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Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

jeudi 28 août 2014

Des chercheurs réécrivent la mémoire des souris

Le Monde.fr Par 
Les neurones de l’hippocampe de souris, visibles ici en rouge, ont été activés par un rayon laser arrivant via une fibre optique (canal noir au centre)., ce qui a fait revivre aux souris les souvenirs qui y étaient stockés.
«Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. [...] D’où avait pu me venir cette puissante joie ?»Lorsqu’il croque dans sa madeleine qui lui rappelle son enfance, Marcel Proust est envahi de souvenirs et d’émotions agréables intimement liés. Notre cerveau, en effet, est bien plus qu’un simple disque dur. Il agrémente chaque souvenir (lieu, date…) de sentiments et de sensations appelées « valences émotionnelles ».
Peut-on intentionnellement modifier ces valences, par exemple pour embellir des souvenirs douloureux ? C’est ce que vient de réaliser une équipe de neurobiologistes du Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Boston.
Ils ont pour cela eu recours à une technique récente appelée optogénétique, qui permet de commander des neurones avec simplement de la lumière. En activant certains neurones chez la souris, ces chercheurs ont artificiellement pu leur faire revivre des souvenirs et même altérer les émotions associées.
Les souvenirs sont-ils physiquement constitués par des réseaux de neurones quelque part dans le cerveau ? La question est longtemps demeurée sans réponse. Dans les années 1930, le neurochirurgien canadien Wilder Penfield établit par hasard un premier lien entre la mémoire et son support biologique. Alors qu’il stimule électriquement le cerveau de patients épileptiques, et plus particulièrement une région appelée l’hippocampe, ces derniers se mettaient à revivre certains souvenirs.

Les chercheurs ont par la suite continué à explorer les liens entre hippocampe et mémoire, mais sans jamais parvenir à des démonstrations irréfutables.

Giovanni Bosco, miracle à l’italienne

BRIGITTE OLLIER ENVOYÉE SPÉCIALE À LAUSANNE

Les rêves fous des dissidents

BRIGITTE OLLIER (À LAUSANNE)

Toile de Giovanni Bosco. (Photo Arnaud Conne. Atelier de numérisation. Ville de Lausanne. Collection de l'Art brut.)

EXPO
L’exposition «l’Art brut dans le monde» présentée en Suisse, permet de découvrir sept créateurs rebelles.
L’art brut est un art présent et pluriel, universel. C’est cette démonstration que souhaitait faire Lucienne Peiry, qui dirigea la Collection de l’art brut de 2001 à 2012, après Michel Thévoz, et qui fut ensuite en charge de la recherche et des relations internationales pour le musée (le poste est supprimé à la fin de cette année), afin d’ouvrir davantage la Collection vers de nouveaux horizons. Dans ce musée hors norme, où il n’est pas rare de croiser des visiteurs bouleversés, respirent les œuvres rebelles d’une tribu à part entière, insoumise. 

Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, psychopathologie et handicap

parJean-Philippe Raynaud


Premières lignes

Je développerai ici quelques réflexions d’un praticien de terrain, exerçant depuis une douzaine d’années au sein d’un hôpital de jour de psychiatrie de service public, auprès d’enfants qui présentent ce que l’on appelle aujourd’hui un handicap psychique.Les enfants que nous soignons présentent des troubles sévères, nécessitant des soins intensifs, multidimensionnels et prolongés, mais dont l’évaluation...


Le Sentiment de soi Histoire de la perception du corps (XVIe-XXe siècle)

Georges Vigarello

Date de parution 04/09/2014

Yoga, méditation et autres techniques de bien-être : l’idée est aujourd’hui largement répandue que nous pouvons agir sur notre humeur et nos états d’âme par un travail sur le corps. Or cette idée a une histoire que Georges Vigarello révèle ici, proposant un parcours fascinant à travers l’histoire des représentations de l’intime.
Jusqu’au XVIIIe siècle, le moi était circonscrit à la pensée et à l’esprit : « je pense, donc je suis ». C’est avec les Lumières qu’apparaît, dans les textes de Diderot ou de l’Encyclopédie, l’idée d’un sixième sens pour désigner les perceptions internes du corps. Cette conscience inédite s'exprime dans la notion nouvelle de sentiment de l'existence. Le corps coïncide avec le moi : véritable révolution de la perception de soi, qui s’exprimera bientôt abondamment dans les journaux intimes.

Moi, mon fils et sa schizophrénie

Christine Mateus | 21 août 2014

Dominique Laporte évoque avec émotion la grave maladie de son fils, qui s'est suicidé à 31ans. Méconnue, la schizophrénie touche 1 % des Français.


Repli sur soi, comportement imprévisible, hallucinations, délire de persécution… Dominique Laporte, comédienne de théâtre, raconte dans son livre le calvaire vécu par son fils diagnostiqué schizophrène à l’âge de 19 ans. (LP/Philippe de Poulpiquet.)

« Nous sommes partis pour une très longue route. » Lorsque le psychiatre s'adresse en ces termes à Dominique Laporte, elle ne sait pas encore à quel point cette prophétie sera douloureusement accomplie. Treize années d'épreuves au . Xavier, son fils, est âgé de 19 ans quand le diagnostic tombe : schizophrénie. 


Joli succès en 2008, le livre de cette comédienne de théâtre, retraçant le tsunami que représente l'arrivée de cette maladie dans sa famille, ressort aujourd'hui*. Les témoignages qui traitent du quotidien de parents avec leur enfant schizophrène sont en effet très rares. Et celui-ci est sans concessions. Pour elle, comme pour l'Institution psychiatrique. « Nous avons vécu dans la hantise quotidienne des excès de Xavier. Les véritables soins n'ont commencé que le jour où il s'est armé d'une carabine pour tirer sur les toits. Placements d'office, traitements divers, hospitalisations musclées, retours au domicile familial, piqûres à effet retard, chambres d'isolement, rien n'y fit », tranche l'auteur.


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mercredi 27 août 2014

La rue, grande faucheuse des SDF

PIERRE BENETTI

Selon le bilan divulgué lundi par le Collectif les morts de la rue (CMDR), 454 sans-domicile-fixe seraient morts en 2013. Parmi eux, 15 enfants de moins de 15 ans (contre 3 en 2012), dont 10 de la communauté rom. Ce recensement n’est pas exhaustif, a précisé le collectif : «La réalité des décès est peut-être six fois plus grande que nos chiffres», commente Cécile Rocca, la coordinatrice du mouvement. D’où l’intérêt de la première étude scientifique consacrée à la question et menée par une équipe d’épidémiologistes français (lire ci-contre), publiée en juillet dans une revue britannique.

«Il n’existait aucun chiffre sur le nombre total de morts»

PIERRE BENETTI
INTERVIEW

Chercheuse à l’Inserm, Cécile Vuillermoz a mené la première étude scientifique sur le sujet 

:

Première auteure d’une étude publiée en juillet (1) sur le recensement des morts dans la rue, Cécile Vuillermoz a effectué ce travail au Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc), un des laboratoires (2) de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Comment en êtes-vous arrivés au chiffre de 6 730 morts entre 2008 et 2010 ?

Dans cette étude, la méthode utilisée pour estimer le nombre de décès de personnes sans domicile est appelée méthode «capture-recapture». A partir de deux ou plusieurs sources non exhaustives et indépendantes, elle permet d’estimer le nombre d’observations non recensées par chacune d’elles. En les croisant, on peut ainsi déterminer le nombre total de cas sur une période et un territoire donnés. Il existe deux sources collectant des données sur les décès des sans-domicile, tout au long de l’année et au niveau national : le collectif les morts de la rue et l’Inserm-CépiDc.
Le collectif recense depuis 2008 environ 400 morts par an. Cependant, il est loin d’être une source de données exhaustive, même si elle est la plus importante en France. De même, l’Inserm-CépiDc identifie 241 décès pour lesquels le médecin ayant certifié la mort a fait mention du fait d’être sans domicile fixe entre 2008 et 2010. Nous n’avons aucun élément permettant de penser que ces chiffres sont sous-estimés. Cependant, il est essentiel de noter que la précision de cette estimation est faible, puisque la vraie valeur a 95% de chances de se situer entre 4 381 et 9 079 décès.

mardi 26 août 2014

Le retour discuté de la psychochirurgie

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | Par 
Il y a douze ans, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) était saisi par le professeur Alim-Louis Benabid – père de la stimulation cérébrale profonde (SCP) – afin que cette thérapie soit appliquée à des pathologies psychiatriques. Fort du succès de cette neurostimulation dans le traitement de la maladie de Parkinson, le neurochirurgien grenoblois proposait que la SCP puisse être étendue à d’autres maladies neuropsychiatriques, et en particulier aux troubles obsessionnels compulsifs (TOC).

Depuis vingt-cinq ans, on sait que l’hyperactivité pathologique d’une région cérébrale peut être « brouillée » par un courant électrique de haute fréquence appliqué à une électrode implantée. Plus de 100  000 patients ont bénéficié des effets de cette neuromodulation dans le monde. Le CCNE rendit un avis favorable, assorti de recommandations visant à encadrer la résurgence d’une psychochirurgie dont le passé – avec les tristement célèbres lobotomies des années 1940 – demeure ­controversé. Parmi ces mises en garde, l’instance d’éthique préconisa que les indications soient, dans un premier temps, limitées aux TOC.

Indicateurs régionaux : un rapport ausculte l’offre de soins et l’état de santé des Français

26/08/2014

L’offre sanitaire, médico-sociale et ambulatoire des régions françaises est détaillée dans le recueil d’indicateurs 2014 de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), document mis en ligne ce lundi.
Ce portrait sanitaire et social de la France compile les indicateurs régionaux de l’offre et du recours aux soins, de la consommation de soins, de l’état de santé de la population, auxquels s’ajoutent des données sociodémographiques mises à jour en 2014.
La première partie du document regroupe des fiches thématiques et descartographies : densité de médecins généralistes, dépassements d’honoraires, nombre de maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) et de points d’accueil d’urgences, décès par accident vasculaire cérébral (AVC), obésité chez les adultes, etc.
Des fiches de synthèse régionale à télécharger individuellement complètent le tout.
A. B.-I.

Mothers and Children by Ken Heyman

Le célèbre photographe Ken Heyman a parcouru le monde tout au long de sa carrière. L’un de ses thèmes de prédilection : la filiation, qu’il a immortalisé aux quatre coins de la planète. La série Mothers témoigne de ses rencontres avec des mères et leurs enfants. Ces clichés, pris il y a 50 ans, avaient été réalisés dans le cadre du livre Family, co-écrit avec l’anthropologue Margaret Mead.



Vision transculturelle du baby-blues

20/08/2014

Sans aller jusqu’au paroxysme inquiétant d’un scénario de type Rosemary’s Baby (le roman d’Ira Levin adapté au cinéma par Roman Polanski), la psychopathologie de la période périnatale s’avère fréquente. Mais la dépression gravidique ou post-puerpérale constitue-t-elle vraiment une problématique universelle ? Il semble que ce soit effectivement le cas, selon une étude (publiée dans la revue Transcultural Psychiatry) portant sur la littérature médicale consacrée à cette question chez des populations de « femmes indigènes en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada et aux États-Unis. »

Affiner la prévention du suicide selon l’âge

25/08/2014

Bien que le suicide puisse résulter a priori de multiples facteurs socio-démographiques, un contexte de troubles psychiatriques constitue l’un des éléments essentiels dans son déterminisme.
Basée sur des registres épidémiologiques à l’échelle du pays (Korean national epidemiological survey of mental disorders), une étude réalisée à Séoul (Corée du Sud) sur 6 022 adultes (âgés de 18 à 74 ans et vivant en collectivité) a comparé l’incidence des principales affections psychiatriques sur le risque de suicide, relativement à l’âge du sujet, après traitement des données par des modèles de régression logistique multiple et ajustement pour plusieurs paramètres (sexe, années d’études, statut marital, revenus, emploi, maladies somatiques chroniques, antécédents de tentatives de suicide).

Mieux vaut être en forme pour réussir à l’école !


La forme physique ou fitness est un marqueur important de santé, à la fois corporelle et mentale. De nombreux arguments suggèrent qu’elle joue un rôle dans le fonctionnement cérébral et les performances scolaires. Ses composants en sont la capacité cardio-respiratoire, la force musculaire et les performances motrices. Plusieurs travaux ont été consacrés à ces différents composants mais aucun n’a étudié le rôle de chacun indépendamment et en association. 
Des auteurs espagnols ont fait une étude longitudinale dans le but d’évaluer sur 3 ans l’impact des conduites sédentaires et des déterminants psychologiques, environnementaux et génétiques de l’activité physique.

Un psychiatre japonais récompens

13/08/2014

Pour l’année 2013, le Prix Asahi (décerné depuis 1929 par le quotidien japonais Asahi Shinbun[1]) est revenu à Kenji Kosaka, un psychiatre professeur émérite à la Faculté de médecine de Yokohama (Japon). Décerné par la Fondation Asahi Shinbun pour récompenser des chercheurs « ayant contribué au rayonnement de la culture ou de la société japonaise », ce Prix est considéré comme « l’un des plus prestigieux attribué par une institution non gouvernementale au Japon » et plusieurs lauréats du Prix Asahi furent récompensés ensuite par un Prix Nobel : par exemple, pour ses travaux sur les cellules-souches, Shinya Yamanaka a reçu le Prix Asahi en 2007, puis partagé en 2012 avec le britannique John Gurdon le Prix Nobel de physiologie et de médecine.