de façon opérationnelle l’organisation du travail qui les a fait naître.
Sylvaine Perragin travaille depuis vingt ans en tant que psychologue du travail indépendante. Dans son livre le Salaire de la peine (Le Seuil) , elle décrit un système mortifère qui a fait de la souffrance au travail un business des plus rentables. Et des plus inutiles. Car depuis la prise de conscience de l’existence de ce phénomène, notamment avec la parution en 1998 de Souffrance en France de Christophe Dejours, et surtout après les dramatiques vagues de suicides chez Renault et France Télécom entre 2006 et 2009, des moyens ont été alloués pour lutter contre le mal-être des salariés. Pour quels résultats ? En 2014, une étude du cabinet Technologia estimait à 3,2 millions le nombre de Français en danger d’épuisement. Une autre étude de l’Institut de veille sanitaire (INVS) évaluait, en 2015, à 480 000 le nombre de salariés en souffrance psychique au travail, dont 30 000 en situation de burn-out. C’est que, selon Sylvaine Perragin, les cabinets de ressources humaines «ont fait de la souffrance au travail un véritable marché avec un produit à vendre, en l’occurrence le "bonheur au travail" pour une performance accrue».
Le Salaire de la peine est la mise en lumière implacable d’un système qui veut tout «solutionner» sans jamais rien résoudre. C’est une démonstration, nourrie d’exemples révoltants, de l’existence d’un consensus industriel autour d’une organisation du travail toxique pour les salariés. Au cœur de celle-ci, on trouve une volonté permanente d’optimiser les ressources (humaines) en fonction d’objectifs forcément chiffrés. Et quand la machine déraille, l’organisation profonde n’est jamais remise en cause. «Dictature de la bienveillance, exécration du conflit, volonté de réconcilier l’inconciliable, solutionnisme primaire, perte de lucidité, le business de la souffrance au travail véhicule l’idée d’un miracle fait de petites solutions, de techniques pour travailler sur soi, écrit Sylvaine Perragin. Comme s’il suffisait d’acquérir un peu de méthode. Vous êtes en colère ? Mettez-vous sur pause, changez votre rapport à l’autre, forcez-vous à dire au moins un compliment par semaine à chacun de vos collaborateurs, mangez cinq fruits et légumes et adonnez-vous à trente-cinq minutes de yoga.» Du yoga, on en aurait peut-être eu besoin pour se remettre de la lecture du Salaire de la peine, mais on a préféré s’entretenir avec son auteure.

Contre un futur « marché de l’autisme », livré par l’État au secteur privé



PAR 

La secrétaire d’État aux personnes handicapées Sophie Cluzel a déclaré à la radio que les enfants autistes ne devaient plus être pris en charge par des psychiatres. Une déclaration inquiétante pour le « Printemps de la psychiatrie », un collectif né des mouvements récents alliant soignants, patients et familles, qui veulent repenser le travail soignant et la prise en charge des patients. Dans cette tribune, le collectif dénonce les orientations actuelles : « Ne plus financer les services publiques et préférer verser des allocations aux personnes pour qu’elles financent des cabinets privés de diagnostic, de formation, d’aide à la personne. ».

Depuis quelque temps dans le champ de l’autisme, une intense communication contre la psychiatrie et la pédo-psychiatrie est déployée par certains membres des gouvernements successifs, par des militants associatifs, et largement relayée dans les médias. La psychiatrie serait coupable de tous les maux : incompétence, délais de prise en charge, culpabilisation des mères, non-respect des bonnes pratiques, retard de la France…
De manière étonnante, sans que cela ne soit dit, on constate en parallèle une augmentation incessante des demandes faites aux psychiatres et autres « psys », de la part de personnes autistes et de familles qui pourtant ont bénéficié de dépistages précoces dans des centres de référence ayant abouti à un diagnostic, de conseils et de formations au sein de Centres ressources autisme (CRA), de dépistages génétiques, de suivis somatiques réguliers, généralistes et spécialisés, de l’application des approches recommandées par la Haute autorité de santé (HAS) (thérapies cognitives, méthodes comportementales, techniques de communication, psychomotricité, orthophonie, ergothérapie, programmes neuropsychologiques…), d’accueil dans des institutions appliquant exclusivement les méthodes les plus recommandées, d’inclusions scolaires en classe ordinaire ou en classe adaptée, de tentatives de travail en milieu ordinaire ou adapté. Ces demandes viennent s’ajouter aux demandes incroyablement nombreuses de personnes autistes sans solution et de leurs familles, qui n’ont pas forcément bénéficié de tout cela.
Les institutions les plus adaptées sont désavouées
Que dire des demandes, souvent urgentes, de ces personnes qui surviennent alors qu’elles ne peuvent plus être accueillies à l’école, qu’elles ne peuvent plus continuer leur travail, qu’elles ne sont pas soulagées par une prise en charge somatique adéquate, qu’elles n’adhèrent plus aux approches recommandées ? Que dire des demandes d’aide pour faire face à des situations difficiles : violence, automutilations graves, errance, tristesse intense, régression des acquis ? Que penser de certaines de ces personnes et de leurs familles qui demandent de l’écoute, un suivi psychothérapique, un accueil dans une institution qui les aiment telles qu’elles sont, ouverte sur le monde et articulée en permanence avec l’école et le travail, et soutenant leurs possibilités d’auto-détermination ? Car oui, ce genre d’institution existe, et plutôt que de s’en inspirer, cette intense politique de communication les désavoue avec une détermination tenace.
Et pourtant, que dire quand le constat est fait par les premiers intéressés que ce type d’approche, ouverte, aide à avancer dans un certain nombre de cas notamment quand il s’agit de violences que s’inflige la personne, à elle-même et à ses proches, sans rendre systématique la sur-prescription de psychotropes ? Peut-on, par exemple, se dire que les personnes autistes sont comme tout le monde, qu’elles ne sont pas des robots, que leur idéal de vie n’est pas forcément celui qu’une sorte d’« aristocratie de l’autisme » a décidé à l’avance pour elles ? Qu’elles peuvent avoir besoin, comme tout le monde, qu’on prenne du temps avec elles et qu’on tienne compte leur personnalité propre ?
Les revendications souvent sincères de nombreuses familles et personnes autistes dénoncent des pratiques maltraitantes qu’elles ont rencontrées en psychiatrie, dont on ne peut douter qu’elles soient réelles étant donné l’état d’abandon de la psychiatrie par les politiques successives d’austérité, de manque de moyens et de transformation des pratiques du côté sécuritaire voire carcéral.

L'espérance de vie s'infléchit, la faute à la grippe et aux cancers

Linda Sitruk
| 24.04.2019


  • population

    L'espérance de vie s'infléchit, la faute à la grippe et aux cancers

SPL/PHANIE
Au premier janvier 2018, la France comptait près de 67 millions d’habitants, soit 122 300 personnes de plus que l’année précédente, mais l’accroissement annuel moyen, et tout particulièrement l’accroissement naturel, n’ont jamais été aussi faibles depuis 20 ans, voire 40 ans.
Un gain modeste d'espérance de vie
Entre 2017 et 2018, l'espérance de vie à la naissance n'a augmenté que de 0,1 an pour les hommes et elle a reculé de 0,1 an pour les femmes. Elle est aujourd'hui estimée à 79,4 ans pour les hommes et 85,2 ans pour les femmes selon les chiffres provisoires de l’Insee pour la France entière, un gain qualifié de "modeste" les auteurs de cette étude passionnante publiée ce jour dans la revue Populations et Sociétés de l'Ined (Institut National d'études démographiques).

Mœurs, sexualité, politique… Les Français plus ouverts que leurs aînés

Beaucoup sont insatisfaits du fonctionnement du système politique, mais n’en rejettent pas pour autant la démocratie. Et le libéralisme des mœurs et l’altruisme progressent.
Par Collectif Publié le 25 avril 2019
Méthodologie
L’enquête a été conduite en France par une vingtaine de chercheurs de plusieurs laboratoires de sciences sociales, réunis dans l’Association pour la recherche sur les systèmes de valeurs (Arval). Le pilotage a été assuré par le laboratoire Pacte (Sciences Po Grenoble, CNRS, UGA).
L’échantillon principal aléatoire comporte 1870 personnes, résidant en France, âgées de 18 ans et plus, auxquelles s’ajoute un échantillon complémentaire de 721 jeunes de 18 ans à 29 ans, sélectionné par quotas. Les entretiens en face à face ont été réalisés par l’institut Kantar Public de mars à août 2018.
L’enquête française a bénéficié de nombreux partenariats : la TGIR Progedo (CNRS-EHESS), l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep), le Service d’information du gouvernement (SIG), France Stratégie, EDF, la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), la Fédération internationale des universités catholiques (FIUC), Sciences Po Paris (FNSP) et Sciences Po Grenoble (Pacte).
Les résultats complets sont publiés dans La France des valeurs. Quarante ans d’évolutionssous la direction de Pierre Bréchon, Frédéric Gonthier et Sandrine Astor (Presses universitaires de Grenoble).

La lente reconnaissance du SAF : de l’Ancien Testament au 19e siècle

Publié le 24/04/2019

The Canadian Journal of Psychiatry propose un « bref historique de la reconnaissance du lien entre l’alcoolisation d’une femme enceinte et son incidence sur l’enfant issu d’une grossesse « alcoolisée. »

La première mention écrite sur cette relation insidieuse semble remonter au Livre des Juges, dans la Bible (Ancien Testament) avec ce conseil donné à une femme enceinte (Juges 13 : 3-4) : « Tu enfanteras un fils. Maintenant prends bien garde, ne bois ni vin ni liqueur forte, et ne mange rien d’impur. »

Également suspecté dans les Problemata d’Aristote[1], ce lien dangereux est envisagé à nouveau dans les siècles suivants, notamment par Robert Burton en 1621, dans The Anatomy of Melancholy (L’Anatomie de la mélancolie)[2]. Et, en 1973, des historiens de la médecine ont remis en mémoire une antique injonction carthaginoise interdisant « la consommation d’alcool pendant la nuit de noces, pour éviter la conception d’un enfant déficient. »

Le « Machine Learning » ou le changement de paradigme du système de soins…

Univadis


Nathalie Barrès  24 avril 2019

Derrière le terme « Machine Learning » se cache une technologie d’intelligence artificielle (IA) qui permet aux ordinateurs d’apprendre sans avoir été programmés explicitement pour cette action. Il s’agit donc d’un moyen d’exploiter au maximum les Big Data.

Comment le « Machine Learning » pourrait être utilisé en médecine ?


Les systèmes interprétables par l’homme sont basés sur des règles prédéfinies par l’homme lui-même : par exemple un programme informatique utilisant une approche traditionnelle proposera un traitement adapté à un patient qui présente une hypertension artérielle en s'appuyant sur des recommandations prédéfinies. Les modèles utilisant le « Machine Learning » apprennent par l’exemple plutôt que par des règles. Des algorithmes croisent des millions de caractéristiques (notes médicales, données de suivi des patients, clichés médicaux, …) pour ensuite permettre de déterminer par exemple, un diagnostic avec une bonne précision.  Le « Machine Learning » propose d’apporter un diagnostic et une prise en charge médicale personnalisée en temps réel à partir de l’ensemble des données patients disponibles et en intégrant les enseignements de l’expérience collective. Ainsi, cette technologie intègre les données de milliards de patients – ce qui dépasse largement la capacité de synthèse du cerveau humain.



E-prescription, e-CPS et e-carte Vitale : le plan de Buzyn pour prendre (enfin) le virage numérique

Sophie Martos
| 25.04.2019
La ministre de la Santé Agnès Buzyn a présenté ce jeudi 25 avril la feuille de route pour accélérer le virage numérique une bonne fois pour toutes.
Le plan de bataille contient une stratégie avec 26 actions et un calendrier sur trois ans. L'objectif ? Du numérique à tous les étages et pour tous. Dans les locaux de l'ancien hôpital Boucicaut du 15e arrondissement de Paris, transformé en incubateur de start-up en santé, Agnès Buzyn a cadré les enjeux. « Le numérique vise un objectif clair et ambitieux, placer la France parmi les pays à la pointe de l'innovation en santé, explique-t-elle. Il ne s'agit pas de se lancer dans une course effrénée à l'innovation mais de profiter des opportunités qu'offre le numérique en santé pour organiser la transformation de notre système de soins. »
À la tête de ce chantier titanesque, Dominique Pon et Laura Létourneau, les copilotes de la délégation ministérielle du numérique en santé (DNS), tout juste créée avenue de Ségur. Florilège des mesures phares.

Antiépileptiques et grossesse : 5 substances épinglées par l'ANSM en plus du valproate

Dr Irène Drogou
| 25.04.2019
Le valproate (Dépakine) est l'antiépileptique (AE) le plus à risque de malformations et de troubles neuro-développementaux pendant la grossesse, confirme l'Agence du médicament (ANSM) dans un nouveau rapport étendu à l'ensemble des AE.
Pour le risque de malformations, il ressort de cette revue de la littérature que cinq autres substances présentent à ce jour un risque élevé par rapport à la fréquence observée dans la population générale : le topiramate, le phénobarbital, la primidone, la carbamazépine et la (fos) phénytoïne.

Les Français, plus favorables que jamais à la PMA pour les couples de femmes

25.04.2019
Disposition phare et contestée du projet de loi de bioéthique, l’ouverture de l’assistance médicale à la procréation (PMA) aux couples de femmes, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, suscite de moins en moins de résistances dans la population française.
Selon un sondage BVA, pour le compte de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques), près de deux tiers des Français (65 %) sont favorables à l’extension de l’assistance médicale à la procréation aux couples de femmes. Cette opinion favorable est « en progression de dix points depuis 2014 [et] culmine à son plus haut niveau », observe l'institut. Seuls 31 % des Français y sont désormais hostiles et 4 % ne se prononcent pas.

Vincent Lambert : le Conseil d'État confirme la décision d'arrêter les soins

Source AFP  24/04/2019

Nouveau chapitre dans l'affaire Vincent Lambert avec la décision du Conseil d'État validant la décision de mettre fin aux soins. Ce conflit familial oppose les parents et l'épouse de l'ancien infirmier de 42 ans qui souffre de lésions cérébrales « irréversibles ». Le Conseil d'État a validé, mercredi, la décision médicale d'interrompre les traitements de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif depuis dix ans, dont le cas est devenu le symbole du débat sur la fin de vie en France.
La plus haute juridiction administrative a estimé que la décision collégiale d'arrêt des soins, prise le 9 avril 2018 par le CHU de Reims et contestée par les parents du patient, était légale. Fin janvier, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait validé cette procédure d'arrêt des soins, qualifiant leur maintien d'« obstination déraisonnable ».

Lucchelli J-P. Autisme. Quelle place pour la psychanalyse? par E. Mahieu.




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Lecture de l'ouvrage de J-B Lucchelli, psychiatre, psychanalyste et parent d'un enfant autiste. Publié aux Editions Michèle en 2018. Après avoir examiné la différence entre psychose infantile et autisme, il s'attache à l'évolution de la psychanalyse des autistes, dans son orientation lacanienne, et constate d'importantes convergences avec l'approche cognitiviste de L. Mottron.


« L'accent mis sur une convergence, certes partielle, entre une approche cognitiviste et une approche psychanalytique de l'autisme qui préside à l'ouvrage de M. Lucchelli, lui même psychiatre, psychanalyste et père d'un enfant autiste n'en reste pas moins remarquable. Cette rencontre qui repose sur une conception non déficitaire de l'autisme, nettement différente des psychoses, conduit les uns à le considérer comme une « différence », les autres comme une « structure subjective », dit Jean-Claude Maleval dans sa préface à l'ouvrage de l'auteur, médecin responsable du Centre médico-psychologique pour enfants et adolescents de La Courneuve, Hôpital Ville-Evrard, dans la Seine-Saint-Denis. Nous allons aussi trouver dans l'ouvrage des considérations tout à fait originales, susceptibles autant d'intéresser les spécialistes de la question (les historiens de la psychiatrie, la psychanalyse et l'autisme), que les cliniciens et praticiens de terrain, mais aussi des lecteurs d'autres disciplines concernés par les problèmes anthropologiques. Lucchelli affirme un axiome fondamental pour le développement du livre : il ne faut plus confondre l'autisme avec la psychose, infantile ou pas.


Mutuelles : la MGEN s'engage pour la psychiatrie



 SÉVERINE CHARON   25/04/2019

Mutuelles : la MGEN s'engage pour la psychiatrie
La mutuelle de l’éducation nationale possède un des plus gros établissements de santé mentale d’Île-de-France. Avec sa rénovation, qui a nécessité un investissement de 100 M€, la MGEN entend maintenir une alternative pour les patients.
Le 16 avril, les patients et les soignants de l’hôpital de La Verrière (Yvelines), ont pris possession de leurs nouveaux locaux, au terme de trois ans de travaux. Cet établissement de santé mentale, qui compte 185 lits, est un des plus importants de toute la région Île-de-France. Sur le même site, un Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) de 185 lits, et des services de soins de suite et de réadaptation ouvriront en janvier 2020. Cette rénovation est le plus gros projet jamais porté par le groupe MGEN en matière d’action sanitaire et sociale. L’hôpital psychiatrique de La Verrière a été créé par la mutuelle du monde de l’éducation nationale, voilà soixante ans, afin d’accueillir les enseignants qui avaient besoin d’une prise en charge psychiatrique.
Sur l’enveloppe globale de travaux de 100 M€, 10 M€ ont été apportés par le groupe mutualiste, autant par le Fonds national de solidarité et d’action mutualistes (FNSAM) et 80 M€ ont été empruntés sur une durée de 25 ans par la SCI MGEN, porteuse des murs de l’établissement.

A Genève, les danses de la démence

Le Temps - Site média Suisse

SUISSE 

Megan Arnaud   Publié jeudi 25 avril 2019



Jusqu’au 15 juin, «Danser brut – le corps instrument», la nouvelle exposition de la Fondation Fluxum, propose un regard neuf sur la danse et ses modalités d’expression en explorant le territoire vaste de la «folie»

L’art brut est un concept que l’on doit d’abord au peintre Jean Dubuffet. C’est souvent l’expression des marginaux, des malades mentaux, des reclus, des mystiques ou encore des prisonniers. Mais pas des artistes à proprement parler. Ils imaginent des peintures, des dessins, des sculptures. Mais qu’en est-il de leurs gestes? Existe-t-il un «danser brut»? C’est ce que la nouvelle exposition de la Fondation Fluxum tente d’élucider en examinant les mouvements qui exprimeraient la maladie ou la «folie».


La Collection de l’Art Brut partenaire du MUCEM (Marseille, F) pour l’exposition « Jean Dubuffet, un barbare en Europe » du 24 avril au 2 septembre 2019



25.04.2019



Cette exposition de près de 300 œuvres donne à voir comment Jean Dubuffet entremêle dans son œuvre ses activités de peinture et d’écriture avec les recherches qu’il a consacrées à ce qu’il nomme l’Art Brut. Elle présente sa production artistique dans toute sa diversité, en s’attachant notamment à montrer les objets et documents issus des prospections qu’il a mises en œuvre en visitant musées d’ethnographie ou d’art populaire, mais aussi diverses collections dédiées à « l’art des fous ».
La Collection de l’Art Brut prête plus de 50 œuvres d’auteurs de la collection d’origine, parmi lesquels Jeanne Tripier, Adolf Wölfli, Auguste Forestier, Gaston Chaissac, Heinrich Anton Müller ou Laure Pigeon. Elle met également à disposition de nombreux documents d’archive.

Financement à l'hôpital : un milliard d'euros pour la qualité d'ici à 2022

26.04.2019



  • psy

    Financement à l'hôpital : un milliard d'euros pour la qualité d'ici à 2022

Crédit Photo : S. Toubon

La réforme du financement de la psychiatrie et l'augmentation des crédits récompensant la qualité des soins à l'hôpital seront au menu du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2020. 
Agnès Buzyn avait reçu fin janvier des mains de Jean-Marc Aubert, patron de la DREES (ministère), un rapport sur le financement du système de santé et promis de « donner des orientations » au printemps pour « préparer les mesures de transformation qui seront inscrites » dans le prochain budget de la Sécu.
Les crédits consacrés à la qualité et à la pertinence pour les établissements de santé (dits crédits IFAQ), passés de 60 millions d'euros en 2018 à 200 millions d'euros en 2019, augmenteront de nouveau l'an prochain « pour atteindre un milliard d'euros en 2022 », ont annoncé Agnès Buzyn et Jean-Marc Aubert ce jeudi, en marge d'une conférence de presse.

Chez soi ou en EHPAD : vieillir dans la dignité

GRAND REPORTAGE par Aurélie Kieffer et Maxime Fayolle
26/04/2019
56 MIN

Aujourd'hui, la part des personnes âgées de 75 ans et plus représente 9% de la population. Elle passera à 15% d'ici 2040. Le défi démographique de la vieillesse, mais aussi de la perte d'autonomie, sont immenses. A ces questions s'ajoute celle des moyens conférés à ce secteur.
Atelier de discussion dans un EHPAD proche de Montpellier
Atelier de discussion dans un EHPAD proche de Montpellier Crédits : Guillaume Bonnefont - Maxppp
La question du grand âge représente un véritable défi pour les décennies à venir. La génération du "baby boom" arrive à la retraite et se pose alors une équation mathématique complexe : en 2050, près de 5 millions de personnes auront 85 ans ou plus. C'est à cet âge en moyenne que les personnes font leur entrée en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Selon des chiffres de fin 2017, la France dispose de 7 573 établissements qui accueillent plus de 600 000 résidents.

Claude Romano: «Etre soi-même n’est pas une question d’identité, mais d’adéquation à soi»

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Loin des injonctions morales, «Soyez vous-même !», ou de la quête effrénée d’une absolue singularité, le philosophe réhabilite la notion d’authenticité: la capacité de chacun à suivre ses propres principes et à être fidèle à ses aspirations. Une réflexion éthique nécessaire dans une société prompte au scepticisme et séduite par les «fake news».

Claude Romano 
Photo DR
Vivre en accord avec ses principes, s’avouer ses désirs et ses ambitions, ne pas adapter son comportement ou son discours à ceux des autres… Pour le philosophe Claude Romano, maître de conférences en philosophie à l’université Paris-Sorbonne, les sociétés européennes et nord-américaines modernes ont accompagné l’émergence d’un type de rapport à soi fondé sur l’authenticité individuelle. Ainsi l’être humain s’accomplit-il désormais en coïncidant avec sa vérité personnelle profonde, contre l’écrasement des convenances et la rigidité des mœurs, explique l’auteur au fil de son essai Etre soi-même, une autre histoire de la philosophie (Folio Gallimard, 2019). Ce livre, qui aura nécessité sept années d’écriture, est une didactique et massive analyse historique du concept d’authenticité qui prend racine dès la Grèce antique, rencontre les théoriciens de l’art classique, mais aussi Descartes et Rousseau. Avec cet ouvrage, Claude Romano n’entend pas uniquement retracer l’évolution de l’idéal de vie authentique à travers les âges de la pensée occidentale. Le philosophe espère aussi réhabiliter la notion de vérité personnelle, par-delà les tentations d’extrême scepticisme qui nourrissent les questionnements philosophiques actuels comme les débats médiatiques sur la post-vérité et les fake news.

Votre livre s’ouvre sur une référence à la figure mythologique d’Ulysse. Pourquoi ?


Parce que j’estime que la question de l’authenticité est au point de départ de la culture occidentale. Dans l’Odyssée d’Homère, Ulysse vit une errance dans laquelle il perd son identité. Le mot «Odysseus», qui veut dire «Ulysse» en grec, rappelle le mot «oudeis», c’est-à-dire «rien» ou «personne». Ulysse est celui qui a tout perdu, y compris lui-même, et le poème homérique raconte comment il va retrouver son identité et enfin réussir à se montrer tel qu’il est. Il est historiquement la première figure qui pose la question : «Quand sommes-nous dans l’apparition de nous-même et quand sommes-nous dans la dissimulation ?»

Sauver un patient ou sauver la planète, telle est (vraiment ?) la question !




Paris, le samedi 27 avril 2019 – Même si les multiples initiatives dans ce sens sont sans doute passées inaperçues et qu’elles sont probablement considérées comme insuffisantes, une véritable prise de conscience de l’impact écologique des activités de soins a émergé dans les établissements hospitaliers au cours de la dernière décennie. De nombreux hôpitaux ont ainsi déployés des plans ayant pour objectif la réduction des déchets et de la consommation énergétique. Concrètement, ces ambitions passent par une meilleure gestion du réseau électrique, un isolement amélioré des bâtiments, une attention aux déchets médicaux (quand cela ne contrevient pas aux impératifs de stérilisation) et non médicaux, etc. Cependant, cette volonté se heurte à des obstacles difficilement dépassables liés à la nature même des activités de soins : le recours incontournable aux médicaments conduit inévitablement à la pollution de l’eau (même si elle demeure probablement restreinte), les impératifs de stérilisation empêchent une gestion optimale des déchets, de nombreuses technologies sont très consommatrices d’énergie, etc.… Ce point limite n’est pas sans conduire à un paradoxe (théorique) : pour contribuer à l’amélioration de la santé, il est parfois nécessaire d’encourager des activités potentiellement délétères pour la santé de la planète et donc des hommes.

Renoncer à la liberté ?

Ce qui n’a longtemps été qu’un jeu de l’esprit, un paradoxe intellectuel amusant pourrait devenir l’objet de controverses concrètes. Certains estiment en effet que même dans le domaine de la santé, l’urgence écologique impose que l’on aille plus loin que la simple réduction des déchets et l’optimisation de la consommation énergique. On constate en effet aujourd’hui, face à ce qui est parfois ressenti comme une urgence, une certaine "radicalisation" du discours écologiste. Certains n’hésitent plus ainsi à considérer que des décisions autoritaires devraient être imposées concernant les déplacements, la consommation, voire pourquoi pas le nombre d’enfants ! « Les initiatives locales et la volonté citoyenne ne suffisent plus. Il est aujourd’hui vital que des décisions politiques drastiques – et contraignantes donc impopulaires – soient prises » écrivait par exemple dans une tribune publiée en août dans Diacritik, citée par Libération, l’astrophysicien Aurélie Barrau. « Depuis le 11 Septembre, les sociétés ont accepté un recul démocratique. Il n’est pas déraisonnable de s’interroger sur les régressions plus importantes qui pourraient résulter de la crise écologique, dont les conséquences sont bien plus graves que la menace terroriste » observe pour sa part le philosophe Michel Terestchenko, toujours dans Libération.

Le gros chantier de l’aide sociale à l’enfance

Par C.D. | Publié le 24/04/2019



Le gouvernement doit présenter durant l’été son plan pour améliorer la protection et la prise en charge des mineurs suivis par l’aide sociale à l’enfance. Photo d’illustration Julio PELAEZ
Le gouvernement doit présenter durant l’été son plan pour améliorer la protection et la prise en charge des mineurs suivis par l’aide sociale à l’enfance. Photo d’illustration Julio PELAEZ

Viols, maltraitance, absence de suivi, manque de moyens : alors que la parole se libère chez les anciens de l’aide sociale à l’enfance, ainsi que chez certains professionnels, les députés et le gouvernement peaufinent une stratégie de réforme, présentée à l’été.


Finistère: près de 800 manifestants pour défendre l'hôpital de Morlaix

Pourquoi notre cerveau a besoin de silence ?

publié le 
La régénération de notre cerveau passe par le silence
La régénération de notre cerveau passe par le silence © Getty / Juan Jimenez / EyeEm

Le neuroscientifique Michel Le Van Quyen était l’invité de La Tête au carrépour parler du pouvoir du silence. Suite à une paralysie faciale, le chercheur se fait arrêter. C’est ainsi qu’il prend conscience du besoin de silence du cerveau et se consacre à l’écriture de son nouveau livre Cerveau et silence. Il nous explique donc pourquoi le silence est primordial pour notre concentration, et même notre santé.