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samedi 24 octobre 2020

Trente-deux pays se liguent contre le droit à l'avortement

Par Julien Lecot — 

Alex Azar, le secrétaire à la Santé de l’administration Trump, au Capitol à Washington, le 2 octobre.

Alex Azar, le secrétaire à la Santé de l’administration Trump, au Capitol à Washington, le 2 octobre. Photo J. Scott Applewhite. Reuters

Dans une déclaration commune, les gouvernements des Etats-Unis, du Brésil ou encore de la Hongrie affirment leur volonté d’une souveraineté nationale pour les lois liées à l'IVG.

«Il n’y a pas de droit international à l’avortement, ni d’obligation des Etats de financer ou de faciliter l’avortement» : 32 pays, parmi lesquels les Etats-Unis, le Brésil ou l’Egypte, ont fièrement cosigné une déclaration commune qui s’attaque frontalement au droit à l’IVG. Cette «déclaration pour la santé de la femme et le renforcement de la famille», programmée pour être présentée à l’Assemblée mondiale de la santé qui se tient tous les ans à Genève, a été dévoilée ce jeudi par Alex Azar, le Monsieur Santé de l’administration Trump, à l’occasion d’une cérémonie virtuelle

Vers une psychiatrie culturellement customisée ?

Publié le 16/10/2020

Dans un monde globalisé, explique une équipe de Nouvelle-Zélande, les cultures autochtones sont attaquées et les individus perdent leurs repères culturels (en particulier la langue et les traditions de leur communauté). Parallèlement à ce déclin identitaire, on constate des niveaux très élevés de détresse, d’addictions et de troubles mentaux. Mais ces problèmes sont le plus souvent abordés avec l’unique approche occidentale (celle du DSM) où les psychiatres évoquent des diagnostics comme « trouble de stress post-traumatique », « dépression », « psychose », etc. Or ces termes masquent la dynamique sociale, culturelle et économique dans le contexte de ces souffrances.

Comment faire face aux attentats ? Entretien avec Gérôme Truc

LE 22/10/2020

À retrouver dans l'émission

LA GRANDE TABLE IDÉES

par Olivia Gesbert

Face aux attentats, qu'est-ce qui fait que l'on se sent plus ou moins proche des victimes? Le sociologue Gérôme Truc présente une démarche inédite : s'intéresser à la réponse aux attentats du point de vue de la société civile. Il est notre invité aujourd'hui.

Hommage à Samuel Paty Place de la république à Paris le  18 cotobre 2020
Hommage à Samuel Paty Place de la république à Paris le 18 cotobre 2020 Crédits : SOPA Images / Contributeur - Getty

Gérôme Truc est sociologue, chargé de recherche au CNRS, rattaché à l’Institut des sciences sociales du politique. Il publie Face aux attentats (puf, 21/10/2020, coordonné par Florence Faucher), un ouvrage qui fait appel à plusieurs disciplines (science cognitive,  science politique, économie, …) pour montrer que, alors que les sciences humaines et sociales sont perçues comme inutiles face aux attentats – qui exigent des réponses rapides plus qu'une analyse sur le long terme- celles-ci sont en fait plus que nécessaires pour y faire face. Elles sont en effet précieuses « pour qui veut se saisir des attentats », notamment face au jeu politique et médiatique mis en place pour construire l’unité nationale.

En 2016, Gérôme Truc publiait Sidérations : une sociologie des attentats (Puf). Un travail qui remonte à la chute des Twin Towers en 2001 à New York  et une enquête de plusieurs années sur les réactions aux attentats du 11-Septembre, de Madrid et de Londres. En outre, il s'est rendu sur les lieux des attentats du 13 novembre 2015 et y a retrouvé les mêmes mots qu'alors (de courts messages, des lettres à la première personne, …).

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Covid-19 : nous découvrons l’étendue de notre ignorance

Paris, le samedi 24 octobre 2020 – Le rythme des publications ne faiblit pas. Ainsi, entre le 10 septembre et aujourd’hui, plus de 14 000 articles supplémentaires ont été recensés sur la base Pub Med concernant directement ou indirectement la Covid-19 pour atteindre près de 67 000 citations. Ce chiffre symbolise une recherche médicale qui n’a jamais été aussi activement mobilisée face à un virus. L’infection a été scrutée d’une telle façon que la moindre complication atypique est l’objet d’une description minutieuse et inévitablement inquiétante. Cette célérité a permis de pouvoir disposer en quelques mois d’outils de détection fiables, tandis que le génome de SARS-CoV-2 n’a plus de secret pour nous depuis longtemps déjà.

Tout ça pour ça

Pourtant, en dépit de cette masse impressionnante d’articles scientifiques (sans parler des innombrables chiffres quotidiens concernant l’épidémie dans tous les pays du monde) et alors que l’Europe fait face à la montée d’une deuxième vague de contaminations et d’hospitalisations, un sentiment d’impuissance étreint de nombreux épidémiologistes et médecins. « C’est terrible de réaliser qu’après 30 millions de malades, nous ne savons toujours pas comment traiter les malades Covid (outre cas grave en réanimation). Anticoagulant pour qui ? Quelle dose ? Et les corticoïdes ? Qu’introduire chez les patients ambulatoires ? » s’interrogeait ainsi fin septembre le professeur de médecine d’urgence Yonathan Freund. Il poursuivait : « De même les modes de contamination ne sont pas clairs. L’aérosolisation semble plausible, mais la voie de choix de transmission du virus reste inconnue (…). On ne comprend pas non plus grand-chose sur l’immunité. Quelle efficacité de l’immunité cellulaire ? Y a-t-il une part d’immunité croisée ? Celle-ci permet-elle de diminuer la gravité de la maladie ? Quelles mesures barrières sont les plus efficaces ? Et je ne parle pas des projections épidémiologiques qui n’ont quasiment pas réussi à modéliser l’évolution. Cette pandémie rend humble la communauté scientifique. Malgré les tonnes d’études COVID publiées régulièrement dans les grands journaux, on ne sait rien (…). On ne peut s’empêcher de faire un constat d’échec. Nous ne pouvons qu’avoir des hypothèses pour ce qui n’est pas prouvé », énumérait-t-il encore.

Covid-19 : les chercheurs savent désormais pourquoi le virus est si infectieux

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Emma Hollen   Publié le 23/10/2020

Plusieurs études ont d'ores et déjà permis d'identifier certaines des causes responsables de l'extrême virulence et infectiosité du coronavirus de 2019. Néanmoins, une pièce du puzzle manquait encore. Une pièce qui viendrait possiblement d'être découverte.

Il y a 17 ans, le virus SARS-CoV était identifié pour la première fois par les chercheurs. Apparu dans la province de Guangdong, au sud de la Chine en 2002, il affecta 26 pays, culminant à 8.000 cas l'année suivante. Heureusement, il put être rapidement contenu et ne connaît aujourd'hui que de rares éruptions sporadiques dues à des incidents en laboratoire ou survenant - possiblement - de manière naturelle, par transmission de l'animal à l'Homme. La pandémie redoutée par les chercheurs n'eut donc jamais lieu. Jusqu'à la fin de l'année dernière, où une nouvelle forme du virusSARS-CoV-2, fit son apparition.

Un nouveau cas de figure

Contrairement à son prédécesseur, le coronavirus de 2019 est particulièrement infectieux, ainsi qu'en témoignent les 41,7 millions de cas enregistrés dans le monde, et virulent, avec 1,14 million de morts déjà comptabilisés (rappelons-nous que ces chiffres ne sont que la portion « reportée » de l'iceberg). Les agents de cette évolution ont pu être en partie cernés, avec la découverte de l'enzyme de conversion de l'angiotensine II (ACE2) qui agirait comme un récepteur du coronavirus, une porte d'entrée et un point d'accroche dans le corps humain. Cependant, ce récepteur, également compatible avec le virus SARS-CoV, n'expliquait pas tout.

« Le point de départ de notre étude était de savoir pourquoi le SARS-CoV, un coronavirus qui a conduit à une épidémie beaucoup moins importante en 2003, et le SRAS-CoV-2 se propagent de manière si différente alors qu'ils utilisent le même récepteur principal ACE2 », explique Ravi Ojha, virologue et coauteur d'une étude qui pourrait contenir une nouvelle pièce du puzzle, parue dans la revue Science. La réponse, les chercheurs l'ont trouvée dans le génome du virus de 2019. 

La neuropiline 1, une possible clé du coronavirus ? © Proteopedia

Garder ses distances ou porter un masque : ne plus choisir

Paris, le samedi 24 octobre 2020 – Le message le répète de façon lancinante : dès que la distance ne peut pas être respectée, il est essentiel de porter un masque pour limiter les risques de propagation de SARS-CoV-2. De plus en plus aujourd’hui, et par exemple dans la rue, il est même préconisé de plus choisir entre la distance et le masque, mais d’adopter les deux barrières. Un dispositif mis au point par la firme japonaise Donut Robotics s’inspire de cette conjonction entre distance et port du masque.

Parler dans votre masque

Initialement, Donut Robotics ne s’intéressait pas aux masques. Alors que le Japon s’apprêtait à accueillir les Jeux Olympiques et que la complexité du japonais représente une barrière linguistique qui suscite quelques appréhensions chez les visiteurs du monde entier, la firme planchait sur un petit robot qui dans les aéroports nippons devaient pouvoir accueillir les voyageurs et les aider à traduire les différents messages en japonais. Cependant, l’épidémie de Covid-19 et le report des Jeux Olympiques ont conduit Donut Robotics à modifier leur projet. Grâce à une collecte en ligne ayant rencontré un grand succès, ils ont mis au point un masque en silicone, qui s’adapte à un masque chirurgical classique et qui couplé à un logiciel permet de transmettre par bluetooth les paroles émises par celui qui le porte. Le dispositif est également doté d’un traducteur et d’un microphone, amplifiant la voix de la personne qui utilise le masque, ce qui une fois encore permet de plus facilement pouvoir conserver ses distances.

Traceurs GPS : les enfants en liberté trop surveillée ?

Par Maïté Darnault, correspondante à Lyon — 

Photo Steven Robinson Pictures. Getty Images. Montage Libération

Pour se rassurer, un nombre croissant de parents sont tentés d’équiper leurs rejetons d’objets connectés, qui promettent davantage d’indépendance et de sécurité mais soulèvent des questions d’éthique et d’épanouissement.

Autonomie : du grec autos («soi-même») et nomos («la loi, la règle»). Soit se gouverner soi-même, en étant relié à un environnement plus vaste. Concrètement, quand Pim, 8 ans, ne maîtrise pas encore le grec ancien mais aspire à se passer d’escorte pour ses allers-retours quotidiens, comment repenser l’agenda familial, qui ressemble à une carte d’aiguilleur du ciel sous amphètes ? La vérité est moche comme un slip échoué à 10 centimètres du panier à linge sale : on en cause entre «mamans». C’est un fait, la charge mentale de l’autonomisation, qui sous-tend la sécurisation (fantasmée ou non) des enfants dans l’espace public, incombe en majorité aux mères. Et parmi les tuyaux que se refilent ces logisticiennes du périscolaire, il y a le traceur GPS. Mouchard ou outil éducatif ? Quand on découvre l’existence de ces objets connectés, on peut ricaner face à la danse du ventre marketing des développeurs qui les commercialisent. On tente aussi d’échapper à l’équipement (trop) précoce en smartphone, sésame ô combien culpabilisant vers l’hydre numérique. Juré craché, Pim n’aura pas son portable avant le collège (où c’est interdit depuis 2018), voire le lycée - pour les plus audacieux. Et on se désole de la marginalisation croissante des enfants dans l’espace public, qu’on tend à circonscrire à des espaces dédiés, comme les parcs.

En Chine, un nombre record de dépressions nerveuses

Sur une population de 1,4 milliard d’habitants, 95 millions de Chinois souffrent de dépression. Dans certains cas, cela mène au suicide. La situation est suffisamment inquiétante pour que les autorités aient demandé aux établissements scolaires d’inclure un test parmi les examens médicaux imposés aux élèves. Des spécialistes redoutent une double peine pour les jeunes diagnostiqués.

Une division profonde travaille la gauche depuis un siècle et demi : la réduction des inégalités économiques doit-elle se faire en amont ou en aval de la production ? Thomas Piketty et Michel Husson en débattent.

LE 23/10/2020

Une division profonde travaille la gauche depuis un siècle et demi : la réduction des inégalités économiques doit-elle se faire en amont ou en aval de la production ? Thomas Piketty et Michel Husson en débattent.

 L'économiste Michel Husson à gauche et son collègue Thomas Piketty à droite
L'économiste Michel Husson à gauche et son collègue Thomas Piketty à droite Crédits : Siren-Com sur Wikicommons / JACQUES DEMARTHON - AFP

En 2013, Thomas Piketty publiait son Capital au XXIe siècle. Plus de 2 millions d'exemplaires vendus et une renommée mondiale plus tard, l'économiste sortait l'année dernière un autre livre, Capital et idéologie, dans lequel il avançait des propositions concrètes pour faire baisser les inégalités économiques.

Entre redistribution et démocratisation de l'accès à la propriété, Thomas Piketty s'inscrit ouvertement dans la lignée de la social-démocratie telle qu'elle a été mise en place en Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il propose ainsi d'imposer massivement les patrimoines les plus élevés, de limiter la transmission des richesses par l'héritage et de réserver des places pour aux salariés dans les conseils d'administration, le tout dans l'objectif de mettre en place un "socialisme participatif" qui serait plus juste et moins inégalitaire que la forme actuelle du capitalisme. Avec ces réformes, "on aboutit, explique-t-il, à un système de propriété qui n'a plus grand-chose à voir avec le capitalisme privé tel qu'on le connaît actuellement, et qui constitue un réel dépassement du capitalisme".

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La pollution tue plus d'un Européen sur huit

 RTFLASH

21/10/2020  




Dans l’Union européenne, 13 % des morts sont liés à la pollution, selon un rapport publié récemment par l’Agence européenne de l’environnement (AEE). L’étude souligne que les Européens sont en permanence exposés à des risques environnementaux : pollution de l’air – qui, si elle a nettement diminué, demeure le premier facteur de mortalité, pollution sonore, et par produits chimiques.


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Christian Berst : « L’art brut est au cœur et non à la marge »

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Marie-Laure DesjardinsPublié le

La galerie Christian Berst fête ses 15 ans aujourd’hui ! Pour l’occasion, elle investit un nouvel espace, The Bridge. De l’autre côté du passage des Gravilliers, les amateurs d’art brut pourront désormais découvrir des cartes blanches offertes à des commissaires d’exposition souhaitant initier un dialogue entre ce périmètre de la création et d’autres. Ainsi l’art contemporain comme ancien viendra confronter ses formes à celles des artistes de l’art brut. Si de nombreux échanges sont prévus, il faut signaler également la refonte du site internet de la galerie. Loin de n’agir que sur l’esthétique ou l’ergonomie, Christian Berst a voulu que cet outil de communication devienne un véritable fonds de documentation, à la fois sur tous les événements qu’il a initié depuis quinze ans mais également sur les artistes qu’il représente. Un travail colossal et toujours en cours qui vient compléter la collection d’ouvrages publiés par la galerie. En ce jour anniversaire, est également inaugurée une nouvelle exposition. Le fétichiste, anatomie d’une mythologie reflète l’histoire d’un fonds photographique anonyme constitué de centaines de tirages amateurs, réalisés entre 1996 et 2006. Comme en témoignent ces quelques annonces, l’énergie de Christian Berst est exponentielle. Faire découvrir et défendre une certaine idée de l’art brut est une mission à laquelle il ne déroge jamais et qu’ArtsHebdoMédias souhaite mettre en lumière.

Christian Berst dans sa galerie.

A l’école maternelle, ses dessins étaient punaisés aux murs de la classe et certains ronéotypés pour illustrer des poèmes. Christian Berst entretient avec la création un rapport intime forgé par cette expérience où la question de l’expression et celle de l’exposition sont intimement liées. Créée en 2005, sa galerie est le pas de tir d’une certaine définition de l’art brut venant ébranler les bases jetées par Dubuffet au milieu du XXe siècle et cristallisées à bien des endroits isolant l’art brut du reste de la création. Son but n’est pas simplement de faire découvrir des œuvres méconnues mais de conduire à leur prise en compte par l’histoire de l’art. Ainsi, les expositions ne sont que la partie la plus visible du dispositif de (re)connaissance de l’art brut entrepris par Christian Berst. Absolument convaincu qu’il ne s’agit pas seulement d’affirmer mais qu’il faut démontrer, par l’ouverture et par l’échange, il a multiplié depuis quinze ans les initiatives : publications, tables rondes, conférences mais aussi prêts d’œuvres à des galeries ou à des musées (quelque 200 pièces cette année) en France et à l’international.

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Homosexualité : quelle est la position des trois derniers papes ?

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Melanie Joris   Publié le jeudi 22 octobre 2020

BELGIQUE

Dans un documentaire dévoilé mercredi, on apprend que le pape François est favorable à une union civile pour les couples homosexuels. Ce n’est pas la première fois que le pape s’exprime sur l’homosexualité. Le souverain pontife s’est tantôt montré progressif, tantôt très conservateur sur la question. Ses deux prédécesseurs étaient, quant à eux, très fermement opposés à l’idée d’une union entre couples de même sexe.

Le pape Jean-Paul II : pontificat de 1978 à 2005

Il est sans conteste le pape le plus conservateur. Il s’opposait à la contraception alors que l’épidémie du Sida faisait des ravages. Il s’opposait également à l’avortement et à l’insémination artificielle sans oublier l’homosexualité.

En 2000, le pape Jean-Paul II avait manqué de s’étrangler suite à l’organisation de la Gay Pride mondiale à Rome sur la place Saint-Pierre. Il avait décrit l’homosexualité comme "contraire à la loi naturelle". À l’occasion de la prière dominicale, il avait ajouté : "Au nom de l’Église de Rome, je ne peux pas ne pas exprimer l’amertume suite à l’affront fait au Grand jubilé de l’an 2000 et l’offense faite aux valeurs chrétiennes".

Le pape Benoit XVI : pontificat de 2005 à 2013

L’homme n’est pas plus favorable que son prédécesseur à l’ouverture du mariage aux couples homosexuels. Alors qu’il était encore cardinal, Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI, prend position sur le mariage pour les personnes de même sexe.

"Reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage, signifierait non seulement approuver un comportement déviant […], mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité".

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Dorian Astor : «Le savoir et la foi peuvent devenir deux moyens extrêmement violents de faire taire autrui»

Par Anastasia Vécrin, Recueilli par — 

Le philosophe, spécialiste de Nietzsche, explore la certitude et l’incertitude d’un point de vue pulsionnel, et s’inquiète des convictions aveugles qui font de nous des fanatiques en puissance. Il rappelle que la recherche de vérités est un processus traversé par le doute.

Dorian Astor

Des vérités scientifiques qui agissent comme des croyances, des croyances élevées au rang de vérités, tout semble se mélanger dans un monde partagé entre crise sanitaire et inquiétudes liées au changement climatique. Dans la Passion de l’incertitude (éd. de l’Observatoire), le philosophe, spécialiste de Nietzsche, Dorian Astor s’inquiète des certitudes aveugles qui prolifèrent et font le lit du fanatisme et rappelle que le doute fait partie de toute procédure de certification, même scientifique.

Pourquoi un livre en faveur de l’incertitude alors que nous sommes comme sidérés par toutes les incertitudes qui nous entourent : économiques, écologiques et sanitaires ?

Je récuse la certitude comme excès, sa prétention, son injustice envers toutes choses. Elle ignore l’équivoque, l’ambivalent, le changeant, l’inachevé du monde : pour elle c’est tout ou rien. J’ai donc éprouvé la nécessité de pencher du côté de l’incertitude. Cependant, il ne s’agit pas d’un éloge de l’incertitude heureuse, il m’importait surtout de traiter de l’incertitude et de la certitude d’un point de vue psychologique, ou plus exactement pulsionnel. Dans un monde qui, précisément, nous sidère (la sidération est la funeste influence d’un astre - ou d’un désastre), c’est de nos affects qu’il en va. Plus on est paralysé par l’incertitude, plus on voit proliférer des certitudes tout aussi paralysantes. Certitude et incertitude sont aujourd’hui complètement découplées des procédures rationnelles de certification. L’exemple de nos réactions à la catastrophe écologique est emblématique. De même, la recrudescence des fanatismes sous toutes leurs formes. Ce sont des pathologies de la certitude en réponse à l’inquiétude de n’être rien : formule du nihilisme. Ce que Deleuze appelait le micro-fascisme, ou arbitraire radical des certitudes de nos pulsions.