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vendredi 20 mai 2016

Un effet (fort) du café sur la dépression

 04/05/2016


Les données sur le rôle du café et de la caféine[1] chez les sujets déprimés demeurent encore « controversées », rappellent des chercheurs de l’Université de Qingdao (Chine). Pour évaluer cette incidence éventuelle de la consommation de café sur un état dépressif, les auteurs ont examiné dans des bases de données (PubMed, Web of Science,  China National Knowledge Infrastructure, et Wanfang Data) la littérature spécialisée sur ce thème (en anglais ou en chinois) parue entre janvier 1980 et mai 2015. L’ensemble de ces données recouvre ainsi onze publications concernant plus de 330 000 participants (pour les études sur le lien entre consommation de café et dépression) et près de 40 000 participants (pour les travaux sur les relations entre caféine et dépression).
Les auteurs constatent que la consommation de café (et celle de caféine) sont « associées de façon significative à une réduction du risque dépressif. »
Plus précisément, par comparaison avec l’absence de consommation de café, son usage régulier réduit ce risque de dépression d’environ 25 % (il le multiplie par 0,757 intervalle de confiance à 95 %, IC [0,624–0,917] pour le café, et par 0,721 IC  [0,522–0,997] pour la caféine).

Un phénomène « dose-réponse »

Dans une analyse d’un éventuel phénomène dose–réponse, on constate l’existence d’une « association linéaire entre consommation de café et dépression », avec une diminution du risque de dépression de 8 % (risque relatif = 0,92 [0,87–0,97] ; IC = 95% ; p = 0,002)  pour chaque tasse supplémentaire de café quotidienne. Toutefois, une « association non linéaire » est observée entre consommation de caféine et dépression, ce risque dépressif « diminuant plus rapidement et cette association devenant significative lorsque la consommation de caféine se situe entre 68 mg/jour et 509 mg/jour. »
Rappelons que la caféine (C8H10N4O2) est un alcaloïde présent dans le café bien sûr, mais aussi dans d’autres produits : thé, yerba mate, chocolat, boissons énergisantes, certains médicaments...
Dr Alain Cohen


RÉFÉRENCE
Wang L et coll.: Coffee and caffeine consumption and depression: A meta-analysis of observational studies. Aust N ZJ Psychiatry, 2016; 50: 228–242. doi: 10.1177/0004867415603131.

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