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samedi 21 mai 2016

La Fabrique de l'Histoire Relations mères-filles

La Fabrique de l'Histoire

 
Emmanuel Laurentin

Journée Scientifique de la CIPPA : "Evaluation des Pratiques en Unités de Soins Infanto Juvéniles (CATTP - Hôpitaux de Jour) pour des Enfants de 3 à 6 ans présentant un autisme typique ou atypique

Psynemicone.gifCippa

Présentations des docteurs Maria-Vittoria Squillante, PH CHU de Nantes et Anne-Sylvie Pelloux, PH Hôpitaux Saint-Maurice. et en deuxième partie, intervention d'Hélène Suarez-Labat sur les évaluations.


INTERVIEW Fethi Benslama : «En tuant les autres, le terroriste acquiert une toute-puissance de désastre»

Par Cécile Daumas — 20 mai 2016 


Besoin d’un enracinement mais aussi jouissance morbide : le psychanalyste démonte dans son dernier essai les mécanismes psychiques qui animent les jihadistes. Un travail qui tente de comprendre pourquoi ces nouveaux martyrs choisissent délibérément la mort.

Visiblement, il a choisi son moment pour parler : «Plus tard», a précisé son avocat. Vendredi, lors de sa première audition devant la justice française, le terroriste Salah Abdeslam a préféré garder le silence. Sa parole, comme celle d’autres jihadistes, est pourtant rare et primordiale pour comprendre ce que le psychanalyste Fethi Benslama appelle Un furieux désir de sacrifice. Dans cet essai paru mi-mai au Seuil, le spécialiste fait entendre la voix de la psychanalyse sur un phénomène jusque-là principalement observé par les sciences politiques ou la sociologie. En partant de la subjectivité du sujet, Fethi Benslama livre d’autres éléments permettant de reconstituer le puzzle de l’endoctrinement et d’approcher la logique du passage à l’acte.
Vous insistez dans votre livre sur la jeunesse des candidats au jihad. Les deux tiers ont entre 15 et 25 ans, et 25 % sont même mineurs. Pourquoi ?
Les procédés de recrutement dans l’offre jihadiste exploitent un grand nombre des difficultés qui caractérisent cette période de la transition juvénile. Pour ceux qui se trouvent fragilisés psychologiquement, voire qui souffrent de troubles psychiques ou bien qui ont basculé dans la délinquance, l’offre de radicalisation peut apparaître comme une solution à leurs problèmes. J’ai vu des jeunes très déprimés se sentir tirés vers le haut en adoptant cette offre : alors qu’ils ne supportaient plus leur vie, qu’ils se considéraient comme des moins que rien, ils étaient subitement portés par un élan de toute-puissance. Leurs difficultés semblent effacées. Au fond, la radicalisation intervient comme un traitement. Un traitement par l’idéal qui se révèle plus fort que certaines substances. Ce traitement donne au sujet une conscience de son importance qu’il n’avait pas auparavant. La radicalisation religieuse confère aussi un sens à sa vie. En défendant une grande cause, le sujet se croit missionné. Il se rêve en sauveur de son groupe, car si l’enfant se pose en thérapeute de sa famille, l’adolescent veut soigner la société, sauver le monde. L’offre de radicalisation crée donc une demande à partir d’un état de fragilité identitaire, qu’elle transforme en une puissante armure.

A Nantes, les mineurs étrangers vivent en squat pour éviter la rue

LE MONDE  | Par Maryline Baumard

Les mineurs se retrouvent souvent en situation d'attente. S'ils ont la chance d'être hébergé, leurs journées se résument à dormir, manger, se rendre à des rendez-vous dans l'espoir d'une régularisation. À Nantes, un réseau associatif se démène pour leur venir en aide. Le 10 mai 2016 à Nantes.
Les mineurs se retrouvent souvent en situation d'attente. S'ils ont la chance d'être hébergé, leurs journées se résument à dormir, manger, se rendre à des rendez-vous dans l'espoir d'une régularisation. À Nantes, un réseau associatif se démène pour leur venir en aide. Le 10 mai 2016 à Nantes. ADELINE PRAUD/BELLAVIEZA POUR LE MONDE

Toujours épuisés, souvent victimes de violences, ils débarquent un beau jour dans une ville française. Les mineurs étrangers isolés sont de plus en plus nombreux dans les campements à Paris, Calais mais aussi dans des villes moyennes. Ils seraient de 8 000 à 10 000 en France métropolitaine, selon France Terre d’Asile, autant en outre-mer. Après un hébergement de quelques jours payé par l’Etat, le temps de vérifier leur âge, un nouveau parcours d’obstacles commence.
Dans la petite cuisine vétuste, d’une maison nantaise, Aboubakari mélange au fond d’un gros fait-tout des oignons bruns, des carottes et des choux. Le garçon joue sa réputation sur son « riz gras » du soir. A chaque instant, il goûte et assaisonne, l’œil rivé sur les trois kilos de riz qui cuisent à côté. Le chemin qui a mené Aboubakari du Mali en France a été long, mais depuis quatre mois, il dort dans le même canapé, assure ses tours de cuisine et de ménage, comme les vingt-quatre autres garçons d’un des deux squats d’adolescents de la ville.
Aboubakari est arrivé en octobre 2015 à Nantes. Envoyé à l’hôtel par l’association mandatée par le conseil départemental, il a raconté son histoire et montré ses papiers. « Le 28 décembre, le gérant a repris ma clé de chambre et m’a mis dehors. » L’association, qui a refusé de répondre à nos questions, a estimé qu’il avait plus de 18 ans, que son extrait de naissance, pourtant authentifié, n’était pas le sien. Alors pour éviter de dormir à la rue, il a rejoint la « maison des enfants », comme on l’appelle ici.
Aboubakari n’est pas un cas isolé. Ses colocataires, Guinéens, Maliens, Camerounais, Bangladais ou Pakistanais, ont aussi vu leur minorité niée par le conseil départemental. La prise en charge des mineurs étrangers isolés incombe au département et lui coûte cher, 12 millions d’euros en 2015. A l’été 2015, le conseil départemental de la Loire-Atlantique a tout simplement décidé d’arrêter de les accueillir, avant d’être condamné dix-neuf fois par la justice.« Comme le département faisait la sourde oreille aux premiers jugements, le juge a ajouté ensuite une astreinte financière pour qu’il recommence à héberger les enfants », rappelle Yann Chaumette, un des avocats qui suit le dossier.

Un médecin dénonce « l’effondrement » de la psychiatrie en Hongrie


Dans une lettre ouverte adressée au premier ministre Viktor Orbán, le groupe des « 1001 médecins sans pots de vin », qui s’est constitué pour lutter contre la pratique généralisée des dessous de table dans le domaine de la santé, s’alarme de l’effondrement du système de soins psychiatriques en Hongrie. L’hebdomadaire Vasárnapi Hírek a interviewé le Docteur Péter Álmos, l’un des auteurs de cette lettre*.

Ce qui suit est la traduction de cette interview réalisée par Anna Kertész et publiée le 30 avril.
Cette lettre a suscité beaucoup moins d’attention que les précédentes. Pourtant, d’une part elle formule des affirmations stupéfiantes à propos des soins psychiatriques, d’autre part elle décrit l’effondrement du système de santé. Ce faible intérêt est-il révélateur du rôle social du secteur psychiatrique ?
Oui, c’est probablement dû à cela et non pas au fait que l’état du secteur de la santé intéresse moins les gens. Notre groupe s’élargit de plus en plus, il compte près de 2000 médecins et quelques centaines d’autres membres. C’est un fait que ses manifestations précédentes ont suscité plus d’attention. Ainsi en est-il de notre geste d’attirer l’attention des députés sur le fait que, si le président de la banque centrale, selon son propre jugement, travaille aussi bien que son collègue tchèque, et pour cela mérite un salaire semblable, alors que cela soit vrai également pour les travailleurs de la santé.
C’était une lettre de quelques lignes alors que nous avons travaillé pendant un mois et demi sur notre écrit analysant l’effondrement des soins psychiatriques. Mais nous ne le destinions pas au grand public, mais plutôt à être un matériau fait pour amorcer un débat. La situation que nous avons exposée a stupéfié également les membres du groupe travaillant sur d’autres domaines.
La lettre commence par cette affirmation percutante selon laquelle le secteur des soins psychiatriques s’est effondré.
Ce avec quoi les travailleurs de la santé nous « effraient », à savoir que le système s’effondre, cela est quelque part déjà arrivé. Cela ne peut pas être comparé à la faillite d’une banque, c’est une sorte d’état végétatif, plus exactement un état où les soins sont insuffisants et parfois mettent en danger les gens. Récemment j’ai lu dans un article qu’en Indonésie les malades mentaux sont gardés enchaînés dans des cages… Cela aussi peut être considéré comme des soins… Nous, ici au centre de l’Europe, nous avançons à reculons au regard des conditions des soins psychiatriques.

Si le sexe était aussi médicalisé que l’accouchement, ce serait beaucoup moins drôle

LE MONDE  | Par Anne-Aël Durand
Que se passerait-il si on imposait aux couples qui font l’amour le même interventionnisme médical les mêmes règles intransigeantes qu’aux femmes qui accouchent ? C’est le postulat absurde d’un court-métrage – La Prestazione (en français, La Performance) de l’association italienne Freedom for Birth Rome Action Group, qui défend le libre choix des conditions d’accouchement.

Le jeune couple arrive dans une salle d’hôpital, entouré d’un médecin et d’une femme en blouse verte qui s’empressent de prendre leur température, de vérifier leur rythme cardiaque, de leur faire enfiler des pyjamas.
Alors qu’ils se lancent timidement dans les préliminaires, ils sont interrompus en permanence par un membre du corps médical :
  • pour que la femme se mette dans la bonne position (allongée sur le dos ou les pieds dans les étriers),
  • pour que l’homme effectue les bons mouvements (« 1, 2, 3, poussez ! Non, pas comme ça ! »),
  • pour imposer des perfusions sans consentement.
Autant d’interventions qui entravent toute spontanéité.


Gabriella Pacini, sage-femme et présidente de l’association, explique l’objectif de ce court-métrage de sept minutes :
« La comparaison avec le sexe, basé sur des réalités hormonales, aide à la fois les hommes et les femmes à mieux comprendre le problème suscité par les mauvais traitements et le manque de respect autour de la naissance. »
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Des accidents sexuels aux vertus des crottes de nez, DTC décode avec humour la santé

Stéphane Long  21.05.2016

Dans ton corps

Un peu de provocation, une bonne dose d’humour et beaucoup de pédagogie. C’est le cocktail de Julien Ménielle pour décrypter le corps humain et la santé. Depuis le mois d’avril, cet auteur-comédien, ex-journaliste (passé par « 20 Minutes »), ex-infirmier (10 ans d’exercice), a ouvert sur YouTube une chaîne consacrée à ces thématiques et intitulée « Dans ton corps »(DTC…). Déjà 5 vidéos sont au programme.
« Les Accidents sexuels », « C’est quoi un anus artificiel ? », « Les crottes de nez, ça se mange ? » Les titres sont accrocheurs, voire régressifs. Mais il ne faut pas s’y tromper, le contenu est très sérieux. « Le message pédagogique passe beaucoup mieux grâce à l’humour », note Julien Ménielle.
Le rire a une autre vertu. « Cela permet de parler de certaines maladies mal connues de manière décomplexée, en levant les tabous, explique le comédien qui n’a pas oublié son passé d’infirmier. À l’hôpital, c’est pareil, on a souvent recours à la plaisanterie pour désamorcer les situations tendues, mieux faire passer un message. » Avec une limite cependant : « Je peux rire des maladies, mais je ne me moque jamais des malades. »

Claude Halmos, la psychanalyse à l’épreuve des médias

LE MONDE  | Par Christine Rousseau

Claude Halmos en septembre 2014.
Claude Halmos en septembre 2014. STEPHANE LAVOUE/PASCO

Il faut écouter, chaque vendredi à 13 h 55, « Savoir être », pour comprendre que ce serait faire injure à Claude Halmos de la traiter de « psy de service ». Car si service il y a, c’est bien à celui rendu aux auditeurs que cette psychanalyste, spécialiste de l’enfance et de la maltraitance, ne cesse d’être engagée. Du reste, c’est en termes de « combat » qu’elle évoque son travail. « Depuis des années, je me bats pour que les gens ne soient pas écrasés sous des diagnostics, qu’on ne les bourre pas de médicaments, et pour leur faire comprendre que la souffrance n’a rien d’anormal, que chacun peut se prendre en main. »
Au-delà de son cabinet et des ­pages de Psychologie magazine, ce combat, Claude Halmos le mène également dans les médias, où elle officie depuis déjà vingt ans. D’abord à la télévision, au sein de « La Grande Famille » sur Canal+ en 1992, dont elle s’est sentie « orpheline »,lorsque le magazine s’est arrêté en 1997. Puis à la radio, en 2002, où après avoir été ponctuellement sollicitée par Gilles Halais, il lui fut proposé de répondre aux questions des auditeurs dans la chronique « Savoir être », sur France Info.

vendredi 20 mai 2016

Avec Track Medoc, un généraliste remporte le hackathon du médicament

15.05.2016

Avec Track Medoc, un généraliste remporte le hackathon du médicament-1

Encourager le bon usage des médicaments et utiliser des données de santé. C’est à ces deux consignes que devaient se conformer les participants au hackathon du médicament organisé par l’Assurance maladie. Conçus et développés par des équipes composées de développeurs, informaticiens, ingénieurs ou venues d’autres horizons encore, cinq projets ont été présentés lors de la finale du concours, le 10 mai dernier. Et c’est Track medoc, un site internet mis au point par le Dr Paul Mandelbrojt, qui est arrivé, ex aequo, sur la première marche du podium.
L’idée de Track medoc est de donner un aperçu des différents médicaments disponibles, et utilisés par les praticiens, pour traiter une affection en particulier. Aussi, il permet à tout médecin de comparer ses propres prescriptions par rapport à celles de ces confrères, généralistes ou spécialistes.

L'APPEL DES 111 PARENTS DE PERSONNES AUTISTES au Président François Hollande

Le 19 mai le Président Hollande va tenir une conférence sur le handicap. A cette occasion le RAAHP (Rassemblement pour une approche des autismes humaniste et plurielle), vient de lui envoyer un appel pour le respect du pluralisme et de la liberté de choix de toutes les familles de personnes autistes.


 Monsieur le Président,
 Vous allez intervenir prochainement sur la politique en faveur des personnes handicapées dans notre pays. Les 111 parents de personnes autistes signataires de cet appel voudraient, à cette occasion, attirer votre attention  sur le vivre ensemble,  mis à mal depuis des années dans le monde de l’autisme par des lobbies qui entretiennent une véritable guerre de religion à l’encontre des parents et des professionnels qui ne partagent pas leurs certitudes infondées.
 En l’état actuel des connaissances aucune imagerie médicale ou aucune analyse biologique ne permet de poser le diagnostic d’autisme. Les causes des différentes formes d’autismes demeurent, à ce jour, largement inconnues malgré toutes les recherches menées dans le monde entier. Du côté des accompagnements de ces personnes, la HAS (la Haute Autorité de Santé) a reconnu qu'aucune étude scientifique n'avait permis de valider une approche particulière.

L’espérance de vie a progressé de cinq années depuis 2000, selon l’OMS

LE MONDE | Par Rémi Barroux
Emma Morano, née le 29 novembre 1899, dans son appartement à Verbania (Italie).
Emma Morano, née le 29 novembre 1899, dans son appartement à Verbania (Italie). Antonio Calanni / AP
L’espérance de vie a progressé de cinq ans depuis 2000, indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans les « Statistiques sanitaires mondiales » (194 pays) publiées jeudi 19 mai. C’est la hausse la plus rapide depuis plus de cinquante ans. Depuis les années 1950, le gain était de trois ans par décade. L’espérance de vie était en 2015 de 73,8 années pour les filles et de 69,1 ans pour les garçons (71,4 en moyenne).
Mais derrière ce progrès global, qui inverse la tendance à la baisse de l’espérance de vie dans les années 1990 due à l’épidémie de sida en Afrique notamment, les inégalités persistent. La perspective dépend d’abord du lieu de naissance, signalent les auteurs du rapport. « Les progrès ont été inégaux. Aider les pays à atteindre la couverture sanitaire universelle en se fondant sur un solide système de soins primaires est la meilleure chose que nous puissions faire pour veiller à ne laisser personne à la traîne », a déclaré la directrice générale de l’OMS, Margaret Chan.
Le Japon pour les femmes, la Suisse pour les hommes
L’espérance de vie des nouveau-nés dans vingt-neuf pays à hauts revenus atteint au moins 80 ans alors qu’elle est inférieure à 60 ans en Afrique subsaharienne. Dans douze pays – Suisse, Espagne, Italie, Islande, Israël, France, Suède, Japon, Singapour, Australie, Corée du Sud et Canada –, elle dépasse même les 82 ans. Dans tous les pays au monde, les femmes ont une espérance de vie supérieure à celle des hommes, mais le différentiel, qui était de 6,9 années il y a quarante-cinq ans, n’est plus que de 4,6 années en 2015. Et c’est dans les pays scandinaves que cette différence est la moins importante. Les femmes peuvent espérer vivre le plus longtemps ( 86,8 ans) au Japon, alors que les hommes doivent se tourner vers la Suisse, avec 81,3 années. A l’inverse, la Sierra Leone détient le record de la plus faible espérance de vie pour les deux sexes, 50,8 ans pour les femmes et 49,3 ans pour les hommes, suivi par l’Angola (54 et 50,9).