Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

samedi 10 avril 2021

[Vidéo] En psychiatrie, les lourdes conséquences des confinements à Lyon

Publié le 09/04/2021 

Lors du premier confinement en mars 2020, les hôpitaux psychiatriques ont dû s’adapter dans l’urgence. De nouvelles normes ont été instaurées, des services extra-hospitaliers ont fermé, des soignants ont dû changer d’unité et les services ont été réorganisés. Dépourvu de moyen de protection au début de la crise, le personnel soignant a dû faire face à une situation inédite. 

Quatre soignantes des hôpitaux psychiatriques de Saint-Jean de Dieu et du Vinatier, protégées par leur statut syndical, ont livré des témoignages accablants, sur la façon dont ont été traités les patients et sur leurs conditions de travail. Nous nous sommes aussi entretenus avec les directions de ces hôpitaux.

Alors que la crise psychiatrique augmente, liée à un contexte de pandémie et de restrictions, où en sommes-nous de ces soins déjà déclassés dans le système hospitalier français ?

Saint-Jean de Dieu et le Vinatier, deux groupes hospitaliers dédiés à la psychiatrie

Le nouveau bâtiment du Vinatier qui regroupe toute la psychiatrie pour adultes. ©LB/Rue89Lyon
Le bâtiment du Vinatier qui regroupe toute la psychiatrie pour adultes. ©LB/Rue89Lyon

Depuis le début de la pandémie, les restrictions et l’isolement ont eu des conséquences psychologiques sur la population qui inquiètent de plus en plus. De nombreux psychiatres parlent déjà de vague psychiatrique.

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Vingt lits de psychiatrie fermés à Rennes, faute de médecins

Laurent LE GOFF Publié le 

« 42 lits de psychiatrie ont été supprimés depuis un an », assure le syndicat Sud-Solidaires du centre hospitalier Guilaume-Régnier.

Une unité de 20 lits va être fermée, pendant quelques mois, à l’hôpital psychiatrique de Rennes, faute de médecins. Le syndicat Sud et la direction n’ont pas la même analyse de la situation.

[...] « La difficulté de recrutement médical sur le CHGR n’est pas nouvelle »,souligne le syndicat Sud-Solidaires, pour qui « la direction fait fi des situations dramatiques que connaissent nos concitoyens, dans leur possibilité à être hospitalisés ».

Selon le syndicat, « ce sont des jours et des jours d’attente, pour de nombreuses personnes en attente d’un lit d’hospitalisation ». Les services d’urgences des centres hospitaliers de Rennes, Fougères et Vitré « doivent assurer le tampon », ajoute Sud, qui a fait les comptes. « Depuis le début de la crise sanitaire voilà un an, 42 lits ont été supprimés ! »

Le syndicat en appelle « aux élus locaux, pour dire stop à la dégradation des capacités d’accueil en hospitalisation du service public de santé en Ille-et-Vilaine ».

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«Ecritures» En analyse

par Thomas Clerc   publié le 10 avril 2021

Selon Thomas Clerc, adepte de la discipline, la psychanalyse traverse une crise de fond dont le symptôme le plus pervers est la trivialisation sympathique que lui fait subir la série «En thérapie».

En thérapie a été salué à juste titre comme une onde de fraîcheur sur le paysage audiovisuel français. Son succès permet de vérifier qu’en ces temps de détresse la vie intérieure retrouve une nécessité qu’elle n’avait perdue qu’aux yeux de ceux qui n’en ont pas. Mais ce retour de la psychanalyse sur la scène n’est en fait, comme le genre de la série l’indique, qu’une fiction : car un abîme sépare une thérapie d’une analyse, comme un canasson d’un pur-sang. Autrement dit, le titre de la série (dont je n’ai regardé que trois épisodes, car après je cale) ne doit pas masquer une vérité plus désagréable que les révélations du «docteur» Dayan à ses patients traumatisés qui par la vie intime, qui par la vie politique : c’est que la psychanalyse traverse une crise de fond dont le symptôme le plus pervers est peut-être cette trivialisation sympathique que lui fait subir En thérapie.

Reportage A l’hôpital Saint-Louis, la réanimation s’ouvre aux familles

par Margaux Lacroux et et photos Albert Facelly  publié le 8 avril 2021

Au sein de l’établissement parisien, les proches de patients hospitalisés dans le service font l’objet d’un soutien particulier grâce à un groupe de recherche interdisciplinaire mis en place il y a vingt-cinq ans. Un suivi encore plus précieux pendant la crise sanitaire.

En plus de la surblouse ordinaire, il y a les accessoires qui sont arrivés avec le Covid : lunettes, charlotte et masque FFP2. David Ohayon les enfile machinalement. C’est son rituel quotidien depuis deux semaines, dans le service de réanimation de l’hôpital Saint-Louis, à Paris. Il préfère venir le matin, d’autres membres de sa famille se relaient plus tard dans la journée. Ce mardi, il a emporté un café pour son père de 74 ans, réveillé et sous oxygène à haut débit. «J’avais peur de ne pas pouvoir venir le voir. Là, ça change beaucoup de choses pour lui, il va mieux, il a le moral. Il faut la présence de la famille, même si l’équipe est là», dit le fils, qui ne tarit pas d’éloges sur le personnel médical. Le sujet de l’intubation a vite été abordé et son avis pris en compte. Il était réticent, l’acte a finalement été évité. David trouve toujours quelqu’un au bout du fil pour lui répondre, qu’importe l’heure. Lui appelle à l’aube pour qu’on lui résume la nuit de son père. S’il le souhaite, le reste de l’entourage peut aussi être alerté à toute heure.

Interview Troubles psychologiques liés au Covid : «On s’en occupe quand le bateau coule»

par Aurore Savarit-Lebrère  publié le 7 avril 2021 

Une étude publiée ce mercredi par «The Lancet Psychiatry» révèle qu’un ancien malade du Covid sur trois souffre de troubles psychologiques ou neurologiques. La psychologue Gladys Mondière regrette le manque d’anticipation et de moyens alloués aux conséquences de la pandémie sur la santé mentale.

Selon une étude parue ce mercredi dans le journal The Lancet Psychiatryune personne sur trois ayant surmonté le Covid-19 a eu un diagnostic de troubles neurologiques ou psychiatriques dans les six mois suivant l’infection. Ce taux monte à 46% pour les patients admis en réanimation. Face à ces chiffres inquiétants, Gladys Mondière, psychologue et coprésidente de la Fédération française des psychologues et de psychologie (FFPP), regrette que l’impact du Covid sur la santé mentale ne soit pas suffisamment pris en compte.

Quel est l’impact du confinement sur les enfants ?

 par Clément Baudet  09.04.2021
Le strict confinement du printemps 2020 a bouleversé la vie sociale et scolaire des enfants, non sans conséquences sur leur état émotionnel. Pour mieux en saisir l’impact, une enquête a été menée en temps réel auprès des parents, en France et en Italie. L’économiste Francesca Marchetta, qui a participé à cette étude, nous en donne les principaux résultats dans ce podcast.


Chacun chez soi mais à plusieurs : des retraités attirés par le béguinage

Par    Publié le 9 avril 2021

REPORTAGE  Pour ceux qui refusent d’entrer en maison de retraite mais craignent l’isolement, ce nouveau type de structure offre logement indépendant, espaces partagés et services mutualisés. Une innovation dont le succès a été renforcé par les confinements.

Jeannette et Marie-Cécile, au béguinage La Tourangelle, le 2 avril 2021 à Tours.

Après les pavés, le béguinage. A 18 ans, Yves Rapin vivait Mai 68 à Paris. Alors, à 71 ans, ne lui parlez pas d’Ehpad. « Tout, mais pas ça ! » La moustache grise de l’ex-photographe de quartier en frémit. Depuis une bonne année, il loue avec sa femme l’un des seize appartements d’un immeuble frais bâti dans un écoquartier du nord de Tours (Indre-et-Loire). Immeuble bien particulier que cette Tourangelle, où l’on vieillit en béguinage, groupés et solidaires. « L’esprit communautaire, on y reprend goût, avec un peu moins d’utopies qu’en 1968 et beaucoup moins de substances ! », admet le retraité, chaussé pour la randonnée.

Pendant le confinement, les familles monoparentales entre débrouille et épuisement : "J'essaie d'être sur tous les fronts, mais je suis humaine et crevée"

Alice Galopin  Publié 

Avec la fermeture des écoles, les parents doivent jongler entre leur activité professionnelle, souvent en télétravail, et la garde des enfants. Une situation particulièrement difficile pour les pères et mères "solos".

Avec la fermeture des écoles, les parents doivent jongler entre leur activité professionnelle, souvent en télétravail, et la garde des enfants. Une situation particulièrement difficile pour les pères et mères "solos".

Article rédigé par 
Une enfant fait ses devoirs chez elle, à Lille (Nord), le 5 avril 2021. (MAXPPP)

"Ce nouveau confinement avec les écoles fermées, je le vis comme une épée de Damoclès au-dessus de ma tête." Céline, qui élève seule ses trois garçons âgés de 6 à 12 ans, se dit "à bout". En télétravail, cette assistante de direction de 43 ans peine à jongler entre ses activités professionnelles et l'enseignement à distance pour les enfants, qui a repris mardi 6 avril. "Ça devient impossible pour les parents seuls de tout gérer", souffle-t-elle.

En France, une famille sur cinq est monoparentale, selon les données de l'Insee. Des foyers qui, comme celui de Céline, se composent dans l'écrasante majorité de mères seules avec enfants. Pour ces parents "solos", difficile de gérer à la fois "l'école à la maison, les angoisses des enfants liées au reconfinement, le travail et les tâches quotidiennes", raconte cette mère.

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Témoignages Désinformation médicale : l’autre pandémie

par Anaïs Moran  publié le 4 avril 2021 

Depuis un an, le Covid-19 a plongé la communauté médicale dans une tourmente interne, en raison des prises de parole contestées de professionnels remettant en cause la gravité de la maladie ou évoquant des remèdes miracles.

Noémie Zucman, réanimatrice à l’hôpital Louis-Mourier de Colombes (Hauts-de-Seine), aurait bien du mal à les hiérarchiser. Dans cette crise sanitaire, les fake news médicales n’ont fait que pulluler. Par où commencer ? «Je pense que l’affaire de l’hydroxychloroquine est le point de départ de tout. Cela a aussitôt créé une scission dans la communauté médicale, entre ceux qui voulaient tempérer et ceux qui ont plongé la tête dedans, retrace-t-elle. Toutes les autres désinformations ont reposé sur ce principe. Je ne sais pas laquelle est la plus nuisible. Mais ce dont je suis sûre, c’est que je me demande tous les jours comment on a pu en arriver là.»

Le chaos sonore de la prison

 Le blog de l'ANVP

 


En prison, on ne peut échapper au bruit. C’est même une caractéristique de la vie carcérale, au même titre que l’odeur de transpiration et de produits d’entretien.

A l’occasion d’une suspension des visites des personnes détenues par les visiteurs de prison suite au retour de la pandémie, Jean-Jacques, un visiteur a eu la bonne idée de nous adresser le lien avec une émission d’Arte Radio, « au cas où la prison nous manquerait ».

Réalisé en 2009 par Jean-Baptiste Fribourg, ce montage sonore d’une durée de 5’43 est le produit d’un atelier réalisé en maison d’arrêt. Il a pour titre « son de prison, le chaos sonore de la prison ». Il mêle des bruits enregistrés dans les coursives et des témoignages d’hommes détenus, qui expliquent combien le vacarme permanent ronge leur vie quotidienne.

Le visiteur est en effet immédiatement saisi par le choc des sons entremêlés.

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vendredi 9 avril 2021

Poésie du rire et rire de la poésie


LE 02/04/2021

À retrouver dans l'émission

LA COMPAGNIE DES POÈTES

par Manou Farine

Le rire est-il une solution imaginaire comme une autre ? 

Illustration pour les Nouvelles Chansons du Chat noir de Mac Nab, "Les Fœtus" (1892)
Illustration pour les Nouvelles Chansons du Chat noir de Mac Nab, "Les Fœtus" (1892)Crédits :  Henri Gerbault

Faire rire la poésie, faire rire avec la poésie, faire rire malgré la poésie...

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A Puteaux, les soins palliatifs se veulent « un vivoir », pas un « mouroir »

Par   Publié le 9 avril 2021

L’unité du centre hospitalier Rives-de-Seine soulage la douleur des malades en fin de vie. Les soignants s’assurent aussi et surtout qu’en dépit de la maladie, les patients aient la meilleure vie possible.

Une médecin s’occupe d’un patient de l’unité de soins palliatifs du centre hospitalier Rives-de-Seine, à Puteaux (Hauts-de-Seine).

« Alors monsieur G., c’est fini ! » : la docteure Nathalie de Soultrait s’avance lentement et d’une voix douce s’adresse au défunt : « Monsieur G., on va vous enlever votre pacemaker. » Elle fait le tour du lit, s’approche et répète : « Monsieur G. On va vous enlever votre pacemaker. » La chambre plongée dans la pénombre est décorée d’une orchidée blanche et d’un bromélia rouge. Elle sort. La porte restera entrouverte. Le corps ne sera pas soustrait au regard des visiteurs ou des patients qui passent dans le couloir. Ils verront son visage apaisé à la lueur d’une bougie blanche.

À LA UNE

 

Chers amis,

 

Vous le savez certainement à présent, la proposition de loi d’Olivier Falorni, donnant le droit à une fin de vie libre et choisie, n’a pu être discutée dans son intégralité. Elle n’a pas été mise au vote en fin de journée et, s’agissant d’une proposition de loi discutée dans une niche parlementaire, elle ne pourra pas être remise à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. C’est une déception. Mais ce n’est pas seulement une déception pour les partisans de la liberté en fin de vie – et avec eux les 93% de Français favorables à la légalisation de l’euthanasie et les 89% favorables à la légalisation du suicide assisté – c’est aussi une gifle donnée à toutes les personnes arrivées au terme de leur vie.

 

Pourtant, 240 députés ont voté, un peu avant minuit, en faveur de l’article 1 qui légalise l’aide active à mourir. Seuls 48 députés (et 13 abstentionnistes) ont voté contre. Comme les Français, les députés sont donc très largement favorables à une grande loi de liberté. 


Voici le résultat du scrutin public


Nous devons cette situation de blocage à un quarteron de députés qui ont déposé des milliers d’amendements de rédaction, empêchant le déroulement normal du débat parlementaire. C’est une tristesse pour les défenseurs de la démocratie qui ne peuvent accepter qu’une poignée de députés bloquent ainsi l’ensemble du processus législatif.


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A l’hôpital Saint-Louis, la réanimation s’ouvre aux familles

par Margaux Lacroux et et photos Albert Facelly  publié le 8 avril 2021

Au sein de l’établissement parisien, les proches de patients hospitalisés dans le service font l’objet d’un soutien particulier grâce à un groupe de recherche interdisciplinaire mis en place il y a vingt-cinq ans. Un suivi encore plus précieux pendant la crise sanitaire.

En plus de la surblouse ordinaire, il y a les accessoires qui sont arrivés avec le Covid : lunettes, charlotte et masque FFP2. David Ohayon les enfile machinalement. C’est son rituel quotidien depuis deux semaines, dans le service de réanimation de l’hôpital Saint-Louis, à Paris. Il préfère venir le matin, d’autres membres de sa famille se relaient plus tard dans la journée. Ce mardi, il a emporté un café pour son père de 74 ans, réveillé et sous oxygène à haut débit. «J’avais peur de ne pas pouvoir venir le voir. Là, ça change beaucoup de choses pour lui, il va mieux, il a le moral. Il faut la présence de la famille, même si l’équipe est là», dit le fils, qui ne tarit pas d’éloges sur le personnel médical. Le sujet de l’intubation a vite été abordé et son avis pris en compte. Il était réticent, l’acte a finalement été évité. David trouve toujours quelqu’un au bout du fil pour lui répondre, qu’importe l’heure. Lui appelle à l’aube pour qu’on lui résume la nuit de son père. S’il le souhaite, le reste de l’entourage peut aussi être alerté à toute heure.

Consensus - Recommandations Prise en charge du patient adulte à présentation psychiatrique dans les structures d’urgences , Recommandations de Bonne Pratique Clinique SFMU 2021

Résumé

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De nombreux patients consultant aux urgences souffrent de pathologies psychiatriques préexistantes, ou ont une symptomatologie évocatrice d’une pathologie psychiatrique. En effet, les troubles psychiatriques touchent un adulte sur quatre et 75% des affections psychiatriques débutent avant l’âge de 25 ans. Le parcours de soins d’un patient adulte à présentation psychiatrique dans les structures d’urgences concerne de multiples intervenants. A travers ces recommandations de bonnes pratiques cliniques les experts se sont attachés à décrire la prise en charge de ses patients aussi bien en pré qu’en intra-hospitalier. Les objectifs de ces recommandations sont de présenter les éléments indispensables à l’organisation du parcours de soins de ces patients, la gestion de l’agitation ainsi que la prise en charge pharmacologiques ou non. Une partie spécifique est consacrée aux aspects réglementaires.

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AGRESSIONS SEXUELLES ET MALADIE MENTALE La véritable folie

QUEBEC

8 AVRIL 2021

Chronique par

Kharoll-Ann Souffrant

Les femmes survivantes de violences sont davantage crues, écoutées, entendues avec empathie lorsqu’elles décèdent (par meurtre ou suicide) que lorsqu’elles dénoncent des injustices qu’elles subissent de leur vivant. Pire encore, la psychiatrie est souvent instrumentalisée contre elles pour discréditer leur parole ou leurs craintes légitimes exprimées quant à leur bien-être et/ou sécurité.

On ramène souvent la santé mentale des femmes lorsqu’elles dénoncent le comportement exécrable d’un homme à leur égard. Une forme d’échappatoire pour ne jamais regarder de fond en comble le spectre de la masculinité toxique dans tous ses tons et toutes ses nuances, en particulier lorsque celui-ci ne conduit pas au meurtre. Une violence invisible qui est d’autant plus difficile à détecter, même pour les plus érudits sur le sujet.

Pathologiser à outrance la digne colère

Dans un article publié en 2018 et titré Femmes et folie d’hier à aujourd’hui: psychiatrie et contrôle social, le Réseau québécois d’action pour la santé des femmes dresse un bref historique de la psychiatrie comme outil de contrôle social. L’article aborde de front le malaise que la société a avec la colère des femmes. Une femme qui se fâche est rapidement perçue comme irrationnelle, voire dangereuse pour les autres. Ces préjugés peuvent souvent n’avoir aucun fondement puisque le raccourci intellectuel entre dangerosité et maladie mentale est un mythe bien documenté. Plusieurs études ont démontré que la vaste majorité des personnes avec des diagnostics de maladie mentale ne représentent pas plus de danger envers autrui que les citoyens sans diagnostic formel.

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Enfance Assistantes maternelles : «On aurait aimé avoir le choix»

par Maïlys Diogo  publié le 8 avril 2021

Depuis le week-end dernier, les professionnelles de la garde à domicile peuvent continuer à travailler, avec toutefois la crainte de faire face à des enfants porteurs de la maladie.

Alors que le gouvernement a annoncé le 31 mars la fermeture des crèches et établissements scolaires pour faire face à la pandémie, rien n’était explicitement prévu pour les assistantes maternelles. Après un flou de vingt-quatre heures sur leur sort, le ministère des Solidarités et de la Santé, dans une série de recommandations, a considéré leur maintien comme indispensable à la lutte contre le Covid-19. Au grand dam de certaines, qui auraient aimé avoir le choix de travailler au vu des risques pour leur santé, tandis que d’autres y voient la contribution à un effort national.

Population carcérale : la France à contre-courant de l’Europe

Par  Publié le 8 avril 2021

Le recours aux peines de prison ferme baisse depuis dix ans dans la plupart des pays européens, selon une étude du Conseil de l’Europe, mais en France le nombre de détenus continue d’augmenter.

La France affiche une tendance à rebours de ce qu’il se passe dans le reste de l’Europe en matière de recours à la prison. Elle incarcère davantage que ses voisins et poursuit une politique inflationniste en la matière, là où de nombreux pays ont entrepris une réduction volontariste de la population carcérale.Pourtant les lois pour développer les alternatives à la prison se succèdent en France.

“Une institution dégradante, la prison”, de Corinne Rostaing

Charles Perragin publié le 

Cela fait 30 ans que cette sociologue va en prison. Et enquête sur l’évolution des relations entre détenus et surveillants, sur la violence carcérale ou encore sur la religion en détention. Aujourd’hui, Corinne Rostaing publie Une institution dégradante, la prison (Gallimard, 2021) : un condensé de toutes ces années de terrain et de milliers de témoignages. Malgré des améliorations des conditions d’incarcération, la prison est trop souvent réduite à un gardiennage humiliant, cassant les corps et les esprits, oubliant une mission fondamentale qui lui donne sa légitimité : la réinsertion. Voici les trois grandes caractéristiques de l’institution carcérale, selon Corinne Rostaing. Suivi d’un passionnant entretien, dans lequel elle nous raconte de l’intérieur cet univers où l’on ne veut surtout pas mettre un pied. 

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Crise sanitaire : tous les habitants de Saint-Étienne vont pouvoir consulter gratuitement des psychologues

 Par Noémie Philippot, France Bleu Saint-Étienne Loire, France Bleu  Vendredi 19 mars 2021

La ville de Saint-Étienne vient de recruter deux psychologues à temps plein pour mettre en place le dispositif "Sainté Psycho". L'objectif est de proposer une aide psychologique gratuite à tous les Stéphanois qui en ont besoin suite à la crise sanitaire. 

Clé Moussi et Claire Fournel vont travailler en lien avec le service de psychiatrie du CHU de Saint-Etienne et le professeur Erik Fakra
Clé Moussi et Claire Fournel vont travailler en lien avec le service de psychiatrie du CHU de Saint-Etienne et le professeur Erik Fakra © Radio France - Noémie Philippot

Avec la crise sanitaire, presque un tiers de la population française souffre de troubles psychiques. Ce constat sans appel est avancé par Eric Fakra, psychiatre au CHU de Saint-Étienne. Aux urgences, "il y a des tentatives (de suicide) qui arrivent tous les jours" explique-t-il, y compris des personnes "sans antécédent psychiatrique ou psychologique."

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Santé mentale Des thérapies sans prise en charge

Publié le : 18/03/2021 

La pandémie de Covid-19 a un effet majeur sur notre mental. Les symptômes d’anxiété et de dépression sont plus nombreux que d’habitude. Malheureusement, les soins psychiques qui pourraient aider les Français ne sont pas remboursés.

Le moral de la population décline depuis le début de la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19. D’après Santé publique France, fin janvier, un Français sur cinq souffrait de trouble anxieux et autant de dépression. S’y ajoutent près de 7 personnes sur 10 dont le sommeil est perturbé. Ces chiffres s’avèrent largement supérieurs aux niveaux habituels, déjà élevés. Les besoins en soins psychologiques sont massifs, et ce depuis longtemps. Pour y répondre, les solutions manquent. En temps normal, il faut déjà patienter plusieurs mois avant d’obtenir un rendez-vous dans un centre médicopsychologique (CMP). Les cabinets des psychiatres sont eux aussi saturés. En dehors de ces options, c’est au patient d’assumer les frais s’il souhaite s’en remettre à un psychologue ou à un psychothérapeute. Résultat, à peine une personne sur deux bénéficie du suivi nécessaire.