Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

samedi 7 novembre 2009





Les principales mesures du plan gouvernemental d'aide aux sans-abriCréé le 09.11.09 à 22h52

EXCLUSIF - 20 Minutes dévoile les principales mesures du plan gouvernemental d‚aide aux sans-abri...

«La situation est connue de tous. Le problème, c’est qu’on n’a pas su bouger.» Quatre mois après sa prise de fonction ausecrétariat d'Etat au Logement, Benoist Apparu doit présenter, ce matin en Conseil des ministres, vingt mesures pour venir en aide aux sans domicile fixe. Tour d’horizon des principales dispositions.

Un référent unique pour chaque SDF
C’est le point phare du plan de Benoist Apparu. «On doit avoir un suivi personnalisé de tous les sans-abri.» Dès aujourd’hui, le secrétaire d’Etat commencera à installer des «référents personnels» auprès des SDF. Leur rôle sera de connaître leur situation et de suivre leur évolution. Il faudra toutefois six mois pour que cette mesure soit pleinement opérationnelle. «Mais on va passer d’un problème hivernal à une situation durable», promet-il.

Un outil pour recenser les places
Aujourd’hui à Paris, quand on appelle le 115, on tombe sur le Samu social, qui ne gère que 30% des places d’hébergement d‚urgence. «Certains soirs, les 30% de places sont remplies, mais pas les autres», confie Benoist Apparu. Le 1er décembre, un outil informatique recensant l‘ensemble des places disponibles dans la capitale sera fourni.

Un planning pour les associations
En quatre mois au ministère, c’est l‚une des soirées dont Benoist Apparu se souvient le plus. «J’ai suivi une maraude. Il y avait deux associations qui travaillaient dans la même rue. Le lendemain, j’ai appris que personne n’était passé dans le quartier d’à côté.» Le plan prévoit donc de mutualiser le travail des associations à l’aide d’un planning pour que tout le territoire soit couvert par les maraudes et que certains SDF ne soient pas réveillés par différentes associations.

Logement plutôt qu’hébergement
«Les personnes en capacité d’accéder au logement doivent être immédiatement orientées vers cette solution», prévoit le plan gouvernemental. Aujourd’hui, on propose toujours dans un premier temps une place dans un foyer d’urgence. Pour faciliter la démarche, le secrétaire d’Etat compte «généraliser les partenariats entre les associations et les bailleurs sociaux».

Vincent Vantighem

Aide psychiatrique
Pour venir en aide aux plus exclus, 92 équipes «psychiatrie précarité» et 451 permanences de soins seront mises en place prochainement. Le plan de Benoist Apparu prévoit aussi le renfort de 2.000 jeunes volontaires du service civique, placés auprès des associations de solidarité.




jeudi 5 novembre 2009



Délinquance sexuelle : punir ou éliminer ?, par Cécile Prieur
LE MONDE | 05.11.09 |
http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2009/11/05/delinquance-sexuelle-punir-ou-eliminer-par-cecile-prieur_1263131_3232.html

Le jury populaire qui a condamné Francis Evrard, le 30 octobre, ne s'y est pas trompé. Malgré l'horreur du crime que ce pédophile a commis en récidive - la séquestration et le viol d'un enfant de 5 ans, le petit Enis -, c'est bien un homme qu'a condamné la cour d'assises de Douai et non "une bête" comme l'avait qualifié l'avocat général. Le verdict de trente années de réclusion criminelle assorti d'une peine de sûreté de vingt ans et d'une obligation de soins, alors que le parquet général réclamait la peine maximale - la réclusion criminelle à perpétuité - signe la volonté du jury d'inscrire le condamné du côté des hommes en ne fermant pas la porte à l'idée d'amendement.

A une époque où la figure du délinquant sexuel est l'objet d'une surenchère sécuritaire du gouvernement, le choix des jurés de Douai mérite d'être salué : il sonne comme une prise de distance face aux réponses toujours plus simplistes qu'engendre ce sujet brûlant.

Le contexte ne se prêtait pourtant pas à une condamnation mesurée. Un mois avant l'ouverture du procès de Francis Evrard, le viol et le meurtre d'une femme en forêt de Rambouillet, commis par un récidiviste, donnait l'occasion au gouvernement de brandir un thème qui lui est cher : la répression des infractions à caractère sexuel, dont la pénalisation ne semble plus connaître de bornes. Suivant une logique désormais rodée de communication politique, la ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie, a immédiatement exhumé, sur commande du chef de l'Etat, un texte de loi qui s'assoupissait dans les cartons de la chancellerie. Comme toujours après un fait divers, il s'agit de signifier à l'opinion que la souffrance des victimes est entendue et que tout sera mis en oeuvre pour que l'acte réprouvé ne se reproduise plus.

Ce nouveau projet de loi de lutte contre la récidive sera débattu les 17 et 18 novembre à l'Assemblée nationale. Il viendra compléter la loi de "rétention de sûreté" adoptée en 2008 en réponse, déjà, à l'affaire de Francis Evrard. Mme Alliot-Marie a précisé que la future législation permettrait la réincarcération d'un condamné libéré qui se serait soustrait à une obligation de soins de type "castration chimique" - en réalité un traitement inhibiteur de la libido, qui est efficace dans certains cas, mais n'est pas indiqué pour tous les délinquants sexuels. Puis elle a ouvert la porte à une "réflexion" sur la "castration physique" des délinquants sexuels.

Cette dernière proposition ferait presque sourire si le sujet n'était si grave. La garde des sceaux reprenait en l'espèce une demande formulée par Francis Evrard lui-même, sans craindre d'accorder du crédit aux propos d'un condamné considéré comme pervers et manipulateur. Or la castration physique, qui consiste en l'ablation des testicules et non du pénis, n'est en rien une garantie contre les pulsions déviantes. Et si elle est pratiquée aux Etats-Unis, au Canada, en Suisse et en République tchèque, elle est considérée partout ailleurs comme une barbarie : "La castration chirurgicale est une intervention mutilante et irréversible, estimait le Comité pour la prévention de la torture, organe du Conseil de l'Europe, en 2008. Elle ne peut pas être considérée comme une nécessité médicale pour le traitement des délinquants sexuels."

La garde des sceaux est-elle allée trop loin dans la surenchère ? Le Front national, conscient que la majorité chasse à nouveau sur ses terres à l'approche des élections régionales de mars 2010, ne s'y est pas trompé. Il a réclamé la "castration de la tête" des pédophiles, et donc le rétablissement de la peine de mort. L'extrême droite souligne ainsi l'indicible du message gouvernemental en matière de délinquance sexuelle : au-delà de punir pointe la tentation d'éliminer.

Depuis 1998, année de la loi instaurant le suivi socio-judiciaire des délinquants sexuels, une kyrielle de textes législatifs s'est succédé pour accroître le filet pénal contre les pédophiles. Insidieusement, on est passé d'une logique individualisée de sanction, qui caractérise le droit pénal classique, à une logique de risque, de "dangerosité" potentielle d'un individu dont il s'agit de se prémunir. La loi sur la rétention de sûreté a consacré ce changement de paradigme en créant une possibilité de retenue des criminels sexuels, une fois leur peine purgée, en fonction de leur dangerosité. Il ne s'agit plus seulement de condamner un passage à l'acte, mais de tout faire pour s'en prémunir.

"Avec la rétention de sûreté, le criminel est oublié au profit des dangers encourus par les victimes potentielles", analyse le magistrat Denis Salas dans l'ouvrage collectif Un droit pénal postmoderne ? (PUF), sous la direction de Michel Massé, Jean-Paul Jean et André Guidicelli. "Les finalités habituelles de la peine disparaissent devant une fonction de neutralisation pure et simple. (...) Plus rien ne masque une volonté d'exclusion fondée sur des postulats d'incurabilité et d'appartenance à des catégories à risque." Dans un précédent ouvrage, Denis Salas dénonçait le "populisme pénal" des pouvoirs publics : quand l'insistance sur la dignité des uns (les victimes) en vient à nier celle des autres (les agresseurs potentiels) au risque de bafouer les droits les plus élémentaires de l'homme.
Courriel : prieur@lemonde.fr.
Cécile Prieur (Service France)





Actualités

Tribunes de la santé

19 novembre 2009, 19h15, en salle Leroy-Beaulieu


L'émergence du mouvement infirmier par Anne PERRAUT-SOLIVERES
, Praticien-chercheur, ancien cadre infirmier, Directrice de la revue Pratiques - Les cahiers de la médecine utopique

Inscription en ligne :
http://www.chairesante.sciences-po.fr/fr/tribune_emergence_infirmier/index.html

Je vous invite à assister à la conférence que je donnerai à Sciences Po, dans le cadre des Tribunes de la santé, le 19 novembre prochain sur l'émergence des mouvements infirmiers.


Celle-ci aura lieu en salle Leroy-Beaulieu (située au 27 rue Saint-Guillaume) à partir de 19h15. Pour votre information, un formulaire d'inscription en ligne est disponible sur le site de la Chaire santé, à l'adresse suivante : www.chairesante.sciences-po.fr


L'accès à ces conférences est libre et gratuit. Vous pouvez donc transmettre l'information et inviter des personnes intéressées qui n'auraient pas eu l'information par ailleurs.


Cordialement, Anne Perraut Soliveres


P.S. Vous recevez ce message parce que vous avez participé à quelques débats sur mon blog "Tapage nocturne à l'hôpital" :
http://infirmiere.blogs.liberation.fr/

Si vous ne souhaitez plus recevoir d'information de ma part, il vous suffit de me le dire par retour.
Je reçois de nombreuses lettres me demandant de reprendre mes chroniques, suspendues par Libé parce que pas assez fréquentes. Êtes vous intéressés par une poursuite de ces chroniques ? Y compris si elles changent d'adresse ?




http://www.sudouest.com/lot-et-garonne/actualite/article/760618/mil/5327707.html


RÉFÉRENCE. A l'Enap, plus de 15 000 documents, certains datant du XVIIe siècle, retracent l'histoire mondiale des crimes et des peines

Crimes et délits à la portée de tous









Le fonds de l'Enap recèle des précis
écrits par les maîtres de la criminologie.
(photo jean-louis borderie)


Si, dans le sillage des séries TV américaines où experts, profilers, légistes philosophent et poétisent tout haut au-dessus des cadavres, vous vous êtes toqué de criminologie, mais si bien trop vite vous vous êtes résigné à assouvir cette passion devant l'écran plat de votre LCD, sachez qu'à l'Enap d'Agen, il existe un fonds documentaire en la matière susceptible de faire pâlir la plus pourvue des bibliothèques parisiennes.


Riche d'environ 15 000 documents traitant de l'histoire des prisons (en France mais également dans le monde entier), de la criminologie, de la psychiatrie criminelle ou encore des représentations du crime et du criminel dans les médias et la littérature, le centre de ressources de la médiathèque de l'Enap, inauguré en 2004, est aujourd'hui un centre de référence. La bibliothèque nationale de France (BNF) ne s'y est pas trompée en passant une convention avec la médiathèque agenaise afin de numériser sur un délai de trois ans, 60 000 pages et images qui seront donc à terme disponibles sur Internet (1) (5 000 références et 1 500 ouvrages sont déjà en libre accès).


2200 plans des prisons


« Les plus remarquables de nos documents seront ainsi traités », précise Jack Garçon, conservateur et gardien des trésors du centre de ressources sur l'histoire des crimes et des peines. Des précis des premiers maîtres à penser de la criminologie, Cesare Lombroso, Alexandre Lacassagne et Gabriel Tarde (dont la médiathèque porte le nom et hérita de sa bibliothèque), les grandes affaires criminelles du siècle dernier et du XIXe (Petiot, Landru, Ravachol, Sacco et Vanzetti, Jack l'éventreur, l'étrangleur de Boston etc.), des documents de l'application des peines en Chine, les annales médico-psychologiques, depuis 1931, de Jean Dubineau, expert psychiatre auprès des tribunaux, une édition originale de l'Esprit des lois de Montesquieu, un recueil d'arrêtés Papon des cours souveraines de France de 1621 (le plus vieil ouvrage de la médiathèque) ou encore les 2 200 plans des prisons de France entre 1836 et 1975 (exceptés ceux concernant les établissements en activité...) sont entre autres les quelques bijoux auxquels étudiants, chercheurs mais également particuliers peuvent avoir accès. « Mais le plus grand trésor, juge Jack Garçon, est sans doute l'extrême variété du fonds sur les prisons et l'application des peines. » L'acquisition du fonds de la société générale des prisons qui possédaient des correspondants dans le monde entier depuis le XIXe siècle n'est pas étrangère à cela.


Les Gascons férus de criminologie n'ont donc pas à attendre la LGV pour se sustenter. Il leur suffit de se rendre 440, avenue Michel Serres à Agen.


(1) Le site Internet : enap-mediatheque.paprika.net/enap1/
Auteur : Bastien souperbie



lundi 2 novembre 2009





Lun. 02nNov.

LE JOURNAL


Pendant la remise des décorations, le sécuritaire … et l’action continuent !


01 Novembre 2009 Par Paul Machto
Edition : Contes de la folie ordinaire


Récemment, Claude Finkelstein, présidente de la F.N.A.P.S.Y, fédération d’associations d’usagers de la psychiatr
ie, et Yvan Halimi, président de la conférence des présidents des commissions médicales des établissements psychiatriques, ont été promus au titre de chevaliers de la légion d’honneur.

On peut y voir la reconnaissance de l’action engagée par les associations de patients, et notamment par la FNAPSY. Il est vrai que les patients en psychiatrie ont plus que d’autres, des difficultés à se manifester, à se faire entendre, à faire valoir leurs droits. Il y a encore quelques années, c’est une association de parents de malades mentaux, l’Union Nationale des Amis et Familles des Malades psychiques, qui se démenait pour faire valoir et défendre les droits de leurs proches. C’est un patient travail militant qui a abouti à la réussite et à la reconnaissance des associations de patients. (J’évoquerai juste le débat : Patient ou Usager, terme qui est de plus en plus prôné. Mais il y a pour moi avec ce terme, à l’époque à laquelle nous sommes actuellement confrontés, une telle connotation à la consommation, usager, consommateur de soins, que je trouve beaucoup plus honorable, celui de patient, d’acteur de ses propres soins. Les associations de patients atteints de SIDA, Aides, Act up, ont bien sûr montré la voie dans les années 80, et restent une belle référence).


La mise en avant des soignants en psychiatrie, par la nomination du président de la conférence des CME, voudrait aussi souligner le soutien aux acteurs de la psychiatrie.


Peut-on s’en réjouir ?

N’y aurait-il pas là une nouvelle illustration des méthodes de communication du Président de la République, et de ses conseillers ? Car il est bien malin, et très habile dans le genre. Ne l’avait-on pas vu, tel Zorro, à Gandrange, manifester son volontarisme pour sauver les emplois ? Nous avons vu la suite.

De même sur la question de l’identité nationale et de l’immigration.

Ou encore au niveau judiciaire avec l’exploitation des faits divers les plus « croustillants »…
Car tout de même le sécuritaire, la politique de la peur, sont bien les instruments de sa politique en psychiatrie comme ailleurs.

Par exemple, à l’hôpital de Montfavet, dans le Vaucluse, les menaces sur la direction par le préfet à propos des risques de fugue, ont eu comme résultat, la construction d’un mur d’enceinte en un week-end !


À l’hôpital de Saint Avé dans le Morbihan, les bracelets électroniques ont bien été commandés par la direction de cet établissement.


À Auch, dans le Gers, une grève de 37 jours pour les effectifs et le refus des entraves aux soins en ambulatoire a été un succès. Mais les caméras et le rehaussement des grillages sont bien effectifs.

Dans d’autres hôpitaux psy, relèvement des grillages, construction de murs.


Autre illustration : à l'hôpital de Gonesse, effectivement, les procédures de sécurisation se mettent en place, et les médecins ne sont pas forcément tous consultés....Dans un service psychiatrique de cet hôpital général, un groupe s'est formé pour décider comment utiliser l'enveloppe associée à la circulaire du 22 janvier 2009, (diffusée dans les suites du discours de Nicolas Sarkosy à Antony, et qui a prévu en urgence ! un budget spécifique pour renforcer la sécurité), ils ont choisi avec l'aval des chefs de services, mais surtout des cadres, de resécuriser les chambres d'isolement.

A savoir: refaire les fenêtres pour qu'on ne puisse plus les ouvrir et aérer par un système artificiel de soufflerie d'air chaud ou froid, et de renforcer toutes les parois pour y intégrer les installations électriques....

Le groupe de travail devait donner ses propositions très rapidement pour obtenir le financement, donc pas d'enquête auprès d'autres services, ni de réel travail avec les équipes ....Et je crois qu'on a évité de justesse la porte blindée ....


Partout encore, la pression managériale, l'individualisation, la volonté de briser les collectifs, les solidarités, les remises en questions voire la disparition des réunions institutionnelles, des réunions cliniques. La mise en œuvre des protocoles et procédures d’homogénéisation, comme par exemple dans un service hospitalier de Seine Saint Denis, le même protocole pour tous les patients admis en service d’hospitalisation plein temps, quelque soit leur histoire singulière, leur pathologie individuelle, tous pareils !


Alors, certains continuent, à inventer des formes de résistance, pour préserver leurs espaces de travail, défendre les soins psychiques, soutenir les associations et clubs thérapeutiques. Mais aussi, et surtout à multiplier les espaces de débat, les forums publics.



Ainsi deux rendez-vous en novembre.

Une rencontre nationale le samedi 28 novembre 2009, à la Maison de l’Arbre – La Parole Errante à Montreuil, à l’initiative des 39, Contre la Nuit Sécuritaire, sur le thème : « QUELLE HOSPITALITÉ POUR LA FOLIE ? »


L’autre, le Mercredi 11 novembre 2009 de 15h à 19h. 2ème Forum de Seine Saint Denis, à l’initiative du Collectif des 39 du 9-3.
Le thème : « CONTRAINTES ET RESPONSABILITÉS »
A la Maison de l’Arbre – « La Parole Errante » 9 rue François Debergue 93100 - Montreuil-sous-Bois,Metro Croix de Chavaux.

Voici l'argument de ce forum :

Le Collectif des 39 du 9-3 regroupe des professionnels de la psychiatrie de Seine Saint Denis qui mettent en question les pratiques actuelles de la psychiatrie. Ce collectif appelle à un débat dans l’espace public, avec celles et ceux qui se sentent concernés, car ces pratiques touchent au lien social et à la Culture.


L’enfermement a marqué de façon profonde l’histoire de la psychiatrie.


Cependant depuis cinquante ans, des soignants ont su mettre en œuvre des pratiques ouvertes,- en rupture avec l’exclusion et la stigmatisation de la maladie mentale, de la folie - des pratiques prenant en compte la dimension de sujet et de citoyen du patient : thérapies institutionnelles et communautaires, psychiatrie de secteur, alternatives à l’hospitalisation.


Au cours des dernières années, le retour de pratiques coercitives s’est pourtant instauré en écho à ce qui se passe dans le champ social. Les discours politiques, les projets gouvernementaux viennent amplifier une perspective répressive, prônant un nouvel enfermement des patients, un abord avant tout sécuritaire de la question de la folie.Les contraintes aux soins viennent alourdir les contraintes qui s’imposent par le biais de la gestion bureaucratique et comptable, sous le couvert d’une idéologie généralisée de l’évaluation. Ainsi une visée de « production des soins », une rentabilité inadaptée viennent transformer les relations soignants - soignés, modifier l’ambiance institutionnelle, affecter l’atmosphère des espaces de soins.


Il n’empêche que la contrainte s’impose à nous, que ce soit sous la forme de pensées dérangeantes, ou plus largement des lois, du social. Il en va aussi parfois de la responsabilité de chacun d’être confronté à une contrainte aux soins, nécessaire. Sa mise en œuvre dans le respect des individus est une vraie question.


Affirmer la dimension de soin, préserver les espaces de travail thérapeutiques, l’apport des créations culturelles, pourraient être des thèmes de rencontre avec l’autre et ouvrir des espaces de parole partagée.


Avec Philippe Rappard, psychiatre honoraire des hôpitaux, Monique Thizon, psychiatre des hôpitaux, Équipe infirmière du 14ème secteur, Association Advocacy avec Martine Dutoit, Équipe de psychiatrie infanto-juvénile de Saint Denis, Appel des 39 : Guy Dana, psychiatre des hôpitaux, psychanalyste, Mounia Terki, interne des hôpitaux, Didier Boillet et Pedro Serra, psychiatres de Seine Saint Denis, Anne Corlaix, éducatrice, Pierre Sadoul, psychiatre.


N’est-ce pas en multipliant les espaces de rencontre, de débats, de « disputes », de controverses, en partageant et en faisant connaître les « bricolages » à l’œuvre que nous construirons les meilleures garanties pour les espaces de travail et les meilleurs outils pour améliorer l’accueil de la folie, les soins psychiques et l’engagement des patients, leurs familles, leurs associations pour lutter contre toutes les dérives actuelles?