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vendredi 17 juin 2016

La HAS se penche sur la création d'un algorithme d'aide à la décision d'orientation des patients


Initialement saisie pour réaliser une grille d'analyse de la pertinence des demandes d'admission en HAD, la HAS va créer un algorithme d'aide à la prescription. Pour sa réalisation, elle pourra s'appuyer sur les travaux déjà engagés dans certains établissements, comme Soins et santé à Lyon.

Les besoins d'aide à la prescription se font de plus en plus sentir en HAD. Les travaux de la Haute Autorité de santé (HAS) devraient permettre de faciliter les prescriptions. Une aide qui prendra la forme d'un algorithme, plutôt qu'une grille d'analyse comme le prévoyaient les premiers travaux de l'autorité administrative. "Une grille de pertinence ne permet pas de tenir compte de plusieurs critères simultanément. Aussi, un algorithme d'aide à la décision d'orientation, qui indique in fine si le transfert en HAD est adapté ou non pour le patient paraît préférable", estime la HAS dans sa feuille de route, datée du 10 juin sur ces travaux.


La HAS compte s'appuyer sur les critères fondamentaux de la prise en charge de l'HAD, ainsi que sur les critères de non-transfert. L'autorité rappelle ainsi que les soins en HAD sont des "soins complexes, techniques, longs, pluridisciplinaires et dispensés par divers professionnels de santé". S'il existe vingt-deux modes de prise en charge en HAD, la HAS compte utiliser uniquement des critères "génériques, centrés sur les besoins de soins des patients". Comme pour l'outil d'aide à la prescription en SSR, déjà élaboré par la HAS, l'outil HAD prendra la forme d'une succession de filtres. L'autorité rappelle cependant que la décision de l'admission effective reste du ressort du médecin coordinateur.

Premiers tests en 2017


L'algorithme de la HAS sera soumis à des tests au début de l'année 2017, afin de valider les libellés, d'évaluer l'utilité et de définir le type de support. Il sera ensuite diffusé en mai 2017. Auparavant, un prototype sera constitué à partir d'une analyse des données du programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) ainsi que de la grille de codage PMSI-HAD. La HAS n'a pas l'intention d'avoir recours aux modèles élaborés à l'étranger : "L'HAD en France se situe dans un contexte réglementaire particulier, rendant non transposables les grilles et outils d'admission développés à l'étranger". L'autorité compte cependant s'appuyer sur "les quelques grilles d'admission élaborées par les HAD elles-mêmes".



Plusieurs établissements ont déjà, en France, mené des travaux pour mettre en place un guichet unique d'aide à la prescription. "L'HAD fait le plus compliqué et peut donc faire le plus simple mais il ne faut pas laisser penser que ces outils sont faits pour garder les patients", précise Zabouda Crétenet, directrice générale adjointe de l'HAD Soins et santé à Lyon (Rhône), établissement pionnier dans ces travaux. À Rouen (Seine-Maritime), un guichet a été constitué dans le CHU pour accompagner les prescripteurs hospitaliers. Un service qui concerne uniquement les établissements HAD, pas les autres services de prise en charge à domicile. À Lille (Nord), l'orientation se fait par téléphone. La fédération nationale des établissements HAD (Fnehad) et la conférence des directeurs généraux des CHU ont, quant à eux, mis en place un outil commun d'aide à la prescription (lire ci-contre).

Des travaux engagés à Lyon


Soins et santé travaille déjà, avec l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements sanitaires et médico-sociaux (Anap), à la création d'un algorithme. L'établissement a la particularité de ne pas être uniquement un établissement HAD. Soins et santé dispose, entre autres, d'une équipe mobile de soins de support et palliatifs et d'un service de soins infirmiers à domicile (SSIAD). L'établissement est ainsi en mesure d'envoyer les patients vers les différents services. "Si la bascule est possible, elle se fait automatiquement. Elle se fait d'entité en entité comme on passe de service en service à l'hôpital", résume Zabouda Crétenet. 



Ce guichet interne, comme les travaux sur l'algorithme, sont financés sur les fonds propres de l'établissement. Trois infirmières coordinatrices sont ainsi mobilisées pour animer ce guichet. Ce dernier est ouvert du lundi au vendredi, jusqu'à 19 h. "Le dossier est instruit puis proposé au médecin traitant pour une prescription rapide", résume la directrice générale adjointe. Avec l'algorithme, la direction de l'établissement compte pousser ses travaux afin que "le patient soit mis avec les bons moyens et les bonnes personnes à sa sortie d'hospitalisation". 



Un algorithme conçu pour ne pas oublier les spécificités de chaque patient. "Il laissera des possibilités. Nous devons aussi penser au patient dont personne ne veut et ne pas oublier que nous n'atteindrons pas 100% des demandes résolues", rappelle Zabouda Crétenet. Il sera construit à partir de questions types choisies par chacune des différentes entités de Soins et santé avec une mise en service prévue pour cet été.
Jérôme Robillard

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