blogspot counter

Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

samedi 12 août 2023

Préavis de grève illimité : Jeunes médecins aux côtés des psychiatres de la Sarthe

PAR 
  
PUBLIÉ LE 09/08/2023

Crédit photo : BURGER/PHANIE

Dans une tribune parue fin juillet sur le Club de Mediapart, un collectif de professionnels de santé sarthois composé de psychiatres, de généralistes et de pharmaciens alertait sur la situation dramatique de la psychiatrie dans leur département.

En effet, depuis plusieurs mois, les équipes médicales et paramédicales du Mans n’ont plus les moyens d'assurer correctement leurs missions auprès des patients. Dans un territoire déjà très touché par la pénurie médicale, notamment en psychiatrie, ils affirment que le manque de personnel médical a atteint « un niveau extrême, mettant en péril l’ensemble de nos dispositifs de soins, tant hospitaliers qu’ambulatoires (consultations, hôpital de jour, soins de réhabilitation psychosociale…) ».

Dans les faits, faute de personnel, l’établissement public de santé mentale (EPSM) de la Sarthe a ainsi fermé sa troisième unité d’hospitalisation, qui compte 42 lits.

Donner les moyens d’agir

En soutien aux confrères sarthois, le syndicat Jeunes Médecins « a décidé de déposer auprès du ministère de la Santé et de la Prévention un préavis de grève illimité à compter de ce mardi 8 août 2023, une manière de relayer au plus haut niveau de l'État les attentes et revendications locales, et de donner des moyens d'agir et de se protéger aux médecins qui souffrent de telles conditions de travail et s'inquiètent d'un tel défaut de soins ».

Dans le détail, aux côtés des psychiatres sarthois, Jeunes Médecins demande que l’établissement public de santé mentale de la Sarthe obtienne un renfort médical de trois équivalents temps plein pour subvenir aux besoins a minima en intra-hospitalier.


L'hôpital du Taaone réclame 21 millions Fcp à un SDF

 




  

L’hôpital du Taaone réclame le paiement d’une facture de soins à un sans-abri et elle est très salée : plus de 21 millions Fcp. Si le SDF ne pourra pas s'acquitter d'une telle somme, cela soulève toutefois la question du suivi de ces personnes malades et à la rue.

Lire la suite ...


Publié le 10/08/2023

Proche du célèbre rasoir d’Ockham[1] (stipulant que, pour expliquer un phénomène, il convient d’abord de « raser », c’est-à-dire d’éliminer les explications les plus complexes et improbables) et vulgarisé après la Seconde Guerre Mondiale par Théodore Woodward (chercheur à l’Université du Maryland), l’aphorisme du « zèbre » est enseigné dans les facultés de médecine anglo-saxonnes pour conseiller aux étudiants de penser d’abord aux diagnostics les plus simples et les plus probables, en allant droit au but pour minimiser des examens complémentaires coûteux et inutiles : « Quand vous entendez des bruits de sabots derrière vous, pensez plutôt à un cheval qu’à un zèbre ! ».

Lutte tous azimuts contre les addictions

Serge Cannasse   9 août 2023

Le Gouvernement a publié sa Stratégie Interministérielle de Mobilisation contre les Conduites Addictives pour la période 2023-2027. Celles-ci portent aussi bien sur les consommations d’alcool, tabac et drogues illicites que sur les addictions sans produits (jeux d’argent, etc). Elle est articulée autour de dix « orientations ».

1. Doter chacun de la liberté de choisir

L’objectif principal est le renforcement des compétences psychosociales, qui a fait la preuve de son efficacité pour prévenir les consommations à risque de substances psychoactives. Les actions seront en particulier adressées au milieu scolaire. Il s’agit également de fournir à la population « des informations précises et claires, basées sur des données scientifiques solides, sur les substances psychoactives ». La population prioritaire est constituée des adolescents et des jeunes adultes. L’accent sera mis sur les enjeux environnementaux des drogues (production, acheminement, conséquences économiques et sociales du trafic) et sur la responsabilité des usagers. Les changements de comportement seront favorisés par des opérations de marketing social (dont le Mois sans tabac constitue un bon exemple) et de « dénormalisation », pour montrer que les addictions ne sont pas la norme, y compris celles liées à l’alcool.

2. Renforcer le rôle-clef de la sphère familiale

Il s’agit principalement de renforcer la prévention des consommations de substances psychoactives par les parents (alcool et tabac en premier lieu), dont le rôle dans l’usage de leurs enfants est déterminant.

Lire la suite ...


Enquête La dette, double peine des détenus : «Moralement, c’est catastrophique»

par Théodore Laurent   publié le 10 août 2023

En détention, les créances contractées à l’extérieur s’alourdissent et les sanctions économiques entravent la réinsertion. Peu informés et pas suffisamment accompagnés, des détenus angoissés racontent comment ils tentent de gérer enfermement et endettement.

«Quand je suis entré en détention, le premier courrier que j’ai reçu, ce n’est pas une lettre de ma famille ou de mon avocate, mais un courrier de ma banque pour impayés», se remémore Marc (1), incarcéré à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) de 2014 à 2018. Ce quadragénaire, alors salarié au smic, avait contracté plusieurs crédits à la consommation d’une valeur totale de 10 000 euros avant sa condamnation. S’il avait déjà du mal à rembourser sa créance quand il était dehors, sa mise sous écrous a fini de siphonner ses derniers deniers.

Reportage Musée des féminismes à Angers : l’histoire remise à meuf


 


par Marlène Thomas   publié le 8 août 2023

Sur les 3 000 musées français, aucun n’est dédié à l’histoire des femmes. Au sein de la bibliothèque de l’Université d’Angers, un projet, porté par l’association Afémuse avec l’aide du Centre des archives du féminisme, devrait voir le jour d’ici à 2027.

«Je me permets de vous écrire pour vous demander la date du prochain “voyage” que vous organisez en Angleterre, car j’aimerais subir une interruption de grossesse.» L’espace-temps se contracte. Seuls la mention de l’Angleterre et le désuet papier à lettres permettent de replacer ce courrier envoyé au Planning familial par une jeune fille dans son contexte historique : 1980. Le délai légal pour avorter est alors limité à dix semaines, sans remboursement et avec autorisation parentale obligatoire (aujourd’hui la présence d’un adulte de confiance suffit). Un an après le renversement de l’arrêt Roe v. Wade aux Etats-Unis, qui a plongé (de nouveau) des millions d’Américaines dans la clandestinité, ces mots résonnent avec force pour Miranda Sachs. Historienne de la France à l’Université d’Etat du Texas, cette Américaine a traversé l’Atlantique pour consulter durant une semaine le fonds documentaire du Planning familial, conservé au Centre des archives du féminisme (CAF). Abrité au sein de la bibliothèque universitaire d’Angers, il sera le point de départ d’un futur musée des féminismes, dont l’ouverture est prévue en 2027 au cœur de cette BU de Belle-Beille.

Musée du tabac, des techniques fromagères ou des plans-reliefs… sur les 3 000 musées que compte le pays, dont 1 212 labellisés «musée de France», aucun n’est consacré à l’histoire des femmes. Inscrit dans le plan «égalité» du gouvernement, cet établissement sera l’aboutissement d’un combat long de vingt ans pour l’historienne spécialiste du féminisme Christine Bard.

vendredi 11 août 2023

Ces grands-parents ne veulent pas être les « baby-sitters » de leurs petits-enfants

Par Aïda Djoupa    11/08/2023 

On a tendance à imaginer les grands-parents comme toujours disponibles pour leurs petits-enfants et ravis de passer le plus de temps possible avec eux. Trois grands-mères nous racontent pourquoi dans la pratique, ce n’est pas tout à fait leur cas.

FAMILLE - « Je crois que le concept de mamie gâteau, c’est pas son truc », explique Juliette* pour décrire la relation entre sa mère et ses deux fils de 5 et 2 ans. Si la trentenaire a passé une bonne partie de son enfance chez sa propre grand-mère, qui la gardait tous les mercredis après midi et une partie des vacances scolaires, pour ses enfants, les choses sont différentes. « Je ne lui en veux pas du tout mais c’est vrai que les siestes, les repas, les contraintes des enfants en bas âge, ça ne l’enthousiasme pas. »


Vers une psychothérapie augmentée de la dépression anhédonique

Publié le 08/08/2023

Proposée dans le traitement de la dépression modérée à sévère et ciblant l’amélioration du bien-être autant que la réduction des symptômes dépressifs, la thérapie augmentée de la dépression (Augmented Depression Therapy, ADepT) est une nouvelle forme de psychothérapie développée pour cibler l’anhédonie et le bien-être, où les patients sont encouragés à adopter une nouvelle perspective face à leurs difficultés, en apprenant à mieux vivre avec une humeur dépressive. Réalisé à l’Université britannique d’Exeter (en collaboration avec des chercheurs de Belgique et des Pays-Bas), un essai pilote suggère que cette thérapie pourrait constituer une avancée significative dans le traitement de la dépression.

Naufrage, de Vincent Delecroix : "Tu ne seras pas sauvé"

Mercredi 9 août 2023

Des dizaines de morts dans le sud de l'Italie après le naufrage d'un bateau de migrants dans une mer agitée, Cutro - 28 Feb 2023, Steccato di Cutro ©Maxppp - Alessandro Serranã

Philosophe et écrivain, Vincent Delecroix est l'invité des Matins pour son roman "Naufrage" (à paraître le 17 août 2023), inspiré du naufrage d'un bateau de migrants dans la Manche qui a causé la mort de vingt-sept personnes, en novembre 2021. 


Avec

En novembre 2021, le téléphone d’une opératrice des secours du Pas de Calais sonne dix-huit fois. Au bout du fil, un jeune migrant, qui la supplie de lui envoyer de l’aide, à lui et aux vingt-huit autres passagers de son bateau en panne. Lorsque la ligne se perd lentement, l’opératrice lui dit ceci : "t’entends pas ? Tu ne seras pas sauvé", une phrase qui choque encore.

Une figure du mal ?

Au moment du drame, l’opératrice affirmait que les secours arrivaient : " mais voilà, ils ne sont jamais arrivés" . Selon Vincent Delecroix, "C’est malheureusement une histoire qu’on voit se répéter". Les migrants avaient embarqué le 8 novembre et ont été repêchés le lendemain après-midi seulement. Inspiré de faits réels, le livre de Vincent Delecroix est une fiction. Selon lui, il serait facile de faire de l’opératrice un bouc-émissaire. Il explique : "je voulais imaginer ce que pouvait être sa position et ce qui pouvait expliquer son attitude, ses actes, ses paroles. Elle arrive en bout de chaîne. Ces naufragés sont naufragés depuis bien plus longtemps. Tout cela relève de causes dont elle n’est assurément pas responsable."

Lire la suite et écouter le podcast ...


Vieillir, disent-ils

Mercredi 9 août 2023

Photographie de Letizia Le Fur dans la série "Quadrille" exposée au rendez-vous photographique "PORTRAIT(S)" dans la ville de Vichy - © Letizia Le Fur

Rencontre avec Letizia Le Fur, photographe, pour son exposition “Portrait(s) de Vichy" à voir jusqu’au 1er octobre au Palais des Congrès de Vichy et Christophe Montenez et Jules Sagot, qui mettent en scène “Et si c’était eux ?” au Théâtre du Vieux Colombier du 27 septembre au 5 novembre 2023.


Avec

  • Letizia Le Fur artiste et photographe

  • Christophe Montenez Comédien, pensionnaire de la Comédie-Française

  • Jules Sagot comédien et metteur en scène

Dans Bienvenue au Club, la photographe Letizia Le Fur, et les metteurs en scène et comédiens, Christophe Montenez et Jules Sagot pour parler des rides, du style et du théâtre.

Letizia Le Fur expose ses photographies au festival Portraits de Vichy, ayant pour sujet les seniors actifs. Avec légèreté et humour, elle traite des questions liées au troisième âge à travers des clichés où le carreau vichy est un motif récurrent.

Lire la suite et écouter le podcast ...


jeudi 10 août 2023

Puberté précoce : comment aider son enfant ?

Par  Elsa Gambin   Publié le 09 août 2023 

Si le chiffre des pubertés précoces est en augmentation, leurs causes demeurent toujours hypothétiques. Dès lors, comment réagir en tant que parent face à ces changements corporels survenus trop tôt ?

Si les petites filles semblent davantage touchées, c’est pour la simple raison que le dépistage est plus aisé. « Il est plus facile de voir des seins qui poussent que des testicules qui grossissent », résume la pédiatre Isabelle Hazart.

Si les petites filles semblent davantage touchées, c’est pour la simple raison que le dépistage est plus aisé. « Il est plus facile de voir des seins qui poussent que des testicules qui grossissent », résume la pédiatre Isabelle Hazart.  Photo Teppe / Andia.fr

Votre fille risque d’être toute petite. » Célia1, 49 ans, se souvient que la question de la taille semblait être le point noir des médecins. Sa fille Zélie, aujourd’hui âgée de 28 ans, a vécu une batterie d’examens, dont une radio du poignet à 7 ans à peine, « pour déterminer son âge osseux », se souvient cette maman. « Sa pédiatre se questionnait sur une éventuelle puberté précoce. Elle a bien insisté sur le fait qu’elle risquait alors d’être de petite taille. » Avec le recul, Célia juge ces moments « pas cool, voire perturbants » pour sa fille, alors en CP.

Face aux drogues : Quand l’addiction finit en suicide

logo laquotidienne actualités marocaines


Par Abdelhak Najib   Mercredi 09 Aout 2023

Les ravages des drogues au Maroc, comme ailleurs dans le monde, dépassent l’imaginable. La dévastation va au-delà de ce que le cerveau humain peut concevoir face à l’horreur, et à cette tragédie qui peut mener à des actes extrêmes. 

Aujourd’hui, au Maroc, nous avons aussi notre lot de jeunes élèves qui se donnent la mort pour en finir avec ce cercle infernal dans lequel ils se sont laissés prendre. Au-delà des difficultés face à des cours scolaires de plus en plus lourds, au-delà des pressions des parents qui demandent des résultats, au-delà des humiliations de la part de certains professeurs qui peuvent mener la vie dure aux jeunes, au-delà des dérives comportementales des autres élèves qui se harcèlent entre eux, il y a ce terrible fléau des drogues qui a envahi de nombreux établissements scolaires. Des dealers sont postés à la sortie des collèges et des lycées pour fourguer leur camelote à des jeunes souvent dépassés par les événements et pris dans les méandres d’une société qui a du mal à s’avouer que les drogues sont en train de la ronger jusqu’aux os. 

Lire la suite ...


VOTRE ANTIFÉMINISME, NOS RÉPLIQUES

Ce guide est le fruit d’une recherche intitulée L’antiféminisme dans la vie privée, menée dans le cadre du Service aux collectivités (SAC) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), en partenariat avec L’R des centres de femmes du Québec (L’R) et l’équipe du Groupe interdisciplinaire de recherche sur l’antiféminisme (GIRAF) de l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF), en particulier les auxiliaires de recherche Mélissa Blais (chargée de cours en science politique et en études féministes et doctorante en sociologie) et Marie Soleil Chrétien (étudiante à la maitrise en science politique) et Francis DupuisDéri (professeur de science politique). Participaient aussi au comité d’encadrement Lyne Kurtzman et Ève-Marie Lampron, pour le SAC, et Odile Boisclair, pour L’R. Cette recherche a également bénéficié de l’aide financière du Réseau québécois en études féministes (RéQEF).

Lire la suite ...



Discours contre pouvoir : parodie et féminisme, une conversation avec Ingrid Beck


8 mai 2021

AUTEUR
Julia de Ípola
TRAD.
Verónica Rodrigo
IMAGE
© Nadia Petrizzo

Le 28 avril, la Cour constitutionnelle équatorienne a dépénalisé l'avortement en cas de viol. En situant cet événement dans la continuité de la légalisation de l'avortement en Argentine en décembre dernier et au milieu du renforcement des restrictions à la suite de la deuxième vague de la pandémie en Argentine, Ingrid Beck nous propose une réflexion sur les deux outils – le féminisme et l'humour – qui ont rendu l’année 2020 plus supportable et qui, finalement, se présentent comme deux discours clés pour, même dans un contexte de crise sanitaire, ne pas cesser de questionner, de défier et de mettre en échec le pouvoir établi.

Ingrid Beck est journaliste et militante féministe. Elle a fondé le magazine satirique Barcelona et a été l’une des voix qui ont appelé en 2015 à la première manifestation Ni Una Menos, qui a commencé comme un cycle de lectures pour devenir rapidement une mobilisation de masse. L’année 2020 s’est achevée sur deux nouvelles fondamentales dans ces deux domaines. Le 22 décembre, la Cour suprême argentine a rendu un arrêt en faveur du magazine susmentionné, annulant la condamnation à des dommages et intérêts dont il avait fait l’objet à la suite d’un procès civil intenté par Cecilia Pando (connue dans le pays pour être une personnalité publique qui a défendu la dernière dictature militaire) après la publication, en 2010, d’un photomontage que la plaignante considérait comme offensant pour sa personne1. Un peu plus d’une semaine plus tard, le Sénat a approuvé la légalisation de l’avortement, et le féminisme argentin a obtenu un triomphe historique2.

Le 28 avril, quelques semaines avant l’investiture du président élu Guillermo Lasso, ouvertement anti-avortement, la Cour constitutionnelle équatorienne a dépénalisé l’avortement en cas de viol. Les images des manifestations des groupes féministes, remplies de foulards verts, invitent à penser cet événement en continuité avec la légalisation de l’avortement en Argentine en décembre dernier. Le féminisme apparaît en Amérique latine comme une forme clé de contre-pouvoir, capable de transcender les frontières des partis et les frontières géopolitiques. Ainsi, alors que la deuxième vague de la pandémie de Covid-19 oblige le gouvernement d’Alberto Fernández à renforcer les restrictions dans le pays du Cône Sud, Ingrid Beck nous propose une réflexion sur deux outils – le féminisme et l’humour – qui ont rendu 2020 plus supportable et qui, finalement, se présentent comme deux discours clés pour, même dans un contexte de crise sanitaire, ne pas cesser de questionner, de défier et de mettre en échec le pouvoir établi.

Commençons par la décision de la Cour suprême en faveur du magazine Barcelona. De nombreux points de l’arrêt soulignent le caractère satirique du magazine et l’un d’entre eux fait référence au « contexte satirique » comme un genre discursif qui implique « un contrat de lecture particulier ». Comment définiriez-vous la satire en tant que genre ?

Avec Barcelona, nous avons toujours considéré la satire comme une forme de récit, comme une ressource, comme un genre. Mais je préfère parler de la satire comme une ressource, alors que la parodie, elle, me semble plus être un genre : je comprends la satire comme une ressource, un outil pour pouvoir parler de certains sujets et essentiellement pour déranger les pouvoirs en place. Il me semble que c’est l’objectif ; utiliser la combinaison de la parodie et de la satire pour offenser, pour déranger. Disons que c’est censé être humoristique, mais la satire ne fait pas nécessairement rire, elle peut aussi causer l’indignation. Elle a ce mérite. Ce n’est pas une blague, ce n’est pas censé être juste drôle. J’aime la façon dont nous a définis à l’époque, Adolfo Castelo, qui nous a « découverts » lorsque le magazine a commencé à sortir. Quatre numéros après la sortie indépendante du magazine, Castelo nous a appelés pour travailler avec lui et nous a dit que lorsqu’il nous a connus, il cherchait quelque chose comme ça, quelque chose qui, plutôt que de faire rire le lecteur, lui ferait dire : « quels enfoirés ! ». Ce sentiment, un peu de douleur, un peu d’indignation, et aussi de rire ou de ne pas prendre les choses au sérieux.

Lire la suite ...