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Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

jeudi 26 février 2015

Le mal a du bon

ROBERT MAGGIORI

Dans Aurore, Nietzsche, toujours avisé, constate : «Jusqu’ici c’est sur le bien et le mal que l’on a le plus médiocrement réfléchi : ce fut toujours une affaire trop dangereuse. La conscience, la bonne renommée, l’enfer et même, à l’occasion, la police, ne permettaient et ne permettent aucune impartialité.» Jean-Clet Martin, philosophe et romancier, spécialiste de Derrida, Foucault et Deleuze, reprend l’idée en ouverture de son essai : la réflexion sur le mal «suscite crainte et soupçon», au point que, sans parler de Sade, on a pu accuser Machiavel ou Spinoza d’«avoir conclu un pacte avec des forces obscures». Penser le mal, ce n’est évidemment pas céder à la bienséance, qui voudrait qu’il fût tout entier «de l’autre côté» de la montagne, là où il y a l’«ennemi», ni à la convenance, qui l’attacherait aux seuls actes de fous et barbares - inhumains. C’est exposer la philosophie aux «mauvaises rencontres», la conduire dans une «zone d’exclusion, parfois aveugle», où elle se trouve contrainte de changer ses concepts, les tordre, les abandonner ou leur ajouter des extensions inédites. C’est ce que tente Martin, en allant traquer dans des «carrefours sans éclairage»quelque pensée hétérodoxe, inexploitée, chez Spinoza, Nietzsche, Descartes, Pascal, Kierkegaard ou Deleuze - mais aussi bien chez les héro(ïne)s de la littérature (de Achille ou Hector à Justine, Emma Bovary, la princesse de Clèves), voire des démons sortis de l’enfer dantesque ou certains vampires…
Qu’on ne s’attende pas à une étude méthodique du mal et de ses manifestations, qui procéderait en démontrant point par point ce qu’elle avance. Martin est plutôt «inspiré», et sa pensée procède par associations ou fulgurances. «Le fantastique, le fantasque est la seule voix que nous pouvons entendre lorsque s’ouvrent les portes sur un infini sans raison, redevable d’une logique des passions que la raison ignore», dit-il.

«Canibalia», voraces au mythe coriace

VIVIANA BIROLLI

«Seule l’anthropophagie nous unit. Socialement. Economiquement. Philosophiquement.» En 1928, la solution aux prises de bec entre le modernisme brésilien et son grand frère européen s’imposait comme une évidence aux yeux de l’auteur du Manifeste anthropophage, Oswald de Andrade : inutile d’imiter l’Europe, il suffit de l’avaler et de la digérer. Rien de tel qu’un bon repas anthropophage pour dévorer l’autre et, du même coup, métaboliser tout différend politique, culturel et gastronomique.
Zoos humains. Bien avant que la littérature brésilienne ne s’empare de cette imagerie, la figure du cannibale avait déjà eu largement le temps de troubler - voire d’exciter secrètement - nombre d’esprits du Vieux Continent, et ce, depuis ce jour où Christophe Colomb eut l’idée de forger un nouveau mot condensant tous les fantasmes associés au primitif amérindien. Des anecdotes qu’il annotait sur son journal au sujet des sauvages Caniba - un seul œil et un visage de chien - au topos du cannibale des Caraïbes prêt à s’exporter pour effrayer l’Europe, il n’y avait qu’un pas. «Canibalia», l’exposition orchestrée à la Fondation Kadist, à Paris, par la commissaire Julia Morandeira Arrizabalaga, part des mésaventures séculaires du cannibale pour questionner une figure tenace qui n’a cessé de se transformer au gré des interprétations et des fantasmagories qu’elle pouvait susciter : les colonisateurs - criant au monstre ou au bon sauvage, selon les occasions, le public des zoos humains - séduit par la jeune beauté sauvage, horrifié par la vieille sorcière lascive ; les ethnologues et les artistes, dont ce Théodore de Bry (1528-1598) qui dessina le Nouveau Monde sans bouger de son salon francfortois.
Ce sont les gravures de ce dernier qui donnent le coup d’envoi historique de l’exposition : les voici, les fameux sauvages, tous à poil en hommage à la tradition, remplaçant les rondes endiablées des bacchanales par un pique-nique convivial à base des côtelettes du voisin de cabane. Ou bien à la queue leu leu, en train de s’adonner à une ronde sodomite dans un dessin contemporain de Carlos Motta interrogeant les coutumes sexuelles de la civilisation précolombienne, avant que l’avènement du péché ne change tout. «Ce mur n’a pas d’image mais il contient de la géographie» (Runo Lagomarsino) : l’entrée dans le territoire de l’exposition se fait par une phrase sèchement typographiée sur un mur blanc.

C’est arrivé… le 26 février 1857 Naissance d’Émile Coué, inventeur d’une célèbre méthode !

26.02.2015

Descendant de petits nobliaux Bretons, Émile Coué de la Châtaigneraye est né à Troyes. Alors qu’il rêve de devenir chimiste, son père, employé des chemins de fer de l’Est, lui conseille de devenir pharmacien, profession qu’il juge plus rémunératrice…

Après un stage dans une pharmacie de Troyes, il monte à Paris où il poursuit ses études, au collège Sainte-Barbe avant de faire son internat à l’hôpital Necker. Son diplôme de pharmacien de première classe en poche, il retourne dans l’Aube où il ouvre une officine dans sa ville natale.

Dans son exercice quotidien, il prend l’habitude d’accompagner la vente de ses produits de paroles encourageantes, découvrant par là même l’action du moral sur le physique et son rôle prépondérant dans le processus de guérison, ce qui l’amène à jeter les premiers fondements de sa méthode : toute maladie est double, produisant ses effets sur la condition physique du patient, mais aussi sur son moral. En guidant l’imagination de manière positive, il est possible de faire pencher la balance du bon côté et par là même de déterminer la guérison. Ainsi, lorsqu’un malade se persuade que la guérison va se produire, celle-ci se produira si elle est possible. Si elle ne l’est pas, il pourra néanmoins obtenir par la suggestion une amélioration optimale de son état.

Entretemps, Émile Coué se marie à une jeune femme originaire de Nancy, Lucie Lemoine, qui le pousse à rencontrer le Dr Liébault, un médecin de champagne qui a été l’un des premiers à s’intéresser aux phénomènes de suggestion.

En face

 28/02/2015


Paris, le samedi 28 février 2015 – Avec une imagination sans cesse renouvelée, l’homme, le médecin, les artistes élaborent des artifices pour distancer la réalité, pour éviter sa morsure, pour empêcher qu’elle ne s’impose en face à face. Mais d’autres, au contraire, recherchent toujours cet affrontement, s’appliquent consciencieusement à ne pas louvoyer, s’astreignent à éprouver la cruauté de la « vérité ». Caroline Vié ne fuit pas. Journaliste et écrivain, elle signe son deuxième roman « Dépendance Day », une fresque familiale, hantée par une sombre prophétie génétique : la maladie d’Alzheimer a déjà frappé Lachésis, atteint désormais Clotho et pèse, sombre menace, sur Morta, la narratrice. Cette dernière (qui à l’image de sa mère et de sa grand-mère porte le nom d’une Parques) a choisi de ne pas abandonner, ni sa mère, ni son probable destin : elle se confronte à la déchéance de l’être aimé, aux hésitations médicales, aux moqueries, aux railleries. La plume nous raconte tout, nous obligeant nous aussi à faire face aux détails les plus crus, à la déconfiture des hôpitaux psychiatriques, la pauvreté des maisons de « repos ». Et si l’humour teinte cette tragédie d’une couleur moins âpre, il n’est pas une mise à distance, une tentative d’éloignement, mais une autre façon d’éprouver l’implacable indignité de l’histoire.

Si « Le Généraliste » était paru en 1902 Onanisme : un fléau selon les pontes médicaux

27.02.2015

« L’onanisme est dangereux pour toutes les constitutions. Non seulement il nuit aux gens d’une santé délicate, mais aussi aux gens robustes. Il envahit l’organisme physique et moral. Les individus adonnés à ce vice deviennent vieux avant l’âge, ils prennent un aspect efféminé, sont comme engourdis, incapables d’aucune fatigue corporelle et intellectuelle et plusieurs finissent par devenir imbéciles.

Lomnius fait remarquer que les pollutions honteuses relâchent, dessèchent, affaiblissent, énervent et produisent une foule de maux.

Kloekopf pense, lui, que tous les vices peuvent naître des habitudes contre nature et il ajoute : « Je ne doute pas un seul instant que ces faiblesses si tenaces à guérir et beaucoup de phtisies n’aient leur origine dans l’onanisme. »

Tissot dit qu’on rencontre à la suite de la masturbation un affaiblissement des organes et de la respiration d’où résulte souvent une toux sèche, presque toujours des enrouements, dès qu’on se donne un mouvement un peu violent. Quelquefois, il existe une perte totale de voix.

Rostan accuse aussi, dans le tome IV du « Dictionnaire de médecine », les mauvaises habitudes onaniques de gêner la respiration, de provoquer des suffocations fréquentes, des douleurs dans le sternum et dans le dos, entre les deux épaules, etc.

Lien possible entre consommation de café et protection contre l’Alzheimer

27.02.2015


La consommation de caféine a déjà été liée à une réduction du risque de la maladie de Parkinson et d'Alzheimer. Selon une récente recherche elle montrerait aussi des effets protecteurs potentiels contre la sclérose en plaques. Cette analyse d'études menées en Suède et aux Etats-Unis, publiée jeudi sur le site l'Académie américaine de neurologie "conforte l'idée que cette substance pourrait avoir des effets bénéfiques pour le cerveau", explique la Dr Ellen Mowry, une neurologue de la faculté de médecine de l'Université Johns Hopkins à Baltimore (nord-est), son principal auteur.

Cette photographe dévoile les corps abîmés et pourtant magnifiques de mères après leur accouchement

Jade est une photographe qui veut redonner confiance aux jeunes mamans du monde entier. En effet, après un accouchement, il est souvent assez difficile de se regarder dans un miroir et d’apprécier son corps méconnaissable. Les vergetures, la peau flasque mais surtout cet idéal de beauté qui emplit les esprits, n’enchantent pas vraiment les mères courageuses qui ont porté la vie. Découvrez donc ces femmes qui dévoilent leur corps abîmé et pourtant magnifique devant l’objectif. 
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C’est ce que Jade Beall, une jeune photographe, veut montrer au monde entier, en photographiant des mères au corps déformé par la grossesse. Sur son site, elle explique que son projet a pour but de « reconstruire l’estime de soi de certaines femmes » qui ont tendance à la perdre en se voyant dans le miroir et en ayant des images de perfection impossible de la part des médias. De plus, elle veut « inspirer les futures générations de femmes à assumer leur physique comme il est ». A l’image de Leticia Valverdes, une photographe qui elle aussi montre le corps des femmes comme il est vraiment… beau ! 
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mercredi 25 février 2015

La nouvelle voie des «entendeurs»

NOÉMIE ROUSSEAU ENVOYÉE SPÉCIALE À LUNÉVILLE (MEURTHE-ET-MOSELLE) 


Ce ne sont pas des fous, ce sont des rebelles. Ils se réunissent chaque semaine à l’Unité de psychologie médicale de Lunéville (Meurthe-et-Moselle). Ce jeudi d’hiver, ils sont une dizaine, soignants et soignés mêlés, assis autour de la même table ronde. Parmi eux, certains entendent des voix. Oui, comme Jeanne d’Arc. Mais aussi Charlemagne, Socrate, Beethoven, Dickens, Churchill, Freud, Sartre, Nothomb, Zidane… En fait, comme environ 10 % de la population, selon de nombreuses études. Un phénomène aussi répandu que tabou. Sauf qu’ici, on en parle. Il n’y a pas de blouse blanche, pas de maladie ni de patient. Les échanges débutent sans qu’on sache vraiment qui est qui. Et, progressivement, on s’aperçoit qu’ils sont en train de fomenter une petite révolution, qu’ils transgressent, l’air de rien, l’héritage psychiatrique, l’institution.
Et tout ça avec la bénédiction du psychiatre responsable de cette structure, Erwan Le Duigou. Depuis sa création, voilà trois ans, il soutient activement le groupe qu’il souhaite «le plus autonome possible». D’ailleurs, il n’assiste jamais aux réunions, conscient que sa présence pourrait nuire aux discussions. Idéalement, les séances se dérouleraient dans un lieu extérieur, dégagé de toute connotation médicale. Peut-être que des entendeurs de voix «heureux» ou du moins qui s’en accommodent, pousseraient plus facilement la porte. «Le problème ce n’est pas d’entendre des voix, le problème c’est quand elles deviennent méchantes», lance Amandine, une infirmière.

Kalachi, le mystère du village qui dort

Le Monde.fr |  | Par 

Une inexplicable épidémie s’est abattue sur cette bourgade du Kazakhstan. Près d’une centaine d’habitants s’y sont endormis brutalement, certains pour plusieurs jours…


Depuis 2010, une centaine d'habitants de tous âges ont été victimes d'endormissements soudains. Comme cet enfant, filmé par une équipe de la chaîne de télévision RT (Russia Today).

Dans les médias, le village a d’ores et déjà reçu un surnom : « Sleepy Hollow ». Non que la bourgade de Kalachi au Kazakhstan abrite un quelconque cavalier sans tête. C’est un mal nettement plus pernicieux qui plane sur ses quelque 600 résidents. Un mal invisible et jusqu’à présent inexpliqué. Depuis 2010, plus d’une centaine d’habitants ont été victimes de brutales et soudaines pertes de connaissance pouvant durer de deux à six jours. Le phénomène, qui survient par vague, s’est même sensiblement accru depuis mars 2013, d’après le Siberian Times, qui suit l’affaire depuis plusieurs mois.

« J’étais en train de traire mes vaches comme d’habitude, tôt le matin, et je me suis endormie, rapporte ainsi Marina Felk, une agricultrice de 50 ans. Je ne me rappelle de rien. Quand je suis revenue à moi, j’étais dans une chambre d’hôpital et des infirmières me souriaient. Elles m’ont dit : “Bienvenue Belle au bois dormant, tu te réveilles enfin” ». Marina Felk venait de « dormir » deux jours et deux nuits.

Enquête de coûts 2014 en Psychiatrie

Dans le cadre de ses travaux techniques sur la psychiatrie, l’ATIH mène une enquête qui doit permettre de disposer des données analytiques de coûts relatives à l'année 2014 pour les établissements DAF et OQN.

Aya Mhanna, psychologue au service des réfugiées syriennes

TV5MONDE Melinda Trochu 23 FÉV 2015


<strong>Aya Mhanna, une psychologue libanaise pas comme les autres</strong>
Aya Mhanna, une psychologue libanaise pas comme les autres
Melinda Trochu

A 29 ans, Aya Mhanna, psychologue clinicienne et psychothérapeute du Metn, au Liban, parle avec dévouement de son métier. Après des allers retours avec le Canada, c’est au pays du Cèdre qu’elle a choisi d’exercer. Détentrice d’un Master en psychologie clinique et psychopathologie de Paris V, la jeune femme a également une formation de psychothérapie familiale et d’art thérapie. Autant de diplômes qu’elle met aujourd’hui à profit



[Interview] Alain Leplege, responsable de l'unité de recherche sur la santé mentale et le handicap psychique à l'EPS Ville-Evrard



L'EPS Ville-Évrard lance la création d'une plateforme de recherche en santé mentale et handicap psychique en Île-de-France. Elle vise à permettre aux professionnels de terrain des secteurs sanitaire, médico-social et social de collaborer avec des équipes de chercheurs, pour transformer leurs questionnements professionnels en projet de recherche.

Hospimedia : "Vous supervisez actuellement le processus de création d'une plateforme de recherche en santé mentale et handicap psychique dans la région Île-de-France. À quels besoins ce projet répond-t-il ?


Alain Leplege En tant que membre du conseil scientifique de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), j'ai constaté que les projets de recherche dans ce domaine présentent des défauts. En évaluant les compte-rendus de recherche, on s'aperçoit que leur qualité méthodologique reste insuffisante. Il y a donc un besoin d'aide dans ce domaine. Ainsi, la plateforme a vocation à porter les projets ou simplement les accueillir dans un cadre de travail. Problématiser, organiser une équipe, rédiger un projet de recherche, un protocole, le mettre en œuvre, analyser les résultats et publier, autant d'étapes auxquelles nous pourrons apporter notre soutien car cette séquence est souvent mal exécutée. La structure mettra en rapport l'ensemble des acteurs pour leur permettre de travailler ensemble dans un environnement stable et régulier. Et les relations d'égal à égal entre les partenaires garantissent une vraie collaboration. Chacun doit y trouver son intérêt. Quand une thématique remonte du terrain nous ferons la translation vers la recherche et vice versa. Il est essentiel que les conclusions établies par les laboratoires retournent ensuite vers les pratiques. Même si le temps de la recherche est plus long que celui de l'action.

Francis Wolff donne le « la »

LE MONDE DES LIVRES |  | Par 



Avec « Pourquoi la musique ? », le philosophe signe une réflexion limpide et allègre sur l’essence et les sens d’un art majeur.

On peut concevoir un monde sans musique. On y trouverait des bruits, des cris, des sons, mais aucune mélodie. Ni tambour ni trompette, pas un chant, pas une salle de concert, pas un club de jazz… Ce qui manquerait ? Une dimension essentielle, pour nous, de l’existence – aussi évidente que difficile à définir : pulsation des souffles, rythmes qui donnent envie de danser, de taper des mains et des pieds, airs qui font pleurer, rêver, partir on ne sait où. Pareil univers, assurément, ne serait pas humain. Partout où existent des êtres humains, il y a des musiques, de la musique. Mais pourquoi donc ? D’où vient au juste cette création multiforme ? En quoi consiste-t-elle ? A quoi correspond-elle ? Questions redoutables, exigeantes, au premier regard insolubles. Pas pour Francis Wolff.

Ce philosophe, professeur à l’Ecole normale de la rue d’Ulm, à Paris, remarqué pour des travaux de belle tenue, signe aujourd’hui, avec Pourquoi la musique ?, un livre à proprement parler extraordinaire. Il y accomplit en effet cet exploit rarissime : éclairer des énigmes complexes de manière cohérente et neuve, tout en s’adressant – de façon accessible, vivante, sensible – à des lecteurs qui ne sont ni musiciens professionnels ni philosophes de métier. On se trouve vite saisi du sentiment d’avoir affaire à un ­travail qui fera date, va s’imposer comme une référence, un passage obligé pour toute réflexion sur l’essence, et les sens, de la musique. De l’Antiquité au romantisme, du grégorien au rap, toutes les musiques du monde, tous les genres, tous les styles sont convoqués. 

Martine à l’HP

LE MONDE DES LIVRES |  | Par 



L’éditorial du « Monde des livres », à propos de « L’Enfance politique », de Noémie Lefebvre.


Dans un monde déserté par ­l’espérance politique, disait le philosophe Michel Foucault, seul demeure un certain langage de la folie, qui trace « la limite forestière de notre littérature ». Noémie Lefebvre s’y tient, à cette folle lisière. D’une plume admirable, elle en fait l’espace d’une ­déraison et d’une liberté. Dans L’Enfance politique (Verticales, 176 p., 19 €), son troisième roman, ressurgissent les corvées de bois de la guerre d’Algérie, mais aussi la forêt où le Petit Poucet est abandonné et, enfin, la « démence des montagnes » qui vous aspire pour de bon. Au milieu de ces forêts où nous nous perdons avec un effroi ­enchanté, l’auteure place un marais de fureur, ou plutôt une mère de haine.

Martine, le personnage principal, sort de l’hôpital psychiatrique et habite chez cette mauvaise mère.

Que peut la psychanalyse pour le travail social ?

17 février 2015


PSYCHANALYSE
Couverture ouvrage
PSYCHANALYSE ET TRAVAIL SOCIAL, UN CERTAIN COUSINAGE
Éditeur : ERÈS
125 pages /10 € sur
Résumé : Ce livre de Louis-Georges Papon est le premier  opus  de la collection « Psychanalyse et travail social », dirigée par Joseph Rouzel, qui s'ouvre aux éditions érès. Bon ou mauvais augure ?

Que peut la psychanalyse ou le psychanalyste pour l'exclu ? Telle est la question posée par le livre. L'auteur étant psychanalyste et ayant travaillé auprès (d'équipes) de travailleurs sociaux en tant que formateur et superviseur, il explique ce que peut la psychanalyse dans le secteur social, et ce qu'elle ne doit pas viser.

L'ensemble du discours de Papon est caractérisé par le retournement du sens usuel de nos manières d'appréhender l'exclusion. Ainsi écrit-t-il : « On imagine mal l'énergie qu'il faut dépenser pour rester inactif. (...) le RMIste vit intensément son exclusion (...) Il vit un rapport presque charnel au corps social, submergé par les représentations qui font la passion du commun. » (p.28) Il est naturellement difficile d'ajouter quoi que ce soit à une telle affirmation, mais elle nous invite à penser autrement une exclusion toujours comprise de la même manière.


L'Effet divan

Par Pascale Senk - le 16/02/2015


INTERVIEW - Dans son livre : «L'Effet divan, éloge de la psychanalyse à l'usage de ceux qui veulent déployer leurs ailes» (Éd. L'Harmattan), Valérie Blanco, psychanalyste, défend une profession qu'elle juge efficace et bien trop souvent décriée.


LE FIGARO. - Vous avez choisi d'écrire un livre de défense de la psychanalyse… Pourquoi en a-t-elle besoin?
Valérie BLANCO. - Curieusement, l'analyse s'est tellement banalisée, on a dit sur elle tant, et dans tous les sens, qu'il m'a semblé nécessaire de préciser ce qu'elle est - et ce qu'elle n'est pas - réellement. Aussi, depuis plus de cent ans, ce lieu de parole secret, si intime, fascine tout autant qu'il dérange car il peut avoir des relents «d'initiation ésotérique» aux yeux de certains. Son côté novateur, voire révolutionnaire, peut s'être émoussé dans les esprits. Il faut donc à la fois réaffirmer sa modernité et son efficacité.

mardi 24 février 2015

L’embryon façonné par la mécanique des fluides

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO |  | Par 

Représentation d'un embryon de poulet.

Au commencement, l’être humain, comme la plupart des vertébrés, est bien peu de chose. Une fine crêpe molle de quelques millimètres de diamètre constituée de milliers de cellules. Cet objet informe deviendra pourtant en quelques heures un objet tridimensionnel qui préfigure sa forme et sa segmentation finales – une tête, un tronc, des membres avec une symétrie axiale presque parfaite…

C’est ce passage mystérieux que vient d’expliquer, dans The European Physical Journal E, le 12 février, une équipe française qui a travaillé sur des embryons de poulet. Leur théorie et leur expérience fournissent en fait le patron à partir duquel sont bâtis les vertébrés. Et étonnamment, sans faire appel à la biologie moléculaire, à la génétique ni à la chimie mais à la physique.

Pour créer un animal, tout est question d’écoulement de matière visqueuse, de force et d’élasticité. Très naturellement, les mouvements de cellules conduisent par une séquence rapide de moins de deux jours (pour le poulet) à donner du volume à la crêpe initiale, comme pourrait le faire un plieur d’origami. Par exemple, quatre tourbillons initiaux rassemblent et étirent la matière au centre, menant à la formation du futur axe tête-queue.

Comme une membrane élastique


Ensuite, ces mouvements forment des plis, comme lorsque l’on tire sur une membrane élastique. De tourbillons en tractions et en plissements, la crêpe prend une forme stable : une « tête » étalée, des protubérances aux « épaules » et aux « hanches », une « colonne vertébrale », un nombril et un anus dans lequel se sont engouffrées des cellules, une poche pour le système digestif… Ultime pliage, la galette se referme pour former le sac amniotique dans lequel le développement de l’embryon se poursuivra.

Médecins du Monde demande le relèvement du seuil de la CMU

24.02.2015

"Globalement, on est au milieu du gué. On a l'impression que le gouvernement n'a pas totalement pris de décisions" en matière d'accès aux droits et aux soins. Le président de Médecins du monde, Thierry Brigaud a appelé mardi les parlementaires à améliorer le projet de loi santé, jugé trop timide en matière de lutte contre les inégalités. MdM estime qu'en dépit d'"avancées pour les personnes les plus vulnérables", le projet de loi de la ministre Marisol Touraine "reste en deçà des objectifs" fixés dans la Stratégie nationale de santé,présentée en 2013.

Alcool : les recos nouvelles sont arrivées !

24.02.2015

La Société française d’alcoologie (SFA) vient d’édicter de nouvelles recommandations dans le but d’aider les généralistes à repérer et prendre en charge le patient alcoolique. Cette publication intervient dans le cadre du désormais bien connu changement de paradigme de prise en charge du mésusage d’alcool où l’abstinence n’est plus une nécessité et où l’objectif est d’avantage la réduction de la consommation. Ces recommandations confirment la place de plus en plus prépondérante prise par le généraliste dans ce combat contre l’alcoolisme, même si l’échec de la prise en charge au cabinet de dépendances sévères ou complexes impose bien sûr l’orientation vers des structures spécialisées.

Apprendre à reconnaître et traiter un mésusage d’alcool

Les nouvelles recos rappellent d’abord aux praticiens les seuils de risque, et comment évaluer la consommation en nombre de verres standard ingérés par le patient. Les seuils sont de 4 verres par occasion pour l’usage ponctuel, de 21 verres/ semaine pour l’usage régulier chez l’homme et de 14 verres/semaine chez la femme. Un verre standard étant défini par une quantité d’alcool pur de 10 grammes correspondant approximativement à 10 cl de vin, 25cl de bière à 5% ou 3 cl d’alcool à 40%.

Si « Le Généraliste » était paru en février 1917 Le saut à la corde, remède contre la constipation

24.02.2015

« Parmi les traitements de la constipation, il en est certains qui ont, du moins, l’intérêt de la bizarrerie. Et, de fait, un médecin a conseillé, il y a peu de temps, de faire sauter à la corde le ou les constipés pendant 60 secondes, le matin après le bain, en signalant qu’on peut répéter la même séance Durant le cours de la journée. Les secousses du saut augmentent la circulation et la respiration. Il en résulterait des contractions intestinales actives, éminemment favorables. L’effet serait rapide et parfait. Ce traitement, qui n’a aucun inconvénient, donne les meilleurs résultats et permet d’éviter l’emploi de tout laxatif. »

(Bulletin général de thérapeutique, février 1917)

Robear : le robot infirmier qui prend soin des patients

BEGEEK 24 février 2015

Robear peut soulever les malades

Robear peut soulever les malades

La société Riken a développé un robot baptisé Robear permettant de soulever et déplacer des patients sans difficulté.

Soulever une personne invalide est un geste qui demande non seulement une technique très bien rodée, mais surtout une force physique assez importante. Répété de nombreuses fois dans la journée, ce geste peut avoir des conséquences sur la santé du personnel soignant, notamment au niveau du dos.
C’est pourquoi une équipe de chercheurs japonais des laboratoires Riken s’est penchée sur le développement d’un « robot infirmier » baptisé Robear et apte à déplacer des personnes invalides.« Nous espérons vraiment que ce robot va entraîner des progrès dans les soins infirmiers et soulager le fardeau des soignants », souligne la firme dans un communiqué.