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vendredi 17 juin 2016

L'ARS Languedoc-Roussillon s'interroge sur la pertinence des modes de répit sur le champ du handicap



Des demandes de formules de répit de plus en plus importantes mais des places en accueil temporaire sous-utilisées. Face à ce constat paradoxal observé dans le champ du handicap, l'ARS Languedoc-Roussillon a sollicité le Creai-ORS* afin de faire le clair sur cette situation. Faut-il donc revoir les agréments pour transformer l'accueil temporaire en hébergement permanent ou retravailler les solutions de répit ? Le rapport final, daté d'avril 2016 et tout juste publié, propose plusieurs pistes de travail dans un secteur où la notion de répit n'est que très peu abordée voire même "pas encore très stabilisée".


Pas moins de 1 700 à 2 000 usagers d'établissements et services médico-sociaux (ESMS) et d'aidants auraient des besoins de répit pour des séjours courts, occasionnels ou réguliers. Sans compter les usagers hors du circuit médico-social, qui, le rappellent les auteurs, "sont peut-être autant, sinon plus, concernés par la situation". Pourtant, d'après les retours des ESMS, seuls 22,4% indiquaient disposer de places d'accueil temporaire — soit 20 réponses réparties sur 10 des 89 structures répondantes.



Pourquoi donc un tel fossé entre besoins observés et offre de répit ? D'après les retours des pouvoirs publics, l'explication tiendrait de l'approche quasi-exclusivement tournée vers les situations de réclamations et de recours. Principalement sollicitées pour résoudre des situations critiques, les tutelles envisagent en effet la question du répit sous le prisme du seul manque de places ou de solutions adaptées. Et les auteurs de prendre l'exemple de l'accueil temporaire, utilisé principalement pour la transition dans le parcours de vie ou comme solution de secours en cas de manques en hébergement permanent. Leur utilisation pour répondre à des besoins de répit apparaît donc "plus marginale", soulignent les auteurs. Du côté des familles, cette gestion d'urgence ne relève cependant pas de la notion même de répit. Elles aspirent au contraire à des solutions souples, administrativement parlant simplifiées, et permettant également un accueil de nuit.



Dans ce cadre, plusieurs pistes ont été envisagées, à commencer par un travail sur l'utilité même du répit. L'étude propose ainsi d'intégrer les solutions de répit dans le projet de vie dès le diagnostic ou l'évaluation des besoins de l'usager, mais également dans tout projet d'établissement ou de service. Au-delà, est conseillé de mettre en place sur chaque département une plateforme d'information et de coordination pour la mise en relation entre offre et besoins. Enfin, une série de solutions a également été soumise pour les interventions au domicile comme celles hors du domicile. Sont évoqués notamment le passage en familles d'accueil classiques formées au handicap, les échanges interétablissements, ou encore la mise en place de solutions ambulatoires adossées à un établissement de handicap. Neuf fiches propositions ont été déclinées en ce sens.
Agathe Moret
* Centre régional d'études, d'actions et d'informations en faveur des personnes vulnérables (Creai) et observatoire régional de santé (ORS)

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