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dimanche 5 juin 2016

Des équations pour toute occasion

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
Conformément à l’équation d’Euler, en cas de changement d’échelle, les pattes de la fourmi ne pourraient supporter un corps dont la masse croîtrait plus vite que la résistance de son squelette.
Conformément à l’équation d’Euler, en cas de changement d’échelle, les pattes de la fourmi ne pourraient supporter un corps dont la masse croîtrait plus vite que la résistance de son squelette.
Si vous êtes resté traumatisé(e) par vos années scolaires, où la tyrannie des maths et de la physique a fait de vous un ou une « littéraire », peut-être trouverez-vous dans ce livre un baume, une occasion de revisiter sans douleur des territoires jadis hostiles. Si vous faites au contraire partie de celles et ceux pour qui les chiffres avaient plus d’attrait que les lettres, il pourrait vous rappeler de bons souvenirs.

Réconcilier scientifiques et littéraires
A la lecture de son Théorème de la fourmi géante, on se dit que des professeurs comme John M. Henshaw (spécialisé dans le génie mécanique à l’université de Tulsa) pourraient faire beaucoup pour réconcilier deux mondes qui, singulièrement en France, semblent irrémédiablement scindés. En passant en revue 52 équations dont certaines sont vieilles de plusieurs millénaires et d’autres n’ont été résolues que très récemment, il démontre que la plupart d’entre elles peuvent être rendues accessibles à tous les publics. Et qu’elles peuvent permettre à chacun de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.
Les ouvrages de ce type ne sont pas rares. Dana Mackenzie a récemment réuni « les 24 plus belles équations de l’univers » dans Fous d’équation (Flammarion, 2014). Quelques mois auparavant, Ian Stewart décrivait les 17 équations qui ont changé le monde (Robert Laffont, 2014). Mais au lieu de promettre au lecteur de saisir la nature intime de l’Univers, encapsulée dans quelques formules alliant puissance descriptive et concision, John Henshaw propose un voyage plus prosaïque. Ce qu’on perd en vertiges, on le gagne en accessibilité.
Chacun des chapitres, très courts, aborde en effet des thèmes concrets en rapport avec l’équation convoquée. La fourmi qui donne son titre à l’ouvrage n’existera jamais, apprend-on, parce que, conformément à l’équation d’Euler, du flambage, en cas de changement d’échelle, ses pattes grêles ne pourraient supporter un corps dont la masse croîtrait beaucoup plus vite que la résistance de son squelette externe.
QI et IMC remis en question
Henshaw ne se contente pas d’équations purement physiques ou mathématiques : il donne la formule du QI, et rappelle les limites de cette forme de mesure des capacités cognitives. Il fait aussi un sort à l’imparfait indice de masse corporelle.
Plus qu’une traduction, le physicien et journaliste scientifique Philippe Boulanger offre une adaptation de l’ouvrage de Henshaw, dont on doute qu’il ait pris pour exemple de mesure de la densité des foules les manifestations contre la loi Taubira… Philippe Boulanger n’est cependant pas allé jusqu’à réintroduire Hyppolyte Fizeau (1819-1896), dont les mérites ne sont pas mentionnés dans le chapitre sur l’effet Doppler.
Un regret, minime, concerne le chapitre sur la moyenne : l’occasion est manquée pour vraiment expliciter ce qui la différencie de la médiane – une confusion qui peut pourtant coûter cher sur les bancs de l’école… et au-delà !
Le Théorème de la fourmi géante, John M. Henshaw, Belin, 342 p.

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