Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

samedi 7 février 2015

Psychiatrie à Saintes : il s’était échappé lors d’une sortie thérapeutique à Bordeaux

06/02/2015

Les syndicats CGT et Unsa demandent à ce que les trois infirmières ne soient pas sanctionnées. Une mobilisation a lieu ce vendredi

vendredi 6 février 2015

Manifestation pour la psychiatrie de Saintes : la direction ne reçoit pas les syndicats

06/02/2015 


Une cinquantaine de manifestants voulaient rencontrer la direction pour protester contre d'éventuelles sanctions disciplinaires à l'encontre de trois infirmières


Manifestation pour la psychiatrie de Saintes : la direction ne reçoit pas les syndicats
Ils étaient une cinquantaine de manifestants, ici dans le hall de l'hôpital© PHOTO 
A. B.



Meriem et Emma, deux faces de clown

LE MONDE CULTURE ET IDEES |  | Par 


Il y a dix ans, Emma n’avait pas le moral. « J’ai envie de mourir. J’ai envie de disparaître. De devenir invisible, intouchable, inodorante, “invivante”… J’ai envie de devenir “invivante” », disait-elle, assise les genoux en dedans sur un canapé tristounet. C’était l’époque d’Emma sous le divan, son premier grand succès. Aujourd’hui, elle se couche dans un cercueil, et elle va beaucoup mieux. La preuve : dans Emma Mort, même pas peur, son dernier spectacle, c’est elle qui entreprend de rassurer son public, « effrayé avec cette idée inempêchable ». Elle l’a joué une vingtaine de fois en 2014, ici et là, et le reprendra en avril en banlieue parisienne. Mais pour l’heure, Emma est « en jachère ». Emma écrit. A moins que ce ne soit Meriem Menant, sa créatrice. Ou les deux.


Meriem Menant.


Chemise de flic bleu clair à épaulettes fermée d’une cravate sombre, jupe plissée informe, gros nez violacé, bicorne mollasson planté sur le crâne : difficile d’imaginer moins sexy qu’Emma, la clown. Alors, quand Meriem Menant, 46 ans, nous ouvre la porte de son petit appartement parisien donnant sur les toits de Belleville, on se frotte les yeux. Cette grande et belle femme aux boucles libres, au sourire rayonnant, c’est Emma, vraiment ? Disons qu’Emma est son clown. Et que Meriem sans Emma, ce n’est pas tout à fait Meriem. D’ailleurs ce livre qu’elle termine, dans lequel elle raconte, sur de petits cahiers à carreaux, son parcours d’artiste, elle ne pourrait pas le faire seule.


Une clown métaphysique qui fait rire sur des sujets graves


« Emma parle beaucoup plus facilement que moi, c’est donc normal qu’elle écrive elle-même une grande partie de ce texte », explique-t-elleCar Emma est une clown bavarde. Parler, dans ses one-woman-show, elle ne fait presque que ça. Mais pas de n’importe quoi ! De la vie, de l’amour, de la mort. Du divin, parfois (Dieu est-elle une particule ?, 2009), ou des sciences occultes(Emma voyante extralucide, 2011). Excusez du peu. « Physiquement je suis assez nulle. Je n’ai jamais été très bonne en mime ni en acrobaties. Je mets donc la prouesse dans la parole, dans sa poésie », précise Meriem Menant, qui passe sous silence sa gestuelle précise, ses mimiques hilarantes et les subtiles inflexions de sa voix. Emma est une clown de théâtre, que sa fausse naïveté autorise à transgresser nos logiques de pensée, nos conventions sociales. Une clown métaphysique qui fait rire sur des sujets graves. Une clown poète dont la créatrice fait sienne cette citation de Kafka, pour qui l’œuvre « doit être la hache qui fend la mer gelée en nous ».

Rire du harcèlement pour le vaincre

LE MONDE |  | Par 


À 14 ans, Corinne Berthaud commence à travailler comme serveuse les week-ends dans un restaurant chic. Sa mère récupère le salaire à la fin de la journée. À 19 ans, la jeune fille abandonne ses études. Elle cumule les petits boulots puis décide quelques années plus tard de passer son bac. 

Elle l’obtient, enchaîne avec un BTS, reprend sa première entreprise en redressement judiciaire et se retrouve à diriger des équipes.

À 34 ans, elle fait partir des 6 % des femmes à siéger au comité de direction d’une entreprise française cotée au CAC 40. Mais Cette Comédie qu’on appelle le travail n’est pas l’histoire d’une ascension fulgurante. Plutôt un portrait sans concessions du monde du travail dans sa facette la plus sombre : les risques psychosociaux.

Le récit, écrit à la première personne, est très incarné : celle qui s’est désormais spécialisée dans la prévention des risques psychosociaux en entreprise a enduré les ravages d’un management hostile sur sa propre peau. Après une fusion avec une autre société, son supérieur direct peut prétendre à un seul poste : le sien. Cette femme active et mère de famille est alors confrontée à du harcèlement moral, qui sera reconnu après des années de procédure par la Cour de cassation.

« J’ai transformé cet épisode en une chance, une occasion de faire comprendre aux autres salariés ce que j’avais identifié : les risques psychosociaux en entreprise et leurs conséquences, les stress, les violences internes et externes, l’épuisement, la mise en danger et parfois le suicide ». En plus du témoignage poignant de son auteur, le livre est enrichi par les récits de salariés qui rencontrent des difficultés dans leur environnement professionnel et que Mme Berthaud accompagne depuis quelques années.

Rougeole, vaccination et autisme : la dispute qui enflamme l’Amérique

Le Monde.fr |  | Par 

Vaccination contre la rougeole.

L’information aurait pu rester purement médicale, mais elle enflamme depuis quelques jours la presse et la blogosphère américaines. Fin janvier, les Centers for Disease Control and Prevention (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, CDC) américains annonçaient un inquiétant retour de la rougeole aux Etats-Unis, avec 102 cas recensés au cours du mois, répartis dans 14 Etats, la plupart issus d’une contamination intervenue en décembre dans un parc d’attraction californien. L’organisme de veille sanitaire annonçait également les chiffres pour l’année 2014 : 644 cas recensés sur le sol américain, un record depuis l’éradication de la maladie aux Etats-Unis en 2000.

Depuis cette date, le nombre de cas – tous importés – n’excédait guère la centaine chaque année. Selon les CDC, la cause principale de ce retour de la rougeole (qui touchait entre trois et quatre millions d’Américains par an dans les années 1960) est principalement dû à une baisse de la couverture vaccinale, légère mais suffisante pour permettre la circulation du virus. Une part croissante de la population est en effet convaincue que le vaccin Rougeole-Oreillons-Rubéoles (ROR) peut induire un développement de l’autisme chez les tout jeunes enfants. Une peur sans fondement scientifique, basée sur une étude publiée en 1998 mais retirée depuis et largement considérée comme erronée.

Nombre de cas de rougeole recensés sur le territoire américain depuis 2001. Les 102 cas de 2015 sont ceux comptabilisés pour le seul mois de janvier.


Une tournure politique


Le sujet a pris une tournure politique lorsque deux candidats potentiels du Parti républicain à l’élection présidentielle de 2016, le sénateur du Kentucky Rand Paul et le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, ont indiqué, lundi 2 février, que les parents devaient avoir le « choix » de procéder ou non à la vaccination de leurs enfants. Une posture cohérente pour le sénateur, compte tenu de son ancrage idéologique libertarien, prompt à voir dans toute manifestation de l’Etat fédéral (comme l’obligation de recourir aux vaccins) une limitation des libertés individuelles. Une attitude plus surprenante de la part du gouverneur, qui avait par ailleurs imposé une quarantaine obligatoire pour toute personne ayant été en contact avec le virus Ebola en octobre. M. Christie est d’ailleurs revenu depuis sur ses déclarations, indiquant que ses propres enfants avaient été vaccinés « pour protéger leur santé et la santé de tous ».


Harcèlement scolaire : les élèves aussi peuvent agir

Le Monde.fr |  | Par 

Le harcèlement concerne 383 000 élèves de façon « sévère » (photo d'illustration).

Léa, 16 ans, pouvait déjà s’enorgueillir d’être déléguée de sa classe de seconde, au lycée Edouard-Vaillant de Vierzon (Cher). Depuis peu, elle avance un second motif de fierté : la jeune fille est devenue, au terme d’une formation-express proposée par l’éducation nationale, « ambassadrice lycéenne ». Apte à intervenir, à la demande d’enseignants, dans des classes du secondaire mais aussi du primaire pour « parler harcèlement », explique-t-elle.

Cette forme de violence entre élèves semble s’être banalisée sur les réseaux sociaux puisque, selon les chiffres évoqués par la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, sur i-Télé vendredi 6 février, si 1 jeune sur 10 est victime de harcèlement, le ratio atteint 1 sur 5 pour le cyberharcèlement.



Virginie Despentes dénonce la «manie de la scène du nu»

LIBERATION

«Qu’est-ce que ça se lave, une femme, au cinéma.» C'est vrai, c'est bizarre, les femmes au cinéma se lavent beaucoup. On peut tous le voir, mais personne ne le voit vraiment. Dans un texte rédigé pour le catalogue des 15es Journées cinématographiques dionysiennes Femmes Femmes, etrepris sur le site Les Nouvelles News, l'écrivaine et réalisatrice Virginie Despentes analyse la place des femmes au cinéma. Leur place à l'écran bien sûr, mais aussi derrière la caméra, et au-dessus de la caméra, dans les bureaux où sont décidés les financements.

Didier Fassin : «Pour certains, la prison n’est qu’un lieu vide d’activité et vide de sens»

SONYA FAURE

«La vie au dedans est traversée par la vie du dehors. La prison n’est pas séparée du monde social : elle en est l’inquiétante ombre portée», écrit Didier Fassin dans le prologue de son nouvel ouvrage L’ombre du monde, paru le mois dernier (1). L’anthropologue, professeur de sciences sociales à l’Institute for Advanced Study de Princeton, a multiplié les séjours dans une maison d’arrêt de la région parisienne pendant quatre ans. Présent, bloc-notes en main, auprès des surveillants et des détenus, il a parfois réussi à se faire oublier. Son enquête alterne le récit de scènes quotidiennes drôles ou sidérantes, et le décryptage des discriminations judiciaires ou de la tentation sécuritaire du monde carcéral.
En 2011, Didier Fassin avait publié une enquête sur une équipe de policiers de la BAC, qui dressait le constat saisissant d’une police en«guerre» contre les jeunes des quartiers, parfois ouvertement raciste (2). Cette fois, dans son portrait de«l’institution prison», le sociologue parvient à montrer l’humanité – touchante ou désespérée – du lieu et de ses habitants, tout en disséquant la violence institutionnelle.
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Homophobie et suicide : la campagne choc de l'Inter LGBT

05 Février 2015

L'organisation Inter LGBT qui lutte contre les discriminations faites aux minorités sexuelles a lancé ce 5 février une campagne choc alertant sur un taux de suicide largement supérieur parmi ces personnes. Les vexations subies en pousseraient certaines à commettre l'irréparable.
La campagne de l'Inter LGBT fait le lien entre propos homophobes et suicide. ©Inter LGBT
A l'occasion de la journée nationale de la prévention du suicide, l'Inter LGBT, organisation luttant contre les discriminations liées à la sexualité, a lancé une campagne choc sur le suicide des homosexuels, bisexuels et transgenres. Selon l'association, le taux de suicide parmi ces personnes est quatre fois supérieur à la moyenne du reste de la population. Le lien entre sexualité et passage à l'acte a également été mis en avant par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le rapport de l'Observatoire national du suicide remis le 4 décembre dernier à la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

jeudi 5 février 2015

Education : des parents sous haute pression

CATHERINE MALLAVAL


Le néologisme «parentalité» s’est imposé depuis vingt ans dans le discours politique et médiatique.
Le néologisme «parentalité» s’est imposé depuis vingt ans dans le discours politique et médiatique. (Photo Philippe Huguen. AFP)

INTERVIEW

La «bonne parentalité» est devenue un enjeu public. Le sociologue Claude Martin, qui publie un ouvrage sur cette injonction contemporaine, en décortique les ressorts.

On peut moquer les longues suites de «fais pas ci, fais pas ça» ; boycotter les piles de bouquins sur le «métier» de parents ; contourner méthodiquement les magazines qui distillent leurs bons conseils pour devenir des perfections de la parentalité. On peut aussi décider de lever les yeux au ciel quand d’autres enquillent les rendez-vous chez le psy au moindre hic, quand ils ne s’inscrivent pas à un programme de soutien parental en cas de couac. Ou simplement tenter de comprendre, d’analyser.


C’est la voie choisie par Claude Martin, sociologue, directeur de recherche au CNRS, titulaire de la chaire Lien social et santé à l’Ecole des hautes études en santé publique et directeur du centre de recherche sur l’action politique en Europe. Avec une dizaine de contributeurs, il vient de publier un ouvrage intitulé Etre un bon parent, une injonction contemporaine, une somme sur un débat qui préoccupe tant les parents que l’Etat.
Avons-nous un problème avec le rôle parental ?

Il semble bien. D’un côté, il y a des parents qui angoissent, culpabilisent, et sont devenus la cible d’un véritable marché qui s’adosse sur le sentiment partagé que la tâche est difficile. Un marché des experts en fonction parentale qui est devenu tentaculaire. Depuis peu apparaissent même des cabinets de conseil en éducation. Il y a notamment l’idée, bien enracinée chez de nombreux parents, qu’il n’y a pas de seconde chance pour les enfants qui tombent du fil scolaire. L’angoisse de certains enseignants et chefs d’établissements qui ont les yeux rivés sur les taux de réussite au bac n’y est sans doute pas pour rien… De l’autre côté, en face des parents, il y a l’Etat qui, en écho à ces incertitudes, fait de la parentalité un enjeu public, en se demandant ce qu’il est nécessaire de réaliser en termes d’éducation et de socialisation des enfants. En filigrane, il y a bien sûr l’idée que certains n’accomplissent pas correctement leur rôle. Les attentats contre Charlie Hebdo et le supermarché casher de la Porte de Vincennes font d’ailleurs écho à cette idée. Très vite, s’est ainsi engagé un débat public sur la capacité des familles de confession musulmane à réussir la socialisation de leurs jeunes et à faire comprendre la laïcité. La parentalité fait intégralement partie du débat public.

Ancien djihadiste et futur infirmier, qu’en dit le droit ?

 

L'histoire de Farid Benyattou, ancien jihadiste et futur infirmier, est intéressante parce qu’elle permet de prendre conscience des rapports parfois délicats qu’entretiennent droit, morale et justice. Ce qui est conforme au droit peut tout à fait être immoral et injuste, l’inverse étant tout autant vrai. Le tout est de savoir dans quel registre l’on veut mener l’analyse.
livres législation droit
Dans le cadre de certaines types de condamnations, le juge peut décider qu’une profession ne doit plus pouvoir être exercée, provisoirement ou définitivement. Quid de l'infirmier...
Le cas de cet ancien jihadiste et futur infirmier fait grand bruit ces derniers temps dans le contexte des terribles attentats que la France a subie début janvier 2015. Un rapide rappel des faits permet de dire qu’il concerne, en tout cas si l’on en croit les médias, un ancien prédicateur de la filière dites "des Buttes-Chaumont", qui a formé l’un des frères Kouachi à l'idéologie radicale, frères dont on connaît le rôle central dans les récents événements. Pour ces faits, cette personne a été poursuivie puis condamnée à une peine de 6 années de prison ferme (pour 3 ou 4 années finalement effectuées) pourassociation de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Ayant obtenu son baccalauréat en prison, il postule à sa sortie pour intégrer un IFSI. Sa candidature acceptée, il suit le cursus classique jusqu’à réaliser en stage de dernière année de formation en soins infirmiers dans un établissement de l’AP-HP, lequel prendra, dans le contexte des attaques terroristes, la décision de ne pas le maintenir dans le planning de service où il terminait son dernier stage.
Cette personne a été poursuivie puis condamnée à une peine de 6 années de prison ferme pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».
Même avec cette présentation objective des faits, cette affaire peut faire réagir à plus d’un titre. Bien entendu, il est naturel de prendre position en tant que citoyen au regard d’exigences morales ou humaines, permettant de se demander, par exemple, comment une personne ayant prôné la violence peut aujourd’hui vouloir se tourner vers l’accompagnement des personnes vulnérables que sont les patients et s’il convient de lui permettre cet exercice professionnel. Pourtant, il s’agit ici de mener quelques réflexions avec un autre regard, celui de juriste, c'est-à-dire en prenant en compte uniquement le droit et la déontologie, même si les analyses morales et juridiques peuvent parfois converger.
Ce qui est conforme au droit peut tout à fait être immoral et injuste, l’inverse étant tout autant vrai. Le tout est de savoir dans quel registre l’on veut mener l’analyse.

Le regard du juriste

Sans prétention d’exhaustivité sur un débat qui mériterait une bien plus ample réflexion, il faut avoir à l’esprit un certain nombre d’éléments essentiels. Le premier porte sur la nécessaire distinction qu’il faut réaliser entre les conditions d’accès aux études infirmières et celles d’accès à la profession correspondante.

Un mois après Charlie : pas de "déstabilisation majeure" dans le psychisme des gens

Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 

Un mois après les attentats qui ont fait 17 morts en région parisienne du 7 au 9 janvier, les Français ont du s'habituer à vivre avec la menace et la mobilisation exceptionnelle des forces de sécurité. Pour autant, ça n'a pas pris des dimensions de "déstabilisation majeure" dans le psychisme des gens, analyse le Pr Humbert Boisseaux, chef du service psychiatrie de l'hôpital du Val de Grâce.


Achats, masse salariale, pertinence des soins : la piqûre de rappel de Touraine aux hôpitaux

05/02/2015

Devant les présidents de CME et directeurs de CHU et de CH, Marisol Touraine est revenue mercredi sur le
« défi » de la maîtrise programmée des dépenses de santé, à savoir la quête de 10 milliards d’euros d’économies d’ici à 2017 pour l’assurance-maladie (en vertu du pacte de responsabilité et de solidarité).
Cette exigence forte va se traduire par des ONDAM « historiquement bas » dans les trois ans qui viennent (2,1 % en 2015, 2 % en 2016 et 1,9 % en 2017), a rappelé la ministre de la Santé.
Pour y parvenir, Marisol Touraine privilégie la voie des « réformes structurelles » et non pas la « technique du rabot », a-t-elle plaidé.Quatre axes sont identifiés, véritable feuille de route aux responsables hospitaliers.

Sa vie avec les fous dangereux...

Par 04/02/2015 

Chef du service de psychiatrie du centre pénitentiaire de Fresnes, Magali Bodon-Bruzel raconte son quotidien. Un récit coup de poing.

Fresnes, le quartier des hommes (photo d'illustration).
Fresnes, le quartier des hommes (photo d'illustration). © Fred Dufour / AFP

Ses patients sont des agresseurs sexuels, des auteurs de crimes innommables, ils ont violé, tué, parfois mutilé leurs victimes. Mais aussi loin soient-ils allés dans la violence et dans la barbarie, aussi grande soit la tentation de considérer ces individus comme des bêtes, des fous à boucler à double tour, jamais le docteur Bodon-Bruzel ne cesse de les voir comme des hommes. Comme des malades, surtout, qu'elle s'évertue simplement à soigner.
Magali Bodon-Bruzel est chef du service de psychiatrie du centre pénitentiaire de Fresnes. DansL'homme qui voulait cuire sa mère*, elle raconte, aidée de son ami le romancier Régis Descott, sa vocation de psychiatre et son quotidien avec les fous dangereux. Tout y est véridique, et les âmes sensibles s'abstiendront d'ouvrir cet ouvrage. Mais si l'on tient le choc de ce récit haletant, perturbant, alors on est ébloui, littéralement, par cette femme incroyable. 

Ecrire -S'- Numéro 219 - Revue trimestrielle




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Les lieux de rencontres entre psychanalyse et littérature témoignent de l’exploration d’un « impossible » éprouvé au carrefour de la vie psychique inconsciente et de l’écriture littéraire maîtrisée. En de tels ressentis d’incomplétude, l’écriture littéraire et l’activité du psychanalyste révèlent « l’insaisissable altérité de l’autre, y compris de l’autre en soi ».


Stigmates, stupre et pluie de grenouille

 
Lorsqu’elles entrent en ravissement, certaines visionnaires pleurent tellement qu’il faut mettre des seaux dans leur cellule. D’autres saignent tous les vendredis. D’autres passent leurs nuits à se battre contre le diable. Comment expliquer ces phénomènes ?
En 1836, Johann-Joseph von Görres –professeur d’histoire à l’Université de Munich– rédige «La Mystique divine, naturelle et diabolique» qui devient «l’ouvrage de prédilection des cercles décadents épris de diabolisme» vers la fin du XIXe siècle. Ce livre –dont s’inspirent Huysmans, Gourmont ou Péladan– est une compilation ahurissante de faits inexplicables : 660 pages remplies de prodiges et de mystère. Des somnambules marchent sur les eaux. De beaux adolescents crachent des cheveux de femme ensanglantés. Une mère qui agonise se dédouble pour aller dire adieu à ses petits enfants en train de dormir. Des saintes douées de télékinésie flottent en lévitation à 25 centimètres du sol, brillent comme des projecteurs et se font visiter chaque nuit par de hideux inconnus qui les torturent jusqu’au sang. D’impures jeunes filles ont commercé avec le diable et font pleuvoir des grenouilles… Pour Görres, tous ces phénomènes, –qu’il s’agisse de miracles, de poltergeist ou de sorcellerie–, appartiennent au même champ de réalité : le monde invisible existe, dit-il. Nous sommes entourés de forces et déchirés par une double attraction, vers les ténèbres et la lumière.
«Pour édifier ses contemporains devenus incroyants, il lui faut prouver la réalité du surnaturel et son pouvoir dans la vie des hommes. C’est cette preuve qu’il entend donner, de façon tangible, en évoquant des faits qui lui semblent attestés.»

Rêver de réparer l'histoire... Psychanalyse Cinéma Politique Jean-jacques MOSCOVITZ




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Art du cinéma et psychanalyse se regardent et s’écoutent, nouant l’intime, le social et le politique. Jean-Jacques Moscovitz témoigne de cette rencontre à travers un ensemble de films – De Un chien andalou de Buñuel et Salvador Dali, à A Dangerous Method de David Cronenberg en passant entre autres par Salo de Pasolini, Shoah de Lanzmann, The Memory of Justice de Marcel Ophuls. Pour lui, les effets de tels films sur le spectateur évoquent les symptômes, les angoisses, les inhibitions que l’analysant donne à écouter sur le divan de son psychanalyste, tout en ouvrant sur le vacarme du monde.