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Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

mercredi 7 avril 2021

Reportage A la Réunion, les esprits convoqués sur le divan

par Laurent Decloitre, correspondant à la Réunion  publié le 6 avril 2021

Sur l’île, où les religions et les cultures se côtoient et s’entremêlent, certains psys ont choisi de soigner les troubles mentaux à travers le prisme des rites traditionnels. Une approche ethnopsychiatrique à rebours des pratiques occidentales.

Le pauvre hère a perdu son travail, sombré dans l’alcool et survécu à une tentative de suicide. La nuit, Calixte (1) hurle qu’il a «le mauvais œil» sur lui. «Si je lui avais diagnostiqué une névrose ou dit que les esprits n’existaient pas, je n’aurais pas pu le soigner», estime Jacques Brandibas, un des pionniers de l’ethnopsychiatrie à la Réunion. Au contraire, le psychologue accompagne son patient chez une guérisseuse à l’orée de la forêt de la roche écrite, sur les hauteurs de Saint-Denis. Il laisse «Madame Marie» affirmer que l’épouse et la maîtresse de l’homme lui ont chacune lancé un sort, l’une pour l’avoir trompée, l’autre pour ne pas avoir quitté sa femme… Calixte a pu reprendre une vie normale après cette séance, assure le praticien aujourd’hui à la retraite, «alors que les soins à l’établissement public de santé mentale n’avaient rien donné».

Un patient sur trois ayant guéri du Covid-19 souffrirait de problèmes psychologiques ou neurologiques ultérieurs

Le Monde avec AFP.  Publié le 7 avril 2021

La plus grosse étude à ce jour sur le bilan mental d’anciens malades constate qu’anxiété (17 %) et troubles de l’humeur (14 %) sont les diagnostics les plus fréquents, dans les six mois après la guérison.

Dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris, le 6 avril.

Une personne sur trois qui a surmonté le Covid-19 a eu un diagnostic de troubles neurologiques ou psychiatriques dans les six mois suivant l’infection, selon la plus grosse étude à ce jour sur le bilan mental d’anciens malades du Covid-19.

L’anxiété (17 %) et les troubles de l’humeur (14 %) étaient les diagnostics les plus fréquents, selon l’étude parue mercredi 7 avril dans le journal spécialisé The Lancet Psychiatry.

Peau humaine tatouée à vendre contre vie meilleure : retour sur deux siècles d'exhibition glaçante

Par Chloé Leprince  06/04/2021

Au début du XIXe siècle, on faisait ses choux gras de rêves d'empailler, dépecer, ou découper des hommes et des femmes extraordinaires exhibés dans des spectacles très courus.

Dans les fonds de la BNF, cette image de Kabris est légendée : "Joseph Kabris, natif de Bordeaux, Vice Roi et Grand Juge des îles de Mendoça".
Dans les fonds de la BNF, cette image de Kabris est légendée : "Joseph Kabris, natif de Bordeaux, Vice Roi et Grand Juge des îles de Mendoça". Crédits :  Martinet, Bibliothèque nationale de France

L’homme qui a vendu sa peau est le film de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, en lice pour l’Oscar du meilleur film étranger, le 26 avril prochain. Le pitch fait froid dans le dos : une œuvre d’un artiste flamand, tatouée sur le dos d’un migrant syrien, volontaire, reviendra au collectionneur qui l’a achetée. Après la mort de son porteur, certes. Mais en contrepartie d'une vie meilleure.

Improbable en plus d’être glaçant ? Sauf que le long métrage est inspiré d’une histoire vraie. Le plasticien néerlandais s’appelle Wim Delvoye et c’est lui qui avait ouvert un poste de tatouage, en 2006, à sa galerie de Zurich, Pury & Luxembourg. Il proposait un contrat à un cobaye : se faire tatouer le dos, et accepter d’être exhibé, en contrepartie d’un prix. Et accepter que, à sa mort, la peau de son dos soit dépecée, puis tannée, avant d’intégrer la collection privée de l’acquéreur. Au bout de deux ans, la galerie suisse avait trouvé un acheteur en la personne d’un collectionneur installé à Hambourg. Deux cabinets d’avocats seront mandatés pour ficeler la transaction, à hauteur de 150 000 euros. 

S’emparant de cette histoire, c’est la réalisatrice tunisienne qui ajoutera la dimension Nord-Sud, le contexte de guerre civile syrienne, et l’urgence de l’exil pour des millions de Syriens depuis dix ans que la guerre dépèce leur pays. Mais l’intersection du tatouage et de ce marché ahurissant, sur fond de société du spectacle poussée à son comble, évoque toute une tradition d’exhibition. Ainsi, en octobre 1822, on pouvait lire dans la presse locale du Valenciennois, dans le Nord de la France : “Décès [...] Du 23 Joseph Kabris, ex-vice-roi.” La nouvelle avait mis sept jours à paraître, à la rubrique “Etat civil”, car dans les jours qui avaient immédiatement suivi le décès, le sort de ce mort-là avait fait l’objet d’un petit suspense : un riche industriel de Calais avait des vues sur sa dépouille. En “amateur de choses rares”, il envisageait d’en faire l’acquisition pour l’empailler. Car ce Joseph Kabris, qu'on menaçait de dépecer alors qu'il venait de mourir, était tatoué des pieds à la tête. La municipalité s’empressera de le faire inhumer dans la fosse commune pour l’éviter, rapporte l’historien Christophe Granger dans le magnifique Joseph Kabris, ou les possibilités d’une vie, paru chez Anamosa à l’automne 2020.

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mardi 6 avril 2021

CRISE SANITAIRE: UN IMPACT SUR LE TAUX DE SUICIDES?

PAR VANESSA BERNARD 6 AVRIL 2021

Selon l’Observatoire National du Suicide dans son 4ème rapport, datant de Juin 2020, 9000 personnes se suicident en France chaque année. La crise a-t-elle eu un impact sur des chiffres déjà alarmants?

Chaque année, en France, 9000 personnes se donnent la mort. De la pré-adolescence aux âges les plus avancés, le suicide concerne tout le monde même si deux catégories sont plus particulièrement représentées : le taux est doublé chez les plus de 75 ans et les hommes ont un taux de suicide 3,7 fois supérieur à celui de femmes (qui font pourtant plus de tentatives).

Plus de 250 000 tentatives de suicide (TS) par an 

Plus inquiétant encore peut-être, plus de 250 000 tentatives de suicides sont prises en charge chaque année par les Urgences. Selon l’Observatoire national du suicide, là encore, certaines personnes sont plus particulièrement vulnérables. Parmi elles, essentiellement des jeunes filles entre 15 et 20 ans et dans une moindre mesure des femmes âgées de 40 à 50 ans. Chaque jour, ce sont au total 685 personnes qui font une tentative de suicide…

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« Il n’y a plus de ressort, les gens sont tétanisés, comme en léthargie » : à Bondy, un engrenage de catastrophes sociales et humaines

Par    Publié le 6 avril 2021




Liliane Bienvenu aura 80 ans dans six mois. Cette femme pétille d’énergie, d’amour et d’humour, et on lui donnerait facilement dix années de moins. Quand on lui fait la remarque, elle mime des pas de danse devant ses copines, hilares. C’est une militante du quotidien, pilier de l’amicale des locataires de l’immeuble des Potagers, un bâtiment de neuf étages dressé le long d’une des autoroutes qui polluent la ville de Bondy, au cœur de la Seine-Saint-Denis. Habituellement, elle distribue des kilos de crêpes à qui veut. Aujourd’hui, on vient volontiers l’embrasser ou la serrer dans ses bras, tant pis pour le virus.

Les Potagers, ce sont environ 200 logements, 600 habitants officiellement, sans doute davantage si on en croit les noms ajoutés sur les boîtes à lettres. Les conséquences sociales de la crise ? « Terrible, terrible, terrible. » Liliane a beau être une optimiste indécrottable, elle secoue la tête. Il y a les impayés qui s’accumulent à l’office HLM. Il y a surtout les élèves qui décrochent des apprentissages, et rien ne l’inquiète plus. « Habituellement, on a une trentaine d’enfants tous les soirs pour le soutien scolaire. Avec le virus, on ne peut plus s’en occuper. On les tenait, on les aidait, on ne les tient plus. C’est un drame. »

Liliane Bienvenu, à Bondy (Seine-Saint-Denis), le 1er avril 2021. A bientôt 80 ans, elle s'occupe de « l'amicale des locataires » de l'immeuble des Potagers.

Aux petits soins L’ostéopathie, effet placebo ou équilibre retrouvé?

par Eric Favereau  publié le 6 avril 2021

A la mi-mars, une étude française menée sur dix ans tenait à montrer que cette médecine non-conventionnelle, chronique n’avait qu’un effet placebo contre le mal de dos. Et si les choses étaient plus compliquées que cela ?

D’ordinaire, lorsque l’on rend compte d’une étude scientifique mettant en cause une médecine alternative pleuvent aussitôt des réactions outrées, voire bien souvent agressives. Révélant une fois encore les tensions entre ces deux mondes thérapeutiques, l’allopathique et le parallèle. Mi-mars, la grande revue médicale Jama (The Journal of the American Medical Association) a fait état d’une étude française étalée sur près de dix ans étudiant les effets de l’ostéopathie dans le traitement des lombalgies chroniques : il apparaissait que «cette discipline, très prisée en France n’était pas plus efficace qu’un placebo.» Et l’on s’attendait donc à des courriers indignés.

lundi 5 avril 2021

Témoignages Désinformation médicale : l’autre pandémie




par Anaïs Moran  publié le 4 avril 2021  

Depuis un an, le Covid-19 a plongé la communauté médicale dans une tourmente interne, en raison des prises de parole contestées de professionnels remettant en cause la gravité de la maladie ou évoquant des remèdes miracles.

Noémie Zucman, réanimatrice à l’hôpital Louis-Mourier de Colombes (Hauts-de-Seine), aurait bien du mal à les hiérarchiser. Dans cette crise sanitaire, les fake news médicales n’ont fait que pulluler. Par où commencer ? «Je pense que l’affaire de l’hydroxychloroquine est le point de départ de tout. Cela a aussitôt créé une scission dans la communauté médicale, entre ceux qui voulaient tempérer et ceux qui ont plongé la tête dedans, retrace-t-elle. Toutes les autres désinformations ont reposé sur ce principe. Je ne sais pas laquelle est la plus nuisible. Mais ce dont je suis sûre, c’est que je me demande tous les jours comment on a pu en arriver là.»

La pandémie de Covid-19 a créé un « baby flop » mondial

Par  et   Publié le 4 avril 2021

La crise sanitaire s’est traduite par une baisse de la natalité en 2020, parfois inégalée depuis la seconde guerre mondiale, en particulier dans les pays développés.

Une vendeuse se repose dans un magasin de jouets à Erevan, le 28 mai 2020.

L’impact du Covid-19 sur la population mondiale ne se mesure pas seulement à l’augmentation vertigineuse du nombre de décès, il se lit aussi dans une natalité en berne. La crainte d’un avenir incertain et les répercussions économiques immédiates de l’actuelle crise sanitaire ont freiné le désir d’enfant, le renvoyant au minimum à plus tard. La première vague de contagion et les confinements du printemps 2020 dessinent donc comme un accroc dans les courbes démographiques neuf mois plus tard, à partir de novembre. Il ne s’agit, cependant, que d’estimations ou de premières statistiques : dans ce domaine aussi, le monde est bien inégalement desservi.

Au total, les berceaux manquants devraient se compter par millions, de façon inégale. La pandémie n’a pas frappé avec la même violence partout, ni suscité les mêmes angoisses dans les pays qui se sont détournés des maternités et dans ceux où elle a interrompu l’accès à la contraception.

Enquête Sur TikTok, les mamies et papis cartonnent

par Elise Viniacourt  publié le 4 avril 2021

Qui a dit qu’il y avait une limite d’âge pour devenir influenceur ? Mis en scène par leurs petits-enfants, sur TikTok, les grands-parents cartonnent. Des comptes à plusieurs millions de vues qui, dans les familles, resserrent les liens entre les générations, séparées par la pandémie de Covid.

Sur une instru chaloupée, les paroles de Jul abondent : «J’fume la beuh d’Amsterdam, celle qui est bonne, qui t’monte au crâne.»Casquette à l’envers et moulinets fébriles du poignet, la chorégraphie de Claude et Josette est bien huilée. Sur TikTok, elle cumule même plus de 300 000 vues. Petit détail : ces stars de l’appli ont 89 et 85 ans.

Derrière le téléphone et aux manettes du montage, on trouve Valérian, leur petit-fils. Pour le trio, tout a commencé en août : «La première vidéo qui a marché, on m’entend appeler ma grand-mère, elle me regarde et elle me sourit», retrace ce salarié dans la communication, âgé de 25 ans. Un sourire ravageur puisqu’il entraîne près de 400 000 vues. «J’ai trouvé ça incroyable, on me dit des choses très gentilles, on me dit que je suis belle… à 85 ans !», minaude Josette, flattée.

Série «Hippocrate», sanitaire à terre


 


par Marius Chapuis   publié le 5 avril 2021

On voudrait la tenir éloignée en ces temps de crise sanitaire, pourtant la deuxième saison de la série, toujours aussi juste dans son exploration sans fioriture des rouages de l’hôpital, s’attache à observer le collectif comme un refuge.

La catastrophe, forcément. Mais pas celle qu’on attend et redoute aujourd’hui dans une série médicale. La cata, c’est celle des moyens de l’hôpital, qui trouve ici une manifestation physique à l’état liquide : une gigantesque inondation liée à une canalisation dans les sous-plafonds qui pète à cause du froid. Chaussures, chaussettes et pantalons gorgés de flotte, c’est tout un hôpital qui s’agite en glissant pour évacuer les patients et sauver le matos. Avec, pour conséquence directe et durable, le transfert du service des urgences dans les locaux de la médecine interne où travaillent les quatre jeunes toubibs qu’on marquait à la culotte dans la première saison d’Hippocrate.

2009, la transsexualité n'est plus classée maladie mentale en France






Cette année, comme chaque 31 mars, place à la Journée internationale qui célèbre la communauté transgenre, dite TDOV. Les transsexuels, une communauté souvent discriminée et qui, jusqu'en 2009, étaient considérés en France comme des malades mentaux.



Santé mentale. Des formations pour avoir les premiers réflexes face à une personne en détresse



 Valérie PARLAN  Publié le 

Parce que les premiers gestes de secours concernent aussi la santé mentale, s’y former est aujourd’hui possible.

Il y a le collègue devenu si triste ces derniers temps. L’amie qui ne dort plus, pleure souvent. Un parent qui se sent déprimé. À leurs côtés, bien souvent, nos mots de soutien peinent par peur d’être maladroits, intrusifs. Alors comment se sentir armé pour accompagner les personnes victimes de troubles psychiques ?

Depuis 2019, l’association PSSM (Premiers secours en santé mentale) propose des sessions de formation, ouvertes à tous, afin d’être sensibilisés à une meilleure connaissance des maladies. Pour mieux prévenir et, ensuite, mieux guérir. Une initiative née d’une pratique déjà très pratiquée en Australie et dans de nombreux pays.

Seddouk : Le service de psychiatrie à l’arrêt

04 AVRIL 2021

Le service de psychiatrie relevant de l’EPSP de Seddouk est à l’arrêt depuis plusieurs semaines, a-t-on pu constater.

Contactée par nos soins, la directrice de l’Etablissement a confirmé la cessation des prestations médicales, assurées par un médecin spécialiste. «Le psychiatre a pris un arrêt de travail, avant de déposer une démission. Nous avons saisi la direction de la santé, auprès de laquelle nous avons sollicité l’affectation d’un autre spécialiste», a-t-elle informé, indiquant que pour l’heure, ce sont les médecins généralistes de l’EPSP qui prennent en charge le renouvellement des ordonnances au profit des malades.

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De meilleures conditions réclamées pour les employés « à bout de souffle


 



HENRI OUELLETTE-VÉZINA  Publié le 3 avril 2021

QUEBEC

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

L’Institut Philippe-Pinel est situé dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Des intervenants de l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel déplorent l’état de leurs conditions de travail, en pleine pandémie de COVID-19. Gel des salaires depuis deux ans, manque d’équipements de protection, situations violentes : nombre d’enjeux causent selon beaucoup une saignée de l’expertise et font craindre le pire pour la suite.

« Le problème est majeur et connu depuis bon nombre d’années à l’Institut : dans beaucoup trop de cas, nos intervenants spécialisés en pacification et en sécurité (ISPS) nous quittent pour travailler dans le milieu carcéral ou la police. C’est une perte constante d’expertise qui fragilise l’institution », explique la présidente du Syndicat des employés de l’Institut, Marie-Ève Desormeaux, aussi intervenante. 

Elle affirme que l’expérience des ISPS est pourtant un « facteur clé du succès de la désescalade » de la violence dans les milieux psychiatriques. « À la base, le gouvernement du Québec s’obstine à ne pas leur attribuer une description d’emploi qui reconnaîtrait leur expertise et la complexité de leur travail. Avec une description d’emploi adéquate, ils recevraient une meilleure formation, un meilleur encadrement et possiblement un meilleur salaire », insiste la cheffe syndicale. 

Alors que des négociations sont en cours sur les conditions de travail de ces intervenants, la hausse du salaire contribuerait notamment « à une meilleure rétention du personnel et au maintien d’une haute expertise, à la hauteur des immenses défis de notre établissement », affirme Mme Desormeaux.

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« La santé mentale ne doit pas servir de prétexte à des choix contraires aux objectifs sanitaires »

Publié le 30 mars 2021 

TRIBUNE

Il n’est pas prouvé que l’impact psychiatrique d’un confinement strict de quelques semaines serait plus important que celui de « la prolongation de demi-mesures de restriction », explique, dans une tribune au « Monde », le chef de service en psychiatrie Antoine Pelissolo.

Tribune. La situation actuelle oblige le pouvoir politique à prendre des décisions sous la pression d’enjeux souvent contradictoires, qu’ils soient sanitaires, sociaux, économiques, ou psychologiques. Depuis un an, nous avons été nombreux, professionnels de la psychiatrie, à alerter sur l’état psychologique de la population.

Les conseils de Angèle Consoli, la psychiatre du conseil scientifique, pour survivre à la période actuelle

Face au Covid-19, "il faut ouvrir des lits en psychiatrie", alerte Angèle Consoli, qui appelle à s'accrocher aux espoirs suscités par la vaccination.


 Depuis son bureau à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, Angèle Consoli est au chevet d’une France qui se ronge les ongles. Entre deux consultations dans le plus grand service psychiatrique de France, cette nouvelle recrue du Conseil scientifique apporte son expertise à Emmanuel Macron pour ménager la santé mentale des Français, malmenés par la crise du coronavirus

Alors que le coronavirus sature déjà les hôpitaux, l’Élysée s’inquiète de l’émergence d’une nouvelle épidémie. À la mi-février, 22,7 % des Français interrogés par Santé publique France se disaient victimes de troubles dépressifs ou anxieuxLa détresse psychologique n’a jamais été aussi répandue, même pendant les deux confinements nationaux.

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Une partie de la communauté médicale prend ses distances avec les Cassandres

Paris, le mardi 30 mars 2021 – Plusieurs journaux se sont plu ces dernières semaines (et encore aujourd’hui Le Monde) à décrire le Président de la République en apprenti «épidémiologiste » ayant choisi depuis le début de l’année de décrypter lui-même les différents travaux publiés sur la Covid plutôt que se fier uniquement aux analyses du Conseil scientifique (après avoir notamment constaté, comme beaucoup d’autres, un écart important entre certaines projections qui ont pu lui être présentées et la réalité). Cette attitude forcerait l’admiration de ses apôtres de toujours et ne manquerait pas d’agacer a contrario un certain nombre de praticiens.

Une méthode contre-productive

Ce ne sont cependant pas les dissensions qui se font jour actuellement au sein de la communauté médicale (et qui sont le reflet de lignes divergentes depuis le début de l’épidémie) qui pourraient cependant le faire douter de la pertinence de ses velléités d’indépendance (si tenté qu’Emmanuel Macron soit adepte du doute). On observe en effet ces dernières heures une prise de distance certaine avec les discours catastrophistes qui ont été entendus ce week-end. Les mots des auteurs de la tribune publiée ce week-end dans le Monde (huit spécialistes d’anesthésie-réanimation) étaient sans nuance. « La situation actuelle tend vers une priorisation, autrement appelée « tri », qui consiste, lorsqu’il ne reste qu’un seul lit de réanimation disponible mais que deux patients peuvent en bénéficier, à décider lequel sera admis (et survivra peut-être) et lequel ne sera pas admis (et mourra assez probablement). C’est bien vers cela que nous nous dirigeons » écrivent-ils, en accusant tout aussi clairement le gouvernement d’être responsable de cet état de fait. Cette présentation a cependant été regrettée par la Fédération hospitalière de France (FHF). Si la FHF pourrait être en accord avec les signataires de ce texte quant à l’urgence d’adopter des mesures plus strictes (son président, Frédéric Valletoux s’est ainsi exprimé dans ce sens la semaine dernière), elle récuse « la véhémence » du propos qui « est de nature à inquiéter les malades et leurs familles ». Le responsable de la FHF Ile-de-France Serge Blisko déplore également une « tribune qui affole et n’est utile, ni pour les soignants et ne peut que nuire à la relation de confiance entre la population et les hôpitaux… ». Le président de la Société de réanimation de langue française à l’hôpital Saint-Antoine, Eric Maury, cité par le Parisien partage le même malaise face à la teneur du message : « Je ne crois pas que ce soit très judicieux », commente-t-il.


Statistiques et visualisations de données Covid19

 

CovidTracker

CovidTracker est un outil permettant de suivre l'évolution de l'épidémie à Coronavirus en France et dans le monde. Pour des analyses quotidiennes des chiffres, vous pouvez suivre @guillaumerozier sur Twitter, ainsi que @covidtracker_fr.

En un coup d'œil

Mise à jour : hier

409

TRÈS ÉLEVÉ ET STABLE

Taux d'incidence
Nombre de cas par semaine pour 100k habitants. Le seuil d'alerte est 50.

7.74%

MODÉRÉ ET STABLE

Taux de positivité
Proportion des tests qui sont positifs parmi l'ensemble des tests.

1.2

MODÉRÉ ET STABLE

Taux de reproduction R
Nombre de personnes contaminées par 1 malade. Au-dessus de R=1, l'épidémie progresse.

103.6%

TRÈS ÉLEVÉ ET STABLE

Tension hospitalière
Nombre de lits de réanimation occupés par les patients Covid19 par rapport au nombre de lits fin 2018.


Cas positifs

On prélève en moyenne 39 012 tests positifs au Covid19 chaque jour, en hausse (+ 11 %) par rapport à la semaine dernière (par date de prélèvement, J-3)

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