Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

samedi 17 juillet 2021

Épreuves carcérales : troubles psychiques et désordres sociaux

LE 22/06/2021

À retrouver dans l'émission

LES COURS DU COLLÈGE DE FRANCE

par Merryl Moneghetti

Quelle est l’importance de la maladie mentale dans les prisons? Comment comprendre pourquoi la France est le pays d’Europe où l’on se suicide le plus en prison? Didier Fassin analyse la longue histoire de la relation entre le traitement des troubles psychiques et le traitement des désordres sociaux.

Un gardien dans une allée entre les portes des cellules d'isolement du pénitencier de Francfort I, à Francfort-sur-le-Main, Allemagne, le 8 août 2017
Un gardien dans une allée entre les portes des cellules d'isolement du pénitencier de Francfort I, à Francfort-sur-le-Main, Allemagne, le 8 août 2017 Crédits :  Photo par Frank Rumpenhorst/photo alliance via Getty Images - Getty

Nous voici presque au terme des « excursions anthropologiques dans les mondes de la santé publique » que nous propose, sur 8 cours, Didier Fassin, titulaire de la chaire annuelle de Santé publique au Collège de France. Il a choisi la paradigmatique épidémie de saturnisme infantile, en France et aux Etats-Unis, comme fil rouge de sa série, avant de proposer dans le dernier cours, "des lectures de la pandémie actuelle de covid. 

Médecin-anthropologue, Professeur de sciences sociales à l'Institute for Advanced Study de Princeton, aux Etats-Unis et directeur d'études à l’EHESS, il s’appuie sur une méthode ethnographique « fondée sur une présence de longue durée sur des terrains multiples », étudiant l’expérience des malades du sida, des personnes détenues, des demandeurs d’asile, des étrangers en situation irrégulière… Didier Fassin « a également conduit des enquêtes sur la police, la justice et la prison, afin de mieux comprendre la manière dont on administre. et distribue le châtiment ». 



 

Les mondes de la santé publique Excursions anthropologiques


21 fév. 2016 : New York Solidarity Rally for Flint - activistes du NYC Black Lives Matter et groupes de justice environnementale marchant pour exiger justice pour les habitants de Flint, Michigan suite au scandale de l'eau contaminée au plomb

À PROPOS DE LA SÉRIE

Avec la pandémie de covid, la santé publique a fait irruption dans le monde.Tout ce qui fait le mouvement des sociétés s’est brusquement mis à tourner autour des questions sanitaires. L'histoire du saturnisme infantile dû au plomb sert de fil rouge, de la France à la ville de Flint aux Etats-Unis.

Dans la présentation de sa série de cours au Collège de France, Didier Fassin explique :

"Pour saisir cette expérience, le cours propose un détour en partant d’une scène ordinaire et méconnue pour, au fil des leçons, en décliner les différents enjeux à travers une série d’études de cas conduites sur trois continents. La vérité du chiffre invite à réfléchir sur la manière dont le travail de quantification représente les faits sociaux et sanitaires. Les frontières épistémiques interrogent la confrontation de conceptions profanes et savantes de la maladie adossées à des légitimités concurrentes. Les thèses conspirationnistes révèlent des réactions de défiance à l’égard des savoirs autorisés et des pouvoirs officiels. Les crises éthiques dévoilent des mécanismes de violation des droits et de détournement des communs au bénéfice d’intérêts privés. Quant aux enquêtes portant sur les exils précaires et les épreuves carcérales, elles permettent d’appréhender, à travers deux catégories, les migrants et les prisonniers, la généalogie et la sociologie de l’administration des populations vulnérables

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Le documentaire choc "Invisible Demons" fait souffler un vent d'effroi sur Cannes

     Publié le : 

Dans "Invisible Demons", le réalisateur indien Rahul Jain aborde les conséquences catastrophiques du capitalisme débridé sur la pollution à New Delhi et de son impact sur la santé de ses habitants. France 24 s'est entretenu avec l’auteur de ce nouveau documentaire coup de poing.

Atmosphère suffocante sur la Croisette. Rien à voir avec les températures estivales enregistrées à Cannes. Le malaise vient du documentaire "Invisible Demons" de Rahul Jain, projeté cette semaine en séance spéciale "Cinéma pour le climat", qui révèle l'enfer de la pollution sur le quotidien des Indiens.  

Car l'apocalypse climatique est bien amorcée dans le nouvel opus du réalisateur indien. Le documentaire, visuellement époustouflant, présente l'énorme coût du développement économique sur l'environnement en Inde. Comme dans sa précédente œuvre "Machines" (2016), qui explorait les insoutenables conditions de travail dans une usine textile indienne, "Invisible Demons" raconte à travers les yeux et les mots des plus démunis l'urgence climatique qui n'est plus pour eux une perspective mais une terrifiante réalité.  

"Pendant très longtemps, la rivière Yamuna a été la bouée de sauvetage de Delhi", assène le réalisateur et narrateur au début du film. Pourtant, du plus loin qu'il s'en souvienne, Jain n'a jamais vu une rivière propre dans son enfance passée dans les quartiers les plus verdoyants de la capitale indienne. Dans sa tête d'enfant, les rivières ont toujours été "soit noires, soit blanches". 

Rahul Jain est né à New Delhi en 1991, l'année où l'Inde a ouvert son économie et succombé aux forces d'un capitalisme effréné. Trente ans plus tard, son travail explore la manière dont ces forces ont précipité les changements cataclysmiques dans la vie des gens ordinaires, empoisonnant l'air qu'ils respirent et l'eau qu'ils utilisent pour boire, cuisiner, gagner leur vie et effectuer des rituels de purification. Même la mousson, autrefois célébrée, s'est transformée en un fléau mortel, arrivant trop tard et frappant trop fort.

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Des drogues dans le milieu maritime

LE 15/07/2021

À retrouver dans l'émission

LSD, LA SÉRIE DOCUMENTAIRE

par Perrine Kervran

Le milieu maritime n’est pas épargné par les ravages de la consommation de cocaïne, d’héroïne et d’autres produits stupéfiants. 

Consommation de Cannabis
Consommation de Cannabis Crédits :  BOUCHARLAT / BSIP AFP

Première diffusion : 21 juin 2018

Sur tout le littoral français, des médecins, assistants sociaux et bénévoles accompagnent patiemment des marins qui souhaitent romprent avec leurs addictions.

Pendant quelques semaines, nous avons embarqué pour une traversée particulière, à l’écoute de celles et de ceux qui accompagnent les consommateurs de produits stupéfiants, dans le milieu maritime. Un milieu où la parole est rare, où la peur d’être stigmatisé force au silence.

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Violences intrafamiliales : quand les policiers apprennent à trouver « les bons mots au bon moment »

Par    Publié le 16 juillet 2021

Alors que le nombre de cas de violences conjugales qui parviennent devant la justice est en augmentation, l’institution policière a mis en place des stages spécifiques pour former ses fonctionnaires à gérer ces situations sur le terrain et à mieux enregistrer les plaintes.

Trois jeunes femmes, deux hommes d’âge mûr. Tous fonctionnaires de police, venus de la police aux frontières de Roissy, du service des plaintes d’un arrondissement du nord de Paris, d’une brigade d’atteintes aux personnes de proche banlieue. Assis derrière une table, dans une vaste salle mise à disposition par la direction centrale du recrutement et de la formation de la police nationale, à Paris, l’un d’eux résume le sentiment général : « Je suis venu apprendre les bons mots à dire à la victime au bon moment. »

vendredi 16 juillet 2021

«Faire de la santé mentale la grande cause nationale d’après-crise». par B. Cyrulnik, M. Dugnat, N. Collomb et H. Dubert

  16 juillet 2021

Boris Cyrulnik.

De notoriété publique, les réponses apportées aux problèmes psychiques et aux troubles psychiatriques, plus encore en période périnatale, sont insuffisantes et/ou inadaptées. Or, la crise sanitaire visibilise ces oubliés des politiques de santé. L’après-crise, symbolisée par le futur plan de relance, se devra d’en tenir le plus grand compte. Alors que se préparent les Assises nationales de la psychiatrie, dont la tenue est prévue à l’automne 2021 et que la commission nationale de la psychiatrie mise en place pour quatre ans mobilise des énergies jusque-là enfouies, il nous faut faire de la santé mentale et de la psychiatrie, avec leurs conséquences sur le tout le tissu social de notre pays, LA grande cause nationale d’après-crise, pour nous, pour vous, mais aussi et surtout pour préparer l’avenir.

Or, les bébés sécurisés d’aujourd’hui seront aussi les adultes et les personnes âgées de demain. Il se trouve que la période des 1 000 premiers jours (de la grossesse aux deux ans de l’enfant) fait de façon concrète et novatrice l’objet d’une attention particulière au plus haut niveau de l’Etat depuis l’installation d’une commission ad hoc par le président de la République en septembre 2019. La remise de son rapport par son président Boris Cyrulnik en septembre 2020 a été immédiatement suivie de moyens, certes modiques mais tellement significatifs, en faveur de tous les bébés et de leurs parents, et particulièrement de ceux qui présentent des souffrances psychiques.

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jeudi 15 juillet 2021

Logique, la langue française ? Une petite segonde !

 Publié le 13 juillet 2021

« Drôle de langue » (2/17). Entre les nombreuses lettres muettes qui parsèment les mots et les multiples façons d’écrire un même son, apprendre le français est une gageure pour les étrangers.


Si la prononciation du français relève de l’évidence pour qui est tombé dedans quand il était petit, il n’en va pas de même pour les étrangers qui s’essaient à l’apprendre. A l’inverse, pour les jeunes Français, c’est l’écriture de la langue qui relève du tour de force. Rappelons au hasard que le son « s » peut s’écrire avec un t, comme dans émotion, que le c de banc ne se prononce pas mais celui de bancal, si, que la suite de lettres « ent » peut se lire « an » comme dans « un patient », mais aussi ne pas se lire du tout, comme dans « ils patientent ».

Prostitution des mineures : des recommandations pour lutter contre un phénomène en hausse

Par  Publié le 13 juillet 2021

Formation des professionnels, prise en charge des victimes, éducation à la sexualité… Le groupe de travail mandaté il y a huit mois a rendu, mardi, un rapport au ministre de la Santé.

Pilotage de la lutte contre la prostitution des mineures, sensibilisation et formation des acteurs, amélioration du repérage et du traitement judiciaire… Au terme de huit mois d’échanges, le groupe de travail sur la prostitution des mineures, installé par le secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, Adrien Taquet, devait remettre officiellement ses recommandations, mardi 13 juillet, au ministère de la santé.

Athos, une maison pour les militaires blessés psychiques

LE 14/07/2021

Depuis le début de l'année, les armées expérimentent les maisons Athos. Ces maisons accueillent les militaires blessés psychiques afin de réapprendre à vivre au travers d'activités du quotidien. Deux d'entre elles ont ouvert leurs portes, à Toulon, dans le Var, et près de Bordeaux, en Gironde. 

Maison Athos près de Bordeaux et photo de groupe avant de passer à table des membres présents par la coordinatrice.
Maison Athos près de Bordeaux et photo de groupe avant de passer à table des membres présents par la coordinatrice. Crédits :  Nathalie Hernandez - Radio France

À une vingtaine de minutes du centre de ville de Bordeaux, cachée dans la verdure, une belle bâtisse de pierres blanches accueillent des femmes et des hommes, tous militaires avec le triste dénominateur  commun de souffrir d'une blessure invisible : le syndrome de stress post traumatique.  

Avec celle de Toulon, ces deux maisons Athos ont ouvert leurs portes en janvier dernier. Ces structures psycho-sociales vont permettre aux blessés psychiques de "se relever", de réapprendre les gestes du quotidien pour pouvoir se construire ensuite un avenir.   

Les armées se sont notamment inspirées du modèle des Clubhouses créées en 1948 aux États-Unis. Ces maisons non médicalisées étaient destinées aux personnes psychiquement fragiles afin de rompre leur isolement et de reprendre pied.  

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En Norvège, les séquelles durables de l’attaque terroriste d’Utoya

Par  Publié le 15 juillet 2021

Dix ans après le massacre commis dans un rassemblement de jeunes du Parti travailliste norvégien, deux études révèlent l’ampleur des séquelles physiques et psychologiques chez les survivants et leurs proches.

Elin L’Estrange, à Oslo, le 24 juin 2021. La jeune femme est une des survivantes du massacre d’Utøya.

Elin L’Estrange insiste : « Surtout, n’oubliez pas d’écrire que ce peut être soigné, à condition de recevoir le bon traitement ! » Le 22 juillet 2011, alors âgée de 23 ans, la jeune Norvégienne se trouvait sur l’île d’Utoya, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest d’Oslo. Pour la première fois, son frère l’accompagnait au camp d’été annuel de la Ligue des jeunes travaillistes (AUF). Ils ont entendu les premiers coups de feu autour de 17 h 20. Déguisé en policier, le terroriste d’extrême droite Anders Behring Breivik arrivait sur l’île, après avoir fait exploser une bombe devant le siège du gouvernement à Oslo. Elin L’Estrange et son frère ont couru à travers bois, puis se sont cachés au bord de l’eau, avant de fuir à la nage.

mercredi 14 juillet 2021

Annie Chapelier : « Il faut ouvrir des champs de la pratique avancée »

13/07/2021

Dans son rapport d’information sur la formation des professions paramédicales, rendu public le 29 juin, la députée Annie Chapelier (Agir ensemble), Iade de formation, propose de revoir l’organisation de la pratique avancée en France. Elle devrait déposer un texte de loi dans ce sens d’ici fin juillet. 

Dans quel contexte avez-vous travaillé à la refonte des formations des professions paramédicales ? 

Annie Chapelier : C’est un constat de rigidité qui motive ce rapport, car en France, une fois qu’on s’est orienté vers une profession, il est difficile d’en changer. Le rapport porte sur tous les paramédicaux, soit treize professions, donc environ un million de personnes. Nous avons besoin de professionnels de santé qui soient reconnus dans leur exercice ; il en découle une reconnaissance statutaire et salariale. De même qu’aujourd’hui, les professions doivent pouvoir s’articuler les unes avec les autres, ne pas se télescoper, ni fonctionner en silo. Il faut donc faciliter la transversalité et la réorientation dans la perspective de pouvoir évoluer professionnellement. Les accords de Bologne de 1999 ont acté l’universitarisation des études supérieures notamment pour offrir cette souplesse et cette transversalité entre les professions et donner des niveaux d’équivalence au sein de l’Union européenne. Mais la France a fait le choix de ne pas y inclure les professions paramédicales. De fait, l’universitarisation patine. Les infirmières sont parvenues à intégrer le système LMD, mais ce n’est pas le cas pour beaucoup d’autres. Il est donc important de mettre la situation à plat et de tendre vers une reconnaissance de niveau et de statut pour toutes les professions.


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Mécanique de la répression hospitalière (et autres)

Avant le covid, partout en France, des soignants se sont soulevés pour lancer l’alerte sur l’état du système de santé et de l’hôpital public. Puis il y a eu le covid, parenthèse de déstabilisation du pouvoir gestionnaire, et réorganisation par les collectifs de travail de l’hôpital. Puis la reprise en main. Plus violente que jamais.

Avant le covid, partout en France, des soignants se sont soulevés pour lancer l’alerte sur l’état du système de santé et de l’hôpital public. C’était dans les EHPAD, aux urgences, à l’hôpital général, à l’hôpital psychiatrique. Cela a donné lieu aux Blouses noires du Rouvray, aux Perchés du Havre, aux Pinel en Lutte, au Collectif Inter-Urgences (CIU), au Collectif Inter Hôpitaux (CIH) et à une constellation de collectifs militant pour des soins accessibles et humains.

Puis il y a eu le début du covid qui a constitué une parenthèse de déstabilisation du pouvoir gestionnaire et la réorganisation par les collectifs de travail de l’hôpital.

Puis la reprise en main. Plus violente que jamais.

Tandis que rien n’est résolu sur le fond, les conditions d’accueil indignes aux urgences et en psychiatrie par exemple, les foudres répressives s’abattent violemment sur celles et ceux qui ont dénoncé les errements d’années de restrictions budgétaires, de bullshit-jobisation des métiers du soin et de la perte de sens consécutive. Les clivages toujours croissants entre ce à quoi devrait servir le système de santé (soigner) et ce à quoi il sert en réalité (créer des marchés privés).

Il existe une mécanique de la répression, elle doit certainement être expliquée dans les précis de management qui servent de bibles à celles et ceux qui ont le pouvoir.

Dans notre domaine, prenons le cas, bien entendu fictif, d’une alerte lancée par des soignants/autres professionnels concernant des pratiques illégales et / ou indignes à l'égard des patients/usagers/bénéficiaires/résidents dont ils sont témoins aux urgences, en psychiatrie, en EHPAD, à l'hôpital ou ailleurs.

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L’unité pour malades difficiles de Montfavet, « au bout de l’entonnoir de la psychiatrie »

Par   Publié le 06 juillet 2021 

A Avignon, cette UMD est l’une des dix structures accueillant notamment les criminels déclarés irresponsables pénalement pour cause de trouble psychique.

Dans l’unité pour malade difficile (UMD) de l’hôpital psychiatrique de Montfavet-Avignon. Accompagnés d’infirmiers, Des patient se rendent sur des lieux d’activités.

Reportage. « J’ai tué quelqu’un. » Le visiteur n’a rien demandé, ne le connaît que depuis dix secondes, et voilà que José (le prénom a été modifié), 34 ans, cheveux gominés vers l’arrière, livre cet aveu les yeux dans les yeux. « On était en voiture. Il a insulté mon père, il a insulté ma mère, j’ai sorti un couteau, je l’ai planté là, raconte-t-il, index pointé vers le cœur. Je n’ai pas voulu faire ça, j’ai regretté un maximum. »

Regard neutre, ton neutre, aucune émotion apparente : les effets de sa maladie mentale, et des médicaments chargés de le stabiliser. Avec le même regard, le même ton, la même absence d’émotions, José dit qu’il aime effriter ses biscottes dans son lait le matin, et qu’il se réjouit que sa mère vienne lui rendre visite le lendemain et lui apporte des madeleines.

A l’hôpital, les urgences sous tension pour l’été

Par   Publié le 14 juillet 2021

Dans plusieurs régions, faute d’un nombre de médecins urgentistes suffisants, certains de ces services ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre vont devoir fonctionner en pointillé.

Les urgences du centre hospitalier de Lens (Pas-de-Calais), le 27 juin 2019.

« La main forcée et le cœur brisé. » C’est de cette manière que l’urgentiste Karine Humbert raconte la décision inédite prise dans l’un des services des urgences qu’elle chapeaute, celui de la polyclinique d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). Depuis mardi 6 juillet, ce dernier est officiellement fermé de 20 heures à 8 heures, et ce jusqu’à la fin du mois d’août.

Les patients qui ont recours au « 15 » (SAMU) sont dirigés vers quatre hôpitaux proches (Douai, Lens, Béthune, Seclin), selon leurs pathologies. Les habitants sont appelés à ne plus se présenter aux urgences de la ville, même si un médecin urgentiste demeure toujours présent en cas de nécessité, pour gérer les urgences intra-hospitalières et les patients admis avant la fermeture nocturne. Une nouvelle règle qui n’a pas encore été totalement intégrée sur le territoire : quelques personnes se sont encore présentées les premières nuits de la suspension provisoire – toujours pour des urgences légères, qui ont pu être traitées.

Livre : rompre l’isolement des enfants à problèmes par la psychanalyse, c’est possible !


 


Par Paul Weyer   Publié le 

« Mais pourquoi psychanalyser les enfants ? » (éditions du Cerf). Voilà un titre qui va à l’essentiel. C’est celui choisi par le philosophe et psychanalyste Pierre-Henri Castel pour son dernier livre.

Pourquoi psychanalyser les enfants ? La question arrive à point nommé. Alors que nombre de pédopsychiatres se contentent de prescrire des psychotropes aux enfants mutiques ou agités, que la pandémie aura renforcé l’isolement de familles désemparées, Pierre-Henri Castel part en guerre contre ces méthodes. La thèse centrale qu’il défend est limpide : la psychanalyse des enfants est un rituel thérapeutique. Au même titre que ceux qui s’exercent dans les sociétés traditionnelles, en Afrique notamment. Et qui dit « rituel » suppose « la fin de l’isolement et la réinsertion créative des aventures de la personne dans les processus collectifs ». Cela est vrai des Wolofs du Sénégal comme des enfants à problèmes de nos contrées.

Certes, la finalité de la guérison change de l’une à l’autre de ces sociétés. Un chaman n’est pas un psychanalyste. Aller bien ou aller mal n’a pas le même sens. Dans une société lignagère, l’enfant « mauvais », c’est ainsi qu’on le nomme, est un enfant sous la coupe du « mauvais œil », qui s’exclut du groupe, et se doit de rejoindre « la hiérarchie rigide des générations ». Chez nous, il s’agit « de transformer l’enfant-problème en membre autonome d’une société individualiste ». Cela ne va pas de soi. Se projeter quand on est un enfant récalcitrant dans une vie intéressante, trouver sa place quand les liens sociaux sont coupés, relève de l’exploit. Il faut au psychanalyste un savoir-faire, une inventivité constante. Il lui faut installer une forme de coopération, d’interactions, de jeu, permettant de traiter les enfants comme des partenaires afin de les socialiser.

JEU-DESSIN

Il existe une voie royale pour y parvenir : le jeu-dessin. Un rituel inventé par le pédiatre et psychanalyste anglais Donald Winnicott (1896-1971). Ni pur dessin, ni pur jeu, ni test psychologique, insiste Pierre-Henri Castel : un rituel précisément. Son vrai nom en anglais est le « squiggle ». On le pratique dans de nombreuses institutions. Il relève d’un savoir-faire transmis par la longue expérience des cures d’enfants. On dessine et on joue en même temps. On s’amuse à deux, ou à plusieurs. On s’inscrit dans des rituels transmis de génération en génération, depuis Anna Freud, Mélanie Klein et bien d’autres, mais surtout Donald Winnicott – un pragmatiste sans le savoir – que Castel remet en perspective, et qu’il inscrit dans un cycle historique.

* Pierre-Henri Castel, Mais pourquoi psychanalyser les enfants ?éditions du Cerf, 453 p.

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mardi 13 juillet 2021

Santé mentale : Pourquoi les victimes de troubles psychiques vieillissent (et meurent) prématurément

Publié le 07/07/21

  • Deux études récentes concluent que plus tôt des troubles mentaux surviennent dans la vie et plus tôt ils finissent par affecter la santé physique, selon notre partenaire The Conversation.
  • (Mieux) traiter les maladies mentales chez les jeunes qui en sont victimes permettrait ainsi d’optimiser la santé des adultes qu’ils sont appelés à devenir.
  • L’analyse de ce phénomène a été menée par Jasmin Wertz, chercheuse postdoctorale à l’Université Duke (Caroline du Nord, États-Unis) et Leah Richmond-Rakerd, maître-assistante en Psychologie à l’Université du Michigan (États-Unis).

Partout dans le monde, la population vieillit. Entre l’allongement de l’espérance de vie et la baisse du taux de natalité, la proportion de personnes âgées est en hausse dans de nombreux pays. Si l’on en croit les projections, un habitant de la planète sur cinq aura plus de 60 ans d’ici à 2050, contre un sur huit en 2015.

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Pauline Londeix, stratège en médicaments pour tous

Par     Publié le 05 juillet 2021

La militante pour l’accès aux traitements pour tous, passée par Act Up, a contribué, au sein du réseau international qu’elle a rejoint, à faire plier Sanofi sur la tuberculose. Son nouveau combat : des vaccins contre le Covid-19 pour les pays du Sud.

Pauline Londeix à Rome, le 2 juillet 2021.

Pour nous rencontrer, Pauline Londeix propose une longue balade dans le parc de la Villa Borghèse, à Rome, où elle s’est récemment installée. Déambulant jusqu’au quartier de Testaccio, cette brunette au regard profond s’arrête devant une plaque commémorative signalant l’ancien terrain d’entraînement de l’AS Roma, un des clubs de football les plus populaires d’Italie. « Mon père m’a transmis le goût de l’Italie où il a longtemps vécu, en particulier celui de sa culture. Avec lui, je jouais au football et je discutais des tactiques de jeu », explique-t-elle avec passion. Son père, l’écrivain Georges Londeix (1932-2011), est l’auteur d’un roman intitulé Football, publié en 1972. C’est de lui que cette ardente militante pour l’accès aux médicaments pour tous a hérité son intérêt pour les stratégies.

L'amour immodéré de Moderna pour les paradis fiscaux

16/07/2021

Repéré par Céline Deluzarche sur Politico

Moderna Switzerland GmbH n'a été créée qu'en juin 2020 et ne semble pas avoir été activement impliquée dans le développement de vaccins. | Sam Yeh / AFP

L'entreprise va rapatrier en Suisse l'ensemble de ses bénéfices faits en Europe.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Moderna est une entreprise internationale. Son siège est aux États-Unis, son patron est français et ses comptes... en Suisse. C'est ce que révèle une fuite du contrat passé entre Moderna et l'Union européenne et dévoilé par l'ONG néerlandaise Research on Multinational Corporations (SOMO).

«Les bénéfices de la société sur les vaccins anti-Covid vont finir dans l'un des pires paradis fiscaux du monde», s'étrangle l'ONG. Moderna compte en effet recevoir ses paiements dans le canton de Bâle, en Suisse, l'un de ceux où l'imposition est la plus faible (13% pour les compagnies étrangères, rappelle Politico). Le taux sera en réalité sans doute bien moindre, chaque entreprise négociant habituellement des conditions avantageuses au cas par cas.

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Le cercueil

LE 16/07/2021

À retrouver dans l'émission

40 OBJETS DE LA MONDIALISATION

par Pierre Singaravélou

Enfermer les morts dans des boîtes avant de les inhumer, cela n’a rien d’évident. L'histoire du cercueil est récente en Europe, pourtant, il remonte à la Haute Antiquité au Proche-Orient. Quelle est l'histoire de cet objet dans lequel tout un chacun finit sa vie ?

Petite histoire du cercueil
Petite histoire du cercueil Crédits :  CSA Images - Getty

Le cercueil est un objet récent en Europe dont l’historienne Stéphanie Saugerretrace les origines et les transformations dans l’ouvrage Le Magasin du Monde.

Du linceul au cercueil

Il faut attendre 1801 pour que le préfet de Paris rende pour la première fois en France l’usage du cercueil obligatoire, y compris pour les indigents de la capitale.
C’est une révolution, car jusque-là en Europe, la majorité des défunts sont enterrés dans un simple linceul. D’autres régions du monde ignorent le cercueil. En Inde et en Asie du sud-est, c’est la crémation qui domine largement toutes les autres techniques funéraires. Dans les pays musulmans, les corps sont inhumés mais l’utilisation du cercueil est interdite.  

En revanche, cet objet existe depuis la Haute Antiquité au Proche-Orient. D’ailleurs, le mot cercueil provient du grec ancien sarkophagos, transformé en sarqueu au milieu du XIe siècle, qui signifie littéralement « mangeur de chair ». Le cercueil est aussi utilisé couramment en Chine depuis le Xe siècle de notre ère. Parce que les habitants de l’Empire du Milieu sont très attachés à la préservation de l’intégrité physique du corps. À tel point qu’au XVIIIe siècle la loi impériale condamne à la décapitation immédiate celui qui profanerait une tombe ou même rendrait visible un cercueil.  

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Dans la peau d’un artiste de la préhistoire




EL PAÍS (MADRID)  

Cet article a été publié dans sa version originale le 16/06/2021.

Une équipe espagnole de chercheurs en archéologie expérimentale a reproduit les conditions de création des tout premiers peintres. Un véritable défi logistique.

La première fois qu’il s’est aventuré dans une grotte à la seule lumière d’une torche, l’archéologue Diego Garate a mesuré tout le défi technique qu’avait dû être celui des artistes de la préhistoire. “J’avais beaucoup de mal à avancer à l’intérieur de la grotte, moi qui m’étais habitué à les voir éclairées par des spots hyperpuissants”, explique-t-il. “Avec une torche, on voit tout en rouge. Il n’y a pas de spectre des couleurs, tout est dans la gamme des rouges.”

Le SARS-CoV-2 utilise deux voies distinctes pour infecter les cellules humaines

  • Caroline Guignot
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Afin de développer des traitements spécifiques du COVID-19, il est indispensable de comprendre parfaitement les mécanismes précoces régissant l’infection des cellules par le SARS-CoV-2. Or, il existe encore quelques incertitudes sur le sujet, et notamment celui de savoir si le virus pénètre dans les cellules hôtes directement à travers la membrane plasmique ou s’il utilise des compartiments intracellulaires.

Pour le savoir, une équipe de recherche franco-allemande a étudié les mécanismes employés par le SARS-CoV-2 au contact de différents types cellulaires connus pour être infectés par le nouveau coronavirus : cellules épithéliales pulmonaires, intestinales et rénales. Ils confirment en premier lieu que le virus utilise notamment la voie de la TMPRSS2, une enzyme cellulaire nécessaire pour couper la protéine virale Spike en plusieurs endroits afin de permettre au virus de pénétrer dans la cellule. Il s’agit d’un mécanisme cellulaire rapide, qui nécessite environ 10 minutes.

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