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samedi 23 janvier 2021

Frédéric Keck : "Chercher l’origine de ce virus est une façon de se prépare à l’émergence de futurs virus

LE 23/01/2021

À retrouver dans l'émission

L'INVITÉ(E) ACTU

par Chloë Cambreling

Un an après le confinement de Wuhan, l'anthropologue, directeur du laboratoire d'anthropologie sociale au CNRS Frédéric Keck, auteur cette année de l'ouvrage Les sentinelles des pandémies, chasseurs de virus et observateurs d’oiseaux aux frontières de la Chine (éditions Zone libre). 

L'anthropologue Frédéric Keck
L'anthropologue Frédéric Keck Crédits :  Frédéric Keck

Il y a un an, le 23 janvier 2020, un confinement strict était décrété à Wuhan. Nous ne comprenions alors pas vraiment ce qu'il se passait, mais le signal envoyé signifiait que la situation était grave, même si c'était la Chine, lointaine en kilomètres et comme régime, et que la mesure prise nous semblait inimaginable. Un an plus tard, l'équipe de l'Organisation mondiale de la santé, arrivé sur place il y a plus d'une semaine, attend d'avoir terminé sa quarantaine obligatoire pour pouvoir travailler, enquêter sur les origines de ce virus qui a bouleversé le monde. Aujourd'hui aussi, les variants font des ravages et nous vivons en France avec la perspective d'un troisième confinement qui semble inéluctable.

Frédéric Keck est anthropologue, directeur du Laboratoire d'anthropologue sociale du CNRS, auteur notamment des Sentinelles des pandémies, chasseur de virus et observateur aux frontières de la Chine, publié en juin aux éditions Zone Sensible. Frédéric Keck a signé plus récemment Signaux d'alerte. Contagion virale, justice sociale, crises environnementales chez Desclée de Brouwer. 

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À la folie

Flammarion 

Joy Sorman

À la folie

[...] Durant toute une année, Joy Sorman s’est rendue au pavillon 4B d’un hôpital psychiatrique et y a recueilli les paroles de ceux que l’on dit fous et de leurs soignants. De ces hommes et de ces femmes aux existences abîmées, l’auteure a fait un livre dont Franck, Maria, Catherine, Youcef, Barnabé et Robert sont les inoubliables personnages. À la folie est le roman de leur vie enfermée.

Hors collection - Littérature française 

À paraître le 03/02/2021

288 pages 

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Le naturel existe-t-il ?

LE 19/01/2021

À retrouver dans l'émission

LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE

par Adèle Van Reeth

Dans "Les Caractères", La Bruyère ne cesse de vanter les mérites d’une conduite naturelle, et appelle à ne pas “sortir de son caractère". Mais qu’est-ce qu’une conduite “naturelle”, et comment définir notre caractère ?

Comment définir notre caractère ?
Comment définir notre caractère ? Crédits :  CSA Images - Getty

Qu'est-ce que le naturel ? Qu'est-ce qui fait l'homme et la femme ? Si la nature et le naturel valent mieux que l'artifice, le caractère ne se situe-t-il pas précisément à la rencontre entre le naturel, ce qu'on peut appeler l'inné, et les expériences que l'on fait et qui modèlent en retour ce que nous sommes, ce qu'on appelle l'acquis ?
Alors, pour être vraiment homme, pour être vraiment femme, faut-il s'extraire de cette nature qui nous rapproche des animaux, ou au contraire, se démaquiller et vivre au milieu des plantes ?

L'invitée du jour :

Béatrice Guion, professeur de littérature française du XVIIe siècle à l'université de Strasbourg, spécialiste des moralistes

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vendredi 22 janvier 2021

VaccinTracker

COVIDTRACKER

Quelle proportion des Français a été vaccinée ? Combien faut-il encore vacciner de personnes avant d'atteindre l'immunité collective ? Quels sont les différents types de vaccins proposés ? Ce tracker permet de suivre la proportion de Français déjà vaccinés contre la Covid19, et le nombre de personnes restant à vacciner pour atteindre l'immunité collective. VaccinTracker est une initiative citoyenne indépendante et non officielle.

823 567  (+130 790 en 24h)
Personnes vaccinées
Nombre cumulé de personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin contre la Covid19 en France. 49.9% des doses réceptionnées ont été utilisées.
Dernière donnée : 21/01 à 20h.
Source : CovidTracker/Ministère de la Santé.
1 651 000
Doses réceptionnées
Cumul des doses réceptionnées depuis le 26 décembre. Deux doses espacées de trois semaines sont nécessaires pour vacciner un patient.
Dernière donnée : 12/01.
Source : CovidTracker/Ministère de la Santé.

Proportion de personnes vaccinées

Chaque carré correspond à 1% des Français. Les carrés verts  correspondent aux Français ayant reçu au moins une dose de vaccin (deux sont nécessaires). Les carrés rouge vif  représentent les Français qu'il faut vacciner avant d'atteindre un taux de vaccination de 60%. Les carrés rouge clair  représentent les autres Français non vaccinés. Mise à jour : 21/01 à 20h


1.23%
des Français ont reçu au moins une dose de vaccin. 

Il reste à vacciner au moins 
58.77%
des Français avant d'atteindre un taux de vaccination de 60%


N.B. : un taux de vaccination de 60% ne permet pas nécessairement d'atteindre une immunité collective.
Source des données : CovidTracker / Ministère de la Santé. 

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Pénurie de psychiatres : deux jeunes médecins témoignent de leur installation en Dordogne



Par Jonathan Guérin   Publié le 21/01/2021

Pénurie de psychiatres : deux jeunes médecins témoignent de leur installation en Dordogne

Simon Dalgé et Tiphaine Bugeaud ont ouvert leur cabinet à Champcevinel en septembre 2020. © Crédit photo : J. G.

Ils ont voulu s’installer en périphérie de Périgueux. Ils ont été pris d’assaut par les patients.

Le constat est implacable : il manque des psychiatres dans l’agglomération de Périgueux. Malgré tout, la Dordogne arrive tout de même à séduire de jeunes médecins. C’est le cas de Tiphaine Bugeaud et Simon Dalgé. Ils se sont installés à Champcevinel, près de Périgueux, au mois de septembre 2020. Mais ce choix ne doit rien au hasard : les deux psychiatres sont originaires du département.

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Olivier Véran : pas de grandes annonces pour la psychiatrie

21/01/2021

C'est une tradition, depuis quelques années, que le ministre de la Santé s'exprime lors du Congrès de l'Encéphale dédié à la psychiatrie. À distance cette fois, Olivier Véran a assuré la continuité de la tradition lors d'un discours d'une quinzaine de minutes, enregistré. Il s'y est efforcé à mettre en avant, malgré la contestation, les avancées du Ségur.

C'est indéniable aujourd'hui : la psychiatrie est le parent pauvre du monde médical. La crise a précipité le secteur dans un désarroi sans précédent. La santé mentale des Français s'aggrave, les urgences psychiatriques, les tentatives de suicide, les troubles du comportement, les addictions ont flambé ces derniers mois. C'est dans ce contexte qu'Olivier Véran est intervenu, ce jeudi 21 janvier, lors de la 19e édition du congrès de l'Encéphale, rendez-vous majeur la communauté psychiatrique. « L'idée que la santé mentale nous concerne tous, qu'elle est l'affaire de tous commence enfin à s'imposer dans le pays, a introduit Olivier Véran. La dimension psychologique de la crise est tout aussi importante que la dimension somatique ».


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Au Havre le personnel de l’hôpital psychiatrique à bout de nerf manifeste

Mis en ligne le 21/01/2021

Santé. Les personnels de l’hôpital Janet se sont mobilisés jeudi 21 janvier 2021 afin de partager leurs revendications : manque d’effectif, conditions de travail insupportables, des salariés évincés de la prime Ségur, etc. Les agents se sentent maltraités. La direction de l’hôpital répond.

Les agents étaient réunis jeudi 21 janvier devant l’hôpital Janet. (Photo Virginie Veiss)
Les agents étaient réunis jeudi 21 janvier devant l’hôpital Janet. (Photo Virginie Veiss)

Les agents de l’hôpital Janet étaient à nouveau rassemblés jeudi 21 janvier 2021, devant la loge de l’établissement. Parmi les points à l’ordre du jour de cette assemblée générale, les inégalités de salaires liées à la prime Segur ont été soulignées. « Certains collègues du médico-social se sont vus évincés de cette prime de 183 € », déplore Jennifer Bouder, co-secrétaire de la CGT. « Au niveau national, la CGT a exigé une revalorisation des salaires. On est loin du compte », complète-t-elle. Elle a également évoqué le manque d’effectif alors que la demande de soins de la population ne cesse d’augmenter : « les conditions de travail étaient déjà pénibles. Depuis un an, elles deviennent insupportables. Les plannings sont modifiés au dernier moment, tout comme nos congés. Nos RTT sont supprimées », regrette la syndicaliste. 

Contactée, la direction de l’hôpital affirme que « depuis juin 2018, des moyens humains ont fortement renforcé la psychiatrie : 17,5 ETP (équivalent temps plein) de professionnels médicaux. À ces postes s’ajoutent 36,3 ETP de professionnels soignants. Ils exercent dans des services comme les urgences psychiatriques, les équipes mobiles, les pools de nuit, les pavillons d’hospitalisations adultes, les unités de pédopsychiatrie ». Quant aux RTT et congés, la direction rétorque qu’« au GHH (Groupe hospitalier du Havre), les congés annuels sont posés avant le 14 février pour l’année entière sur les plannings et sont respectés ».

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Alice Oppetit, jeune pédopsychiatre : « Parfois, on a l’impression d’être des sauveteurs en mer »


Cette Franco-Américaine de 33 ans dirige une unité de six lits dans le service de pédopsychiatrie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Rencontre.

Le dernier patient accueilli vient de Bourgogne. Sa grand-mère a fait une hémorragie intracrânienne après qu’il l’a frappée, plusieurs soignants de l’hôpital d’où il a été transféré ont fini aux urgences. Avant d’atterrir ici, l’adolescent de 15 ans, violent, dormait depuis six mois en chambre d’isolement. Sa mère n’a pas pu lui rendre visite pendant de longs mois. « Ils étaient tous les deux en larmes quand ils ont pu se voir », raconte dans son bureau Alice Oppetit, la psychiatre à la tête depuis deux ans de l’unité Simon, au sein du service de pédopsychiatrie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.


 

Anne Muxel : « Les Français se sont réfugiés dans des micro-appartenances »

Propos recueillis par     Publié le 22 janvier 2021

Crise sanitaire sans précédent, déficit de citoyenneté au profit du communautarisme, tensions sociales et incertitudes économiques… A près d’un an de l’élection présidentielle de 2022, la sociologue se penche, dans un entretien au « Bilan du Monde », sur cette société française de plus en plus fracturée, fatiguée et inquiète.

Anne Muxel, au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), à Paris, le 9 janvier 2019.

Directrice de recherches en sociologie et en science politique au CNRS (Cevipof/Sciences Po), Anne Muxel travaille essentiellement à la compréhension des formes du lien des individus à la politique et, plus largement, du système démocratique. Selon elle, il est urgent de reconstruire le lien citoyen qui s’est délité depuis une dizaine d’années.

Dans quel état politique, économique et social se trouve la France après plus d’un an de crise liée au Covid-19 ?

Anne Muxel.- Au début de l’année 2020, la France traversait une période de crise sociale et politique. Sur le plan social, la réforme des retraites se heurtait à un fort mouvement de contestation et la majorité de l’opinion était loin d’être convaincue des vertus de la réforme proposée. Sur le plan politique, l’équipe au pouvoir restait impopulaire, particulièrement le président. Seul le terrain économique, avec une baisse de la courbe du chômage et des signes encourageants de reprise, présentait un bilan davantage positif.

« L’enfant de personne ». À l’épreuve du placement et de sa sortie

ROBIN Pierrine

Les épreuves de la sortie des institutions font l’objet d’un intérêt croissant dans la littérature en sciences sociales. Dans ce même mouvement, les études sur la sortie de la protection de l’enfance se multiplient. Dans un contexte de démantèlement du dispositif d’accompagnement à l’âge adulte des jeunes sortant de la protection de l’enfance, cet ouvrage s’intéresse aux recompositions des liens d’affiliation qui s’opèrent pour les jeunes confiés au temps du...


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La sérotonine joue un rôle dans le développement du cerveau

 RTFLASH

Jeudi, 21/01/2021

La sérotonine joue un rôle dans le développement du cerveau

Une équipe de l’Institut Max Planck de biologie cellulaire moléculaire et génétique (MPI-CBG) de Dresde (Allemagne), spécialisée dans l’étude de l’expansion du néocortex humain, vient de mettre en évidence dans la revue Neuron le rôle que pourrait jouer la sérotonine dans le développement du cerveau.

Seuls certains progéniteurs sont cependant responsables de l’expansion du néocortex. Car il en existe deux sortes, qui n’ont pas la même capacité de prolifération et n’assurent pas la même fonction selon les espèces. Situées dans la zone ventriculaire, les cellules apicales prolifèrent grandement chez tous les mammifères, à la différence des cellules progénitrices basales, situées dans la zone sous-ventriculaire, dont la capacité de prolifération varie selon les espèces. Cette variabilité serait fonction de la quantité proportionnelle des deux sous-catégories de ce type de cellules (progéniteurs neuraux intermédiaires et cellules radiales gliales basales) et de leur propre capacité de prolifération.

L’expansion du néocortex selon les espèces dépendrait ainsi de l’action proliférative des progéniteurs basaux, comme l’indique le fait que dans le néocortex lissencéphale (de la souris par exemple), ils n’ont pas une grande capacité de prolifération, alors que dans le néocortex gyrencéphale (chez l’homme ou le furet), les cellules de la glie radiaire sont capables de se diviser pour donner naissance à d’autres cellules de même type. Le sous-ventricule, qui contient le plus grand nombre de glies radiaires, est donc la zone où se produit le développement du néocortex.

Quel rôle la sérotonine, produite par le placenta pendant la gestation et amenée au cerveau par le biais de la circulation sanguine, pourrait alors jouer dans la prolifération des progéniteurs basaux ? C’est la question que s’est posée l’équipe du MPI-CBG, sachant que des études réalisées sur des souris transgéniques ont déjà montré que le neurotransmetteur est impliqué dans certains aspects du développement cortical.

En comparant son effet sur des cultures de tissus de néocortex d’embryons de souris, de furet et de fœtus humain, ils ont constaté une augmentation significative de progéniteurs basaux mitotiques chez le furet et dans le fœtus. L’embryon de souris est cependant resté inchangé, laissant supposer que son néocortex ne contient pas de récepteurs de la sérotonine. La deuxième étape a donc consisté à chercher le génome de ces récepteurs dans le néocortex de souris et dans celui du fœtus.

Sept récepteurs principaux de la sérotonine (5-HT) ont été trouvés dans le néocortex humain, mais le génome d’un seul, le récepteur HTR2A, est fortement exprimé dans les zones germinales du ventricule et du sous-ventricule, essentiellement dans les glies radiaires apicales et basales. En revanche, ce récepteur est pratiquement absent du néocortex de souris embryonnaire. Pour confirmer sa fonction, les chercheurs ont alors incorporé de l’HTR2A humain dans un embryon de souris et constaté une augmentation de la prolifération des progéniteurs basaux.

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Bruno Latour : «Un conflit oppose les Extracteurs et les Ravaudeurs...»

Par Thibaut Sardier et Nicolas Celnik — 21 janvier 2021 

Image issue de la série «Totem». Sologne. 2011

Image issue de la série «Totem». Sologne. 2011 Photo Flore-Ael Surun.Tendance floue

Le philosophe et sociologue des sciences nous invite dans son nouveau livre à une métamorphose. Pour réorganiser la société autour des urgences écologiques, il faut repenser nos liens avec le vivant et décrire ce qui nous ancre sur la Terre. C’est ainsi que l’on verra émerger des classes «géo-sociales» susceptibles d’entreprendre la transition écologique.

C’était, dès le premier confinement, l’une de ses grandes convictions : crise écologique et pandémie sont liées. Bruno Latour confirme l’intuition dans son nouveau livre, Où suis-je ?(La Découverte). Suite de son précédent ouvrage à succès Où atterrir ?, dans lequel il décrivait une humanité hors-sol sous l’effet de la mondialisation – et déchirée entre ceux qui veulent poursuivre sur cette lancée et ceux qui cherchent à retrouver un ancrage terrestre – ce nouvel opus prépare la piste d’atterrissage : entamer la transition écologique, c’est être capable de se localiser sur Terre, en étant lié au reste du monde vivant. C’est aussi prendre le temps de décrire à la fois ce dont on estime avoir besoin pour vivre, et ce à quoi l’on tient. Pour cela, il nous faut assumer notre condition d’être vivants confinés dans une biosphère étroite et aux ressources limitées. Une métamorphose s’impose à la façon du personnage de Kafka : «Le devenir blatte offre un assez bon départ pour que j’apprenne à me repérer et à faire aujourd’hui le point», écrit Latour. Insectes de tous les pays, unissez-vous !