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samedi 26 décembre 2015

Des technologies pour nous aider à retrouver le sens de la vie ?

Le Monde Blogs 
Le designer Sebastian Deterding (@dingstweets), spécialiste de la gamification, était il y a peu invité par le groupe de travail Advancing well-being (sur le bien-être "avancé") du Media Lab du MIT (vidéo). Il y livrait une très intéressante reformulation d’une présentation faite il y a un an sur le bien-être à l’heure des nouvelles technologies, permettant de mettre un peu de perspective sur les enjeux des systèmes socio-techniques qui sont les nôtres - on en profitera pour se souvenir de sa remarquable présentation lors de Lift 2012.

Pourquoi concevons-nous des technologies pour nous accabler ?

Alors que les technologies étaient censées nous libérer, nous nous sentons de plus en plus accablés, surmenés, rappelle le designer. Nous sommes dépendants à la distraction que produisent les technologies. Nous vérifions en moyenne 150 fois par jour notre smartphone. Nous sommes entrés dans ce que le game designer et théoricien des médias Ian Bogost appelle l’hypertravail : nous passons notre temps à gérer les notifications de nos systèmes techniques, à surfer sur le flux constant des sollicitations qui nous accablent. Nous sommes cernés par nos dépendances et notre seul recours consiste à être sommé de nous déconnecter, de battre en retraite, pour mieux les affronter.

Or, souligne Deterding, qui construit ces systèmes socio-techniques dans lesquels nous nous débattons ? Ceux-là mêmes qui en souffrent. “La contradiction éthique fondamentale qui est au coeur de l’industrie numérique est que les gens qui souffrent le plus et s’organisent contre cette accélération numérique sont les mêmes que ceux qui en tirent avantage”. Nous sommes nos propres “voleurs de temps” et sommes les premiers concepteurs de ces expériences utilisateurs. Nous créons les formes addictives, ces interfaces qui renforcent nos dépendances,comme l’expliquait Natasha Schüll.

Schibboleth the date ! Séminaire : "Le sujet face au réel"


séminaire 2015-2016

Le sujet face au réel


prochaine séance Jeudi 4 janvier 2016 Le sujet, le réel et la transmission I : processus, mémoire, filiation, représentations, identifications à partir du film Bon papa, un homme sous l’occupation, de Leïla Férault-Lévy
Sous la direction de Michel Gad Wolkowicz
Argument Général
Après les « Figures de la cruauté », la clinique du contemporain menée par Schibboleth – Actualité de Freud – se poursuit cette année par l’étude de la psychopathologie du sujet, individuel et collectif, dans ses rapports au réel, dans sa construction et ses avatars, suivant qu’il décline névrose, psychose ou perversion.
Nous sommes en effet confrontés aux réalités de l’actualité ; et nous y réagissons en fonction de notre économie psychique ; mais nous sommes aussi confrontés à la façon dont cette actualité est traitée, médiatisée, par les intellectuels, les médias, qui nous font souvent halluciner tant y abondent dénis de réalité, échanges de rôles, inversions en miroir bourreaux-victimes, dévoiements sémantiques, discrédits unilatéraux, clivages projectifs diabolisation/angélisation, collant aux pré-constructions idéologiques, se réclamant « du bien, de la morale, des droits de l’homme, de l’antiracisme, de la paix »… qui dans la forme et dans le fonds autant que par effet de masse et de mode justifient et encouragent la barbarie meurtrière.
Ce sera l’objet de la 1ère séance, l’histoire et les postures des intellectuels en France, la complaisance, aveuglement, fascination, complicité, dans le rapport aux dictatures, aux idéologies totalitaires, océans de certitude. « Mieux vaut avoir tort avec Sartre qu’avoir raison avec Aron. »

Des arrêtés fixent une contraction budgétaire pour la psychiatrie et les SSR en 2015

28/12/15


Deux arrêtés parus au Journal officiel (JO) du 27 décembre actent une contraction budgétaire en 2015 pour le secteur de la psychiatrie et des soins de suite et de réadaptation (SSR), en application notamment des dispositions votées dans la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2016. En effet, un arrêté fixe l'objectif de dépenses d'assurance maladie à 6,111 milliards d'euros (Md€) environ au titre des activités de SSR et 8,907 Md€ au titre des activités de psychiatrie. Enfévrier dernier, cet objectif était fixé à 6,169 Md€ au titre des activités de SSR et 8,986 Md€ pour les activités de psychiatrie. Pour les établissements privés lucratifs, l'objectif quantifié national est fixé pour 2015 à 2,198 Md€ au titre des SSR et 695,9 millions d'euros pour la psychiatrie, selon un autre arrêté. Cet objectif était fixé en février 2015 respectivement à 2,205 Md€ et 698,3 millions pour ces deux secteurs d'activité. 
La rédaction 

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vendredi 25 décembre 2015

Pour un étudiant infirmier, la règle, c’est «jamais la première fois sur un patient»

28/12/2015


Pouvoir s’entraîner dans des conditions proches de la réalité, c’est un vrai plus pour les étudiants de l’Institut de formation aux soins infirmiers. Depuis 2013, un centre de simulation leur permet d’expérimenter les gestes techniques sur des mannequins. Vous pourrez le visiter lors des portes ouvertes du 23 janvier.





La simulation, c’est une évidente plus-value dans le cursus d’apprentissage des étudiants en soins infirmiers. Elle repose sur un principe éthique qu’on peut résumer par « Jamais la première fois sur un patient ». Pour se faire la main dans les gestes les plus techniques de leur futur métier, ils disposent de mannequins tout ce qu’il y a de coopératif ! Ainsi dans la chambre de simulation, deux vrais faux humains « haute fidélité » mettent en situation réelle les apprenants. Ils sont pilotés par un ordinateur simulant les fonctions respiratoires, la parole, les constantes telles que tension artérielle ou pouls…


Si « Le Généraliste » était paru en décembre 1898 Quand on étouffait entre deux matelas les malades de la rage…

28.12.2015


Dans les départements du centre (Nièvre, Cher, Indre, Loiret), le peuple commence à connaître les bienfaits du traitement de Pasteur contre la rage, mais il était de croyance courante, il y a quinze ans, que l'on étouffait encore entre deux matelas les individus enragés. Je souligne à dessein étouffait entre deux matelas, ce sont les termes mêmes dont les gens se servaient. Si l'on se rend dans ces départements, pour vérifier le dire, il n'y a qu'à interroger un paysan de 50 ou 60 ans, il aura la même réponse. (Dr X…)
- Vous avez encore vos parents ?

- Mon père vit, ma mère est morte.
- De quelle maladie est morte votre mère ?
- On l'a tuée…
- Tuée, comment ?
- On l'a étouffée entre deux matelas. Elle avait été mordue par un chien enragé et…
- Elle avait un accès de rage ?
- Non, mais elle aurait pu devenir enragée…

Si « Le Généraliste » était paru en décembre 1900 Deux exemples de la montée du féminisme médical

14.12.2015


Aujourd’hui, il est beaucoup de familles où, lorsque la mère, l’enfant, voire même le père est malade, on n’hésite pas à faire appel à une doctoresse. Elle soigne et guérit avec plus de soin, de dévouement, sinon plus de science que tout autre médecin.
Cependant, nul n’avait encore songé que l’on put demander une femme pour assister, en qualité de médecin à un duel. C’est ce qui vient de se passer en Allemagne. Il y a quelques jours, en effet, à Berlin, un duel au sabre eut lieu entre deux étudiants ; une doctoresse était là qui surveillait les coups et pansait les blessures.

Pour progresser, il faut suivre l'accès aux soins psychiatriques requis, disent les psychiatres

CANADA 


OTTAWA, le 8 déc. 2015 - Le rapport publié aujourd'hui par l'Alliance sur les temps d'attente (ATA) nous rappelle malheureusement que, pour la septième année consécutive, aucun progrès visible n'a été fait quant à la mesure de la capacité du système de santé à répondre aux besoins psychiatriques des Canadiens. Le rapport, qui note les progrès réalisés par les provinces et les territoires au chapitre de la réduction des temps d'attente, est muet lorsqu'il s'agit de l'accès aux soins dans les cas de dépression majeure, de premier épisode de psychose et de manie. Aucune province ne fournit de données publiques, transparentes et comparables à l'échelle nationale pour ces problèmes de santé mentale.


New Maternity Beds Will Revolutionize Hospitals For Mothers Forever

A Dutch hospital is revolutionizing maternity care with its unique, clip-on, baby bassinets. Gelderse Vallei’s extended stay webpage explains that, if mothers need to stay at the hospital longer, the hospital will make every effort to keep the mother and child together. These special cribs make the stay that much more comfortable.
“Mother and child are thus close together and can touch each other without the intervention of a nurse,” the hospital website explains. “Breastfeeding is easier because the baby is nearby. Especially after a cesarean delivery, if the mother is not very mobile for a few days, the manger has great advantages. The mother can not help the baby to take with them and put them back.”

A Dutch hospital is revolutionizing maternity care with its unique, clip-on, baby bassinets

Comment s'est déroulée la rencontre entre les services hospitaliers de Blois en grève et le député Denys Robiliard ?

26/12/2015

« Mardi 22 décembre, durant près de deux heures d'entretien, des représentants grévistes des Ehpad, de la psychiatrie et du bloc opératoire du centre hospitalier de Blois ont rencontré le député Denys Robiliard, annonceThierry Fromont, de la CGT hôpital qui soutient les salariés en grève, dont certains le sont depuis plusieurs mois.Tous ont pu exprimer leur malaise dans leur service respectif, notamment des problèmes d'effectif insuffisant pour travailler dans de bonnes conditions.


Psychose des villes et psychose des champs, à l’aune du mariage

21/12/2015


Issue d’une collaboration entre des chercheurs de Chine et des États-Unis, une étude compare l’incidence de la psychose sur le statut matrimonial, considéré comme une « composante-clef » de l’intégration sociale des sujets souffrant d’une psychose, surtout dans la Chine rurale où le mariage constitue presque une « règle universelle chez les sujets non psychotiques. » Dans un « vaste échantillon représentant 12 % de la population de Chine », les auteurs ont retenu au hasard près de 70 000 adultes et identifié parmi eux, 393 patients avec une psychose (dont « 112 jamais traités »), puis recouru à des modèles statistiques (régression de Poisson) pour comparer le statut matrimonial des citadins (96 personnes) et des habitants de la campagne (297 sujets).

Le Bercail, entre soins, enseignement et éducation

SUISSE Sophie Dupont 29 décembre 2015
Camdiluv - CC

VAUD • Première institution psychiatrique dévolue aux enfants, le Bercail a fait figure de pionnier. Un ouvrage retrace ses 75 ans d’existence.
Le Bercail, «la maison pour enfants nerveux», a ouvert ses portes en 1938 à Lausanne, à une époque où la prise en charge psychiatrique des enfants en était à ses balbutiements. «Le monde médical commençait à se rendre compte que les enfants avaient des besoins qui ne pouvaient être pris en charge ni par la psychiatrie pour adulte, ni par la pédiatrie», rapporte Taline Garibian, auteure d’un ouvrage sur l’histoire de établissement. Directrice de l’Hospice de l’enfance, institution privée lausannoise, Sœur Frommel conçoit alors un projet pour accueillir ces enfants à besoin spéciaux, qui ne pouvaient être traités à l’hôpital.

La médecine psychédélique Le pouvoir thérapeuthique des hallucinogènes

Olivier Chambon

"Les psychédéliques sont de retour, mais cette fois dans les laboratoires et les hôpitaux, et pour leurs indications thérapeutiques. Dans le monde entier, de nombreux scientifiques s’intéressent à ces substances hallucinogènes pour étudier leur action sur certaines pathologies résistant aux traitements psychiatriques, notamment les dépressions chroniques, la dépendance alcoolique, le stress post-traumatique. 

Dans le monde entier, mais pas en France où ces substances sont assimilées à des drogues, ce qu’elles ne sont pas. La plupart des soignants ne connaissent pas ces recherches. Parler de LSD, de MDMA (ou ecstasy), d’ayahuasca, d’iboga, ou de champignons à psilocybine vous apparente à un dangereux dealer plus qu’à un médecin. Qui sait que la recherche légale sur l’intérêt médical et psychologique des psychédéliques a repris depuis les années 1990 ? 

Le but premier de ce livre est de rassembler une information sérieuse, rigoureuse et dépassionnée sur ces substances afin d’informer le grand public comme les professionnels. Il ne s’agit pas de prôner une révolution culturelle. Mon objectif est de changer le point de vue du public, des médias, des hommes politiques et des législateurs, vis-à-vis de ces substances au potentiel thérapeutique extrêmement puissant, qui ont été dévoyées dans leur utilisation, puis stigmatisées et diabolisées, avant d’être pénalisées et totalement interdites. 


Apprentissage : l’intelligence artificielle, une élève de plus en plus douée

Comment faire en sorte qu’un programme puisse apprendre sans l’intervention d’un ingénieur pour chaque tâche ? C’est une des grandes difficultés rencontrées dans l’apprentissage automatique.
Le Monde.fr |  | Par Morgane Tual

La recherche en intelligence artificielle a permis de progresser dans le « machine learning », soit l'apprentissage des machines.
La recherche en intelligence artificielle a permis de progresser dans le « machine learning », soit l'apprentissage des machines. Quentin Hugon / Le Monde
Un programme informatique est-il capable, à la manière d’un enfant, d’apprendre de son environnement ? S’il reste encore du chemin à parcourir, le machine learning, ou « apprentissage automatique », a connu des avancées significatives ces dernières années, poussé notamment par de grandes entreprises aux moyens inédits. Avec comme icône médiatique le Google Brain, qui a réussi la prouesse, en 2012, de découvrir le concept de chat en analysant des millions d’images issues du Web.

Nourrir le programme : un travail fastidieux

La technique la plus courante de machine learning est l’apprentissage supervisé : pour qu’un programme apprenne à reconnaître une voiture, par exemple, on le nourrit de dizaines de milliers d’images de voitures, étiquetées comme telles. Un entraînement qui nécessite des heures, voire des jours, avant que le programme puisse en repérer sur de nouvelles images.
Cette technique est relativement ancienne, mais elle a fait un bond avec les récentes avancées technologiques. La masse de données désormais disponibles ainsi que la puissance de calcul à disposition des ingénieurs multiplient l’efficacité des algorithmes.
Cette nouvelle génération d’apprentissage supervisé fait déjà partie de notre quotidien : les outils de traduction automatique en sont le parfait exemple. En analysant des immenses bases de données associant des textes et leur traduction, le programme relève des régularités statistiques, sur lesquelles il se fonde pour trouver la traduction la plus probable non seulement d’un mot, mais aussi d’une formule, voire d’une phrase.
Efficace, cette méthode atteint vite ses limites. « Ces machines sont bêtes, souligne Pierre-Yves Oudeyer, directeur de recherche en robotique et sciences cognitives à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique. Elles ne comprennent rien aux phrases qu’elles traduisent, elles ont juste vu que telle phrase était souvent traduite de telle manière. »Qui plus est, elles nécessitent un travail fastidieux de la part des ingénieurs, chargés de concevoir les gigantesques bases de données pour nourrir leur apprentissage.

jeudi 24 décembre 2015

Les « tests salivaires de dépistage » de cannabis au lycée critiqués de toutes parts

LE MONDE  | Par Mattea Battaglia et François Béguin

COLCANOPA
La promesse de campagne de la nouvelle présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (Les Républicains), qui prévoit le financement dans les lycées franciliens de « tests salivaires de dépistage de consommation de drogue », est sur les rails. Dans la ligne de mire de l’élue, l’usage de cannabis, un « phénomène massif qui se développe et résiste aux stratégies classiques de prévention », selon Annie Genevard, chargée de l’éducation au sein du parti Les Républicains.
Mardi 22 décembre, Frédéric Péchenard, vice-président du conseil régional d’Ile-de-France, a promis sur France Info une mise en place « dès que possible » – en 2016 – du dispositif, assurant qu’il se ferait « dans le respect absolu » des élèves et de leurs familles. Concrètement, la région s’engage à proposer aux 470 lycées franciliens de financer ces tests – entre 10 et 12 euros l’unité – « à partir du moment où le conseil d’administration de l’établissement a voté en sa faveur », précise-t-on dans l’entourage de Mme Pécresse.

Jeux vidéo : le sexisme résiste

LE MONDE CULTURE ET IDEES  | Par Catherine Vincent
La joueuse américaine Sydney Leroux, nouvelle recrue de « FIFA 16 » : le jeu de football propose, pour la première fois, douze équipes féminines.
La joueuse américaine Sydney Leroux, nouvelle recrue de « FIFA 16 » : le jeu de football propose, pour la première fois, douze équipes féminines. EA Sports
Pour ceux qui sont à la fois amateurs de jeux vidéo et pourfendeurs de sexisme, il y aura eu, cette année, deux bonnes surprises au pied du sapin de Noël : la sortie de Rise of the Tomb Raider (Square Enix), deuxième volet depuis la refonte de la célèbre série en 2013, dans lequel l’archéologue Lara Croft semble avoir définitivement troqué son minishort moulant et ses seins en obus contre une parka d’aventurière ; et celle de FIFA 16 (Electronic Arts), jeu de football de référence qui permet pour la première fois de faire jouer une douzaine d’équipes nationales féminines. Par ailleurs, le dernier épisode d’Assassin’s Creed (Ubisoft) propose – enfin – un personnage féminin jouable, tout comme le nouveau Call of Duty (Activision)…
Un vent d’égalitarisme soufflerait-il dans l’univers très viril du jeu vidéo ? Ce serait trop dire. Mais la brise qui se lève est suffisamment forte pour susciter la colère des anti­féministes. En témoignent les violentes menaces reçues, en 2014, par la blogueuse américaine Anita Sarkeesian, qui analyse et dénonce les stéréotypes féminins en vigueur dans les jeux. Ou encore les commentaires virulents qu’a suscités la mise en ligne en 2013, par la joueuse et blogueuse française Mar_Lard, d’un article intitulé « Sexisme chez les geeks : pourquoi notre communauté est malade et comment y remédier ».
Bayonetta, l’héroïne du jeu du même nom (2009), un clin d’œil outré aux stéréotypes.
Bayonetta, l’héroïne du jeu du même nom (2009), un clin d’œil outré aux stéréotypes. Sega / Nintendo
Pour Fanny Lignon, qui a dirigé le récent ouvrage Genre et jeux vidéo (Presses universitaires du Midi, 268 p., 20 €), ces débats montrent qu’il est urgent d’interroger le secteur sous l’angle du genre. « Il suffit de taper sur Internet les mots-clés “sexisme” et “jeux vidéo”, et de surfer un peu sur les forums dédiés, pour se rendre compte que le problème doit être questionné », constate cette chercheuse en études cinématographiques et audiovisuelles à l’université Lyon-I. Question d’autant plus centrale que les smartphones, les tablettes et les consoles de salon ont modifié le profil type du « gamer ». « Aujourd’hui, précise-t-elle, on joue à tout âge, et à tous types de jeux, filles ou garçons, ensemble ou séparément, en couple, entre amis ou en famille. » Et l’on compte parmi ces joueurs presque autant de femmes que d’hommes.

Une « vie de carabin » racontée en BD

Le Monde.fr  | Propos recueillis par Eric Nunès
Extrait de la couverture de
Extrait de la couverture de "Vie de carabin 2". Védécé
Interne des hôpitaux et auteur de bandes dessinées, Védécé chronique en bande dessinée sa vie d’apprenti médecin dans le deuxième opus de Vie de carabin.
Védécé, c’est curieux comme pseudo ? Vous l’avez construit comment ?
Védécé : C’est tout simplement les initiales de Vie de carabin, la chronique en bande dessinée de mon quotidien d’étudiant en médecine, que je tiens sur les réseaux sociaux depuis quatre ans. Ce sont des dessins humoristiques, mais il m’arrive aussi de dénoncer les dérives de l’hôpital. C’est la raison pour laquelle je dois être anonyme. Quand on m’a proposé de faire le premier album, il a donc fallu trouver un pseudo. VéDéCé est venu assez rapidement, en référence à Hergé [pour RG : Georges Rémi].
Comment un interne, qui, selon votre BD, travaille 80 heures par semaine parvient-il à faire un livre par an ?
Il m’a fallu deux ans pour écrire ce tome II. Environ neuf mois pour écrire le scénario et quinze mois pour le dessin. C’est deux fois plus que ce que mettent des dessinateurs professionnels. Et encore, j’avais heureusement acquis un peu d’expérience en écrivant le premier tome. Quand quelque chose d’intéressant m’arrivait dans la journée, je le notais sur mon téléphone, et je l’intégrais le soir dans le scénario. Tout ce que je raconte dans mes livres est inspiré de mon expérience à l’hôpital. Même les éléments les plus drôles ou les plus choquants. Et il y a matière ! Avant ce livre, je me demandais pourquoi aucun interne n’avait jamais sorti de bande dessinée sur son quotidien. Maintenant je sais… J’ai passé tous mes temps libres sur ce 2etome. Certains dorment pendant leurs jours de repos, moi je dessine pour évacuer.