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Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

samedi 20 novembre 2021

Le Théâtre aimant d'art brut d'Emma Dante

    • 19 NOV. 2021
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Présenté l'été dernier lors du Festival In d'Avignon, « Misericordia », d'Emma Dante, captive grâce au croisement de langages divers qui se disputent, à égalité, l'art brut et l'effronterie d'énoncer des réalités qui dérangent parce qu'elle sont l'ordinaire de gens simples. Or, si leur énergie communicative décourage toute pudeur, c'est que la poésie l'irrigue sans être préméditée.
[...] La metteuse en scène palermitaine Emma Dante, elle, a le don d'imbriquer, entre eux, des pans et des reliefs de consciences qui disent tour à tour le prosaïsme d'existences vouées à la souffrance, l'âpreté des violences subies par des femmes que l'on maltraite, bat ou qu'on prostitue, d'un enfant né avec des handicaps tant moteurs que mentaux mais qui, réunis sur un même plateau dénué de tout colifichet esthétique, de tout futile ornement, savent danser leur fureur, leur révolte, leur amour commun pour celui qu'on a fait naître difforme et impropre à vivre une enfance comme celle des autres mais, parce qu'elles ont décidé de l'élever ensemble, avec tout l'amour qu'elles savent conjuguer à trois, auront au moins gagné une revanche: celle de le laisser partir vivre, ensuite, loin d'elles.


Mineurs placés : «C’est le système qui broie les gamins, et non l’inverse»

par Marie Piquemal  publié le 15 novembre 2021

Lyes Louffok, militant des droits de l’enfant et ancien enfant placé, dont l’histoire est portée à l’écran lundi sur France 2 dans «l’Enfant de personne», appelle à une mobilisation collective pour repenser la protection de l’enfance et restructurer le système de prise en charge.

Ancien enfant placé, Lyes Louffok avait raconté son histoire dans un livre intitulé Dans l’enfer des foyers (Flammarion, 2014), qui vient d’être adapté en fiction télévisée, l’Enfant de personne (1). Toujours avec ce même objectif : qu’enfin, les choses changent.

Dans le dossier de Gautier Arnaud-Melchiorre, ex-enfant placé

Par   Publié le 19 novembre 2021

Le jeune homme, désormais étudiant en droit, doit remettre, samedi 20 novembre, un rapport au secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance. Son parcours raconte les failles de l’aide sociale à l’enfance.

Gautier Arnaud-Melchiorre, à Paris, en novembre 2021.

« Bien sûr que j’ai souvent eu honte. Pourquoi croyez-vous que je porte toujours une chemise et ce petit pull Saint James ? Ça me protège, personne n’imagine un jeune de l’ASE habillé discret comme ça… » Gautier Arnaud-Melchiorre est l’un des 170 000 enfants hébergés par l’aide sociale à l’enfance (ASE) et vient d’effectuer un tour de France afin de recueillir la parole de 1 500 enfants placés, un cahier de doléances qu’il remettra, samedi 20 novembre, à Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de l’enfance.

Vers un remboursement des séances de psychologues en 2022

Contexte

La santé mentale constitue l’un des enjeux majeurs de santé publique de notre époque et sa prise en charge une priorité du Gouvernement. Les Assises de la santé mentale et de la psychiatrie, qui se sont tenues le 27 et 28 septembre 2021, furent l’occasion de définir une ambition renouvelée en proposant un ensemble d’actions cohérentes visant à renforcer l’offre de soins en santé mentale et son accessibilité.

L’une des mesures phares annoncées par le président de la République au cours de son discours de clôture est la prise en charge pour l’ensemble de la population de séances chez le psychologue en ville. Cette mesure doit permettre d’améliorer l’accès aux soins en santé mentale, dans un souci de lutte contre les inégalités en santé, en permettant aux psychologues de ville de s’inscrire dans le parcours de soins des patients en souffrance psychique d’intensité légère à modérée.

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Manifestation à Paris pour défendre la psychiatrie

18/11/2021

Psychiatres, psychologues, orthophonistes, éducateurs... Quelques centaines de professionnels ont manifesté jeudi devant le ministère de la Santé à Paris « pour défendre le médico-social, la psychiatrie et l'accès au soin psychique pour tous », a constaté une journaliste de l'AFP.

Nous assistons depuis de nombreux mois à la casse des institutions de soins du médico-social, des centres d'accueil pluridisciplinaires comme les centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) ou les centres d'action médico-sociale précoce (CAMSP) », a indiqué à l'AFP Marie Bakchine, psychologue du Collectif Grand Est pour la défense du médico-social.

Elle dénonce « les listes d'attente insupportables », « les enfants laissés sans soins », « une vrai crise sanitaire organisée par le gouvernement ».

« Quand on a 3 ans, attendre 2 ans pour être pris en charge, c'est trop », dénonce-t-elle, déplorant être obligé de « trier les enfants ». « On passe des heures de synthèse à se demander qui on prend ».

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Emotions : mieux vaut être hyper que hypo

par Hélène L’Heuillet, Psychanalyste et professeure de philosophie à l’université Paris-Sorbonne publié le 19 novembre 2021

Le diagnostic de l’hypersensibilité exprime une névrose contemporaine et le goût de l’époque pour la distance, les barrières et les murs. Sommes-nous en train de devenir allergique à l’autre ? 

«Etes-vous hypersensible ?». Si l’on s’amuse à entrer cette question dans un moteur de recherche, la réponse se présente sous forme d’une panoplie de tests et de listes de critères censés nous renseigner sur la quantité de nos ressentis, afin de savoir si celle-ci se tient dans une juste moyenne ou si elle est excessive. En effet, une nouvelle pathologie est née, l’hypersensibilité, qui désigne à la fois une perméabilité trop grande aux émotions, une incapacité à se défendre des agressions d’autrui, et un manque de recul vis-à-vis de ses perceptions. Si l’on admet que les catégories psychologiques d’une époque ne sont pas toutes issues d’une clinique rigoureuse mais expriment l’idéologie des sociétés qui les font circuler, on peut s’interroger sur le sens de ce diagnostic d’hypersensibilité.

vendredi 19 novembre 2021

40ème (+1) édition du FESTIVAL PSY DE LORQUIN

 






17 - 18 et 19 mai 2022

Pour cette édition anniversaire, vous trouverez toujours durant les deux premières journées, dans trois salles, les projections des films d'actualité du champ de la santé mentale.

Le 19 mai, une journée spéciale sera consacrée à une rétrospective dans une seule salle, des meilleurs films présentés lors des 40 ans de ce festival.

Cette journée anniversaire sera couplée avec la première des journées nationales de l'Association des Pédopsychiatres de secteur Infanto-Juvénile (API) afin d'enrichir les débats et échanges à la suite de chaque projection.

Le Président du jury de cette 40ème édition sera le Professeur Daniel Marcelli qui nous fera également l'amitié de proposer une conférence gratuite sur le thème des "adolescents d'aujourd'hui", le mardi 17 mai 2022 à 20h30 à l'espace Le Lorrain de la ville de Sarrebourg.

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La grande histoire du narcissisme des petites différences


 


Octave Larmagnac-Matheron publié le 

Portrait officiel du président de la République, Emmanuel Macron. © Soazig De La Moissonnière, photographe de la présidence. Sigmund Freud vers 1921. © Library of Congress


Dénonçant les velléités d’indépendance de ses ministres, Emmanuel Macron condamnait récemment le « narcissisme des petites différences ». L’expression, célèbre, et plus complexe qu’il n’y paraît, est de Freud. Mais son histoire se prolonge bien en deçà et au-delà du fondateur de la psychanalyse.

La jalousie du proche

Si c’est à Freud que l’on doit l’expression « narcissisme des petites différences », l’idée même que les différences minimes sont plus insupportables que les autres est plus ancienne. Dans son Traité de la nature humaine (1739), Hume explique déjà que « ce n’est pas une grande disproportion entre les autres et soi qui produit l’envie, mais au contraire une proximité ». Un paysan n’éprouve pas de jalousie à l’égard d’un noble, parce qu’il n’envisage même pas que la différence entre les deux puisse être surmontée. En revanche, il peut facilement envier un autre roturier un peu plus riche.

"Marilyn, dernières séances" de Michel Schneider


Trente mois durant, de janvier 1960 au 4 août 1962, ils formèrent le couple le plus improbable : la déesse du sexe et le psychanalyste freudien.

À PROPOS DE LA SÉRIE

Elle lui avait donné comme mission de l'aider à se lever, de l'aider à jouer au cinéma, de l'aider à aimer, de l'aider à ne pas mourir. Il s'était donné comme mission de l'entourer d'amour, de famille, de sens, comme un enfant en détresse. Il voulut être comme sa peau, mais pour avoir été la dernière personne à l'avoir vue vivante et la première à l'avoir trouvée morte, on l'accusa d'avoir eu sa peau.

TOUS LES ÉPISODES 
LE 31/12/2018

"Ralph Greenson, son psychanalyste, est la dernière personne qui a vu Marilyn Monroe vivante et la première qui l’a trouvée morte. A mots voilés, on l’accusait...

LE 01/01/2019

"Durant les presque six mois du tournage du Milliardaire, Marilyn quittera le plateau tous les après-midi pour se rendre chez son psychanalyste, Ralph...

LE 02/01/2019

"Les difficultés liées aux tournages continuent. Après Le Milliardaire, John Huston propose à Marilyn le rôle féminin des Désaxés, scénario tiré d’une...

[...] 

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Témoignages Etudiants handicapés : «C’est comme si on avait une charge de travail double»

par Elsa Maudet  publié le 18 novembre 2021 

Malgré certains aménagements mis en place, de nombreux étudiants en situation de handicap font état d’importantes difficultés, voire d’obstacles administratifs, pour suivre et réussir leur cursus dans le supérieur. 

Ezechiel est souvent tombé dans les pommes lors de contrôles ou d’examens. L’étudiant en master 2 d’anglais est sujet à des crises non épileptiques psychogènes, des pertes de connaissance parfois suivies de convulsions, qui peuvent survenir à tout moment. «A l’université, plusieurs fois je n’ai pas pu sortir de la salle et suis resté inconscient par terre au milieu des autres étudiants», raconte cet étudiant handicapé de 25 ans, qui vit dans le sud de la France.

J'ai peur, comment je (me) soigne


 






Comment situer le thème d’une peur qui nous concerne tous, soignants et soignés ? « J’ai peur, comment je (me) soigne » s’adresse aussi bien aux patients qu’aux soignants. Un phénomène qui paraît peu étudié par rapport à celui de la violence. Un thème tabou ? Un thème qui amène des questions et remet en question les pratiques : quelles sont les expériences de la peur, les représentations de la peur et quelles réactions génèrent-elles ? Comment soigner avec la peur ?


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Amandine Gay : « La famille, ce n’est pas que de la biologie »

Propos recueillis par   Publié le 18 novembre 2021

Il serait temps de partir de la réalité pour faire évoluer nos lois et notre conception de la famille, estime la cinéaste, sociologue et militante afroféministe dans un entretien au « Monde ».

Joséphine Baker et son mari, Jo Bouillon, se promènent avec leurs enfants adoptifs devant leur château à Milandes, en Dordogne.

Entretien. Après deux documentaires – Ouvrir la voix (2016), dans lequel elle donnait la parole à des femmes noires françaises et belges en butte quotidiennement au racisme et à la misogynie, et Une histoire à soi (2021), qui retraçait le parcours de cinq personnes adoptées –, la cinéaste, sociologue et militante afroféministe poursuit sa réflexion avec Une poupée en chocolat (La Découverte, 368 pages, 20 euros). A partir de son parcours de jeune femme noire née sous X et en quête de son identité, elle invite à repenser l’adoption mais aussi les questions de filiation et, plus largement, la manière de « faire famille » aujourd’hui.

« J’ai peur d’y retourner » : le sombre quotidien des élèves victimes de harcèlement scolaire


 



Par   Publié le 17 novembre 2021

En France, un enfant sur dix serait concerné par des violences verbales ou physiques dans le cadre scolaire. A l’occasion de la journée de lutte contre le harcèlement scolaire, des victimes et leurs parents racontent leur histoire au « Monde ».

Anissa a 12 ans. Pour cette collégienne de Seine-et-Marne, qui ne souhaite pas donner son nom – comme les autres adolescents interrogés – la rentrée en 5e ne s’est pas déroulée comme prévu. Cette adolescente qui se décrit comme « forte » est victime d’insultes sur son poids « depuis la maternelle ». Mais depuis la 6e, où elle est arrivée « très intimidée », la situation s’aggrave.

Harcèlement scolaire : 38 millions de vues pour une vidéo de lycéens de Gap


 


Publié le 18/11/2021

Des images percutantes, un support idéal pour évoquer le harcèlement scolaire qui touche un élève sur dix en France. Des élèves d'un lycée de Gap (Hautes-Alpes) ont été primés lors de la 7e édition du prix "Non au harcèlement".

Harcèlement scolaire : 38 millions de vues pour une vidéo de lycéens de Gap

Harcèlement scolaire : 38 millions de vues pour une vidéo de lycéens de Gap • © Lycée Dominique Villars

Relié dans le monde entier, le vidéo-clip a été vu plus de 38 millions de fois sur les réseaux sociaux et différents sites.  

"Se taire, c'est laisser exprimer la violence", "parce que ne rien faire, c'est être complice" ou encore "parce que le harcèlement, c'est ensemble qu'on l'arrête".

Pendant 2 min et 7 secondes, les phrases s'enchaînent, poussent à la réflexion. Dans leur clip, sept élèves du lycée Dominique Villars de Gap dénoncent le harcèlement scolaire et les comportements habituels qui l'entourent.  

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« Grande Sécu » : décryptage d’un projet clivant

Par  et   Publié le 18 novembre 2021

Le ministre de la santé Olivier Véran a relancé l’idée d’une extension du régime de base de la Sécurité sociale, au détriment notamment des mutuelles, qui s’opposent à cette idée. « Le Monde » fait le point sur les enjeux.

La question est technique mais elle recèle des enjeux éminemment politiques : faut-il revoir l’articulation entre l’assurance-maladie obligatoire et les organismes complémentaires santé ? Autrement dit, le régime de base de la Sécurité sociale doit-il étendre son périmètre, quitte à s’arroger une très large partie du marché occupé aujourd’hui par les mutuelles, les assureurs et les institutions de prévoyance ?

«La grande Sécu permettrait une meilleure couverture pour un coût sans doute inférieur»


 


par Nathalie Raulin  publié le 14 novembre 2021

Pour l’économiste de la santé Brigitte Dormont, l’idée d’une réforme du remboursement des soins soutenue par Olivier Véran permettrait de mettre fin au système à deux étages complexe, coûteux et inéquitable, des complémentaires santé et de favoriser la solidarité.

Faut-il confier à la seule solidarité nationale le soin de rembourser l’intégralité des dépenses de santé des Français ? Soutenue par le ministre de la Santé, Olivier Véran, conspuée par le candidat à l’investiture LR pour la présidentielle Xavier Bertrand, l’idée d’une «grande Sécu», qui marginaliserait les organismes complémentaires dans la couverture des soins, a commencé d’agiter les esprits à six mois de l’élection présidentielle. Economiste de la santé et professeure à l’université Paris-Dauphine, Brigitte Dormont travaille depuis plusieurs années sur ce dossier. Pour elle, le coût, l’inertie et l’iniquité de notre actuel système de couverture santé justifient les velléités de réforme.