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samedi 20 juin 2020

"Mon nom est clitoris" : drôle de documentaire sans fard sur ce qui se passe sous les jupes des filles...

franceinfo:   Jacky Bornet  publié le 

Tabou par excellence, objet de mutilations mortelles dans certaines cultures, méconnu, voire inconnu : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le clitoris… sans jamais oser le demander.

\"Mon nom est clitoris\" de Daphné Leblond et Lisa Billuart Monet.
"Mon nom est clitoris" de Daphné Leblond et Lisa Billuart Monet. (Copyright MK2)

Documentaire signé Daphné Leblond et Lisa Billuart Monet, deux cinéastes belges, sur un sujet ô combien féminin, Mon nom est clitoris, fait appel aux témoignages de jeunes femmes dans la vingtaine d’années. A visage découvert, elles parlent de leurs expériences sexuelles, avec franchise et humour, autour du seul organe humain destiné à procurer du plaisir, exclusivement féminin. Sortie le 22 juin.

Obscurantisme et ignorance


Existe-t-il, où se trouve-t-il, quelle est sa morphologie (11 cm de long !), quelle est sa fonction ?... Même dans les cours d’Education sexuelle, le clitoris passe à l’as. Et si les hommes le connaissent mal, ou pas du tout, c’est aussi paradoxalement le cas de nombre de femmes, plus ou moins jeunes, comme en témoigne ce documentaire qui explore le clitoris, cet inconnu.
L\'affiche de \"Mon nom est clitoris\" de Daphné Leblond et Lisa Billuart Monet.

Médecine.Les femmes ne sont pas des hommes comme les autres, il faudrait s’en souvenir

Publié le 
Vers la fin de sa formation en médecine d’urgence à l’université Brown (Rhode Island), on a demandé à Alyson McGregor quelle serait sa spécialité.
“Un médecin est censé avoir un domaine de prédilection, alors j’ai répondu ‘Eh bien ! la médecine féminine’, se souvient-elle. Mes interlocuteurs se sont dit : ‘Ah ! son truc, c’est la gynécologie-obstétrique’.” Résultat : pendant les gardes au service des urgences de cet hôpital du Rhode Island, principal centre de traumatologie de l’État, la Dre McGregor, fraîchement diplômée, est devenue le médecin sur lequel on pouvait compter pour les examens du bassin, parce qu’elle était censée s’y intéresser particulièrement.
“J’en ris aujourd’hui, mais c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à comprendre qu’il existait une idée très ancrée selon laquelle la santé féminine se résume à la reproduction, se souvient-elle :
Bref, les femmes étaient des hommes ‘avec des nichons et des trompes’.”
Mais Alyson McGregor ne s’intéressait pas qu’à cet aspect des choses, loin de là. Par médecine féminine, elle entendait la santé globale des femmes, chez qui chaque cellule contient des chromosomes du féminin [une paire de chromosomes X], qui influent sur chacune des fonctions de l’organisme. Elle voulait comprendre comment ces différences – qui concernent les hormones, les tissus, les systèmes et les structures – se répercutent sur chaque maladie, et supposent donc des traitements spécifiques. Ce sont les maladies cardio-vasculaires qui lui ont montré la voie.

Les femmes pâtissent de l’étalon homme

“C’était il y a une quinzaine d’années, quand on a commencé à comprendre que les crises cardiaques ne se manifestaient pas de la même façon chez les hommes et chez les femmes, raconte-t-elle. Les femmes décrivaient des symptômes différents et présentaient un moins bon pronostic, alors je me suis demandé pourquoi. Et si nous sommes différents dans ce domaine-là, dans quels autres aussi ? Plus je creusais la question, plus j’en mesurais la portée. En médecine, si nous nous sommes désintéressés des femmes, c’est parce que nous avons pris l’homme pour définir la norme – et les femmes en ont pâti.”

Alyson McGregor explique tout cela dans son nouveau livre, Sex Matters [“Le sexe compte”, inédit en français]. Il en ressort principalement que les corps des femmes sont différents de ceux des hommes, notamment à l’échelle de la cellule. Et pourtant notre modèle médical est issu de connaissances recueillies sur des cellules de mâles, qu’il s’agisse d’hommes ou d’animaux.

Aux parents qui pensent que ces "fainéants" de profs ont été payés sans rien faire pendant le confinement - BLOG

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Alors moi, je vous répondrai juste que je leur tire mon chapeau à ces fainéants de profs qui se plient en quatre depuis le début du confinement (mais pas uniquement!) pour nos enfants et dont le travail n’est jamais reconnu! Bravo, merci pour tout et pardon pour tous ceux qui osent sérieusement se plaindre du manque d’implication des enseignants…
INVINCIBLE_BULLDOG VIA GETTY IMAGES

Alors moi, je vous répondrai juste que je leur tire mon chapeau à ces fainéants de profs qui se plient en quatre depuis le début du confinement (mais pas uniquement!) pour nos enfants et dont le travail n’est jamais reconnu! Bravo, merci pour tout et pardon pour tous ceux qui osent sérieusement se plaindre du manque d’implication des enseignants…


Nicolas Nova: «Le smartphone n’incarne pas seulement une forme de repli sur soi»

LE TEMPS  Florian Delafoi   Publié vendredi 19 juin 2020 

SUISSE


Un homme joue à "Pokémon Go" dans les rues de Taipei à Taiwan en août 2019

Nicolas Nova, professeur associé à la Haute Ecole d’art et de design de Genève et cofondateur d’une agence de prospective, a longuement étudié un objet familier: le téléphone portable. Cet appareil technologique, qui nous accompagne dans nos tâches quotidiennes et nous suit à la trace, fascine autant qu’il inquiète. Dans son ouvrage Smartphones, une enquête anthropologique, qui vient de paraître aux éditions MétisPressesle chercheur explore ses différentes facettes.

Ce travail minutieux est alimenté par des entretiens avec des utilisateurs de tous horizons, de Genève à Tokyo, et une fine observation des usages dans l’espace public. Des photographies, prises sur le vif, ponctuent ce récit découpé en six parties qui correspondent aux grandes caractéristiques du smartphone, toutes résumées en une métaphore parlante: la laisse, la prothèse, le miroir, la baguette magique, le cocon et la coquille vide.

Le Temps: Votre ouvrage s’intéresse au smartphone sous tous les angles. Etait-ce pour sortir d’une approche alarmiste ou naïve ?
Nicolas Nova: Dans une démarche sociologique ou anthropologique, il s’agit de nuancer les pratiques, les propos, les avis sur l’objet étudié sans pour autant adopter un point de vue surplombant. C’est une manière de sortir d’un discours manichéen. Bien souvent, quand on s’intéresse au smartphone, on s’attarde sur un aspect particulier. Or, les usages sont pluriels. Certains l’activent pour trouver une séance dans une salle de cinéma, d’autres pour se faire livrer des plats cuisinés via un service comme Uber Eats ou encore pour discuter avec leur entourage en visioconférence pendant une période de confinement.

Le monde d’après, un monde sans distance ?




Paris, le samedi 20 juin 2020 - La caricature est un outil rhétorique facile et un peu grossier mais qui est précisément utilisé pour cela: elle permet rapidement en quelques traits, de désigner ce que l’on veut dénoncer et de manifester sa position et son ressentiment. Pas étonnant que la caricature se soit imposée chez les détracteurs des méthodes utilisées pour faire face à l’épidémie de Covid-19. Ainsi, au-delà de toutes les critiques précises que l’on peut formuler vis-à-vis du confinement, au-delà des limites argumentées que l’on peut invoquer pour déconstruire cette méthode qui a été (de façon peut-être aussi caricaturale) promptement présentée comme inévitable, certains ont de manière plus expéditive déploré que le monde moderne, si prompt à s’enorgueillir de ses technologies, n’ait à nous offrir qu’une solution « moyenâgeuse ». C’était cependant (heureusement) un Moyen Age 2.0, où il a été possible pour un grand nombre d’entre nous de continuer à travailler ; où les échanges avec nos proches ont pu perdurer sans réelle interruption, où l’on a pu encore se divertir et s’évader même virtuellement. Où les médecins ont pu garder un lien avec leurs patients.

Bienvenue dans le monde d’avant

Plus les jours passent, avec la décrue de l’épidémie (en dépit de foyers à surveiller rigoureusement), plus le monde d’après tend de plus en plus à ressembler au monde d’avant. Beaucoup dans les restaurants, les boutiques, les théâtres avaient craint que la peur soit trop pesante pour permettre un réel retour à la normale. Beaucoup avaient craint que les réflexes acquis pendant l’épidémie, laissant aux outils virtuels prendre une place plus importante encore qu’auparavant, ne conduisent beaucoup à se détourner des lieux « physiques » de convivialité et de commerce. Les premiers indices de fréquentation semblent détromper ces prévisions, bien que les conséquences de la récession économique sont certaines et que les mesures  « barrières » demeurent indispensables. Et parmi elles, la « distanciation ».

Le spectacle de la distanciation

La « distanciation » : le mot a envahi l’espace au cours des dernières semaines. Fin avril, lors de son discours de présentation du plan de déconfinement, le Premier ministre avait insisté sur une nuance, préférant le terme de « distanciation physique » à celui de « distanciation sociale ». La précision apparaissait loin d’être triviale : « Distanciation sociale est une expression malvenue. En anglais, social a gardé son sens étymologique. En français à partir de 1830, il a pris une signification politique», avait décrypté dans les colonnes du Figaro, le linguiste Bernard Cerquiglini. Ainsi, préférer le mot « physique » qui renvoie au corps de l’individu apparait préférable à l’idée d’une exclusion du corps social. Mais dans cette expression, l’analyse du terme « distanciation » est également intéressante. Son sens originel ne renvoie en effet pas à l’écart social, mais à la distance abstraite qui s’installe au théâtre entre l’acteur et le spectateur.

Retrouvons nos distances

Cette précision projette une dimension nouvelle sur la tribune signée par un collectif de professeurs d’université publiée cette semaine dans le Monde. « L’université est un lieu d’échange. Un cours est une représentation théâtrale : il ne s’agit aucunement de clamer des vérités académiques et scientifiques, ni de lire sans vie un cours. L’universitaire doit séduire et intéresser pour transmettre. Son regard doit détecter l’inattention de son auditoire. Nombre d’étudiants ont la croyance qu’il existe un écran invisible entre l’enseignant et eux. N’en faites pas une réalité qui détruira l’université. L’amphithéâtre est un théâtre » écrivent-ils. Ainsi, mesure-t-on que le monde virtuel n’a pas construit une « distanciation », mais bien au contraire empêché les distanciations symboliques. Or, ces distanciations symboliques, celle entre l’étudiant et son professeur, celle entre le patient et son médecin, celle entre les êtres sociaux qui partagent les mêmes espaces sont de l’ordre de l’indicible et sont menacées par le virtuel. On constate d’ailleurs bien comment les échanges dans le monde virtuel peuvent plus facilement s’émanciper de la politesse et des marques de respect. Quand certains refusent de considérer ces « distanciations symboliques » comme participant à ce qui fait de nous une « humanité » ou plus modestement un « collectif », d’autres s’inquiètent de leur disparition dans le monde d’après. Ainsi, l’anticipation du discours n’avait-elle fait que pressentir ce qui allait se produire : de distanciation physique, rendue nécessaire pour limiter la transmission du virus, la distanciation devient sociale.

De l'invention des promenoirs au confinement, à quoi bon marcher dans Paris ?

Par Céline Leclère   16/06/2020

Pendant le confinement, de nombreux citadins ont exploré leur quartier jusque dans ses moindres recoins. Mais qu'y a-t-il à voir dans une ville close ? Les restrictions de circulation imposées par l'épidémie amènent à relire l’histoire d'une pratique sociale née au XVIIIe : la promenade urbaine.

Le promeneur du Louvre, Paris, 11 avril 2020
Le promeneur du Louvre, Paris, 11 avril 2020 Crédits : Robin Utrecht/SOPA Images/LightRocket - Getty

Sur les attestations en vigueur jusqu’au 11 mai, une case permettait de justifier de ce besoin vital : un minimum d'exercice physique. Certains ont ainsi découvert leur quartier, arpentant chaque rue du périmètre autorisé, quand d’autres, plus transgressifs, se sont lancés dans de longues marches à travers des villes vidées de toute circulation et désertées aussi, parfois, par une partie de leur population.
Ainsi, du jour au lendemain, le confinement a révélé la beauté des perspectives qu’offrent la plupart des grandes villes, dégagées des stores qui rompent la verticalité des façades ou des terrasses de cafés qui encombrent les grandes places aux proportions parfaites. A Paris en particulier, la rectitude haussmannienne se laissait admirer dans toute sa pureté. A l’instar de l’historienne Arlette Farge qui confie "J’avais l’impression que l’Opéra était tout content de se montrer enfin !", de nombreux Parisiens ont témoigné sur les réseaux sociaux de ces promenades, à pied ou en vélo, qui leur offraient un panorama inédit.

En route pour l'inconnu !

5 ÉPISODES (4 DISPONIBLES)

TOUS LES ÉPISODES
35 MIN
LE 15/06/2020
L'écrivain Jean Rouaud, Goncourt 1990 pour "Les Champs d’honneur", publiait "L'avenir des simples" (Grasset) avant le confinement : une réflexion qui nous...
33 MIN
LE 16/06/2020
Alain Corbin, "historien du sensible", a publié en février dernier "Terra Incognita : une histoire de l'ignorance" (Albin Michel), sorte de relecture de...

La maladie aurait-elle des vertus ?

LA CONVERSATION SCIENTIFIQUE
par Etienne Klein

LE 13/06/2020

Avec autodérision, Ruwen Ogien réfléchit à son statut de "patient à perpétuité" et fustige le dolorisme, cette passion de notre société pour la souffrance.
La visite au malade (Visiting the Sick) - Peinture de Mikhail Petrovich, Baron Klodt (1835-1914), huile sur cuivre, 1885 - State Art Museum, Odessa (Ukraine)
La visite au malade (Visiting the Sick) - Peinture de Mikhail Petrovich, Baron Klodt (1835-1914), huile sur cuivre, 1885 - State Art Museum, Odessa (Ukraine)  Crédits : FineArtImages/Leemage - AFP
« C’est dans la maladie que nous nous rendons compte que nous ne vivons pas seuls, mais enchaînés à un être différent, dont des abîmes nous séparent, qui ne nous connaît pas et duquel il est impossible de nous faire comprendre : notre corps. Quelque brigand que nous rencontrions sur la route, peut-être pourrions-nous arriver à le rendre sensible à son intérêt personnel sinon à notre malheur. Mais demander pitié à notre corps, c’est discourir devant une pieuvre, pour qui nos paroles ne peuvent avoir plus de sens que le bruit de l’eau, et avec laquelle nous serions épouvantés d’être condamnés à vivre. »

« La déplorable situation du personnel soignant »

Books — Wikipédia

Publié le 19 juin 2020. Par La rédaction de Books.


Alors que le « Ségur » de la santé est en cours, les soignants ont défilé un peu partout en France mardi 16 juin pour rappeler au gouvernement sa promesse d’un plan massif d’investissements pour l’hôpital et réclamer des augmentations.
En 1901, c’est le quotidien La Lanterne qui prenait la défense des personnels soignants. Il publie une série d’articles pour dénoncer les conditions de travail des infirmières des hôpitaux parisiens : une demi-journée de congé par semaine, un salaire ridicule, un logement déplorable… Dans son édition du 6 septembre, il trouve l’oreille de leur directeur qui se dit lui-même scandalisé.
En attendant que la question capitale des contagions hospitalières par les tuberculeux, soulevée par la Lanterne, nous fournisse le sujet d’une seconde série d’articles, cette fois consacrée aux sanctions, car nous sommes bien résolus à ne point nous borner à une vaine critique et à poursuivre la réalisation des réformes, délaissons un instant les malades et occupons-nous du personnel soignant.

Plutôt le droit pour la psychiatrie qu’une droite contre la démocratie

Hier, la commémoration de l’appel du 18 juin. Aujourd’hui, le 19 juin qui appelle à d’autres « chemins vers la liberté » : où comment solliciter les contre-pouvoirs en terrain psychiatrique hostile avec le CGLPL, les QPC (et autres abréviations...)
Le Contrôle Général des Lieux de Privation de Liberté a le pouvoir d’émettre des recommandations en urgence quand les droits fondamentaux sont mis en péril pour les personnes privées de liberté. Un lieu de privation de liberté comme un hôpital psychiatrique peut priver d’une partie de la liberté, celle nécessaire pour soigner un moment psychopathologique où le consentement de la personne est impossible ou trop fragile. Mais priver d’une liberté n’est pas sacrifice de toutes les libertés.
Or, « pour le bien », « parce que c’est plus facile » ou « parce que sinon c’est trop complexe » des libertés sont mises à mal d’autant plus facilement que le vieux fond asilaire de la psychiatrie imprègne toujours les têtes et les murs.
Suite à notre signalement, c’est ce que vient rappeler avec force Adeline Hazan et l’équipe du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté (CGLPL) avec la parution d’une recommandation en urgence ce matin au Journal Officiel concernant l’établissement dans lequel j’exerce.

Le maintien en isolement et contention en psychiatrie devra être judiciarisé

Décision QPC du Conseil constitutionnel du 19 juin 2020 sur un recours individuel porté par me Raphaël Mayet (avocat au Barreau de Versailles), soutenu par les interventions du CRPA, de la Ligue des droits de l’homme et d’Avocats, droit et psychiatrie.
Communiqué.      
Dossier sur le site du Conseil constitutionnel sur cette décision QPC : https://www.conseil-constitutionnel…                                                                    
Sans surprise le Conseil constitutionnelle censure l' article L 3222-5-1 du code de la santé publique sur la traçabilité de l'isolement et de la contention en psychiatrie, introduit par amendement du député PS Denys Robiliard dans la loi Santé du 26 janvier 2016, au visa de l'article 66 de la Constitution ("le juge judiciaire est garant des libertés individuelles"). L’abrogation de cet article est différée au 31 décembre 2020 pour laisser au Gouvernement le temps de prendre une nouvelle disposition législative.

Covid-19 : "Certaines situations semblent directement liées à un manque de moyens", affirme un médecin après un rapport de la CGLPL sur un hôpital psychiatrique

franceinfo:   publié le 
Un patient dans le couloir d\'un hôpital psychiatrique, à Bondy (Seine-Saint-Denis). Photo d\'illustration.


"C'est inacceptable et illégal", a réagi, vendredi 19 juin sur franceinfo, Pierre-Michel Llorca, chef de service psychiatrie au CHU de Clermont-Ferrand après le rapport de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) sur des atteintes graves aux droits fondamentaux des personnes hospitalisées dans un hôpital psychiatrique du Val-d’Oise durant la crise sanitaire due au Covid-19, notamment le recours à l'isolement thérapeutique. "Quand on lit le rapport, on voit bien que certaines situations semblent directement liées à un manque de moyens", a aussi estimé Pierre-Michel Llorca.
franceinfo : comment expliquer la situation constatée par la contrôleure des prisons dans son rapport ?
Pierre-Michel Llorca : dans son rapport, elle évoque précisément les fonctions de la psychiatrie. On demande aux psychiatres de soigner de plus en plus les gens dans la cité depuis longtemps. Il y a d’un côté ce fameux virage ambulatoire, qui est demandé à toutes les disciplines médicales, mais aussi d’un autre côté pour des raisons de pression sécuritaire de maintenir les gens enfermés. Enfermés parce qu'on a peur des malades qui sont stigmatisés, de leur dangerosité, etc. Et on voit bien que dans une situation comme celle du Covid-19, on vient sur une logique d'enfermement qui n'est effectivement pas justifiée d'un point de vue médical, ce qui est tout à fait inacceptable. C'est inacceptable et illégal. Il y a des conditions très précises pour priver les gens de liberté fixées par la loi.