Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

samedi 1 février 2014

claus drexel: «mon idée était de donner la parole aux sdf, à eux, et à eux seuls»

28 JANVIER 2014 
Alain Les SDF que l’on voit dans votre film ont-ils monnayé leur présence? Que leur avez-vous donné en échange de votre intrusion dans leur vie?
Claus Drexel On ne les a pas rémunérés. Déontologiquement, ça ne se fait pas dans un documentaire. Si on paye quelqu’un, il devient un acteur, on peut lui demander de faire des choses. On voulait avoir des gens qui soient libres de nous dire ce qu’ils ont envie. Mais évidemment, la parole qu’ils nous ont offerte, c’est un cadeau d’une valeur inestimable. On leur a toujours apporté ce dont ils avaient besoin: des vêtements, à manger, ou même de l’argent, mais ce n’était pas une rémunération.
Ce qui est important, c’est que mon producteur reverse une partie des recettes du film à des associations pour que tous les sans-abri puissent en profiter et pas exclusivement ceux qui ont témoigné dans le documentaire.
Carl Comment s’est dessiné l’angle de votre documentaire?
C. D. Ma démarche était l’inverse de celle d’un journaliste. Volontairement, je ne me suis absolument pas documenté avant, parce que je ne voulais pas être influencé par les expériences que d’autres avaient faites avant moi. Je voulais faire ce film un peu comme un extraterrestre arrivant de nuit sur Terre, à l’heure où tous les parisiens dorment, qui se fait une idée de notre monde, grâce aux échanges avec les sans-abri.

Vendre les tranquillisants à l’unité

Humeurs médicales
Réflexions d'un médecin sur les dérives du système sanitaire
Luc Périno

Les benzodiazépines sont les plus connues et les plus utilisées des tranquillisants. Elles ont deux indications médicales majeures : l’attaque de panique et les crises convulsives. Dans ces deux cas, leur utilisation est unitaire et ponctuelle, sous forme orale ou injectable.
Or, dans la pratique, les benzodiazépines sont prescrites essentiellement comme somnifères, bien qu’elles soient un facteur aggravant de l’insomnie chronique. Elles sont aussi utilisées comme myorelaxants et tranquillisants au long cours. Leur principal effet indésirable immédiat est une baisse de la vigilance, avec risque de chute et une augmentation de 60% de fractures du col du fémur. On leur doit aussi une bonne part des accidents de la route.

À plus long terme, les effets néfastes sont une majoration des pertes de mémoire et une augmentation de 50% du risque de démence.

Consult-Stations : la télémédecine sous forme de cabine(t)

 01/02/2014



En verra-t-on un jour fleurir dans tous les villages (désertifiés) de France ? Ce ne serait pas pour déplaire à Franck Baudino, PDG de l’entreprise H4D (pour Health for Developement) spécialisée dans la télémédecine. En attendant sa première « Consult-Stations » vient d’être implantée au sein d’une résidence pour seniors du groupe Sairenor, à Cluny en Bourgogne. Une « Consult-Stations » se présente comme une petite cabine composée entre autres d’une place pour s’asseoir, d’un écran d’ordinateur et de plusieurs capteurs permettant d’effectuer diverses mesures. Ici, il est possible pour le patient de se faire mesurer seul sa tension, sa fréquence cardiaque, ou encore son taux d’oxygénation dans le sang, en plus des paramètres classiques que sont la taille, le poids et la température. Par ailleurs, dans une version plus sophistiquée, des tests de glycémie, auditifs ou encore des électrocardiogrammes peuvent-être réalisés, tandis qu’un dermatoscope complète l’équipement disponible à bord. Les résultats obtenus sont stockés sur une base hébergée sur un site intitulé « Jemesurveille.com » et le patient reçoit deux tickets (dont un à donner à son médecin) où sont précisés les codes d’accès à ces données.

Manifestations en Europe pour soutenir le droit à l'IVG en Espagne

Le Monde.fr avec AFP | 
A Paris, les participants doivent se retrouver à partir de 14 heures, place Joffre dans le 7e arrondissement, pour se rendre jusqu'à l'ambassade d'Espagne.
A Paris, les participants doivent se retrouver à partir de 14 heures, place Joffre dans le 7e arrondissement, pour se rendre jusqu'à l'ambassade d'Espagne. | AFP/REMY GABALDA
Les défenseurs de l'avortement, rejoints par un groupe de femmes arrivées à bord d'un « train de la liberté », manifestent samedi 1er février à Madrid contre le projet de loi supprimant quasiment le droit à avorter, parallèlement à d'autres manifestations de soutien à Londres et Paris.
« Ce train de la liberté [qui a quitté vendredi Gijon, dans le nord du pays] va à Madrid en passant par Valladolid », où s'est ouverte vendredi la Convention du Parti populaire, « pour dire au ministre conservateur Alberto Ruiz Gallardon que nous ne voulons pas qu'il touche à la loi » de 2010, a expliqué Begoña Pinero, porte-parole de l'association féministe des Asturies Las Comadres, qui a lancé l'idée de ce voyage.

La loi actuelle, votée sous l'ancien gouvernement socialiste, autorise l'avortement jusqu'à 14 semaines de grossesse pour toutes les femmes sans justification et jusqu'à 22 semaines en cas de malformation du fœtus ou de grave danger physique ou psychique pour la mère. « Nous, les femmes, sommes libres et nous sommes capables de décider quand nous voulons être mère », a estimé Begoña Pinero.
Le groupe rejoindra des milliers d'autres personnes, venues d'Espagne et d'autres pays comme la France, qui ont prévu de manifester jusqu'aux abords du Parlement pour dénoncer le projet de loi du gouvernement conservateur. Une délégation ira jusqu'au Congrès des députés pour remettre un manifeste intitulé Droit à décider : je décide, a expliqué Puy Zaton, du collectif « Décider nous rend libres », qui regroupe plus de 300 associations.
« La maternité se protège par l'information, l'éducation, la santé pour tous, l'accès à des salaires justes et des emplois dignes et à des postes de responsabilité », écrit le collectif dans ce manifeste.
MANIFESTATION À PARIS
Ailleurs en Europe, des manifestations sont également prévues, notamment à Paris et Londres. A Paris, les participants doivent se retrouver à partir de 14 heures, place Joffre dans le 7earrondissement, pour se rendre jusqu'à l'ambassade d'Espagne.

IVG : mépriser le droit des européennes c’est condamner l’Europe de demain

25/01/2014



Paris, le samedi 25 janvier 2014 – Serait-on revenu aux années 70 ? La défense de l’avortement est sur toutes les lèvres. Cette semaine, à l’Assemblée nationale, les députés se sont offerts un petit retour (édulcoré) en arrière en se penchant sur la rédaction de la loi Veil que beaucoup sans doute avaient oubliée. C’est ainsi que l’on s’est intéressé à l’opportunité de revenir sur la notion de « situation de détresse » qui figurait dans le texte initial. Le terme a finalement été supprimé modifiant sans doute quelque peu l’esprit de la loi : elle n’est désormais plus seulement une disposition destinée à soustraire les femmes souhaitant avorter aux risques sanitaires de la clandestinité, elle est l’affirmation de la liberté des femmes à disposer de leurs corps. Sur le terrain, outre éventuellement un « changement de regard », l’évolution sera sans doute inexistante, la mise en évidence de sa situation de détresse n’étant exigée aujourd'hui d’aucune femme pour pouvoir avoir accès à l’avortement. Si bien sûr, le débat a réveillé les velléités de quelques opposants historiques à l’IVG, la nature des discussions en France montre bien qu’est inenvisageable (et inenvisagé) un quelconque retour en arrière. Dans d’autres pays, pourtant, ce phénomène n’est pas une utopie, comme en Espagne mais également dans plusieurs autres états, comme nous le rappelle le secrétaire général du Planning familial, Marie-Pierre Martinet. Après un passage en revue des initiatives gouvernementales et législatives qui inquiètent aujourd’hui les "défenseurs" de l’avortement, elle émet l'hypothèse selon laquelle les raisons pour lesquelles cette pratique est aujourd’hui contestée demeurent les mêmes qu’hier. Une défense vigoureuse, qui bien sûr ne sera pas partagée par tous nos lecteurs mais qui rappelle l’importance du sujet. Le débat est ouvert sur JIM.
Par Marie-Pierre Martinet, secrétaire général du Planning familial
Le projet de loi espagnol visant à restreindre drastiquement l’accès à l’avortement suscite (à juste titre) inquiétudes et mobilisations au-delà même de la péninsule ibérique. Faut-il y voir l’initiative isolée d’un pays à majorité conservatrice ou l’expression d’une dynamique de remise en cause plus globale des droits des femmes à l’œuvre en Europe ?

Les acteurs de la psychiatrie travaillent à prévenir les ruptures dans le parcours de soins


Lors de la 3e Journée FHF consacrée à la psychiatrie et à la santé mentale, les acteurs de la discipline ont échangé sur les dispositifs et initiatives pouvant prévenir les ruptures dans les parcours de soins, à l'aune de la rénovation annoncée du secteur : post-urgence, équipes mobiles, partenariats entre psychiatres et généralistes, prise en charge des détenus...

Les psychologues ne veulent pas être les oubliés de la future loi de santé en 2014



Le Syndicat national des psychologues (SNP) a salué dans un communiqué, le 17 janvier, la publication du rapport déposé par le député Denys Robiliard en conclusion des travaux de la mission sur la santé mentale et l'avenir de la psychiatrie, remis le 8 janvier à la ministre de la Santé. "Nous sommes satisfaits de voir enfin figurer dans un rapport parlementaire la profession de psychologue et mentionner le travail incontournable qu'ils réalisent depuis de nombreuses années dans le domaine de la santé mentale et de la psychiatrie", souligne le SNP. "Notre compétence en matière de diagnostic psychologique et de psychothérapie est bien identifiée, de même que notre appartenance aux sciences humaines et notre position en dehors de la hiérarchie des filières médicales et paramédicales", poursuivent les psychologues.

Pas de séjour en psychiatrie sans risque concret

SUISSE 28 janvier 2014

Le placement d'une personne en clinique psychiatrique à des fins d'assistance suppose un danger concret pour la vie ou la santé du patient ou de tiers. Le Tribunal fédéral (TF) précise qu'un risque de dépenses inconsidérées ne suffit pas.




Pôles hospitaliers : les syndicats de PH exigent une réécriture de la loi HPST

29/01/2014


Vraie fausse délégation de gestion, mainmise de la direction sur les nominations médicales... Les praticiens hospitaliers ne se font toujours pas à la nouvelle gouvernance hospitalière, en vigueur depuis 2010. Leurs cinq intersyndicats (Avenir hospitalier, CMH, CPH, INPH, SNAM-HP), à l’unisson, demandent la réécriture de ce passage de la loi HPST. C’était du reste une promesse de campagne socialiste, avant la présidentielle.
Marisol Touraine a reçu les cinq intersyndicats de praticiens hospitaliers ce mardi matin pour ouvrir le débat. Ces intersyndicats ont rappelé le mécontentement des PH à l’égard du fonctionnement des pôles. Près de 6 000 praticiens ont répondu à un questionnaire : la grande majorité clamait son insatisfaction.

vendredi 31 janvier 2014

La psychothérapie reconnue : ce qui change

BELGIQUE 30 janvier 2014
La Chambre a approuvé jeudi la loi qui encadre la psychothérapie, une réforme en chantier depuis 15 ans tant il fut compliqué de concilier les points de vue des professionnels et ceux des parlementaires. La proposition a recueilli l'unanimité moins l'abstention de la N-VA et du Vlaams Belang.
La réforme prévoit que les psychothérapeutes et les psychologues cliniciens seront formellement reconnus comme professionnels de la santé. Cela aura pour conséquence de les soumettre aux mêmes obligations de protection du patient et de respect de ses droits. Ils devront détenir une habilitation pour pouvoir exercer.

L’autisme sous l’objectif

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 
Par 
Mariana Otero sur le tournage du documentaire "A ciel ouvert".
Mariana Otero sur le tournage du documentaire "A ciel ouvert". | Romain Baudean
Elle a 12 ans, peut-être 13. A genoux dans la terre d’un potager, Alyson attrape à deux doigts un ver de terre et l’exhibe avec jubilation devant la caméra. On la retrouve plus tard dans une cuisine, préparant un gâteau avec une jeune femme. Soudain, Alyson s’arrête de pétrir la pâte : son imagination en a vu sortir des « bêtes », l’angoisse la prend, elle ne peut continuer. A ciel ouvert, le magnifique film de Mariana Otero sorti en salles en janvier, se reflète bien dans cette contradiction : à mesure que l’on y chemine, on découvre que rien n’est ordinaire derrière l’apparente banalité des gestes quotidiens. Alyson, Amina, Evanne ou Jean-Hugues ont une manière singulière de bouger, de communiquer, d’être au monde. Plus on croit les approcher, plus ils nous échappent. Et plus ils nous touchent.
COURTIL, UNE INSTITUTION PUBLIQUE BELGE
A ciel ouvert a été tourné au Courtil, une institution publique belge qui accueille 250 enfants et adolescents en grande difficulté psychique. Beaucoup sont atteints de troubles autistiques. Il ne s’agit pourtant pas d’un film sur l’autisme, ni sur le handicap mental. « J’ai voulu donner à comprendre quelque chose de la folie, qui est l’altérité la plus grande », explique Mariana Otero. A ciel ouvert est un film sur la radicale différence de l’Autre. Sur ces enfants et leur souffrance, il porte un regard libre, créateur, résolument au-dessus des polémiques.
Or les dissensions, voire les passions ne manquent pas autour de l’autisme. Des passions qui se traduisent en images, comme le montrent de nombreux documentaires récemment réalisés sur ce grave trouble du développement. A commencer par Le Mur. La psychanalyse à l’épreuve de l’autisme, de Sophie Robert, violente charge contre l’approche psychanalytique de ce handicap, dont la diffusion sur Internet, interdite depuis deux ans par la justice, est à nouveau autorisée depuis le 16 janvier.
BATAILLE IDÉOLOGIQUE ENTRE LA PÉDOPSYCHIATRIE FRANÇAISE ET LES TENANTS DE TECHNIQUES COMPORTEMENTALISTES
Pour comprendre en quoi A ciel ouvert, œuvre de pur cinéma, diffère des documentaires plus ou moins militants que l’on peut voir par ailleurs, il faut revenir sur les années agitées que viennent de connaître les familles et les professionnels concernés par l’autisme, déclaré grande cause nationale 2012.

Dans le Nord, mobilisation autour de la Maison aux avions

Le Monde.fr Par 
Vue générale de la Maison aux avions à Steenwerck (Nord).
Vue générale de la Maison aux avions à Steenwerck (Nord). | PANORAMIA
Tout amateur d'utopie ou passionné d'inutile a entendu parler du Palais Idéal du facteur Cheval dans la Drôme, voire de la Maison Picassiette de Raymond Isidore à Chartres (Eure-et-Loir), deux chefs-d'œuvre de l'architecture naïve. A Steenwerk (Nord), bien que moins fameuse, la Maison aux avions, menacée de péril, a toutefois suscité un formidable élan de soutien.
Des milliers d'anonymes en appellent aujourd'hui à la sauvegarde des lieux qui se dégradent inexorablement depuis que leur propriétaire, Arthur Vanabelle, un agriculteur de 92 ans, les a quittés en 2012 pour se rendre en maison de retraite. « Les mauvaises herbes grignotent murs en briques et personnages, et des modules se sont affaissés dans le fossé herbeux », relatait La Voix du Nord dans son édition du 14 janvier.
A partir de la fin des années 1950, Arthur Vanabelle a récupéré et collecté toutes sortes d'objets (enjoliveurs, matériels agricoles réformés, ressorts, abat-jours, téléviseurs, vieux pneus, tôle de cuisinières, jerrican, etc.) pour confectionner des sculptures dont l'univers esthétique évoque celui des objets et engins multicolores qui ornent les manèges dans les foires aux plaisirs : des canons, des chars d'assaut, des fusées, et surtout des avions de toutes tailles.

Médecins du Monde fait de la lutte contre les inégalités locales de santé un enjeu électoral

Dans l'optique des prochaines élections municipales, les 23 et 30 mars prochains, l'ONG Médecins du Monde rappelle combien le maire s'avère hautement influent dans la lutte contre le non-recours aux soins et l'amélioration de l'accès aux droits. CCAS, Pass, CLS, CMS, ASV... Pour sa part, la DGCS a décidé d'étendre au national les expérimentations menées en Seine-et-Marne et Loire-Atlantique.

L'ARS Île-de-France crée un fonds de soutien pour attirer les professionnels de santé

À l'occasion de son discours des vœux ce 28 janvier, Claude Évin, Directeur général (DG) de l'ARS d'Île-de-France, a annoncé la création d'un fonds de soutien à l'installation et à l'exercice des professionnels de santé franciliens. Abondé par le Fonds d'intervention régional (Fir), il se fixe cinq objectifs par le biais d'appels à projets ciblés : améliorer la connaissance du territoire et des besoins; fournir des aides aux établissements en difficultés dans certaines spécialités (élargissement de l'enveloppe des primes multisites, soutien aux postes partagés, création d'incitatifs pour promouvoir les coopérations...); soutenir la formation des médecins généralistes; développer les stages en ambulatoire pour chaque profession de santé; soutenir la coordination des soins.

jeudi 30 janvier 2014

La catastrophe précoce

LE MONDE | Par 
Cela s'appelle « la catastrophe précoce » (The Early Catastrophe). Il y a dix ans, Betty Hart et Todd Risley, deux psychologues, ont mis en évidence qu'à 4 ans un enfant issu d'une famille riche et cultivée a entendu trente millions de mots de plus que s'il était né dans un milieu pauvre où l'urgence n'est ni de raconter des histoires, ni de lire, ni de faire la causette avec les tout-petits. Déjà à l'entrée en maternelle, un an avant, le premier maniait mille mots, le second 500…
Le think tank socialiste Terra Nova rappelle ces données dans son rapport intitulé « La Lutte contre les inégalités commence dans les crèches », publié le 14 janvier. Difficile de ne pas les mettre en relation avec les 300 millions d'euros que Vincent Peillon, le ministre de l'éducation nationale, vient de consacrer aux zones d'éducation prioritaires (ZEP) pour mieux lutter contre les inégalités.
Tant que les enfants arriveront à l'école avec de tels écarts en maniement de la langue, la mission des enseignants sera impossible. Car le fossé initial entre les élèves évolue vite en gouffre. « Manque de vocabulaire »« difficulté à comprendre une phrase simple » : deux jours passés au collège Pierre-Mendès-France à Tourcoing (Nord) – l'établissement scolarise 85 % d'enfant défavorisés – montrent que ces constats reviennent comme un leitmotiv.

Anthropologie médicale et pensée politique

CNRS EDITIONS 
Georges Cabanis / Textes présentés par Marie Gaille

Cabanis (1757-1808), ce médecin révolutionnaire, est d’abord de son siècle. Homme de salon, il fréquente Turgot, Condorcet, d’Holbach. Il est un intime de Mirabeau qu’il assiste dans ses derniers instants. Avec le Premier consul et Napoléon, il entre à l’Institut et devient sénateur… Derrière l’image artificielle d’un notable se contentant de suivre le cours de l’histoire et de l’auteur d’un seul ouvrage, le fameux Rapport du physique et du moral (1802), se cache un grand humaniste que Marie Gaille nous propose de redécouvrir.

« Des observations sur les hôpitaux » à « Quelques principes et quelques vues sur les secours publics », c’est un praticien, proche de nous, qui se dévoile.

Lille : « Une mort moderne » ou la question du suicide assisté, théâtralement, relancée

PUBLIÉ LE 

La psychiatrie au service de la Justice. Par Juliette Daudé, Avocat.

  • Jeudi
  • 30
  • Janvier
  • 2014
Les juges sont amenés à faire face à de nombreuses situations dans lesquelles ils ont parfois besoin d’un œil « expert » pour les orienter dans leurs prises de décisions.
Que ce soit en droit pénal ou en droit de la famille, l’expertise psychiatrique est devenue aujourd’hui un outil indispensable au service de la Justice.
L’expertise psychiatrique consiste à procéder à un examen médico-psychologique sur un individu.
Cet examen est réalisé par un médecin psychiatre désigné par un magistrat.
C’est la notion de responsabilité qui est recherchée dans ces deux matières bien qu’elles aient alors des significations différentes.
En droit pénal, la responsabilité s’entend en effet comme l’obligation de répondre de ses actes tandis qu’en droit de la famille, la responsabilité s’entend davantage comme la capacité à prendre en charge ses enfants notamment par la prise de décisions dans leur intérêt.
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Trois médecins et le CH spécialisé de Saint-Égrève sont mis en examen pour homicide involontaire

Une information judiciaire a cependant été ouverte pour homicide involontaire afin de déterminer les éventuelles responsabilités des médecins, à la suite d’une plainte contre X de la famille de la victime. En avril 2013, le juge d’instruction a rendu une ordonnance de non-lieu dans cette affaire et la famille a fait appel.

Quatorze organisations lancent une pétition nationale pour l’avenir de la PMI

DECISION SANTE


La protection maternelle et infantile (PMI) est en détresse. Quatorze organisations impliquées tirent la sonnette d’alarme. Elles appellent les professionnels, parents, élus à une journée nationale d’action pour assurer l’avenir du service public de PMI le 30 janvier 2014 dans tout l’Hexagone. Une manifestation pour se rendre au ministère de la Santé sera également organisée.
Les 14 organisations dénoncent un constat alarmant dans de nombreux départements. Elles relèvent la suppression de consultations de nourrissons et de femmes enceintes, de planification familiale, de bilans de santé en maternelle. Elles évoquent aussi l’allongement des délais de rendez-vous, la restriction du suivi des enfants âgés de plus de deux ans, la raréfaction des visites à domicile en pré et postnatal. Enfin, elles s’indignent du nombre de postes vacants chez les médecins, les sages-femmes, les puéricultrices.
Par ailleurs, les organisations s’inquiètent du changement de paysage institutionnel. En effet, les PMI se trouvent à la croisée d’une double gouvernance. D’une part, les compétences sanitaires relèvent des ARS. D’autre part, les compétences sociales vont aux conseils généraux. Or se pose le problème de l’articulation entre ces organismes. Cela engendre des dysfonctionnements dans l’allocation des ressources et donc une paralysie par absence d’engagement de l’Etat.

Education sexuelle : «Les parents ne sont pas informés»

QUENTIN GIRARD

Après des SMS qui annonçaient des cours de masturbation en maternelle, des parents ont décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l’école. Puis, suite à des rumeurs d’un prétendu enseignement de la théorie du genre, des établissements de banlieue parisienne ont été dépeuplés jusqu’à un tiers de leurs élèves, provoquant la polémique. Hélène Romano, psychothérapeute et chercheuse associée à l’Inserm, vient de publier Ecole, sexe et vidéo (Dunod). Elle tente d’expliquer pourquoi ces tensions autour de l’éducation sont loin d’être nouvelles et analyse les réactions des parents et leurs craintes. 

Pourquoi est-ce si compliqué de parler de sexualité à l’école ?
Parce que c’est très compliqué de parler de sexualité en général, à l’école comme ailleurs. On peut le voir ne serait-ce qu’au niveau politique avec l’actualité récente. Cela touche à l’intime, à l’éducatif, à la loi, à la transgression, à tout ce qui est fondateur des interdits d’une communauté humaine. Dès qu’on aborde ce sujet, on remet en cause les repères culturels et religieux et on interroge la question de la transgression. Et le curseur est différent d’une société à l’autre, d’une époque à une autre. Ce que l’on remarque, c’est que c’est le plus souvent un paratonnerre, une sorte d’objet expiatoire qui relève un mal-être sociétal. Quand une société se sent insécurisée, l’éducation sexuelle est porteuse de polémique.