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samedi 5 juin 2021

Les remboursement des psychologues, oui mais pas à n'importe quel prix

Les psychologues seront dans la rue le 10 Juin pour s'opposer à l'actuel projet de remboursement des séances. Nous avons interviewé Frédéric Tordo, psychologue à l’origine du Manifeste des psychologues cliniciens et psychologues psychothérapeutes qui rassemble les revendications et les attentes de cette profession : oui à un remboursement des psys, mais pas à n’importe quel prix.

Pouvez-vous vous présenter ainsi que le manifeste des psychologues ?

Je suis Frédéric Tordo, psychologue clinicien, travaillant en libéral principalement, docteur en psychologie clinique, et psychothérapeute. Par ailleurs, je suis également enseignant-chercheur en psychologie clinique.

L’origine du Manifeste des psychologues cliniciens et des psychologues psychothérapeutes (MPPP) est numérique. Sur un groupe Facebook dédié à l’« univers psy », j’ai posté un premier message qui revenait sur le rapport de la Cour des comptes de février 2021, et qui proposait de généraliser au plus vite le projet de remboursement des consultations de psychothérapies pratiquées par des psychologues. Très rapidement, j’ai contacté Caroline Fanciullo, une psychologue clinicienne et amie, pour pouvoir écrire avec elle une première version du Manifeste, un texte qui reprenait d’une manière synthétique tous les problèmes que présentaient le projet de remboursement. Deux autres versions du texte ont ensuite été postées sur le post initial, grâce aux très nombreux retours des psychologues présents dans le groupe. Enfin, et dans la foulée, nous avons créé un groupe Facebook avec une poignée de psychologues : le MPPP était né. Et les choses se sont ensuite enchaînées. En une semaine, nous étions 1 000 sur le groupe. Actuellement, nous sommes 3 500 psychologues, et les inscriptions se font toujours plus nombreuses.

L’objectif premier de ce mouvement spontané est de nous regrouper, en réaction au projet de remboursement, et de construire une grande manifestation numérique. Dès le départ, nous avons également réfléchi à l’organisation de groupes de travail (communication, écriture d’un rapport, etc.), afin que les psychologues se sentent acteurs du mouvement. Les membres du groupe se sont rapidement sentis concernés, en donnant de leur temps pour défendre la profession, pour eux comme pour les patients.

Pourquoi militez-vous aujourd’hui contre l’actuelle proposition de remboursement des psychologues ?

Parce que ce projet est une négation globale de la profession de psychologue. Ou plus justement, c’est une utilisation des compétences des psychologues cliniciens tout en niant paradoxalement les compétences qu’ils mettent en œuvre. En l’état, la proposition de remboursement des consultations de psychothérapies n’est pas respectueuse ni de nos savoir-faire, ni de notre identité professionnelle, au regard notamment de notre code de déontologie. Nous ne pouvons plus construire notre cadre de travail librement : la durée des séances, l’accès au psychologue, le nombre des séances... tous ces paramètres fondamentaux pour l’élaboration d’un cadre clinique approprié ne nous sont plus accessibles. Pour être remboursé, la durée d’une séance est par exemple fixée à 30 minutes, remboursée 22 euros, sans possibilité de dépassement d’honoraires. Le patient n’avance pas de frais pour sa consultation, et le protocole dans le cadre de ce remboursement est sur-encadré par de multiples passages chez le médecin généraliste ou le psychiatre, au détriment de la relation de confidentialité avec le psychologue.

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« Il est primordial de développer un véritable service public de la prise en charge de la perte d’autonomie »

Publié le 4 juin 2021

TRIBUNE

L’économiste Clément Carbonnier constate, dans une tribune au « Monde », l’insuffisance des dispositifs d’allocation et d’incitation fiscale actuels pour permettre l’accès universel à des soins devenus indispensables.

A l’Ehpad de la Maison du moulin, à Maubeuge (Nord), le 7 mai 2021.

Tribune. Après la création formelle de la cinquième branche de la Sécurité sociale (loi du 14 décembre 2020), il est plus que temps de lui fournir un contenu. Depuis des années, voire des décennies, chaque nouveau gouvernement annonce un grand plan de prise en charge de la perte d’autonomie liée au vieillissement de la population, et on attend toujours.

Il n’est plus utile de rappeler qu’il s’agit d’un besoin croissant, essentiel pour un nombre toujours plus grand de personnes âgées, mais aussi pour les aidants familiaux. Le vieillissement de la population est également un déterminant majeur de la croissance du recours aux services hospitaliers, qui peinent à répondre aux besoins.

L’hôpital Robert-Debré veut « réparer » les mineurs isolés, des enfants livrés à eux-mêmes et aux dealers

Par   et    Publié le 4 juin 2021




Il y a d’abord eu le premier. A l’été 2016. Un tout petit. Overdose. Et un deuxième, un troisième… Puis ils se sont mis à affluer par dizaines aux urgences de l’hôpital parisien Robert-Debré, le plus grand centre pédiatrique d’Ile-de-France. Des étrangers de moins de 18 ans, venus seuls en France et désignés par l’administration sous l’acronyme MNA, « mineur non accompagné », ramassés dans les quartiers alentour par des pompiers, inconscients ou blessés. Luigi Titomanlio, le responsable des urgences, se souvient de leur état à leur arrivée : « poly-intoxiqués », « comateux » et parfois « très agressifs ».

Accoucher ailleurs qu'à l'hôpital ? En France, les alternatives se développent

Par : Pauline GODART   Claire PACCALIN  Publié le : 









En France, faire le choix d'accoucher à domicile ou dans une maison de naissance est rare, contrairement à des pays comme les Pays-Bas ou l'Angleterre. Les futures mamans n'ont pas vraiment le choix car elles ne sont pas informées des possibilités qui s'offrent à elles, et l'accouchement en maternité reste la norme. 


René Frydman : "Avec la venue au monde d'un enfant, on touche au sacré, à l'essentiel"




LE 04/06/2021

À retrouver dans l'émission

L'INVITÉ(E) DES MATINS

par Guillaume Erner

Le projet de loi bioéthique sera examiné en seconde lecture à l'Assemblée nationale le 7 juin prochain. L'occasion de revenir sur l'histoire de la naissance. 

René Frydman, le 8 février 2011, devant l'hôpital Antoine Beclere à Clamart.
René Frydman, le 8 février 2011, devant l'hôpital Antoine Beclere à Clamart. Crédits :  ERIC FEFERBERG - AFP

"La naissance est un fabuleux voyage" nous dit René Frydman, mais il n’est pas sans turbulences  ! Un vol long-courrier dont on ne connaîtrait pas la destination ni son voisin de cabine  : voilà à peu près ce qui attend les mères et les pères.
Cette passionnante Histoire de la naissance part des mythes et légendes autour de la création physique de l’être humain, de l’Egypte ancienne à nos jours, pour retracer l’évolution prodigieuse de la médecine obstétrique et exposer l’état actuel de nos connaissances.

René Frydman, est médecin spécialiste de la reproduction, auteur d’Unehistoire de la naissance (Grasset, 2021) .

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Philosophie : qu'est-ce que le désir ?

23/03/2020 

France Culture Education | Grâce aux émissions de philosophie de France Culture, révisez vos connaissances sur la notion de désir, aspect essentiel de la philosophie morale.

Comment la philosophie définit-elle la notion de désir ?
Comment la philosophie définit-elle la notion de désir ? Crédits :  We Are - Getty

Pour enrichir vos connaissances en philosophie, ou les réviser, nous vous proposons une sélection de 10 émissions des "Chemins de la philosophie" consacrée au désir, notion incontournable de la philosophie morale. 

Le désir se distingue du besoin - qui demande à être satisfait de façon urgente - et du souhait - dont la réalisation est souvent utopique. On ne peut le réduire ni au désir amoureux ni à un certain hédonisme contemporain. Qu'est-ce alors que cet appétit d'être pour la philosophie ? Une force qui s’impose à nous ? Qui nous gouverne ? Entre être et non-être, manque et plénitude, joie et souffrance, le désir est une notion équivoque. Son ambivalence traverse toute l'histoire de la philosophie depuis Platon. Aujourd'hui, deux disciplines s’intéressent particulièrement au désir : la psychanalyse qui l’identifie à la pulsion, et la morale, qui s’interroge sur la possibilité de contrôler les désirs ou motivationsau nom desquels nous agissons. Le mot désir dérive du latin desiderare qui signifie "être face à l'absence d'étoile", et par la suite, constater avec regret l’absence de quelque chose, ou de quelqu'un. Renouant avec cette étymologie, toute la philosophie du XXe siècle associe le désir au manque. Cette sélection d'émissions propose d'explorer les méandres philosophiques de cette notion, de Platon à Lacan.


    Covid-19 : les femmes paient le plus lourd tribut à la crise

    Par   Publié le 5 juin 2021

    Dans les pays en développement, 47 millions de femmes ont basculé sous le seuil de pauvreté en 2020. Si, en Europe, le chômage partiel a limité les destructions d’emplois, nombre de mères ont dû jongler entre vie professionnelle et vie privée pendant les confinements.

    Des femmes affectées financièrement par la pandémie font la queue pour recevoir un repas chaud le 24 juillet 2020 au Guatemala.

    « J’ai juste oublié de vivre », confie-t-elle, à demi-mot. Lorsqu’elle se repasse le film des derniers mois, Fatima Montagu a le sentiment de s’être comportée « comme un robot programmé pour fonctionner vingt-quatre heures sur vingt-quatre, jongler entre la vie professionnelle et la vie personnelle, avec la peur permanente de rater un rendez-vous en visio », raconte cette chargée d’affaires dans une grande entreprise, mère de trois enfants.

    Audrey Guillet, elle, a vécu l’annonce du deuxième confinementcomme « un choc émotionnel ». « A l’idée de revivre le télétravail avec deux enfants en bas âge, de tout mener de front alors que je venais de créer mon entreprise, j’ai craqué. »

    Pour Julie Mourier, c’est l’attente qui est devenue insupportable. L’hôtel-restaurant de la Côte d’Azur où elle travaillait, à l’accueil, l’a mise au chômage partiel en avril 2020 et ne l’a pas encore rappelée. « Ils veulent être sûrs que l’activité reprend vraiment. » Pendant ce temps, elle angoisse dans le studio qu’elle partage avec sa sœur : « Et si une nouvelle vague arrivait à l’automne ? Et s’il valait mieux changer de métier tout de suite ? »

    vendredi 4 juin 2021

    Délibéré du Conseil constitutionnel le 4 juin sur l'isolement - contention

    Rendez-vous demain vers 10 heures sur le site du Conseil Constitutionnel pour connaître le délibéré du Haut Conseil sur la 2ème QPC concernant l'isolement et la contention en psychiatrie, réformés par la loi de finance de la sécurité sociale en décembre passé.

    Communiqué.

    Le CRPA qui a participé à la mobilisation des juristes versaillais entre 2016 et 2020 pour créer de la jurisprudence sur cette question est de nouveau intervenant dans cette QPC et est représenté par Me Jean-Marc Panfili, avocat au Barreau du Tarn-et-Garonne, docteur en droit, ancien cadre supérieur de santé à l'EPSM de Montauban.

    Notre participation à cette action devant le Haut Conseil - puisque notre association et moi-même sommes des acteurs importants de ces percées juridiques et politique - est aussi une réponse de notre part, et de ma part, à des personnels travaillant en psychiatrie. Ceux-ci trop souvent se comportent en féodaux irresponsables pour qui les patients sont infantilisables à merci, et ne sont guère qu'une sous-humanité qu'ils peuvent piétiner sans même en avoir conscience en se barricadant dans du baratin.

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    Pour des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie participatives et ouvertes à toutes et tous !

     3 juin 2021

    Le président de la République a annoncé en janvier dernier la tenue d’Assises de la santé mentale et de la psychiatrie à la fin du mois de juin. Dans une lettre ouverte publiée le 3 juin, 16 associations (dont l'Unafam) adhérentes de l’Uniopss et associations membres du groupe de concertation santé mentale alertent sur la méthode d’élaboration de ces Assises.

    16 organisations, rassemblant des personnes concernées, des familles, des professionnels et des bénévoles, interpellent le chef de l’État sur la méthode d’élaboration et la préparation des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie. En effet, malgré plusieurs sollicitations, une grande partie des organisations signataires ne sont pas associées à la préparation de ces Assises qui doivent se tenir dans moins d’un mois et n’ont aucune visibilité sur le format ni même sur la date !

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    Un pharmakon psychédélique ?

    Isabelle Sorente publié le  3 min

    Utiliser des drogues psychoactives pour refermer les portes de la dépression en plus d’ouvrir celles de la perception ? De nombreux médecins et thérapeutes – mais aussi d’ambitieuses start-up – y travaillent. Au risque du bad trip ?

    Covid-19 à Rennes. France 2 filme la détresse des ados aux urgences psychiatriques

     Hugo HUAUMÉ  Publié le 

    À l’automne 2020, elle alertait déjà sur l’explosion des crises suicidaires chez les jeunes. Sylvie Tordjman, professeure en pédopsychiatrie, cheffe du pôle hospitalo-universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital Guillaume-Régnier et à Rennes 1 a accueilli les caméras de France 2 dans ses services, en avril 2021, pour un reportage diffusé ce jeudi 3 juin dans l’émission Envoyé Spécial.


    Plus d’école, ni de copains ou de sport…


    Réalisé par la journaliste Alice Gauvin, il s’intéresse à l’impact de la crise du Covid-19 sur la santé mentale des adolescents. On croise la route de Louis, 12 ans, qui a essayé de mettre fin à ses jours pendant le confinement, sans événement déclencheur précis. Mais aussi Théo, 13 ans, en souffrance depuis des mois, qui ne parvient pas à bénéficier d’un suivi psychologique adapté. Et Clara, 14 ans, qui demande à être hospitalisée en urgence, effrayée par ses idées noires. Des « enfants sensibles qui tenaient grâce à l’école, aux copains, au sport. Mais la crise sanitaire et les restrictions successives les ont fait basculer », raconte le reportage.



    « On n’a pas parlé tout de suite de l’impact de cette crise sur la santé mentale des jeunes, le sujet est venu plus tard dans l’actualité. On se disait que c’était important d’en parler »présentait la journaliste Alice Gauvin, jeudi 3 juin, sur France info. Avec Violaine Vermot-Gaud et Max Paquereau, ils ont posé leurs cameras aux urgences psychiatriques de Rennes, où les professionnels constatent, depuis l’automne, « deux fois plus de moins de 16 ans qui tentent de se suicider, et trois fois plus d’enfants qui se présentent avec des troubles anxieux sévères », rapporte Alice Gauvin.


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    COVID-19 - L’épidémie est un facteur de détérioration de la santé mentale des enfants

    Serge Cannasse    

    Il semble souvent acquis que la santé mentale se soit dégradée chez de nombreux enfants du fait de la pandémie de COVID-19. Une mise au point de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) permet de comprendre ce qu’il en est vraiment.

    Pendant le premier confinement, 13% des enfants de 8 à 9 ans ont eu des « troubles socio-émotionnels » et 22% des troubles du sommeil, selon un travail fait par des chercheurs de l’Inserm et de l’INED (Institut national des études démographiques). Un travail réalisé en Chine chez des enfants scolarisés en primaire et secondaire indique que les principaux symptômes étaient l’anxiété, la dépression et le stress, se traduisant fréquemment par un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). Cela a été confirmé en France par un travail sur la cohorte TEMPO (Trajectoires EpidéMiologiques en POpulation - Inserm), qui regroupe des adultes. Dans un échantillon de 432 ménages, 24,7% des enfants avaient eu des symptômes de TDAH pendant le premier confinement.

    Ces résultats sont cependant à prendre avec précaution. En effet, en 2018, le réseau européen des enfants et adolescents indiquait que 12,5% d’entre eux étaient en souffrance psychique. De plus, le confinement n’est pas le seul facteur à prendre en considération. Le genre joue : les garçons sont plus susceptibles d’avoir des troubles du comportement et les filles des troubles du sommeil. Le fait qu’un seul parent s’occupe de l’enfant (familles monoparentales) est un facteur défavorisant pour la santé mentale, alors que ça n’est pas le cas pour les enfants vivant en garde alternée, ni d’ailleurs pour les enfants uniques. Les conditions de travail (présentiel, télétravail ou hybride) jouent peu.

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    Trois premiers mois de grossesse : sois enceinte et tais-toi

    Par Pierre Ropert  02/06/2021

    Y a-t-il un tabou sur la condition des femmes en début de grossesse ? Et depuis quand ? Du fait des risques de fausse couche, les femmes enceintes sont souvent invitées à ne pas annoncer leur condition au cours des trois premiers mois. Un silence qui pèse lourd et qui n'est pas sans impact.

    Une femme enceinte ferme son pantalon.
    Une femme enceinte ferme son pantalon. Crédits :  skaman306 - Getty

    Les fausses couches concernent entre 10 et 15 % des grossesses. En France, on estime à 200 000 environ le nombre de fausses couches chaque année. Un chiffre conséquent, qui vient peser sur les premiers mois de la grossesse : il convient de ne pas en parler, de ne pas trop ébruiter la chose, afin de se préserver au cas où la grossesse serait brutalement interrompue. 

    “La raison principale de ce silence c’est effectivement la fausse couche. Mais à la faveur de ce silence, la société ne s’occupe pas des femmes enceintes”, dénonce l’autrice Judith Aquien, qui vient de publier le livre Trois mois sous silence  : le tabou de la condition des femmes en début de grossesse (Editions Payot-Rivages), où elle dénonce l’impact de ce non-dit sur la vie des femmes enceintes. Mais d'où vient, au juste, ce tabou et quel est son impact sur les premiers mois de la grossesse ? 

    Un silence qui dure 

    Le silence sur ce premier tiers de la grossesse n’a de fait rien de nouveau, rappelle l’historienne de la naissance Marie-France Morel  : “Ce n’est pas tant un tabou, qu’une habitude qui repose sur le fait que les grossesses peuvent se terminer par des fausses couches pendant le premier trimestre, et autrefois c’était probablement un chiffre plus important”. Surtout, précise l’historienne, qui a dirigé l'ouvrage La Naissance au risque de la mort (Éditions Erès, 2021), les femmes ignorent souvent qu’elles sont enceintes et ce jusqu’à la fin du troisième mois. “Au début on ne le dit pas parce que l'on n’en est pas certain. L'arrêt des règles peut vouloir dire autre chose. La femme n'est sûre qu'elle est enceinte, finalement, que quand elle sent l'enfant bouger dans son ventre, donc au quatrième ou cinquième mois.”

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    Revenu universel : le temps des synthèses

    par Gilles Finchelstein, Directeur général de la fondation Jean-Jaurès publié le 4 juin 2021 

    Le but n’est pas d’édifier une société de l’oisiveté mais de fournir les «coups de pouce» qui permettent à tous ceux dont la situation est fragile, précaire, incertaine, ou à tous ceux qui sont tentés par une réorientation professionnelle, de pouvoir se projeter dans l’avenir avec un peu plus d’assurances.

    Pour participer vendredi 11 juin à 19 h 30 au Forum Live «Revenu de base, et si on essayait ?» organisé par «Libération» et Solutions solidaires, cliquez ici.

    Revenu universel, revenu de base, le retour, voire l’éternel retour ? Il serait compréhensible d’éprouver un sentiment de lassitude ou même d’acharnement devant un débat qui revient toujours et ne débouche jamais. Et pourtant ! Les travaux menés par Solutions solidaires et notamment l’enquête réalisée avec la Fondation Jean-Jaurès permettent de relancer ce débat à nouveaux frais et dans un nouveau contexte. La pandémie, en effet, a placé sous une lumière crue la situation des jeunes et notamment les difficultés financières auxquelles ils devaient faire face. Elle a permis, qui plus est, de porter un regard différent sur les contraintes financières en les desserrant et en les relativisant. Alors, pourquoi évoquer le temps des synthèses ?

    Des suffragettes au MLF, quand les femmes rendent coup pour coup

    LE 03/06/2021

    À retrouver dans l'émission

    LE COURS DE L'HISTOIRE

    par Xavier Mauduit

    C’est une histoire de dominants et de dominées, de droits à conquérir et de stéréotypes à renverser. Engagées corps et âmes pour leur émancipation, les suffragettes et les féministes ponctuent leur parcours d'actions rebelles, voire d’une violence au féminin, éminemment politique. Debout !

    Une étudiante de l'Université York (Toronto, Canada) en cours de self-defense, 1982. Photo : Bob Olsen.
    Une étudiante de l'Université York (Toronto, Canada) en cours de self-defense, 1982. Photo : Bob Olsen.  Crédits :  Getty

    En 1909, Edith Garrud fonde le Suffragettes Self Defense Club. Après l’échec du courant modéré du suffragisme se développe un courant radical, antiparlementaire et ouvertement terroriste. Ces femmes n’hésitent pas à recourir à la violence pour faire entendre leurs revendications et pour être considérées comme des interlocutrices sérieuses. Ce recours à la violence expose les suffragettes à une hostilité de l’opinion publique et à une répression de la part de l’État. Face à la violence dont elles sont victimes, l’auto-défense devient une nécessité pour les suffragettes. Edith Garrud entraîne les militantes, les initie au jujitsu et leur apprend à changer des objets du quotidien en armes redoutables. Devant le succès de cette initiative, Edith Garrud forme bientôt le Bodyguard, un service d’ordre secret et exclusivement féminin dédié à la protection des militantes et des figures de proue du mouvement. L’apprentissage de l’auto-défense n’a pas seulement une utilité offensive pour les suffragettes, il leur permet aussi de s’affirmer comme des femmes déterminées, capables de se protéger par elles-mêmes, et de rendre coup pour coup. Elles parlent désormais le même langage politique que les hommes qui leur refusent l’accès à des droits civiques. L’auto-défense apparaît comme un prolongement du discours militant des suffragettes. 

    Comment l’auto-défense permet-elle aux groupes minoritaires de se constituer en interlocutrices légitimes ? Comment cette pratique fait-elle du corps un instrument de lutte politique et militante ? De quelle manière l’auto-défense, prônée par les suffragettes, a-t-elle été mobilisée par les féministes des générations suivantes, jusqu’à aujourd'hui ? 

    Avec Elsa Dorlin, philosophe et professeure au département de Sciences politiques de l’Université Paris 8. Elle est notamment l’autrice de La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française (La Découverte, 2006) et de Sexe, genre et sexualités. Introduction aux philosophies féministes(PUF, rééd. 2021), Se défendre une philosophie de la violence (La Découverte, 2017). 

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    LA CALMETTE Les Gars Lactiques de K-Rémo organisent un tournoi de foot pour la bonne cause

    Objectif Gard 

    Stéphanie Marin le 3 juin 2021






    Le rendez-vous est donné le samedi 12 juin 2021, au stade Renaud Ripart à La Calmette pour la première édition du tournoi de football organisé par l'association Les Gars Lactiques de K-Rémo. Les bénéfices de la tombola seront reversés à l'association de gérontopsychiatrie du centre hospitalier universitaire Carémeau à Nîmes.

    L'association a été créée il y a seulement un an et rassemble, au sein des membres du bureau, des soignants du CHU de Carémeau à Nîmes en majorité. "C'est parti d'une envie de nous retrouver, de partager autre chose que notre activité professionnelle, surtout après la période que nous avons vécue", explique Cyril Cerezo, président de l'association Les Gars Lactiques de K-Rémo. Cette orthographe a été choisie pour se différencier, marquer l'indépendance de l'association au centre hospitalier. Ainsi, c'est autour du sport, du football plus particulièrement, qu'une trentaine de personnes, issues du milieu de la santé mais pas seulement, se retrouvent. Tout un chacun peut rejoindre le groupe à partir du moment où les mêmes valeurs sont partagées. Comprenez, le respect, le partage, le fair play... et la solidarité.

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    La paresse, antidote à la déprime

    par Quentin Girard  publié le 3 juin 2021 

    Dans son roman «Paresse pour tous», Hadrien Klent développe, par les ressorts de la fiction, un argumentaire politique réjouissant : et si nous ne travaillions plus que quinze heures par semaine pour redevenir vivants ?

    Vous en avez assez des débats sur l’insécurité ? Sur le voile ? Sur Blanche-Neige ? Sur Napoléon ? Sur CNews ? Vous vous désespérez que la gauche se divise sur la laïcité ? Sur l’écriture inclusive ? Sur les réunions non mixtes ? Vous pensez que cela nous détourne des vrais enjeux économiques et climatiques ? Alors, Paresse pour tousest fait pour vous. Ce roman d’Hadrien Klent, un pseudo, est une fiction politique des plus réjouissantes en ces temps de pandémie longue, de déprime collective, d’odeur de putsch et de rassemblement national qui frappe aux portes du pouvoir.

    AMÉRIQUE DU NORD Words that liberate / Ces mots qui libèrent

     







    « Ces mots qui libèrent » nous emmène en prison,  à Portland et à Seattle. Des détenus découvrent la Communication Nonviolente. Ils retrouvent leur humanité et se pacifient intérieurement. Nous pourrons observer les effets positifs de cette approche sur leur comportement et leur communauté.

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    «La Grande Extension», l’espérance dévie

    par Robert Maggiori   publié le 2 juin 2021 

    En deux siècles, la longévité a doublé, mais elle n’a pas été linéaire et rien n’assure qu’elle soit irréversible, comme l’explique Jean-David Zeitoun dans son «histoire de la santé humaine».

    D’un devoir sans fautes ou d’un électrocardiogramme sans anomalies, le professeur ou le médecin n’ont presque rien à dire. Le positif fait taire, le négatif fait parler. Les livres d’histoire décrivent guerres, grèves ou insurrections, les traités de médecine infections et ulcérations. Que serait une «histoire de la paix», sinon la recension des jours où on a signé un arrêt des hostilités ? Et que peut bien être une «histoire de la santé», si «être en bonne santé» est justement n’avoir ni ennuis ni histoires ? C’est donc plein de curiosité qu’on se saisit de l’ouvrage de Jean-David Zeitoun, la Grande Extension : histoire de la santé humaine, mais avec, en plus,la petite crainte d’y découvrir en fait une histoire des maladies – d’autant que l’auteur, certes diplômé de Sciences-Po, est médecin, docteur en épidémiologie clinique. Le soupçon est levé dès les premières pages, où il est dit sans ambages que l’histoire de la santé n’est pas l’histoire de la médecine, que «la santé n’est déterminée qu’à 10-20 % par la médecine», et que ses principaux déterminants, outre les conditions de vie, sont le comportement, l’environnement et la biologie, «c’est-à-dire en gros l’âge, le sexe et notre génétique».