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Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

mardi 21 mars 2023

Chanteuses épileptiques des cafés-concerts, fin du 19ème siècle

 

Loin de rester une curiosité médicale, l’hystérie étudiée par Charcot, à la fin 
du XIXe siècle, a passionné le grand public pendant quarante ans. Elle a même inspiré les artistes populaires, des « chanteuses épileptiques » des cafés-concerts aux premiers films burlesques.

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En ce dernier quart du XIXe siècle, tout le monde en parle. On accourt du tout-Paris, voire de l’Europe entière, jusqu’à la Salpêtrière pour voir Jean-Martin Charcot présenter ses malades. L’hystérie (dérivé de « utérus », en grec), était un terme fourre-tout pour cataloguer les troubles nerveux ou mentaux dont souffraient les femmes. La « Grande » hystérie est la forme identifiée par Charcot, celle qu’il peut provoquer, moduler et stopper sous hypnose, et qui tirerait son origine du cerveau et non de l’entrejambe. Une petite révolution qui facilitera le diagnostic d’hystérie pour les hommes aussi.

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Les grandes hystériques passent par quatre phases : épileptoïde (convulsive), clownesque (théâtrale et grandiloquente), passionnelle, délirante. Comme on n’assiste guère à ce genre de phénomènes hors de la Salpê­trière, certains, à Nancy autour du Dr Bernheim, soupçonnent fort ces femmes de se soumettre aux suggestions de Charcot en développant artificiellement leurs symptômes. En tout cas, elles font sensation auprès de l’auditoire. Peintes avec moult détails par les journalistes alléchés, prises en photo, le grand public les connaît: des centaines d’articles leur sont consacrés dans la presse populaire entre 1875 et 1890.

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DE LA PSYCHANALYSE À LA SCHIZOANALYSE

Chaire de Philosophie à l'Hôpital 

Séminaire “Lire les grands textes” 

Cycle sur la schizoanalyse







Animé par Frédéric Baitinger, philosophe et psychanalyste

Avec Florent Gabarron-Garcia psychologue, psychanalyste, Florent Gabarron-Garcia est Maître de conférences à Paris 8 au département de sciences de l’éducation (EXPERICE) où il enseigne la psychanalyse. Florent Gabarron-Garcia est également membre de la revue Chimères, fondée par Deleuze et Guattari. 

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De Charcot à Charlot : mises en scène du corps pathologique

bibliothèque sigmund freud (en-tête) 

Auteurs : Rae Beth GORDON / Pierre JOASSIN , trad.



Présentation de l'éditeur : 

"De Charcot à Charlot : Mises en scène du corps pathologique", publié en anglais en 2001, est le premier livre à proposer une analogie entre le spectacle populaire et l'hystérie à l'hôpital dans le dernier tiers du XIXe siècle. Il met en lumière un rapport direct entre la gestuelle des hystériques et celle des artistes du café-concert et du cinéma burlesque. Chanteurs et comiques s'emparent du langage corporel de l'hystérie avec ses mouvements saccadés, automatiques et convulsifs, rehaussés de tics et grimaces, pour inventer un nouveau répertoire gestuel. De nouveaux genres sont créés : le Chanteur Agité, le Cornique Idiot ou encore la Chanteuse Epileptique (dont Mistinguett). 

Santé mentale, regards de philosophes : rendez-vous le 16 mars 2023 !

Publié le 

Ce séminaire de la Chaire de Philosophie à l’hôpital propose de mobiliser les ressources historiques et conceptuelles de la philosophie pour interroger à nouveaux frais la notion de « santé mentale ». Le 16 mars prochain la pensée de Michel Foucault occupera les débats.

L’enjeu de ce séminaire coordonné par Eva Liévain, enseignante de philosophie au lycée, vise à chercher en quoi les philosophes de la tradition, bien que précédant la révolution freudienne, peuvent fournir des outils susceptibles de venir nourrir la psychiatrie contemporaine, mais aussi de sonder les raisons pour lesquelles la « santé mentale » n’avait pas chez ces penseurs la forme que nous lui connaissons. S’adressant aussi bien aux soignants qu’aux patients, aux philosophes qu’aux non philosophes, la visée de ce séminaire sera aussi de nouer un dialogue fécond avec le personnel soignant et son expérience de terrain en espérant que les ressources de la philosophie puissent contribuer à l’autoréflexion des pratiques médicales et aider à ressaisir collectivement les enjeux que ces pratiques soulèvent, tant médicalement que socialement et politiquement.

Le prochain cours aura lieu le 16 mars et portera sur Foucault et sera délivré par Philippe Fontaine, maitre de conférences en philosophie à l’université de Rouen. Les deux cours suivants seront consacrée à la psychiatrie phénoménologique (les 20 avril et 25 mai).

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Santé mentale : pourquoi prescrit-on aux enfants des médicaments pour adultes ?

Par et   Publié le 

Chaque dimanche, « C’est tout con (science) » répond à l'une de vos questions. Cette semaine, on s’intéresse à celle de Louise : « Pourquoi prescrit-on aux enfants atteints de dépressions ou d'autres troubles mentaux des médicaments pour adultes ? ».


POURQUOI ON SE POSE LA QUESTION ?

Bonjour, Louise ! Vous nous avez demandé pourquoi il existe peu de médicaments adaptés pour les enfants atteints de certains troubles mentaux, notamment les dépressions. Le sujet a été mis sur la table en début de semaine par un rapport du Haut Conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge (HCFEA), paru lundi 13 mars, qui alerte sur l’explosion des prescriptions de psychotropes pour les enfants. Entre 2014 et 2021, le taux de consommation d'antidépresseurs chez les moins de 20 ans a augmenté de 62,58 % et celui d’hypnotiques et sédatifs de 155,48 %. Si bien qu’en 2021, près de 2 millions de jeunes de 0 à 19 ans sur les 16 millions que compte la France ont reçu une ordonnance de psychotropes.

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Fraudes à l’Assurance maladie : majoritairement des professionnels de santé

Serge Cannasse   14 mars 2023

L’Assurance maladie est bien déterminée à parvenir à son objectif de stopper une hémorragie de 500 millions d’euros due aux « fraudes, activités fautives et pratiques abusives » dès 2024. Engagé depuis 2005, ses actions se sont accélérées ces dernières années1. Ainsi en 2022, elle a détecté et stoppé un montant de fraudes jusqu’alors inégalé : 315,8 millions d’euros, soit +44% comparé à 2021 (219,3 millions d’euros) et +10% par rapport à 2019, année qui affichait à ce moment-là le montant le plus élevé jamais enregistré (286,8 millions d’euros). Seul infléchissement : l’année 2020, marquée par l’épidémie de Covid-19, avec seulement 127,7 millions d’euros de préjudices détectés.

Près des trois quarts de ces préjudices ont porté sur des frais de santé. Ils sont essentiellement constitués de facturations abusives par des professionnels de santé (consultations, actes, remboursements de soins et de médicaments, etc). L’année 2022 a été marquée par des escroqueries portant sur des délivrances de tests antigéniques aux professionnels de santé par des pharmacies d’officine, pour un montant de plus de 58 millions d’euros.

Les assurés ont également leur part. Les fraudes ont été mises en évidence lors de contrôles réalisés sur les prestations en espèces (indemnités journalières, pensions d’invalidité), pour un montant de 35,7 millions d’euros, ainsi que pour l’obtention de droits (protection maladie universelle, complémentaire santé solidaire) pour un montant de 21,1 millions d’euros.

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Psychiatrie : un temps de répit pour alléger l’esprit

Le 20 mars 2023

De la lassitude à la détresse : les troubles psychiatriques affectent ceux qui en souffrent et leur entourage. Que l’on soit aidant ou malade, un atelier permet de libérer la parole et de se relaxer, de soulager le corps et l’esprit.

Les participants s’installent sur des tapis de sol, avec oreiller, face à la thérapeute Anna et à André Bonvallet. L’important est d’être à l’aise, de se sentir bien, en confiance. Photo Le DL

La prise en charge des personnes atteintes de troubles psychiatriques est un parcours long, tortueux, chaotique. Une épreuve que leurs proches – conjoints, parents, enfants –, endurent aussi au quotidien. Pour les aider à faire face, à tenir, à supporter ce poids douloureux, il existe des soutiens. Au premier rang desquels figure l’Unafam (Union nationale des amis et familles de malades mentaux), une association dont les bénévoles font preuve de disponibilité, d’écoute, prodiguent des conseils et offrent un soutien moral précieux. Mais pas seulement. D’autres formes d’aides existent.


Michel Foucault, Le Pouvoir psychiatrique. Cours au Collège de France (1973-1974)

 par Marc Escola  Publié le 

Michel Foucault, Le Pouvoir psychiatrique. Cours au Collège de France (1973-1974)

Édition établie sous la direction de François Ewald et Alessandro Fontana, par Jacques Lagrange, revue par Elisabetta Basso pour la présente édition.

L’Histoire de la folie à l’âge classique (1972) faisait l’archéologie du partage par lequel, dans nos sociétés, s’opère la séparation du fou et du non-fou. Le récit s’achève sur la médicalisation de la folie au XIXe siècle.

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Reportage Fin de vie : aux Diaconesses, toute une vie dans une biographie

par Lucie Beaugé  publié le 19 mars 2023

Dans cette unité parisienne de soins palliatifs, les patients peuvent faire écrire leur histoire à une biographe. Une façon de laisser une trace de leurs parcours de vies, de leurs expériences, désillusions ou passions, mais aussi de participer à un projet aux effets thérapeutiques concrets.

Une boîte de mouchoirs, des gâteaux secs emballés dans du plastique et un bouquet aux couleurs pastel trônent sur la table. La plupart des fleurs qui le composent (œillets, anémones…) sont, comme dirait un bon jardinier, vivaces : des plantes pouvant vivre plusieurs années, résistant aux rigueurs du gel de l’hiver et à la sécheresse des étés caniculaires. Assise sur une chaise, Françoise (1), 74 ans, a le regard posé sur ce bouquet. Son mari est mort fin novembre d’un cancer. Ce mercredi de janvier, c’est la première fois qu’elle revient à l’hôpital parisien des Diaconesses (XIIe arrondissement). «J’ai un peu peur de ce qu’il a écrit avant de partir», murmure-t-elle. Sophie Bobbé, biographe hospitalière, entre dans la pièce.

Locminé. Ils veulent « déstigmatiser la maladie mentale »

Publié le 

Hier, des élus de la Ville, des patients et leurs accompagnateurs de l’hôpital de jour Locminé EPSM Morbihan se sont donné rendez-vous au marché pour distribuer des pièges à frelon asiatique.

Cette action permet aux patients, qui fabriquent ces pièges,  d’avoir du contact avec des gens et de déstigmatiser la maladie mentale , comme l’indique un infirmier de la structure.

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Du 18 au 25 mars 2023, la 20ème édition des journées de la schizophrénie !

 






Rédigé par Estelle B. et publié le 17 mars 2023

Depuis 20 ans, Positive Minders organise chaque année les journées de la schizophrénie pour sensibiliser le grand public sur cette pathologie mentale particulièrement stigmatisante. Cette année, elles auront lieu du 18 au 25 mars 2023, sur le thème suivant : « sortons des cases qui stigmatisent, parlons des schizophrénies ». L’occasion de faire le point sur les 35 formes de schizophrénies qui touchent plus de 600 000 Français.


« Oui, la schizophrénie se soigne ! »

 



18.03.2023

SUISSE

Les Journées de la schizophrénie s'ouvrent ce samedi 18 mars. Jules Brischoux, jeune père de famille originaire de Moutier, évoque sa vie depuis son diagnostic. Un message teinté d'espoir et d'optimisme


Jules Brischoux, ici avec sa femme et son fils, a été diagnostiqué schizophrène à l'âge de 18 ans. S'en est suivi un long chemin parsemé d'embûches, mais aussi jalonné d'espoir, d'accomplissements et de redécouverte de soi.
Jules Brischoux, ici avec sa femme et son fils, a été diagnostiqué schizophrène à l'âge de 18 ans. S'en est suivi un long chemin parsemé d'embûches, mais aussi jalonné d'espoir, d'accomplissements et de redécouverte de soi.

C’est une maladie psychique qui peut toucher tout le monde, homme ou femme, de toute origine et sans distinction sociale. La schizophrénie concerne plus de 85'000 personnes en Suisse. Les Journées de la schizophrénie, qui débutent ce samedi 18 mars, sont l’occasion de déstigmatiser un trouble encore et toujours la cible de clichés discriminants. Jules Brischoux, un jeune père de famille prévôtois, a été diagnostiqué aux portes du monde adulte. Aujourd'hui stable, il insiste sur l'importance de parler de la maladie, d'attaquer les préjugés tout en distillant espoir et bienveillance. La même bienveillance dont il s'est nourri tout au long de son parcours.


“La schizophrénie, on doit apprendre à vivre avec”

par Radio Nova  publié le 14/03/2023

“La schizophrénie, on doit apprendre à vivre avec”

Le Héros du Nova jour

David Martinelli, secrétaire général de Positive Minders, était avec nous ce matin.

Malgré une relative “libération de la parole” sur la santé mentale, la schizophrénie reste entourée de beaucoup d’idées reçues.

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Du rugby pour soigner la schizophrénie

Du rugby pour soigner la schizophrénie 

Par Jean-Luc Gonzalez   Le 

La schizophrénie se soigne dans 80% des cas mais rien ne permet d'en guérir définitivement à ce jour.

La schizophrénie se soigne dans 80% des cas mais rien ne permet d'en guérir définitivement à ce jour.

En France 660 000 personnes sont touchées par cette psychose dont les effets peuvent être réduits par une prise en charge précoce et des traitements où le rugby a trouvé une place.

Depuis plus de vingt ans, l'association Positive Minders travaille auprès du grand public à mieux faire connaître et à aider au traitement de la schizophrénie. C'est une maladie du cerveau, décrite comme un trouble de l'esprit impliquant la plupart du temps une perte de contact avec la réalité, perçue différente de ce qu'elle est réellement. Cette psychose touche une personne sur cent en moyenne, soit presque 660 000 en France avec des niveaux de sévérité divers. Très invalidante dans certains cas, voire destructrice, elle se manifeste le plus souvent entre 15 et 25 ans. Elle peut prendre de formes diverses : croyances et comportements bizarres, entendre des voix, avoir tendance à s'isoler.

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Schizophrénie chez l'adolescent : dépistage, symptômes, traitement

Article publié  

C'est souvent au cours de l'adolescence qu'apparaissent les premiers symptômes de schizophrénie. Quels sont les premiers signes de ce trouble mental ? Comment accompagner du mieux possible son ado ? Eléments de réponses.

ado se regarde dans miroir hallucinations

Avec : Anne-Victoire Rousselet, psychologue et psychothérapeute  au GHU Psychiatre-Neurosciences Paris, site Sainte-Anne et auteure de « Mieux vivre avec la schizophrénie » (éditions Dunod).

La schizophrénie est une maladie mentale qui touche environ 24 millions de personnes dans le monde, d’après leschiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le risque d'apparition de la schizophrénie sur l'ensemble de la vie concerne 1 % de la population générale. Elle peut avoir des retentissements sur divers plans pour l’adolescent ou l'adolescente qui en souffre. Une prise en charge précoce permettra de mettre toutes les chances de son côté.

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Qu'est-ce que la Schizophrénie ?

 17 mars 2023

Déconstruire les stéréotypes autour de la schizophrénie avec Perrine BRAZO psychiatre au chu de CAEN. Près de 24 millions de personnes dans le monde sont atteintes par cette maladie, et près de 660 000 personnes en France


A Paris, une professeure d’université tuée à coups de couteau, son ex-conjoint mis en examen

Par   Publié le 22 mars 2023

François-Xavier Hussherr, président et cofondateur d’une start-up d’intelligence artificielle, a été mis en examen du chef d’« assassinat » de son ex-épouse, Cécile Hussherr-Poisson, 48 ans, enseignante-chercheuse à l’université Gustave-Eiffel.

Nous colonisons l'avenir

Mars, 2023

David VAN REYBROUCK

[...] David Van Reybrouck a écrit un plaidoyer bref et sans équivalent en faveur de la justice climatique. Un constat sans appel qui se transforme en leçon d’optimisme et propose des solutions politiques aptes à renouveler la vie démocratique.



Un cabinet dentaire destiné aux patients atteints de troubles psychiatriques

 LEFILDENTAIRE magazine dentaire

 LE 

Si la santé buccale fait partie intégrante de la prise en charge globale du patient en psychiatrie, elle a été longtemps négligée, car difficile à mettre en oeuvre. La première cause de mauvaise hygiène bucco-dentaire des patients suivis en psychiatrie est la maladie mentale elle-même. Les traitements tels que les psychotropes ou les neuroleptiques associés à une hygiène bucco-dentaire quotidienne parfois déficiente favorisent le développement de pathologies telles que les caries, les gingivites, les mycoses.



lundi 20 mars 2023

Ces 111 maternités où il serait « dangereux » d’accoucher

Paris, le jeudi 2 mars 2023 

Dans un rapport choc, le Pr Yves Ville recommande de cesser les accouchements dans près d’un quart des maternités françaises.

Ces 20 dernières années, la France a perdu 30 % de ses maternités. La conséquence d’une baisse des effectifs, le métier de sage-femme attirant de moins en moins en raison de sa difficulté et de sa faible rémunération, de la désertification médicale mais également de règles de sécurité toujours plus strictes qui condamnent les petites maternités. Dans les campagnes « reculées » qui voient les établissements fermer les unes après les autres, le phénomène inquiète. Pourtant, certains souhaiteraient accélérer le mouvement, toujours au nom de la sécurité des mères et des enfants.

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Amputée et condamnée à payer un million d’euros : double peine pour Laura Nataf

Paris, le lundi 13 mars 2023 –

Greffée des deux bras aux Etats-Unis en 2016, la jeune femme va devoir supporter seule la facture de près d’un million d’euros.

« Déçue ? Le mot est faible, je suis sous le choc, j’en perds mes mots, je trouve ça dégueulasse ». Amputée des quatre membres en 2007 à l’âge de 19 ans à la suite d’un choc septique gynécologique, Laura Nataf a connu des épreuves particulièrement douloureuses dans sa vie qui lui permettent sans doute de relativiser sa situation. Malgré tout, le coup reste rude : ce vendredi, la cour d’appel de Paris a décidé qu’elle devrait supporter seule le coût de l’opération de greffe des deux bras qu’elle a subie aux Etats-Unis en 2016, soit 990 000 euros. « Derrière la grosse machine de l’Assurance maladie, il n’y avait pas d’humanité, la justice vient de montrer qu’elle n’en a pas non plus » commente la jeune femme, désormais âgée de 35 ans et mère d’une petite fille de un an.

Cette décision de justice marque peut être la fin d’une longue épreuve qui a donc commencé en 2007, quand, après trois semaines de coma, Laura Nataf s’est réveillée sans jambes et sans avant-bras. Fini le rêve de la jeune femme, étudiante à la prestigieuse école hôtelière de Lausanne, de devenir cuisinière d’un grand restaurant. Si ses prothèses lui permettent de retrouver un semblant de vie normale, la jeune femme désire rapidement pouvoir bénéficier d’une greffe de bras, notamment dans l’espoir d’avoir plus tard un enfant.

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Les hommes ont-ils une horloge biologique ?

Par    Publié le 16 mars 2023

On pense souvent que les hommes peuvent être père jusqu’à un âge avancé. Pourtant, leur fertilité baisse avec le temps. Et la paternité tardive ne fait pas forcément envie à grand monde.

« Dépêche-toi ! » Cette petite voix, Vincent (certaines des personnes interrogées ont requis l’anonymat), 34 ans, professeur dans le Var, l’a entendue de plus en plus distinctement ces dernières années. Une alarme intime d’abord. « Je ressens une urgence car j’aspire profondément à être papa, j’ai ça dans le cœur », explique ce récent célibataire. « A 25-30 ans, j’avais beaucoup d’angoisses et la peur de les transmettre. Aujourd’hui je suis davantage prêt », estime-t-il. A ce timing personnel s’ajoutent quelques catalyseurs : les copains d’enfance devenus pères, les sous-entendus du sien – « quand tu seras un homme, Vincent » –, la confrontation avec la jeune génération lors d’une reprise d’études, ou la calvitie naissante. Par ailleurs, son attirance pour les femmes beaucoup plus âgées « qui ne sont pas dans les mêmes périodes de vie » n’aide pas. « Je prends conscience que le temps file », lâche cet « hypocondriaque », qui surveille son hygiène de vie mais n’a pas fait de test de fertilité. « J’ai une petite angoisse d’être stérile. »

Injonction sociale, processus psychologique, ultimatum physique, l’horloge biologique était jusqu’à présent le tribut des femmes, leur « popote interne », dixit l’humoriste Guillermo Guiz dans son sketch L’Enfant surprise. En ligne de mire : la baisse de la fertilité et le couperet de la ménopause. Les hommes, eux, semblaient préservés de ces considérations. Mais le recul de l’âge du premier enfant, les problèmes d’infertilité partagés à 50 % dans le couple et la chute de moitié de la quantité de gamètes dans le sperme en un demi-siècle les ont amenés à s’interroger. L’homme fertile à tout âge : mythe ou réalité ?

« C’est une idée reçue, véhiculée par les exemples médiatisés de paternités tardives », tranche Geoffroy Robin, gynécologue et andrologue au centre d’assistance médicale à la procréation (AMP) de Lille. Il rappelle que l’homme est sujet à l’andropause, une « baisse progressive de la testostérone », qui devient « significative à partir de 50 ans ». Or, celle-ci a un impact sur le délai de conception et le risque de fausse couche, « indépendamment de l’âge de la femme, mais avec un surrisque si elle a plus de 40 ans ».

Des risques pour le fœtus

En 2001, une étude d’Elise de La Rochebrochard, de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, précisait : « Pour l’homme, la fertilité est maximale à 30-34 ans, puis elle diminue lentement. A 55-59 ans, l’homme a une fertilité deux fois plus faible. » La chercheuse relevait également pour les pères âgés de plus de 40 ans « une augmentation du risque de maladies génétiques » de leur progéniture qui, pour certaines pathologies, est « de même ampleur que le risque de trisomie 21 observé chez les enfants dont la mère a un âge compris entre 35 et 39 ans ». Le docteur Robin reçoit des patients de plus de 55 ans persuadés que l’infertilité du couple vient de leur compagne, « puisqu’ils ont déjà eu des enfants d’une précédente union ». Il plaide pour « une information loyale et collective » du grand public. « Sans inquiéter !, tempère Florence Boitrelle, présidente de la Société d’andrologie de langue française (SALF). Les risques restent minimes en valeur absolue. Il s’agit surtout des hommes de plus de 60-70 ans. »

Parfois, l’alarme sonne plus tôt, dès la quarantaine. Denis Meyer, 47 ans, photographe entre Paris et le Morvan, a vu, en quatre ans, sa quantité de spermatozoïdes chuter de 8 à 6 millions par millilitre, soit 25 % de moins – le risque d’infertilité commence sous la barrière des 10 millions. « Le gynécologue m’a dit que c’était dû à l’âge, mais qu’il m’en restait quand même assez, relate cet indépendant, en couple depuis trois ans avec Maria, une musicienne et photographe de 45 ans. Entre 40 et 45 ans, on perd beaucoup de choses. C’est comme le fait de devenir presbyte. » En 2018, son désir de paternité, présent depuis la vingtaine, s’est heurté à la découverte d’une pathologie génitale, la varicocèle, et aux mauvais résultats d’un testicule opéré à l’âge de 10 ans. Traité depuis pour cette maladie, Denis dope sa fertilité par des méthodes douces : compléments alimentaires, nourriture biologique (éviter les perturbateurs endocriniens), arrêt de l’alcool et du tabac. « Ce serait plutôt le moment d’être grand-père », s’avise le quadragénaire, qui observe aussi « de plus en plus d’hommes à cheveux blancs à la sortie de l’école ». Le couple, qui a traversé deux fausses couches, se lance en Espagne pour une ultime tentative. Avec don d’ovocytes cette fois car, injustice de l’âge, ceux de Maria sont devenus « moins productifs ». « C’est la dernière limite pour nous », conclut l’aspirant papa.

« L’infertilité masculine reste peu explorée. Ce n’est pas un marché porteur » – Florence Boitrelle, présidente de la Société d’andrologie de langue française

Florence Boitrelle se félicite de voir débarquer « depuis cinq à dix ans » des hommes avec leur partenaire dans son cabinet du centre AMP de Poissy (Yvelines). « Avant, ils étaient décalés, ils venaient parce que leur compagne le leur demandait. Aujourd’hui, ils s’impliquent », convient l’andrologue, qui assène : « La charge mentale doit être partagée, depuis les tâches ménagères jusqu’à la fertilité. » Encore faut-il intéresser les laboratoires pharmaceutiques aux traitements masculins. Pour l’heure, comme pour la contraception, le parcours médical ainsi que les traitements de procréation médicalement assistée (PMA) reposent essentiellement sur la femme. « L’infertilité masculine reste peu explorée. Ce n’est pas un marché porteur », déplore la présidente de la SALF, qui souhaiterait intéresser les hommes bien en amont. « Les centres seraient débordés, mais on résoudrait pas mal de choses ! » En France, l’autoconservation de spermatozoïdes peut être réalisée jusqu’à 45 ans, et utilisée jusqu’à 60 ans. Toutefois, à la différence des Etats-Unis, l’initiative n’est pas dans l’air du temps.

Les témoins interrogés dans le cadre de cette enquête – âgés de 31 ans à 54 ans – s’estiment déjà tous « vieux » pour être père. Ils sont pourtant bien loin des paternités très tardives rapportées par les médias, à l’image d’un Charlie Chaplin, père à 73 ans pour la onzième fois, ou d’Yves Montand qui le devint à 67 ans, trois ans avant son décès. En s’engageant avec Myriam, 39 ans à l’époque, Frédéric, 51 ans de son côté, savait que le sujet était « sur la table ». Elle avait un réel désir de maternité, lui avait déjà deux enfants : une adolescente et un fils majeur. « Je me suis beaucoup questionné », insiste ce correcteur free-lance marseillais. Médicalement d’abord : « Mes résultats étaient plutôt bons, pour un mec de mon âge. »Avec ses enfants, ensuite, dont il craignait la réaction. Il redoutait, de plus, « d’être grand-père avant d’être à nouveau père ». En thérapie aussi, « pour prendre de la distance ». Finalement, le couple se lance. Deux mois plus tard, Myriam tombe enceinte. Ils accueillent leur fils en 2020, à 40 et 52 ans. « J’avais envie de vivre ça avec elle, à un moment de ma vie où j’ai plus de temps, moins de stress. A moi de tout faire pour ne pas devenir un vieux croûton », lance le Marseillais, qui sait aussi qu’il n’aura « pas une vie complète » avec lui.


Qui sont les consommateurs de CBD ?

Serge Canasse  1er février 2023

Luxembourg — En novembre 2020, la Cour de justice de l’Union européenne rendait un arrêt affirmant que le cannabidiol (ou CBD) n’était ni un médicament, ni un stupéfiant. En conséquence, l’interdiction française de le vendre était une atteinte à la libre circulation des marchandises. Même si la transformation du cannabis reste interdite en France, vendre du CBD est devenu légal. Depuis, les boutiques de vente se sont multipliées et l’engouement pour ce produit ne semble pas ralentir [1].