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jeudi 1 octobre 2009







SOCIÉTÉ

Le meurtre de l'Essonne relance la polémique sur la récidive


AP | 01.10.2009 | 20:09


La polémique a agité jeudi le monde politique et judiciaire, au lendemain du meurtre de la joggeuse de l'Essonne qui a relancé le débat sur la récidive. A Brice Hortefeux, qui a critiqué la remise en liberté du meurtrier présumé, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a répondu qu'il n'y avait eu "aucun dysfonctionnement". Le porte-parole de l'UMP s'est, lui, attiré les foudres des magistrats en plaidant pour la castration chimique des récidivistes.


Le suspect, Manuel Da Cruz, 47 ans, qui a avoué mercredi le meurtre de Marie-Christine Hodeau, avait été condamné en 2002 à 11 ans de réclusion pour l'enlèvement et le viol d'une adolescente de 13 ans deux ans plus tôt dans le Loiret. Il avait bénéficié d'une libération conditionnelle le 5 mars 2007, la surveillance judiciaire s'achevant en novembre dernier, a expliqué jeudi le procureur d'Evry Jean-François Pascal. Pour lui, "rien ne laissait penser, objectivement, dans son comportement, qu'il pouvait recommencer".


Jeudi, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a critiqué la décision de remise en liberté prise par les juges d'applications des peines, et estimé que ce meurtre aurait pu être évité. Des propos qui ont suscité une vive réaction de la magistrature, et un recadrage de Michèle Alliot-Marie.


"Il n'y a pas eu de dysfonctionnement de la justice, mais il y a eu une insuffisance des mesures de suivi. Je pense que les juges ont effectivement besoin d'être soutenus parce qu'ils font un métier difficile", a déclaré la garde des Sceaux lors d'un point presse au ministère de la Justice. "La chaîne de la sécurité implique qu'il y ait le respect à la fois des compétences des uns et des autres, mais qu'il y ait également une bonne entente entre le ministère de l'Intérieur et le ministère de la Justice", a-t-elle ajouté sèchement.


"Il raconte n'importe quoi, Brice Hortefeux", a de son côté estimé Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), qui a également réagi à l'idée de castration chimique évoquée par Frédéric Lefebvre.


Dans un communiqué, le porte-parole de l'UMP a en effet jugé nécessaire de "tirer les conséquences immédiates en termes de responsabilité et de modification de la loi" du drame de l'Essonne. "Ne doit-on pas enfin décider la mise en oeuvre de la castration chimique pour ce type d'individu?", s'est-il interrogé.


"C'est un grand classique, la modification de la loi", a jugé Christophe Régnard sur Europe-1. "En France, dès qu'il y a un problème de faits divers, on fait une loi (...) Je suis à peu près certain que l'année prochaine, avec un nouveau drame, on aura à nouveau le même discours et on nous vendra à nouveau une nouvelle loi".


"On continue à faire des lois et à faire croire à l'opinion publique que les choses vont s'améliorer. Elles ne s'amélioreront pas", car "on n'a jamais voulu, en France, se poser la question du suivi psychiatrique, psychologique et social des détenus" dès le début de la détention, a poursuivi le président de l'USM.


Pour Mathieu Bonduelle, du Syndicat de la magistrature, la solution de la castration chimique n'est pas applicable. "Il faut bien comprendre que sur 100 personnes qui sont libérées, y compris en matière sexuelle, vous avez peut-être une ou deux personnes éventuellement qui récidivent", a-t-il expliqué sur France-Info. "Si on doit castrer chimiquement 100 personnes pour en empêcher deux de récidiver, ça pose des questions vraiment fondamentales".


Nicolas Sarkozy a pour sa part reçu jeudi la famille de la victime. Selon un communiqué de l'Elysée, le chef de l'Etat a demandé à M. Hortefeux "de veiller, au besoin par une modification de notre législation, à une implication plus forte" des forces de l'ordre dans la surveillance des condamnés ayant achevé leur peine.


Souhaitant "une véritable réforme de la psychiatrie criminelle", il a également indiqué que le prochain projet de loi sur la "récidive criminelle" sera "examiné en priorité par le Parlement avant la fin du mois d'octobre".


Dans le cadre de sa libération conditionnelle, le suspect Manuel Da Cruz avait été soumis à des obligations, avec un suivi médical en raison de son addiction à l'alcool, ainsi qu'à des interdictions, notamment de se rendre à Echilleuses (Loiret) où vivait son ancienne victime. Il était revenu vivre dans ce village après la fin de sa surveillance judiciaire en novembre 2008, selon le procureur.
AP




A la une


jeudi 01 octobre 2009
http://www.ouest-france.fr/actu/actuDetFdj_-Nicolas-Sarkozy-se-prononce-pour-une-reforme-de-la-psychiatrie-criminelle-_39382-1089085_actu.Htm

Nicolas Sarkozy se prononce pour « une réforme de la psychiatrie criminelle »

Nicolas Sarkozy a publié, aujourd’hui, un communiqué pour demander « une véritable réforme de la psychiatrie criminelle », après le meurtre de Marie-Christine Hodeau, une joggeuse enlevée et assassinée en forêt de Fontainebleau. Un homme déjà condamné pour le viol d’une mineure a reconnu en être l’auteur.

Le chef de l’Etat souhaite une implication plus forte de la gendarmerie et la police dans la surveillance des condamnés qui ont purgé leur peine. Pour cela, il n’exclut pas de légiférer.

Un projet de loi examiné en octobre.


Le président, qui a reçu la famille de la victime, en compagnie de Brice Hortefeux et Michèle Alliot-Marie, a estimé que « cet assassinat et les circonstances dans lesquelles il s'est déroulé mettaient en lumière la nécessité absolue de poursuivre l'action entreprise en matière de lutte contre la récidive ».

Ainsi, le projet de loi visant à diminuer le risque de récidive criminelle sera « examiné en priorité par le Parlement avant la fin du mois d'octobre », a assuré Nicolas Sarkozy.

Celui-ci présidera, la semaine prochaine, « une réunion au cours de laquelle devront lui être présentées des propositions répondant à cet objectif ».


Mediapart

A propos des suicides au travail

01 Octobre 2009 Par Les invités de Mediapart
Edition : Les invités de Mediapart
http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/011009/propos-des-suicides-au-travail


Comment la psychiatrie peut-elle répondre au suicide et notamment celui sur le lieu de travail? Sylvie Zucca, psychiatre et psychanalyste, connue pour son travail sur la grande précarité, démontre comment «le passage à l'acte suicidaire prend la forme d'un pied de nez ultime à un monde qui se dédie de ses promesses de quête de sens».

Au moment où l'on s'interroge, en France, sur un nombre important de suicides sur les lieux de travail, je choisis ici d'en parler en ma triple qualité d'ancien médecin du travail, de psychiatre psychanalyste de cabinet, et de psychiatre ayant quelques connaissances sur le monde de la grande précarité.

Étrangement, ces trois lieux d'exercice se complètent les uns les autres depuis longtemps dans ma réflexion, en ce que la question du lien social et de ses effets sur la subjectivité y est directement posée dans deux situations (médecine du travail, grande précarité), et que le colloque singulier d'avec les patients en cabinet m'amène à être, par définition, comme tout psychiatre hospitalier et ou libéral, confrontée en première loge à la douleur morale sous toutes ses formes, et donc, bien évidemment, au risque suicidaire, à la tentative de suicide, au suicide lui-même, et à une part de mystère insondable qui l'accompagne: car faut-il le rappeler, tous les suicides ne sont pas de cause psychiatrique.

Les médecins, les psychiatres notamment mais aussi les psychanalystes et les psychologues sont, de par leur fonction soignante, particulièrement bien placés pour observer les dysfonctionnements et du collectif et du subjectif, les risques des intrications délétères entre ces deux mondes –eux-mêmes n'étant d'ailleurs pas à l'abri de vivre ces mêmes risques, comme le montrent les statistiques concernant les taux de suicides dans les professions médicales. Aucune population n'est d'ailleurs aujourd'hui épargnée: policiers, employés, prisonniers, lycéens, étudiants, agriculteurs. Et si parmi ces suicides, un certain nombre ont lieu chez des personnes présentant une pathologie psychiatrique à risque, un aussi grand nombre de ces suicides surgissent chez des personnes sans antécédent psychiatrique.

Dans l'univers du travail –aussi bien dans le monde rural que dans celui des entreprises– de profonds changements sont à l'œuvre en ce qui concerne le sens des actes, la reconnaissance d'un travail dans ce qu'il suppose de savoir faire, de responsabilité, de valeur accordée à la tâche effectuée, et au plaisir de la réalisation de ce savoir faire.

A la place, depuis une bonne vingtaine d'années –et de manière exponentielle– se développent toutes sortes de panoplies de néo-management, de bilans d'efficacité, de contractualisations de toute sortes avec des missions de réussite d'objectifs et d'évaluations, de cultures du résultat, d'autonomisations des tâches, de risques tous azimuts de judiciarisation, le tout emberlificoté dans un tas d'outils ou de pseudos outils à connotation vaguement psychologique qui ont ceci de pervers qu'ils renvoient, en cas de non concordance avec «l'objectif» à atteindre, à la seule responsabilité de l'individu.

Dans les entreprises, la menace de l'éjection de l'univers professionnel, du chômage, du spectre de l'exclusion et de l'inutilité sociale, est plus vive que jamais, largement entretenue par une médiatisation qui surfe sur cette angoisse diffuse.

Cette ambiance amène avec elle tout un cortège de malaises, d'intensités variables, qui accompagnent cette dévalorisation humaine dans son premier stade: l'humiliation, la honte, l'épuisement, la surcharge professionnelle («burning out»), puis, dans un second temps, la dépression profonde, l'isolement, la peur, le repli, et bien souvent l'alcool.

La peur, notamment, est ces temps-ci un vecteur incroyablement fort de silence, d'isolement, de non-solidarité («s'il est viré, c'est que moi je ne le suis pas encore»).
Et comme aucun champ n'est épargné par cette peur –ni le champ privé, avec son taux de précarisations de toutes sortes qui ne cessent de grimper; ni le champ social avec son taux de licenciements, ses crises économiques, ses menaces planétaires–, il est aujourd'hui, en France, évident que le tissu de solidarité spontanée ne fait pas suffisamment office de filet de protection.
A sa place, notamment dans les entreprises, se développe chaque jour une compétitivité accrue par les risques de délocalisation, de crise économique, que l'on fait miroiter chaque jour aux employés et cadres, à tort ou à raison.

Un des effets le pire de cet état des lieux est la démotivation au travail, dont seuls les plus caustiques et ou joueurs semblent être protégés, contrairement à ceux qui s'accrochent à l'idée d'une valeur de leur travail –osons dire de leur métier. Et parmi la population de la rue que j'ai pu rencontrer, nombre n'ont pas supporté à un moment de leur vie l'éviction d'un travail, d'un foyer, et se sont retrouvés affublés d'une identité privative «sans travail», «sans domicile», avant de plonger dans l'irrémédiable d'une survie au jour le jour.

Nous vivons actuellement dans un monde fou, plein de paradoxes qui ne se disent pas, de contradictions indécodables, d'aberrations: le monde du travail est de plus en plus cruel, qui trie, jette, avec des méthodes engendrant des pressions qui vont jouer d'autant plus fort sur la personnalité de l'individu que le collectif ne fait plus garant de partage, ni de culture syndicale et encore moins historique.

A la place, en guise de culture, des programmes télévisuels avec pléthore de jouissance sanguinolente: on aimerait que l'altérité soit un peu d'actualité, et que les vieux concepts d'attention, de remords, de regrets, et donc d'envies, de désirs, de fantasmes, reviennent un peu le long des sentiers, loin des autoroutes de la Très Grande Vitesse d'Existences dans lesquelles le temps de la poésie et de la pensée font doucement ricaner.
Sinon, il n'y a aucune raison que ces pressions ne viennent pas rencontrer, dans l'isolement le plus profond, les traits de caractère les plus vulnérables de chacun d'entre nous; et c'est cette exacerbation structurelle des traits de la personnalité, mise à nue par les pressions sociales en tout genre (et aussi par des diagnostics psy à l'emporte-pièce, faits n'importe où, édictés par n'importe qui, sans précaution) qui risque de continuer à dévaloriser profondément l'individu, le poussant dans ses retranchements les plus intimes: sans bien comprendre ce qui se passe, il ou elle n'a plus l'énergie pour contester la réalité qu'on lui impose (le «c'est à vous de vous adapter», le «votre évaluation est mauvaise») et pense porter en soi une folie, et une insuffisance majeure, bref, une inadaptation à ce monde-là.

A ce moment, pas assez de proches ne sont là pour dire que si le monde est devenu fou et dur, ce n'est pas à lui, à elle, d'en payer le prix; et même entouré(e), il ou elle peut finir par ne plus rien entendre de ces soutiens (familles, amis, proches, médecins), tant la certitude de n'avoir pas été à la hauteur est devenue forte.
A force d'être mis à mal par des injonctions paradoxales, dans leur éthique, leurs valeurs, et donc leurs identités professionnelles et donc sociales, des êtres humains peuvent mourir: c'est cela que nous disent ces suicides en chaîne. Des symptômes psychiques, le perfectionnisme, l'angoisse par exemple, sont livrés sans protection, sans bordure ni limite d'un «cela suffit, merci beaucoup», ad libidum, pourrait-on dire, à la voracité d'un univers du «toujours plus d'efforts»: et un jour, des hommes et des femmes s'effondrent dans un non sens total, celui d'un vide abyssal.

Ou ils se mettent à boire, à consommer des drogues, réponse toxicomaniaque à un monde incertain qui pousse à jouir du seul «tout-tout-de-suite» auquel nous incite l'idéologie de la consommation (consummation, devrait-on dire), en cherchant des réponses à un mal-être sans nom dans des sensations immédiates, là où, bien au contraire, il faudrait qu'on puisse aider ces mêmes personnes à s'inscrire dans une démarche de quête de curiosité professionnelle et de projets encouragés sur le long terme...

Le passage à l'acte suicidaire prend alors la forme d'un pied de nez ultime à un monde qui se dédie de ses promesses de quête de sens, et brade l'idée du bonheur, ravalé par ailleurs à la médiocrité d'un pauvre leurre d'un monde de communication et d'images publicitaires doté d'une imagination toujours plus appauvrie, où «l'avoir toujours plus d'objets» se substitue à la question de l'être et de ses aspirations.

Si ce n'était pas aussi tragique, on pourrait sourire du fait que ce soit précisément dans une des entreprises chargées de veiller et développer la communication que l'on voit actuellement des salariés exprimer une désespérance majeure.

La manière actuelle de jouer avec ses salariés « kleenex », jetables à tous moments, porte bel et bien une part de déshumanisation, que les plus jeunes d'entre nous observent non sans interrogation: ce monde du travail aux méthodes sauvages les laisse pour le moins perplexes, surtout quand ils ont eu à vivre, chose fréquente, la mise au rebut du monde du travail d'un de leurs parents.

Un des maîtres mots du nouveau monde mondialisé est «la flexibilité» dont parle très justement Zygmunt Bauman, sociologue si pertinent de notre monde, dans son dernier ouvrage L'éthique a t-elle une chance dans un monde de consommateurs? «.... Il s'ensuit que le seul talent qu'il me faille acquérir et exercer est celui de la flexibilité –se débarrasser rapidement des talents inutiles, oublier vite, mettre au rebut les avantages passés devenus handicaps, changer de cap et de route au dernier moment et sans regret, éviter les serments de loyauté à vie envers quiconque et quoique ce soit. Après tout, les bonnes occasions ont tendance à apparaître soudainement, surgissant de nulle part, et disparaître de la même façon: malheur aux ringards, qui, par dessein ou à défaut, agissent comme s'ils devaient leur rester fidèles à jamais», écrit-il.

Oui, c'est vrai, la culture du zapping se porte bien. Accentuée par une virtualisation du monde qui chaque jour donne au Temps et à l'Espace une dimension à la fois plus resserrée et abstraite, à une narcissisation massive (rester jeunes à tout prix, «s'estimer soi-même», etc), une angoisse de type nouveau saisit les hommes du XXIe siècle des pays développés: l'humain est à la fois prisonnier de trop de choix de conformisations –qui changent chaque jour– et en pleine perdition sur ce qu'il en serait des questions de la transmission, celle reçue par les aînés, celle dont ils pourraient se sentir détenteurs vis-à-vis de leurs enfants. Il sait que plus rien n'est sûr.

Alors parler de prévention du suicide suppose pour moi plusieurs perspectives :S'il relève de notre compétence de médecins de repérer les symptômes de dépression, de maladies mentales, de les soigner... la seule médicalisation de l'existence s'avère elle aussi un piège dès lors qu'elle réduirait l'homme à un seul statut d'handicapé, de malade isolé.

La tendance actuelle, en ce qui concerne notre métier de psychiatre, serait de renier la dimension psychothérapeutique inhérente à notre fonction, pour transformer la psychiatrie en une seule spécialité médicale comme une autre: en quelque sorte, ne voir dans l'humain qu'un agrégat de défaillances chimiques qu'il faut réparer, faire fi de la psyché au profit du tout neuronal. Il faut violemment s'opposer à une telle vision des choses, et pouvoir accompagner les patients traités, dans une parole qui s'inscrit dans la durée. Rien ne dit que cela ne sera pas bientôt considéré comme un luxe inutile.

Mais c'est aussi profondément du côté de l'organisation du monde du travail qu'il faut se tourner, et s'interroger sur les méthodes de restructuration des ressources humaines: jamais nous ne serons allés aussi loin dans l'utilisation perverse des mots, notamment à connotation humaniste ou psychologique, pour les utiliser et les faire accepter à des populations de plus en plus infantilisées et crédules: se mêlent alors des pseudo notions de deuil: «faire son deuil de son poste», qui, jouant toujours plus sur l'individualisme, enlèvent toute possibilité de discours collectif, renvoyant toujours et encore à la seule responsabilité et culpabilité individuelles...

Une démocratie qui ne s'interrogerait pas sur ces suicides – en prison, au travail à l'école, chez soi, partout –, serait une démocratie bien malade. Mais saura-t-elle écouter tous les signaux des soignants et autres citoyens qui ne sont pas avares en conseils intelligents, ou se contentera-t-elle d'un «Passez, il n'y a rien à voir», les yeux rivés sur les chiffres du dernier PIB?

Sylvie Zucca auteur de Je vous salis ma rue, clinique de la désocialisation. Stock, 2007





BUDGET

Sécu : plus de déficit, plus de taxes, moins de remboursements

NOUVELOBS.COM | 01.10.2009 | 18:54
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/economie/20091001.OBS3149/secu__plus_de_deficit_plus_de_taxes_moins_de_remboursem.html

Le projet de budget 2010 présenté par le gouvernement prévoit un déficit de 30,6 milliards d'euros. Le forfait hospitalier passe de 16 à 18 euros. Les médicaments au "service médical rendu faible" sont moins remboursés. Le "forfait social" est doublé.

Le gouvernement a présenté, jeudi 1er octobre, son projet de budget 2010 pour la Sécurité sociale (PLFSS) : il anticipe un déficit de 30,6 milliards d'euros. Selon le ministre du Budget, Eric Woerth, ce déficit aurait été de 33,6 milliards sans les mesures prises par le gouvernement.
En 2009, le déficit du régime général (salariés) de la Sécurité sociale devrait atteindre 23,5 milliards d'euros, revu à la hausse par le gouvernement en raison notamment de la grippe H1N1 (achats de vaccins, antiviraux et masques).
Des mesures d'économie ont été présentées devant la Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS) par les différents ministres concernés.

Des mesures d'économie

- Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a confirmé la hausse du forfait hospitalier de 16 à 18 euros en 2010, et de 12 à 13,5 euros en psychiatrie.

- Elle a en outre annoncé que le taux de remboursement par l'assurance maladie de certains médicaments, au "service médical rendu faible", baisserait de 35% à 15% en 2010. Les analgésiques comme l'aspirine ou le paracétamol resteront remboursés à 65%. Le gouvernement attend 145 millions d'euros d'économies de cette mesure.

- Une personne dont les indemnités journalières (IJ) auront été suspendues pour "arrêt injustifié" ne pourra obtenir "automatiquement" ses indemnités pour un autre arrêt juste après, a annoncé le ministre Eric Woerth, en présentant le budget 2010 de la Sécurité sociale. Il faudra obligatoirement un accord préalable de la Caisse d'assurance-maladie.
Décidé à "accélérer" la lutte contre les fraudes, en particulier contre "les arrêts de travail injustifiés", "encore beaucoup trop nombreux (13% selon la Cnam pour les arrêts courts)" avec des indemnités journalières qui "augmentent (+5,8 % en 2008; +6,6 % sur les cinq premiers mois de l'année 2009)", Eric Woerth a également annoncé que "la 'contre-visite' de l'employeur, que nous avons expérimentée" allait "être généralisée. "La Caisse sera obligée de tenir compte de l'avis du médecin mandaté par l'entreprise. Elle aura le choix entre effectuer un nouveau contrôle ou suspendre immédiatement le versement des IJ", précise le ministre.

Plus de taxes

- Le "forfait social" (taxe sur l'intéressement, la participation et l'épargne salariale) sera doublé en 2010, passant de 2% à 4%, selon Eric Woerth. Ce prélèvement à la charge des employeurs avait été introduit dans le budget 2009 de la Sécurité sociale. "Si nous développons l'intéressement et la participation, nous devons les soumettre plus largement aux prélèvements sociaux", a justifié le ministre du Budget.
Il s'agit, pour le gouvernement, d'"élargir le financement de la protection sociale aux revenus du capital".

- L'exonération de prélèvements sociaux dont bénéficiaient jusqu'à présent certains contrats d'assurance vie en cas de décès du bénéficiaire sera "remise en cause". En outre, "les plus-values réalisées lors de la cession de valeurs mobilières seront soumises aux prélèvements sociaux (12,1%) au premier euro", selon Eric Woerth.

- Les prélèvements sur les retraites chapeaux des dirigeants d'entreprise seront doublés, pour un gain attendu d'environ 25 millions d'euros. Seul l'employeur cotise pour ce régime, qui assure un complément de retraite aux dirigeants de grandes entreprises (près de 800 selon des sources gouvernementales).

Des mesures pour les retraites des mères de famille

Pour ce qui concerne les retraites, le ministre du Travail Xavier Darcos a indiqué que les compensations aux mères de famille seraient "sauvegardées". La majoration de durée d'assurance (MDA) de deux ans pour les mères de famille du privé est préservée. Elle continuera à bénéficier essentiellement aux femmes, avec des possibilités pour les hommes d'en bénéficier, mais de manière exceptionnelle, sous des conditions restrictives.

Les invalides capables de poursuivre une activité pourront désormais toucher leur pension jusqu'à l'âge de 65 ans, au lieu de 60, a indiqué jeudi le ministre du Travail Xavier Darcos.
Le projet de loi de finances de la Sécurité sociale instaure pour les entreprises "un système de "bonus-malus" plus efficace dans le champ des accidents du travail" : "D'une part, il simplifie les mécanismes de majoration de cotisation qui existent en cas de risque avéré ou récurrent : c'est le malus. D'autre part, il crée une nouvelle incitation financière pour les entreprises qui réalisent des investissements de prévention : c'est le bonus", selon Xavier Darcos.

Grogne

La hausse du forfait hospitalier et la baisse du taux de remboursement de certains médicaments ont suscité de vives réactions de la part de l'opposition, des syndicats et d'associations qui déplorent que les patients soient pénalisés.
La proposition du président des députés UMP, Jean-François Copé, d'imposer les indemnités d'accidents du travail (dans le cadre du projet de loi de finances) a amplifié la grogne.

(Nouvelobs.com avec AFP)

mercredi 30 septembre 2009



Le socialiste Claude Evin prend la tête de la santé francilienne
LEMONDE.FR | 30.09.09 | 08h02 • Mis à jour le 30.09.09 | 09h31
http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2009/09/30/l-ex-ministre-socialiste-claude-evin-dans-l-orbite-du-gouvernement_1246984_823448.html#ens_id=1241091

Le gouvernement va procéder, mercredi 30 septembre, à la nomination en conseil des ministres des directeurs des 26 futures agences régionales de santé (ARS) parmi lesquels figurera Claude Evin, ancien ministre socialiste de la santé, pour l'Ile-de-France.

"Il n'y a pas eu de candidature de grâce et de faveur. Si M. Evin a été retenu, c'est d'abord en raison de ses compétences, non du fait qu'il est un candidat de l'ouverture. Il se trouve qu'être de gauche n'a pas été un critère de rejet !", explique la ministre de la santé et des sports, Roselyne Bachelot dans un entretien au "Monde".

"Nous avons fait le choix d'une procédure innovante, pour répondre à la commande du président de la République et du premier ministre de professionnaliser le recrutement des dirigeants des grands opérateurs, poursuit Mme Bachelot. Nous avons fait appel à un cabinet de recrutement et un comité d'experts. Plus de mille candidatures ont été examinées. J'ai moi-même reçu des candidats dans la dernière phase de sélection. Tout le monde a joué le jeu, Claude Evin comme les autres".

"Je ne franchis pas le Rubicon", assure quant à lui M. Evin dans Aujourd'hui en France/Le Parisien. "Je suis toujours au Parti socialiste et n'ai pas l'intention de renier mes engagements en faveur du service public", ajoute-t-il. "J'ai milité depuis longtemps pour la création de ces agences régionales de santé qui, à mes yeux, ne sont ni de droite ni de gauche, et la ministre de la santé m'a fait l'honneur de me solliciter avec l'aval du président de la République et du premier ministre", a ajouté M. Evin.

A la question de savoir s'il ne craint pas "d'être accusé par la gauche de servir de caution au gouvernement, s'il doit prendre des mesures impopulaires", l'ancien ministre répond par la négative. "Je n'ai plus de mandats électifs au PS depuis 2007. […] Les gens qui me connaissent savent que j'ai des convictions et que je ne vais pas les mettre dans ma poche", explique-t-il.



Entretien
Roselyne Bachelot : "En matière de santé, il n'y a pas de tournant de la rigueur"
LE MONDE | 30.09.09 | 14h51 • Mis à jour le 30.09.09 | 17h18
http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2009/09/30/roselyne-bachelot-en-matiere-de-sante-il-n-y-a-pas-de-tournant-de-la-rigueur_1247187_823448.html#ens_id=1241091

Le gouvernement dévoile jeudi 1er octobre, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), sur fond de déficits persistants. Mercredi 30 septembre, il a procédé à la nomination en conseil des ministres des directeurs des 26 futures agences régionales de santé (ARS) parmi lesquels le socialiste Claude Evin. Ministre de la santé et des sports, Roselyne Bachelot s'explique.


La nomination de Claude Evin, ancien ministre de la santé socialiste est-elle un nouveau geste d'ouverture ?

Nous avons fait le choix d'une procédure innovante, pour répondre à la commande du président de la République et du premier ministre de professionnaliser le recrutement des dirigeants des grands opérateurs. Nous avons fait appel à un cabinet de recrutement et un comité d'experts. Plus de mille candidatures ont été examinées. J'ai moi-même reçu des candidats dans la dernière phase de sélection. Tout le monde a joué le jeu, Claude Evin comme les autres. Il n'y a pas eu de candidature de grâce et de faveur. Si M. Evin a été retenu, c'est d'abord en raison de ses compétences, non du fait qu'il est un candidat de l'ouverture. Il se trouve qu'être de gauche n'a pas été un critère de rejet ! Le résultat, c'est un "casting" exceptionnel : un ancien ministre, des médecins, des profils issus du privé, des préfets, des membres des grands corps de l'Etat, des cadres supérieurs de l'Assurance-maladie. Et nous avons 27 % de femmes, ce qui est le plus fort pourcentage des grands réseaux régionaux du secteur public.

Qu'attendez-vous de ces nouveaux "préfets sanitaires" ?

Avec les ARS, nous créons un service public unifié de santé, couvrant, au niveau régional, l'ensemble des champs de la santé : la prévention, la santé publique, la sécurité sanitaire, l'ambulatoire, l'hôpital, le médico-social. C'est un apport majeur de la loi que j'ai défendue au printemps dernier. Ces agences, qui regrouperont sept structures de l'Etat et de l'Assurance-maladie, étaient un concept porté par l'ensemble des candidats républicains lors de la présidentielle de 2007. Tous estimaient que leur création était indispensable pour remédier à certains dysfonctionnements de la structuration sanitaire, notamment le cloisonnement entre l'hôpital et la ville.

Quant à l'appellation "préfets sanitaires", elle est inappropriée. Pour autant, je revendique pleinement le rôle de régulateur de l'Etat, dans le domaine de la santé. Les préfets de région seront d'ailleurs les présidents des conseils de surveillance de ces agences. Les ARS devront répondre aux besoins concrets des gens : comment trouver un médecin dans des zones désertifiées, le week-end ou après 23 heures le soir, chaque jour ; comment décloisonner la ville et l'hôpital, l'hôpital et le médico-social ?

Les ARS n'ont pas de pouvoir de contrainte sur la médecine libérale, notamment pour lutter contre les déserts médicaux. Pourraient-elles l'avoir un jour ?

Je ne préjuge pas de ce qui pourrait être fait par une autre majorité. Le PS a dit qu'il souhaitait des mesures coercitives sur l'organisation de la médecine libérale. Dont acte. Pour ma part, j'ai affirmé que, dans le cadre de la meilleure répartition des professionnels de santé sur le territoire, je privilégiais l'approche qui respecte la liberté d'installation des médecins. Pour autant, les ARS ne seront pas dépourvues de moyens incitatifs, pour mieux répartir la présence médicale. Elles le feront en concertation avec les professionnels de santé, les élus locaux, les associations de patients et d'usagers.

Le gouvernement affirme qu'il n'a pas fait le choix de la rigueur, mais dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale vous augmentez le forfait hospitalier et dé-remboursez certains médicaments.

Il n'y a pas de tournant de la rigueur lorsqu'on envisage une croissance de près de 3 % des dépenses ! C'est près de 5 milliards d'euros de plus que nous aurons dépensés pour notre santé en 2009. Cette année, comme les précédentes, nous demanderons des efforts à tous : professionnels de santé, structures et hôpitaux, patients. Le forfait journalier n'avait pas été ajusté depuis plusieurs années, et cela fait plusieurs années que nous remboursons de façon différenciée les médicaments en fonction de leur service médical. Il n'y a pas non plus de forte ponction du pouvoir d'achat des Français.

Le premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, juge pourtant une augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG) inéluctable...

M. Seguin s'inscrit dans une perspective de long terme, en affirmant qu'il faudra à l'avenir consacrer une partie plus importante de notre richesse nationale aux dépenses de santé. Il faut surtout voir comment le système de santé évolue : le vieillissement de la population est évidemment source de coûts. A l'inverse, le progrès technologique peut engendrer des économies sans dégrader la qualité des soins : on peut opérer maintenant en six heures une tumeur qui nécessitait auparavant six mois d'hospitalisation. Si on se place dans le modèle actuel de la santé, il faudrait peut-être relever les prélèvements obligatoires. Mais on peut imaginer un modèle différent, plus efficient qu'aujourd'hui. Sur cette question, il faut trouver un consensus appuyé avec les Français.

Propos recueillis par Laetitia Clavreul et Cécile Prieur


Le forfait social va passer de 2 % à 4 %

Le forfait social de 2 %, dû par les employeurs sur les rémunérations différées (participation, intéressement, épargne salariale et retraite supplémentaire), va être relevé à 4 %. Ainsi réévaluée, cette contribution patronale devrait rapporter 410 millions d'euros à l'Etat. Le gouvernement prévoit aussi de mettre fin à l'exonération de prélèvements sociaux dont bénéficiaient les contrats d'assurance-vie multi-supports en cas de décès du titulaire. Il en tirera 270 millions.

Claude Evin devient directeur de l'ARS Ile-de-France

Parmi les 26 directeurs d'agences régionales de santé figurent notamment :

- Claude Evin, ancien ministre socialiste de la santé, actuel président de la Fédération hospitalière de France (Ile-de-France) ;

- Denis Morin, conseiller maître à la Cour des comptes, ancien directeur de cabinet de Martine Aubry au ministère de l'emploi (Rhônes-Alpes) ;

- Dominique Deroubaix, directeur d'agence régionale d'hospitalisation (PACA) ;

- Daniel Lenoir, ancien directeur général de la Caisse nationale d'assurance-maladie (Nord-Pas-de-Calais) ;

- Nicole Klein, préfet des Hautes-Alpes (Aquitaine) ;

- Martine Aoustin, responsable de la tarification hospitalière au ministère de la santé (Languedoc-Roussillon) ;

- Jean-Yves Grall, directeur d'agence régionale d'hospitalisation (Lorraine) ;

- Jacques Laisné, ancien préfet du Var (Centre) ;

- Pierre-Jean Lancry, directeur de la santé à la Mutualité sociale agricole (Basse-Normandie) ;

- Chantal de Singly, directrice de l'Ecole des hautes études en santé publique (Réunion).

La liste exhaustive est consultable sur lemonde.fr.

Article paru dans l'édition du 01.10.09

mardi 29 septembre 2009

BEZIERS
Édition du mardi 29 septembre 2009

http://www.midilibre.com/articles/2009/09/29/BEZIERS-La-psychiatrie-dans-tous-ses-etats-avec-Croix-marine-937472.php5


Olivier GOT

Santé

La psychiatrie dans tous ses états avec Croix marine


RAPPEL : Les journées consacrées à la santé mentale se poursuivent ce matin. Le point, hier

Palais des Congrès, hier après-midi. Ils sont des centaines à arpenter les couloirs à la recherche de la conférence qui les intéresse ou d'un livre traitant du sujet recherché. Les journées Croix marine, consacrées à la santé mentale, attirent du monde. Professionnels ou simples curieux, ils sont réunis par la fédération biterroise créée voici près de soixante ans. Date à laquelle « lorsqu'on rentrait dans un hôpital psychiatrique, on avait une chance sur deux d'y passer le reste de sa vie ». Le D r Bernard Durand met en avant, avec ce discours, les avancées considérables qu'ont connues les centres de soins certes, mais aussi les structures d'accompagnement. A l'image des Groupes d'entraide mutuelle (Gem), créés plus récemment afin que les patients organisent eux-mêmes et entre eux leurs loisirs. Car c'est bien de ce sujet que traitent en particulier ces journées. « Ce n'est pas évident de s'insérer dans un club sportif quand on est psychotique » , souligne encore le psychiatre de Créteil . Qui précise que l'enjeu ne vaut la chandelle que si la synergie fonctionne entre ceux qui font les soins et ceux qui accompagnent. Jamais l'un sans l'autre (lire plus bas). Le groupe d'entraide biterrois est à mettre à l'actif de l'Union nationale d'aide aux familles et amis des malades mentaux (1) . Une réalisation importante que celle de cette association d'usagers puisque « quand le groupe est implanté en pleine ville, il contribue à changer l'image qu'ont les gens des malades ». Et inversement. En effet, une fois acceptée l'idée d'intégrer un groupe, il n'est pas rare qu'un malade accepte plus facilement de se faire soigner, tandis que l'autre ira plus aisément participer à une sortie sécurisée par ses "semblables". Et les psychiatres d'insister sur la nécessité de ces Gem tant qu'ils ne se substitueront pas aux centres de soins. et ne seront pas pour les politiques « un moyen de banaliser le handicap ». Evidemment, le sujet est bien trop délicat pour une profession de médecins qui souffrent d'une pénurie de personnels et d'infirmiers. Quoi qu'il en soit : « Nous sommes tous en difficulté, mais on n'est pas à Béziers pour défendre nos chapelles, mais pour travailler ensemble », conclut le D r Durand. Qui poursuit avec ses collègues les conférences ce matin encore. Cyril CALSINA
L'Unafam organise une discussion animée par une psychologue jeudi 1 er octobre, de 14 h 15 à 16 h 30, à la salle de réunion du centre Camille- Claudel, 2, rue Robert-Rivetti, à Béziers.
COLLOQUE Jeudi 15 octobre 2009 | Saint-Denis (93)
Expertise psychiatrique et sexualité - 1850-1930
Quand médecine, droit, morale et littérature se conjuguaient dans les prétoires...
Publié le lundi 28 septembre 2009 par Marie Pellen

http://calenda.revues.org/nouvelle14443.html

RÉSUMÉ


À partir du milieu du XIXe siècle, la psychiatrie occidentale a nosographié par le menu les déviances sexuelles dont certaines entamèrent leur lente démédicalisation après les Années folles, notamment sous l’influence de la littérature. La pathologisation de certains comporte-ments sexuels coïncida avec la reprise en main de l’ordre moral par le pouvoir et les Églises, amorcée avec ostentation depuis la Monarchie de juillet. À compter des années 1850, les délits et crimes liés à la sexualité occupèrent majoritairement l’activité judiciaire (que l’on songe par exemple aux cas de Joseph Vacher – publié par Alexandre Lacassagne – et de Vincent Verzeni – publié par Cesare Lombroso) et les psychiatres, pour la plupart experts des tribunaux, exploitèrent donc leur nosographie contestable des perversions sexuelles dans leurs rapports d’expertise légale.


ANNONCE

Université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis


Jeudi 15 octobre 2009

Sur l’invitation de Geneviève Koubi, ex-Directrice du CER/FDP, et Hélène Gaumont-Prat, Directrice du Laboratoire de Droit médical et de la santé de l’Université de Paris 8
Organisé par Patrick Pognant (Paris-Descartes) et Brigitte Galtier (UCP) Centre d’Etudes et de Recherches Fondements du Droit public (CER/FDP) de l’Université de Cergy-Pontoise (UCP) - « Arts littéraires, arts cliniques »
Direction Claudine VIARD
à l’Université de Paris 8, salle B 106. 9h - 18h

Accès libre

9h-9h15 Accueil des participants
9h15 Ouverture du colloque par Geneviève Koubi Présentation par Patrick POGNANT

1. Autour de la problématique

Présidence de séance : Patrick POGNANT, enseignant-chercheur, Univ. Paris-Descartes et UCP
9h30 Corinne François-Denève, enseignant-chercheur, Univ. Versailles Saint-Quentin : Folies de femmes : sur Mad, bad and sad. Women and the mind doctors de Lisa Appignanesi (2008)
10h Iulian Bogdan Toma, doctorant-assistant d’enseignement, Univ. Western Ontario (Canada) L’inversion sexuelle : le « malade » a la parole
10h30 Gérard Danou, médecin, chercheur HDR, Univ. Paris-Diderot L'influence de la formation psychiatrique d’Arthur Schnitzler sur la vie de ses personnages
11h Laurent Kondratuk, ATER, Histoire du Droit et des institutions, Univ. de Franche-Comté Le recours à la psychiatrie dans les sentences de la Rote romaine 11h30/12h30 - discussion

2. Études de cas
Présidence de séance : Brigitte Galtier, enseignant-chercheur, Univ. de Cergy-Pontoise
14h30 Marc Renneville, enseignant-chercheur, Univ. de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, Chargé d'études et de recherches au Ministère de la Justice (Direction de l'administration pénitentiaire) Joseph Vacher ou la fin du brevet d'impunité pour les criminels
15h Gilles Trimaille, enseignant-chercheur, Histoire du Droit, Univ. de Bourgogne L'expertise médico-légale face aux perversions : instrument ou argument de la justice ?
15h30 Patrick Pognant, enseignant-chercheur SIC, Univ. Paris-Descartes et UCP Le comte qui était comtesse : un cas de gynandrie au tribunal de Vienne (1890)
16h Francis Ancibure, psychologue clinicien, expert Judiciaire, chargé de cours de criminologie – Faculté de Bayonne Un cas d’actes pédophiles rapporté par le Dr Brierre de Boismont (1840)
16h30 Fabien Gouriou : psychologue ; docteur en psychologie Le sexe des indigènes – Adolphe Kocher et la médecine légale en Algérie
17h/17h30 - discussion

Débat général
Pour citer cette annonce
« Expertise psychiatrique et sexualité - 1850-1930 », Colloque, Calenda, publié le lundi 28 septembre 2009, http://calenda.revues.org/nouvelle14443.html