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samedi 15 août 2009

«Les psys ont tué mon fils», accuse une mère

SUICIDE | Un jeune Vaudois diagnostiqué schizophrène avait menacé de se défenestrer. Sa maman a attendu de l’aide sept mois durant. En vain. Son fils a passé à l’acte. Témoignage et explications.
http://www.24heures.ch/vaud/actu/psys-tue-fils-accuse-mere-2009-08-14


© FLORIAN CELLA | Jeudi dernier, Nicole Cottet-Pineau a publié un faire-part vindicatif dans nos colonnes. Elle en veut aux psychologues, à qui elle reproche de n’avoir pas cru à la dangerosité de l’état de son fils. Après l’enterrement, elle témoigne «pour faire bouger les choses».
SYLVAIN MULLER | 15.08.2009 | 00:05

«La famille de Cédric Lamotte a la douleur de faire part de son décès, survenu à cause de l’incompétence des psychologues.» Paru jeudi dans nos colonnes, ce faire-part révélait à la fois la douleur et la détresse d’une famille. «Le 13 janvier, mon fils a été déclaré atteint de schizophrénie, explique sa maman, Nicole Cottet-Pineau. Comme son frère souffre de cette maladie depuis plusieurs années, Cédric a déclaré au médecin qu’il préférait se jeter par la fenêtre. J’ai passé sept mois à chercher de l’aide. Lundi matin, j’ai encore cherché à joindre son psychologue, mais on m’a répondu qu’il était en vacances et que quelqu’un me rappellerait.» Personne n’a rappelé, et Cédric a mis sa menace à exécution. «Aujourd’hui, je me fiche des éventuelles réactions à ce faire-part; je veux juste que sa mort serve à faire bouger les choses.»

Sentiment d’abandon
Le désespoir et l’incompréhension face à l’absence d’encadrement et de soutien, malgré un diagnostic de schizophrénie posé. Ce sentiment est partagé par Michel Rubattel, papa d’un malade. «On se sent complètement abandonnés. D’un côté, on nomme un tuteur, car notre fils ne peut plus se gérer; et, de l’autre, quand on s’inquiète de savoir comment il va et s’il prend ses médicaments, on nous répond qu’il est majeur et donc libre de ses choix. Les parents n’ont rien le droit de faire, si ce n’est de répondre au téléphone quand on nous appelle pour dire qu’on a perdu sa trace. C’est complètement incohérent.»

Interdit de soigner contre la volonté d’un malade
Responsable du Centre d’expertises psychiatriques, sur le site de Cery, du département de psychiatrie du CHUV, le professeur en psychiatrie Jacques Gasser apporte quelques pistes de réponse, sans donner de détails en raison du secret médical. «Le début de la maladie est effectivement très délicat, confirme le professeur. La prise régulière de médicaments est nécessaire pour que le patient puisse mener une vie normale. Mais le droit interdit de traiter contre son gré une personne capable de discernement.» Il en résulte donc parfois la situation contradictoire que vivent les familles: les malades sont pris en charge lors de crises, mais plus suivis lorsque leur état s’améliore. Se croyant guéris, ils stoppent leur traitement de leur plein gré, ce qui provoque une rechute. «Tout repose sur l’acceptation de la maladie. Malheureusement, certains patients doivent passer par plusieurs de ces cycles avant d’accepter de prendre un traitement toute leur vie», déplore le professeur.

La problématique est la même pour la justice de paix, qui doit décider de l’éventuelle nomination de curateurs ou de tuteurs. «Nous sommes totalement dépendants de l’expertise psychiatrique, constate Nicolas Perrinjaquet, le premier juge de paix des districts de Lausanne et de l’Ouest lausannois. Par contre, le but de ces éventuelles nominations est seulement de sauvegarder le patrimoine des malades. Les curateurs et les tuteurs n’ont aucune responsabilité médicale.»

Evolution des traitements
Président de l’Association vaudoise des psychologues, Raphaël Gerber souligne aussi l’évolution de la société: «Il y a deux siècles, les malades mentaux faisaient l’objet de mesures de contention et d’enfermement. La prise en charge de la souffrance psychique a, heureusement, nettement progressé et la liberté individuelle a pris beaucoup d’importance. Mais la schizophrénie reste une maladie à la fois grave et dont les causes ne sont pas complètement déterminées.»

Voir www.lilot.org et www.graap.ch

jeudi 13 août 2009

Slate.fr Les diagnostics délirants de la psychiatrie américaine «Addiction à Internet», «Amertume» et «shopping excessif» pourraient devenir des troubles du comportement.
http://www.slate.fr/story/8667/lassociation-americaine-de-psychiatrie-prise-de-folie-diagnostique
mardi, 4 août 2009


Si la carrière florissante de Madeleine Wickham [2] nous a appris une chose, c'est bien que l'addiction au shopping rapporte. Sa série consacrée à «L'accro du shopping», écrit sous le nom de plume «Sophie Kinsella», est bien connue de toutes les amatrices de «chick-lit [3]». La comédie romantique «Confessions d'une accro du shopping [4]», première d'une longue série d'adaptations (avec Isla Fisher dans le rôle-titre), a rapporté plus de 100 millions de dollars dans le monde. Le film n'est pas franchement hilarant, mais son message tient debout: aimer s'acheter des vêtements élégants n'est pas une pathologie; c'est un style.

En se demandant avec beaucoup de sérieux (et un certain amateurisme) si le shopping effréné est ou non une maladie mentale, l'Association américaine de psychiatrie [5] («American Psychiatric Association [6]», ou APA) semble en passe de perdre de vue cette distinction. La cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux («Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders», ou DSM), réalisé par l'association, est prévue pour paraître en 2012. L'APA ne décide pas que du sort des accros du shopping: elle se demande également si l'utilisation abusive d'Internet, l'activité sexuelle «excessive», l'apathie et l'«amertume» prolongée peuvent être considérées comme des «troubles mentaux». Avis aux Américains : si vous passez des heures à surfer sur le Web, si vous faites plus souvent l'amour qu'un psychiatre vieillissant ou si vous n'arrêtez pas de vous plaindre du gouvernement et de ses dépenses injustifiées, prenez garde! Vous faites peut-être partie des 48 millions de malades mentaux que compte déjà notre pays; du moins selon l'APA.

Comment l'Association procède-t-elle pour déterminer à partir de quel moment un pleurnicheur normal bascule dans le trouble mental, ou pour préciser à partir de quel stade l'activité sexuelle devient «excessive»? Mystère. Derrière les portes de l'APA, à Arlington (Virginie), les subtilités du débat doivent donner quelques maux de tête aux spécialistes. Débat qui, comme nous allons le voir, a même fait l'objet d'une prise de bec publique...

Est-il encore normal d'être anxieux et amer après la perte d'un emploi? Peut-on encore soupirer en songeant au faible niveau de sa retraite? Si l'APA ajoute l' «amertume post-traumatique» à la liste des troubles mentaux dans la prochaine édition de sa bible diagnostique, ce sera simplement parce qu'un petit groupe de spécialistes de la santé mentale juge que leurs contemporains ne devraient pas accorder trop d'importance à ce genre de problèmes.
Le Normal et le Pathologique

L'affaire donne à réfléchir, et elle peut aussi faire douter de la sagesse des rédacteurs de cette nouvelle version du manuel. L'association ne peut pas clairement définir le moment où un comportement donné (se sentir mal suite à un coup du sort, par exemple) bascule du normal vers le pathologique [7]. Pour ceux d'entre nous qui suivent le débat avec intérêt (et d'aussi près que l'association le permet), parler des révisions du DSM revient à faire la chronique d'une catastrophe annoncée. Le problème, c'est qu'il est difficile d'en savoir plus: tous les rédacteurs ont signé un contrat qui les empêche de parler de leur activité.

Quand il a fait son apparition, en 1952, le manuel diagnostic de l'APA n'était qu'une édition fine, à spirale, qui se contentait de faire l'inventaire de troubles caractéristiques des années cinquante: «comportement passif-agressif», «instabilité émotionnelle», «personnalité inadéquate»... Le manuel n'était alors qu'un simple guide pratique de la psychiatrie; il n'avait pas encore la prétention d'être une liste exhaustive de tout ce qui touche de près ou de loin à la santé mentale. Prétention acquise en 1980, avec la publication de la troisième édition («DSM-III»), qui répertoriait déjà plus de 100 troubles mentaux (plusieurs d'entre eux sont d'ailleurs encore contestés). La «personnalité inadéquate» n'avait pas complètement disparu; elle avait été remplacée par le terme «troubles de la personnalité mixtes, atypiques ou autres» (ce qui ne faisait, de fait, que compliquer les choses). Plus effrayants encore: la «personnalité évitante», le «trouble oppositionnel avec provocation», et la «phobie sociale». Aux dernières nouvelles, ce dernier trouble concerne les personnes ayant peur de manger seules en public et redoutant «l'humiliation et l'embarras». Le DSM renferme d'autres pépites : l' «intoxication à la caféine», le «trouble du calcul», le «problème relationnel dans la fratrie» ou le «frotteurisme» (ou «acte de toucher et de se frotter contre une personne, généralement par surprise, dans le but d'en retirer une excitation d'ordre sexuel»).

Le DSM actuel recense trois fois plus de troubles qu'il n'en contenait en 1952, et il est sept fois plus long que la première édition. Rien ne dit que les douzaines d'ajouts récents soient scientifiquement recevables. Robert Spitzer, rédacteur de deux précédentes éditions, dont celle qui a officiellement validé le «trouble de stress post-traumatique», a récemment admis que ses collègues étaient maintenant dans l'obligation de «sauver le trouble de stress post-traumatique contre lui même».

Devant ses membres et les médias, l'APA prétend que sa méthodologie est rigoureuse et basée sur les faits; qu'elle s'en tient aux données et aux essais sur le terrain. Mais le simple fait que l'APA ait réuni un groupe de travail pour plancher sur l' «amertume», l'apathie, le shopping excessif et l'addiction à Internet démontre, comme l'a dit Allen Frances (qui a dirigé le groupe de travail du DSM-IV) au magazine Psychiatric News [8] le mois dernier, que le DSM-V «fait fausse route». «Je ne pense pas qu'ils comprennent l'étendue des problèmes qu'ils sont en train de générer. Et je crains qu'ils ne soient pas assez ouverts d'esprit pour faire marche arrière», a-t-il déclaré.

Méthodes secrètes

La procédure employée par le DSM-V, le secret entourant le travail d'élaboration du manuel et la compétence de ses membres ont soulevé un bon nombre d'interrogations. Parmi les sceptiques, Frances et Spitzer se font particulièrement entendre. Dans une lettre ouverte, ils réprimandent les dirigeants de l'APA, leur reprochant d'avoir institué une «mentalité de forteresse rigide». «Les problèmes répétés [que nous avons observés]... nous ont forcés à intervenir publiquement», ont-ils ajouté.

L'absence de transparence est leur inquiétude première. En juillet dernier, Spitzer a mis en garde les lecteurs de Psychiatric News [8]: selon lui, le voile de mystère entourant les révisions du manuel a atteint une épaisseur sans précédent, et la situation est alarmante. Il a cité le contrat que les participants au projet sont obligés de signer, dont voici un extrait:

«Je m'engage, pendant la durée de cette mission et après celle-ci, à ne pas divulguer, fournir, ou mettre à disposition de qui que ce soit, et à ne pas utiliser de quelque façon que ce soit ... une Information Confidentielle. Je comprends que le terme « Information Confidentielle » comprend tout Travail de Recherche, manuscrit non-publié, brouillon et tout document en prépublication, compte-rendus de discussion, correspondance interne, informations sur le processus de développement et toute information écrite ou non-écrite, sous quelque forme que ce soit, qui émane de (ou qui se rapporte à) ma tâche au sein du groupe de travail de l'APA. »

L'APA prétend que ce paragraphe n'avait pas pour but d'exclure les contributions de collègues intéressés par le projet ou d'interdire de donner des informations aux médias (nous les attendons toujours, soit-dit en passant!). Le président de l'APA et le vice-président du groupe de travail du DSM-V ont fermement écarté toute critique visant le secret entourant la rédaction du manuel. Ils affirment, contre toute évidence, que la procédure est «un modèle de transparence et de coopération». Selon eux, le contrat aurait été conçu pour protéger la propriété intellectuelle des auteurs. (Le DSM est déjà sous copyright). Mais le contrat engage le signataire au-delà de la publication du DSM-V; pour le respecter, les participants doivent garder pour eux l'ensemble de leurs brouillons, notes et fiches de travail. Nous ne saurons donc sans doute jamais pourquoi et comment «amertume», colère et addiction à Internet sont devenues des troubles du comportement. Une telle zone d'ombre était prévue de longue date, sinon, l'APA n'aurait pas fait des pieds et des mains pour que le contrat soit respecté. Quand Spitzer a demandé à consulter les minutes des premières discussions, l'APA lui répondit que si elle lui fournissait, elle serait dans l'obligation de les mettre à la disposition de tous.

Les objections de Frances furent suivies d'une lettre ouverte à l'APA (signée de Frances et Spitzer). Extrait : «Si vous n'améliorez pas rapidement le processus d'évaluation interne de la DSM-V, les critiques venues de l'extérieur vont se multiplier. Une controverse publique de ce type remettrait en question la légitimité même de l'APA, qui pourrait alors cesser de réaliser les DSM: un scénario que nous voulons tous éviter.»

Les malades qui s'ignorent

Spitzer et Frances s'opposent farouchement à deux propositions d'ajouts au nouveau manuel: les diagnostics dits « pré-seuils » et « pré-morbides ». Les deux termes soutiennent la théorie dite «de l'embrasement»: certains psychiatres pensent en effet qu'il est possible de prévenir une maladie mentale chez l'enfant et le nourrisson bien avant l'apparition des premiers symptômes. En pratique, comme l'a rapporté le St Petersburg Times en mars dernier, des psychiatres de Floride ont, en 2007, administré des psychotropes non-approuvés par la Food and Drug Administration [9] à 23 enfants de moins d'un an. Ils ont poursuivi leurs essais sur 39 bambins âgés d'un an, 103 de deux ans, 315 de 3 ans, 886 de quatre ans et 1801 de cinq ans. Et ce pour la seule Floride. On frissonne en songeant à tout ce qui peut se passer dans les autres Etats.

En octobre 2005, Darrel Regier, alors directeur médical adjoint de l'APA, l'avait dit à la Food and Drug Administration lors d'un comité consultatif, (et la théorie de «l'embrasement» nous le rappelle): selon l'APA, 48 millions d'Américains souffrent déjà de troubles mentaux. Les diagnostics «pré-seuil» et «pré-morbides» «pourraient ajouter des dizaines de millions de malades» à cette liste, selon Spitzer et Frances. «La majorité d'entre eux seraient des faux positifs, qui s'exposeraient alors inutilement aux effets secondaires et aux dépenses liées au traitement.» Si l'APA persiste dans cette voie, en 2012, elle pourrait considérer que les maladies mentales touchent... la moitié de la population du pays.

Spitzer et Frances en concluent qu'«en s'évertuant à accroître la sensibilité diagnostique, le groupe de travail du DSM-V est restée insensible à des risques d'importance: multiplication des faux positifs, médicalisation à outrance des personnes normales, et banalisation du concept même de diagnostic psychiatrique.» Spectaculaires accusations, venant de spécialistes qui, à eux deux, ont supervisé l'ajout de plus de 150 troubles du comportement au manuel en vingt-quatre ans.

Au regard de son passé et des critiques de deux anciens rédacteurs du DSM, est-il normal que l'APA puisse prendre des décisions d'une telle importance sans avoir à rendre des comptes? Si rien n'est fait pour redresser le tir, l' «amertume» deviendra un trouble de la personnalité d'ici trois ans. Et certains jours, je me dis que je devrai alors sans doute me compter parmi les malades mentaux.
Christopher Lane
Traduit par Jean-Clément Nau
© Confessions d'une Shopaholic, d'après le roman de Sophie Kinsella.

Un goût de Paprika pour Wolfgang Petersen
http://www.cinema-france.com/news9371_un-gout-de-paprika-pour-wolfgang-petersen.html

Déjà adapté en 2006 sur grand écran avec le long-métrage de Satoshi Kon, le manga « >Paprika » de Yasutaka Tsutsui va repasser par la case cinéma mais cette fois-ci par une autre entrée.

Par celle de Hollywood d'une part et en tant que film live sous l'œilleton du réalisateur Wolfgang Petersen en plein travail d'adaptation dit-on.

L'histoire : Dans un futur, la médecine a mis au point un appareil appelé DC Mini permettant d'enregistrer les rêves de patients en psychiatrie. C'est alors que l'invention est dérobée. Le délit est d'autant plus grave que mis entre de mauvaises mains, la DC Mini peut s'avérer très dangereuse. Pour savoir qui en est l'auteur, le Dr. Atsuko Chiba décide de plonger dans le monde des songes grâce à son alter ego fantasmagorique Paprika.



mercredi 12 août 2009

La mobilité des fonctionnaires vaudra aussi à l’hôpital
Le projet de loi sur la mobilité des fonctionnaires que le Parlement a définitivement adopté, hier, jeudi, concerne aussi l’hôpital. Globalement, l’objet de ce texte, résumé par le ministre du Budget Éric Woerth, est de « permettre à chaque fonctionnaire de découvrir les différents métiers ou territoires de l'État » (aujourd’hui, moins de 5 % de fonctionnaires servent hors de leur corps d'appartenance).

Ses dispositions sont toutefois contestées par les syndicats qui y voient la porte ouverte à une remise en cause de la stabilité de l’emploi et à une réduction des effectifs.

Surtout centrées sur la fonction publique d’État, les nouveautés introduites par la future loi changent les règles par exemple en matière de droit au départ, de cumul des temps partiels (un agent de l'État pourra cumuler plusieurs emplois à temps partiel relevant des trois fonctions publiques – État, territoriale, hospitalière – représentant au total un temps complet), de recours à l’intérim (les trois fonctions publiques pourront avoir recours à des agences d'intérim pour de s « remplacements », des « vacances d'emploi », un « accroissement temporaire d'activité » ou un « besoin occasionnel ou saisonnier ») ou de cumul emploi public-privé (passage de 1 à 2 ans de la durée pendant laquelle le fonctionnaire qui crée ou reprend une entreprise peut cumuler son activité privée avec son emploi public ; possibilité d'exercer une activité privée lucrative pour les agents occupant un emploi à temps non complet représentant moins de 70 % de la durée légale du travail – au lieu de 50 % aujourd'hui).
› K. P.
Quotimed.com, le 24/07/2009




LADEPECHE.FR
PUBLIÉ LE 30/07/2009 04:35 | LADEPECHE.FR
Cri d'alarme sur l'hôpital de Lavelanet et le CHIVA
Santé. Le syndicat «Force ouvrière» s'adresse au directeur régional de l'agence d'hospitalisation.
http://www.ladepeche.fr/article/2009/07/30/646933-Cri-d-alarme-sur-l-hopital-de-Lavelanet-et-le-CHIVA.html

Marie-Odile Soula est déléguée syndicale « Force ouvrière » pour l'Ariège sur le secteur santé. Entretien.

Vous venez de mettre publiquement et sévèrement en cause les décisions récentes du directeur de l'ARH concernant l'hôpital de Lavelanet et le CHIVA. Pourquoi ?

Par courriers des 29 et 30 juin dernier, l'ARH vient d'une part de décider de la liquidation progressive de l'hôpital de Lavelanet (arrêt des blocs opératoires la nuit) ; d'autre part, en paralysant les investissements du CHIVA, elle compromet l'avenir de la santé dans le département. Ne nous y trompons pas, il ne s'agit pas d'un débat budgétaire mais politique et stratégique sur un sujet primordial et qui engage les Ariégeois pour plusieurs années.

Pourquoi les décisions concernant le CHIVA ont-elles un impact départemental ?

Directement parce que certains projets concernent d'autres établissements (comme les 20 lits de psychiatrie financés par le CHAC). Indirectement parce que par l'étendue de son offre technique, humaine et sa situation géographique, le CHIVA est un hôpital de référence.

Pourtant l'ARH justifie ses décisions dans les 2 cas par les déficits de ces établissements

C'est précisément cela qui est injuste et scandaleux dans les 2 cas. D'emblée, la situation de l'hôpital de Lavelanet n'a rien à voir avec celle du CHIVA.

Le CHIVA, qui n'était pas jusque là déficitaire, a une situation globalement saine. Les projets de l'hôpital 2012 (extension des urgences, mise en conformité de la réanimation et de la dialyse avec extension du nombre de lits, mise à disposition de 20 lits de psychiatrie financés par le CHAC) avaient été validés par l'ARH il y a deux ans mais retardés. L'ARH prend prétexte que le CHIVA a un léger déficit (de l'ordre de 1,6 %) et qu'il dépasserait le seuil prévu (2,5 %) par une circulaire pour tout paralyser.

Il prend le problème à l'envers en s'appuyant sur une situation prévisionnelle non équilibrée. C'est une décision « auto réalisatrice » car s'il n'investit pas, le CHIVA va générer progressivement plus de déficit ! M. le directeur de l'ARH aurait dû mieux lire la circulaire dont il s'inspire et se renseigner sur sa signataire : d'une part, la circulaire lui donne la possibilité de passer outre la crispation comptable notamment dans le doute sur le franchissement du seuil.

D'autre part la signataire de la circulaire, Mme Poder est une ancienne magistrate de la Cour des comptes qui comprend parfaitement que des effets de seuil ne peuvent paralyser des décisions opportunes !

Pour le centre hospitalier du pays d'Olmes, vous parlez de budgets passés mensongers

Les déficits à l'hôpital de Lavelanet sont liés à la gestion calamiteuse de la précédente équipe. Le directeur de l'ARH a accepté pendant des années la fiction de l'équilibre du budget que lui a présentée l'équipe sortante. L'équipe entrante en septembre 2008 a demandé un audit. Nous sommes fixés : 15 % de déficit, c'est-à-dire une situation de faillite. Mais au dernier conseil d'administration du 15 juillet dernier, des langues ont commencé à se délier sur les approximations budgétaires passés…

L'autre injustice serait que le nouveau directeur de l'hôpital et le maire actuel de Lavelanet, président du conseil d'administration, soient les responsables et les exécutants du démantèlement du centre hospitalier du pays d'Olmes, dont leur prédécesseur porte la responsabilité.

Que proposez-vous ?

Pour nous, il faut rétablir les chiffres du passé et c'est aux responsables de la situation et notamment l'ARH de donner les moyens de sa pérennité au centre hospitalier du pays d'Olmes. Surtout, nous n'accepterons pas que le personnel et les patients fassent les frais d'une situation et de décisions contestables dont ils ne sont pas responsables.

Concernant le CHIVA, vous dites que les décisions de l'ARH sont à chercher ailleurs que dans sa situation financière. Où d'après vous ?

La vraie question pour chaque acteur, c'est de savoir si il croit à son hôpital et quelle part de petit confort personnel il est prêt à sacrifier pour cela.




Le figaro.fr

Décès du philosophe Francis Jeanson

AFP
02/08/2009 | Mise à jour : 21:26

Le philosophe Francis Jeanson, fondateur d'un réseau de soutien au FLN pendant la guerre d'Algérie (réseau dit des "porteurs de valise"), est mort à 87 ans, samedi soir près de Bordeaux, a-t-on apris auprès de sa famille.

Auteur de nombreux ouvrages notamment sur Jean-Paul Sartre dont il était très proche, collaborateur de la revue Les Temps modernes, Francis Jeanson est mort à la Clinique d'Arès où il avait été hospitalisé, a précisé son fils Olivier.

Francis Jeanson qui se voulait le défenseur des causes justes, s'était engagé aux côtés des combattants algériens après le déclenchement de la guerre d'Algérie, créant un réseau permettant de collecter et transporter fonds et faux-papiers pour les militants du FLN opérant en France.

Dans "Notre guerre", un livre paru en 1960 et immédiatement saisi, il s'était expliqué sur son combat, répondant à ceux qui lui reprochaient de soutenir les ennemis de son pays, qu'il défendait les valeurs de la France qu'elle même trahissait.
Jugé par contumace, condamné en octobre 1960 à dix ans de prison ferme au terme du procès de son réseau, il est amnistié en 1966. Il se tourne alors vers l'action culturelle, puis l'action sociale en milieu psychiatrique.

Né le 7 juillet 1922 à Bordeaux, licencié de lettres et diplômé d'études supérieures de philosophie, Francis Jeanson rejoint en 1943 les Forces françaises d'Afrique du Nord. Devenu reporter au quotidien communiste Alger républicain en 1945, il rencontre Albert Camus et Sartre. Ce dernier lui confie la gérance de la revue Les Temps modernes (1951-1956). Parallèlement, Jeanson crée et dirige aux éditions du Seuil la collection "Ecrivains de toujours".

En 1955, il publie "L'Algérie hors la loi", qui dénonce l'échec du système d'intégration des masses algériennes et affirme la légitimité des hors-la-loi du FLN, avec lequel il prendra contact. Du militantisme de la pensée, il passe à l'action et crée deux ans plus tard le "réseau Jeanson" qui sera démantelé en 1960. Il entre alors dans la clandestinité, quittant la France pendant quelques années.

Amnistié, Jeanson participe notamment à des expériences de psychiatrie ouverte et des réseaux de réflexion pour faire sortir la maladie mentale des murs de l'hôpital.
Engagé jusqu'au bout, il est président de l'Association Sarajevo en 1992 et candidat sur la liste "L'Europe commence à Sarajevo" du professeur Léon Schwartzenberg pour les élections européennes de 1994.







International
Les signes annonciateurs de schizophrénie, nouvelle cible des chercheurs
AP | 03.08.2009 | 19:37
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/20090803.FAP7157/les_signes_annonciateurs_de_schizophrenie_nouvelle_cibl.html

Repérer les signes annonciateurs d'une schizophrénie et les traiter pour stopper l'évolution de la maladie: c'est l'espoir que caressent les psychiatres américains qui sont de plus en plus nombreux à former des équipes au repérage de ces tout premiers signes.

Car si cette phase au cours de laquelle les malades peuvent avoir des hallucinations auditives et visuelles ou des pensées bizarres, sans réellement y croire, est connue d'eux depuis des décennies, les médecins ne savent toujours pas la traiter.

Certains de ces signes précoces sont presque imperceptibles. "Parfois, les enfants disent que les lumières semblent différentes", et que les fenêtres sont trop brillantes, souligne Ann Lovegren Conley, infirmière praticienne à l'université du Maine du Sud. Ce peut être le signe "qu'il ne s'agit pas d'une dépression typique ou d'un stress réactionnel", précise-t-elle. "Il y a quelque chose en plus".

A l'opposé, les personnes souffrant de psychose avérée s'accrochent à des explications irrationnelles. Quand quelqu'un interprète un étrange halo de lumière à l'entrée de la chambre à coucher comme un message urgent annonçant la mort d'un proche, "c'est le signe qu'il a basculé dans la psychose", observe le Dr Thomas McGlashan, professeur de psychiatrie à l'Université de Yale.

A l'heure actuelle, pour affiner le diagnostic de psychose débutante, les spécialistes ont recours à des outils, notamment la lecture de scanners, l'étude de l'ADN et la recherche hormonale.

Pour améliorer ses connaissances, l'infirmière Conley s'est mise en rapport avec le programme PIER (Portland Identification and Early Referral program), une des 20 cliniques des Etats-Unis qui étudient de près les signes annonciateurs de schizophrénies. PIER a formé cette infirmière, tout comme des milliers de ses consoeurs, de conseillers et autres pédiatres, au repérage de cette pathologie, dans Portland et sa région.

Ce programme met l'accent sur les thérapies non pharmacologiques pour les patients âgés de 12 à 25 ans, bien qu'environ les trois quarts d'entre eux prennent des traitements anti-psychotiques. Il comprend des réunions de groupes dans lesquelles les patients et les familles débattent des moyens de venir à bout de la tension au jour le jour. Le programme se consacre aussi au maintien des enfants à l'école, dans leurs familles et plus généralement dans la société.

Subventionnée par des dons de la Fondation Robert Wood Johnson, la méthode PIER est par ailleurs expérimentée en Californie, dans l'Oregon, le Michigan et l'Etat de New York.

Etudier la schizophrénie débutante est une tâche ardue pour le petit mais croissant nombre de chercheurs de la région car cette maladie y est relativement rare. Une communauté normale peut afficher un cas pour 10.000 habitants chaque année, et une partie seulement va pouvoir entrer dans une étude.

Cette année, un projet dont l'objectif est de découvrir les signes biologiques qui pourraient aider au diagnostic de psychose débutante a démarré sur les chapeaux de roue. Le projet est subventionné par l'Etat fédéral. Déjà, la preuve est faite que l'association d'un scanner et d'un questionnaire standard peut apporter une aide réelle, déclare Tyrone Cannon, de l'Université de Californie à Los Angeles.

Ces recherches pourraient aussi montrer la voie de meilleurs traitements en mettant au jour les bases biologiques de la psychose, ajoute M. Cannon, l'un des principaux chercheurs impliqués dans le projet.

En ce qui concerne le traitement des signes annonciateurs, les scientifiques déclarent avoir des approches prometteuses, sans pour autant disposer de traitement franchement efficace pour prévenir l'apparition de la maladie.

De faibles doses d'anti-psychotiques atténuent les symptômes. Mais on ne sait pas si ces drogues peuvent prévenir la psychose. Les effets collatéraux comme la prise de poids, posent un réel problème, de nombreux patients traités n'ayant de toute façon jamais développé la maladie. Plus grave encore, cette prise de poids peut détourner les jeunes patients du traitement anti-psychotique, même s'ils évoluent vers une psychose et qu'ils en ont besoin.

Quant aux traitements pycho-sociaux, les chercheurs les trouvent prometteurs, notamment ceux qui tentent d'aider les patients à gérer leur anxiété, à comprendre et à interpréter leurs symptômes. Des efforts pour soutenir les plus jeunes complètent cette formation, notamment pour les aider à garder leur travail, rester en contact avec leurs pairs, éviter le chômage et l'isolement social à terme, que ces jeunes entrent ou pas dans la psychose, soulignent les experts.

Si aucun résultat officiel n'a été publié depuis ses débuts il y a huit ans, le programme PIER semble toutefois efficace. A Portland, "on voit tous les jours des enfants aller mieux ", assure le Dr William McFarlane, directeur du programme. AP