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Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

mardi 29 mars 2022

Faut-il fermer les établissements pour personnes handicapées ?

par Elsa Maudet  publié le 29 mars 2022 

Yannick Jadot propose d’aller peu à peu vers une disparition des structures spécialisées, désignées par l’ONU comme contraires aux droits des personnes handicapées. A l’inverse, d’autres candidats envisagent d’augmenter le nombre de places d’accueil.

Le propos est court, mais il détonne : «Nous entamerons la sortie progressive du système institutionnel qui entraîne une forme de ségrégation sociale des personnes en situation de handicap.» Dans son programme, Yannick Jadot propose une rupture. Sur les douze candidats à la présidentielle, il est le seul à envisager la fin des institutions spécialisées accueillant des personnes handicapées.

Chronique «Aux petits soins» Cent ans d’insuline, un bien commun perdu dans un marché dérégulé

par Eric Favereau  publié le 29 mars 2022 

Alors qu’on fête les 100 ans de l’insuline, le diabétologue André Grimaldi rappelle que ses découvreurs nobélisés avaient fait don du brevet. Pourtant, le marché de cette hormone vitale est aujourd’hui l’un des plus soumis aux lois du profit.

La découverte de l’insuline ? C’était il y a un siècle exactement. Et à regarder le comportement des différents acteurs, on pourrait avoir le sentiment que c’était il y a des milliers d’années. Comme nous le raconte sur son blog le diabétologue André Grimaldi, professeur émérite à la Pitié-Salpêtrière, cela commence en 1921. «Le Roumain Nicolae Paulescu, à la suite de plus de dix ans de recherches, et deux jeunes Canadiens, la chirurgien Frederick Banting et le biochimiste Charles Best, travaillant dans le laboratoire de John Macleod, découvrent l’insuline», une hormone essentielle qui fait entrer le glucose sanguin dans les cellules afin de leur fournir de l’énergie et, ainsi, de rééquilibrer la glycémie.

Quand la justice se mêle de psychiatrie

Mag'Centre

jeudi, 31 mars 2022

Magcentre a publié en février dernier un dossier sur la psychiatrie. L’un des articles intitulé « le psy, le code et le juge » évoquait la nouvelle loi réglementant les durées d’isolement et de contention dans le cadre des hospitalisations sans consentement.

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Ce que la personnalité borderline de l’assassin d’Yvan Colonna révèle des redoutables angles morts de la psychiatrie et de la justice française








Guillaume Vlamynck

Guillaume Vlamynck est psychiatre praticien hospitalier. Il exerce sur le SMPR (Service Médico-Psychologique Régional) de Metz et l'UHSA (Unité Hospitalière Spécialement Aménagée) de Nancy. Il est également expert auprès de la Cour d'Appel de Nancy.

Yvan Colonna a été agressé au sein de la maison d’arrêt d’Arles par Franck Elong Abé qui serait atteint de troubles du comportement, selon les experts. La santé mentale des individus incarcérés en France est-elle sous-estimée ?

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lundi 28 mars 2022

Ukraine : parler ou se taire, par Hélène Cixous

par Hélène Cixous  publié le 27 mars 2022 

L’écrivaine et dramaturge livre un texte inédit, un Cri, chant de colère et de douleur, premier mot perçant tout sommeil et toute indifférence, qui a pour nom Ukraine.

«Dois-je parler ou me taire ?»

«Eloquar an Sileam» ? se demande Enée par Virgile dans un souffle au livre III de l’Enéide, à l’instant où il hésite à évoquer l’horrible état du corps de Polydore, si transpercé de lances qu’il est devenu un buisson suintant sans cesse de sang

avons-nous le droit, ai-je la force, moi, témoin indemne des douleurs qui torturent mes semblables, de parler ?

dois-je garder le silence ? Ou bien ?

Comment garder la tendre distance qui ne trahirait pas la puissance des compassions ? Le besoin de pleurer ?

Et tandis qu’Enée se déchire intérieurement, Virgile se décide à faire entendre les Voix. Comment ne pas parler ? Comment parler ?

Quelle parole qui ne soit pas frelatée de littérature de luxe ? Questions si familières à tous les témoins serviteurs de la mémoire.

Philosophie et Psychothérapie

 jds   Toulouse

01/04/2022

[...] Les intervenants : 

• Patrick LAMBERT, psychiatre des hôpitaux, formateur et superviseur en psychothérapie, directeur pédagogique d’E3PI, présentera pour la première fois au public son nouveau livre « Analyse psychagogique des rêves : l’inconscient revisité et scotocentré », publié aux éditions FABERT.

• Bertrand CHAPUIS, pédopsychiatre, psychothérapeute, membre de l’École Française de Daseinsanalyse, président de l’association FARE, apportera son témoignage de plus de trente années passées en tant que responsable d’un CMP (Centre Médico Psychologique) pour enfants et adolescents à travers son livre « Le Grand Confinement :  l’accompagnement de la position dépressive, pour une nouvelle parentalité à venir ».

• Vincent GRÉGOIRE-DELORY, maître de conférences à l’Université catholique de Toulouse, doyen de la Faculté libre des Lettres et des Sciences Humaines, directeur de L’École Supérieure d’Éthique des Sciences de la Santé.

La conférence : 

Les méthodes psychothérapeutiques reposent chacune sur une théorie, des présupposés, des préalables, une sémantique. Tout modèle est la formalisation de connaissances de la vie psychique, de ses perturbations, postulats, approximations, choix idéologiques. Ces valeurs définissent la relation de l’humain avec son environnement, ce qui construit l’identité du psychothérapeute et de sa stratégie thérapeutique, souvent empiriquement validée. Le psychothérapeute doit être conscient de l’origine de ses croyances, de ses conceptions de l’être humain et de la société, de son épistémologie scientifique, de son inspiration philosophique.

Ainsi Freud avait des références médicales et scientifiques gréco-latines, mais refusait de lire Nietzsche pour pouvoir affirmer que la psychanalyse ne devait rien à ce précurseur, à celui qui avait la réputation d’avoir tout dit avant tout le monde. Jung reconnut dans ses mémoires l’excitation procurée par les écrits du philologue Georg Friedrich Creuzer, survenue peu de temps avant sa rupture avec Freud. La force créatrice théorisée par Adler a été influencée par l’élan vital de Bergson.

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Confessions d’un psychothérapeute Asperger

 Thomas Noyer  

SUISSE

Je suis donc Asperger. Même si j’ai moi-même initié le bilan d’évaluation psychologique en vue de confirmer ou d’infirmer cette hypothèse de symptôme, je suis un peu secoué par la nouvelle. Secoué et aussi soulagé, car elle vient mettre du sens sur ces moments où je me sentais un peu « à côté », décalé. Ce sera aussi l’occasion de saisir l’impact de mon comportement et de l’adapter à l’environnement, et surtout de plus pleinement accepter mes singularités.

En fait, cette nouvelle est un éloge des singularités.

Tout commence dans le couple. « Heureux hasard », ma compagne travaille entre autres avec des personnes atteintes de trouble du spectre autistique, et au bout de dix ans de vie commune elle s’interroge suite à l’observation d’une concordance de facteurs (hypersensibilités sensorielles, patterns répétitifs, anomalies qualitatives dans l’interaction sociale réciproque, faible notion du temps). Elle fait peut-être des heures supplémentaires ! Je vais vérifier ça.

La psychologue, une copine spécialiste des profils atypiques me propose une batterie de tests. Parmi ces tests, un de cognition sociale (Perception des émotions faciales – BCS/mini SEA). Je suis un peu étonné car elle m’en a déjà fait passer deux similaires. Elle souhaite vérifier quelque chose, car selon ses mots elle est perfectionniste et j’ai eu des temps de réaction cinq fois supérieurs à la moyenne. Quand j’apprends qu’il s’agit de regarder des visages qui expriment une émotion et de les reconnaître, je me sens légèrement surpris, humilié, impatient, irrité, frustré. Pourquoi me demande-t-elle ça à nouveau ? Je déteste avoir la sensation de faire mauvais usage de mon temps. Bon, je vais faire ce test et lui confirmer que je suis un expert en la matière.


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Elodie, une mère dans les filets de « l’aliénation parentale »

Par et  Publié le 25 mars 2022

La commission sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, qui rendra un rapport le 31 mars, appelle à une meilleure prise en compte de la parole des mères. Une parole parfois rendue inaudible par le syndrome controversé d’aliénation parentale, qui prête à l’un des parents le pouvoir de manipuler son enfant pour en obtenir la garde.

Benjamin* est installé devant l’écran de son ordinateur, concentré sur sa partie de jeu vidéo. C’est l’année du bac, mais les cours à distance, en ces temps de pandémie, ont eu raison de sa motivation. Son grand frère, Hugo, 20 ans, vient de sortir faire une course. Les deux petits, Maxime, 9 ans, et Inès, 6 ans, sont à l’école depuis plus de deux heures. La maison est calme.

L’esprit est-il une machine prédictive ? Introduction à la théorie du cerveau bayésien

  Psychiatre à la Pitié-Salpêtrière & chercheur à l'Institut du Cerveau, Sorbonne Université

Publié: 27 mars 2022

La théorie du cerveau bayésien est une conception innovante en neurosciences et en philosophie proposant des hypothèses pour comprendre le fonctionnement de l’esprit. Selon cette théorie, le cerveau utilise des croyances (définies comme des estimations de probabilité) pour traiter les informations sensorielles et décider les actions à réaliser.

Émergeant à partir d’un riche héritage philosophique et scientifique avec des prémisses dans les œuvres d’Emmanuel Kant, William James, ou encore Hermann von Helmholtz, cette théorie met principalement en jeu deux concepts fondamentaux : la croyance et la hiérarchie ; et quatre principes associés : la prédiction, l’erreur de prédiction, la précision, et la mise à jour.

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La santé mentale et le numérique

 

MISE À JOUR : 22/02/2022

Grâce à nos téléphones et nos ordinateurs, nous accédons à des applis, des groupes de discussion ou des vidéos qui nous aident à prendre soin de notre santé mentale. Au risque, parfois, de devenir addict ? 

Internet, applis : comment en tirer le meilleur 

Le numérique change notre façon de prendre soin de notre santé mentale. Sur nos téléphones, nous téléchargeons des applications qui nous aident à retrouver notre calme dans une situation de stress. Avec internet, nous trouvons plus facilement de l’information sur les questions qui nous préoccupent, nous consultons notre psychologue à distance en vidéo,  nous échangeons sur les réseaux sociaux avec des personnes ayant rencontré les mêmes difficultés que nous

Tous ces outils peuvent avoir des effets positifs sur notre santé mentale. Grâce à la téléconsultation, par exemple, nous pouvons être suivis par un ou une psychiatre même si son cabinet est loin de notre domicile. Grâce aux forums de discussion, nous pouvons à tout moment trouver du soutien moral auprès d’autres internautes. Et il n’est pas nécessaire d’être un as de l’informatique pour tirer parti de ces dispositifs !

Cependant, il y a de quoi être dérouté, avec les nouvelles fonctionnalités qui apparaissent régulièrement sur nos téléphones et les mises à jour fréquentes des logiciels sur nos ordinateurs ou nos tablettes. La technologie évolue sans cesse, chaque outil a ses particularités. C’est pourquoi il est souvent utile de se faire guider, la première fois qu’on utilise un service, par des personnes familières de son usage. 

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Dormir en deux fois dans la nuit : la tradition perdue du sommeil biphasique

Par Alexis Magnaval  25/03/2022

Dormir en un bloc de 8 heures n’a pas toujours été la norme. Grâce à la découverte fortuite d’un historien, on sait qu'avant la révolution industrielle, le sommeil était entrecoupé d’une pause vers minuit.

Vous vous réveillez parfois la nuit ? Pas d’inquiétude : ce serait “normal” non pas d’un point de vue physiologique mais historique, selon l’historien américain Roger Ekirch. “Les gens allaient au lit vers 21h ou 22h, se réveillaient après minuit, pour une heure environ, et ensuite se recouchaient”, détaille le chercheur rattaché à l’Université Virginia Tech.

"Le Sommeil de saint Pierre", de Guiseppe Antonio Petrini

"Le Sommeil de saint Pierre", de Guiseppe Antonio Petrini  Crédits :  Guiseppe Antonio Petrini


Suicide collectif de Montreux, «thèses complotistes» ou dérive sectaire?

par Maïté Darnault, correspondante à Lyon  publié le 30 mars 2022

Près d’une semaine après le drame qui a couté la vie à quatre Français, dont une enfant, les autorités s’interrogent sur les motivations de la famille, qui faisait preuve d’un intérêt pour «les thèses complotistes et survivalistes», posant la question d’une possible dérive sectaire.

La thèse du suicide collectif, vers laquelle s’oriente la police cantonale de Vaud au sujet du drame de Montreux, où quatre membres d’une même famille ont trouvé la mort en sautant du balcon de leur appartement, ravive de funestes souvenirs en Suisse romande. C’est dans cette partie est de la confédération helvétique que l’Ordre du temple solaire (OTS) avait fait le plus grand nombre de victimes en octobre 1994, dans les cantons de Fribourg et du Valais. Mêlant ésotérisme et références templières, cette secte apocalyptique fondée sur la croyance en une dimension parallèle accessible en se donnant la mort aurait compté près de 450 membres au début des années 90 en Suisse, en France et au Canada. Elle a été à l’origine du décès de 74 personnes lors de trois vagues de tueries collectives jusqu’en 1997.

Will, première personne sans-abri métavers





Créée en 2014, l’association Entourage a pour mission d’engager chacun dans des réseaux de soutien avec les plus exclus, grâce à la technologie positive. Sa communauté de 150 000 citoyens avec et sans-abri agit notamment via le Réseau Entourage, un réseau social (vraiment social), qui met la technologie au service de l’humain et s’efface au profit de la relation humaine.

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Esteville : L'exposition le Génie des modestes fait son retour du 1er avril au 30 juin.

Par Rédaction Neufchâtel-en-Bray  Publié le 

La 9e édition de l'exposition le Génie des modestes est à découvrir au centre abbé Pierre-Emmaüs à Esteville à partir du vendredi 1er avril jusqu'au jeudi 30 juin.

L'exposition sera visible au centre abbé Pierre-Emmaüs tous les jours.

Visible tous les jours de 10 h à 18 h au centre abbé Pierre-Emmaüs à Esteville l’exposition le Génie des modestes met en avant l’art brut. Un concept inventé par Jean Dubuffet au milieu du 20e siècle pour regrouper les créations spontanées d’artistes autodidactes qui travaillent en dehors des circuits culturels.


Comment le patriarcat a fabriqué le mythe de la femme malade mentale

Écrit par Nicole Trévain|Le 22.03.2022

Les femmes seraient plus sujettes aux troubles psychiatriques que leurs comparses masculins. Vraiment ? Dans son nouveau livre, la psychologue britannique Jessica Taylor démontre comment on a inventé le mythe de la femme malade mentale. Et comment il nous pourrit encore la vie.


Avez-vous vu le moine qui montre ses seins dans la basilique de Vézelay ? Réécouter Avez-vous vu le moine qui montre ses seins dans la basilique de Vézelay ?

DIFFUSÉ LE 29/03/2022

À retrouver dans l'émission

LE POURQUOI DU COMMENT : HISTOIRE

par Gérard Noiriel

Saviez-vous que la transidentité n'est pas un phénomène nouveau et qu'on en trouve déjà des exemples dans l'Antiquité ?

Chapiteau montrant le prêtre Eugène découvrant ses seins devant un juge et une femme (Vézelay)
Chapiteau montrant le prêtre Eugène découvrant ses seins devant un juge et une femme (Vézelay) Crédits :  GO69 en Creative commons via Wikipedia

Le souci récent de combattre les préjugés qui alimentent cette forme de discrimination qu'on nomme la "transphobie" a conduit un petit nombre d'historiens à s'interroger sur la manière dont la question s'était posée dans le passé. Ces recherches ont montré que la transidentité n'était pas un phénomène nouveau, puisqu'on en trouve déjà des exemples dans l'Antiquité. 

Avant de devenir une sainte, Eugénie s'était fait couper les cheveux et avait pris le nom d'Eugène, pour pouvoir rejoindre une troupe de moines musiciens et partager leur vie

Limitons-nous à ce seul exemple qui concerne le royaume de France à l'époque médiévale. Lorsque l’on se promène dans la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, on aperçoit, dans le bas-côté nord, un chapiteau où l'on voit un homme qui montre ses seins. Il s'agit d'une représentation sculptée d'une scène rappelant l'histoire de Sainte-Eugénie, une vierge qui subit le martyre à Rome en 257, du temps de l'empereur Valérien.

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TRAVAIL QUE VAILLE

José Rose est Professeur émérite de sociologie à Aix-Marseille Université, membre du Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (LEST-CNRS) et du projet ArTLib (Atelier de recherche sur le travail et la liberté) de l’IREMAM.

Travail que vaille

Au travers des vicissitudes du temps, réémerge sous diverses formes la question du travail. Toujours actuelle, elle nous rappelle à chaque fois combien est ambiguë la relation qui se joue entre les travailleurs et leur travail. Aussi bien source d’aliénation à cause des diverses réformes qui dégradent leurs conditions, qu’une source d’émancipation en ce sens que « c’est par le travail que la raison saisit le monde, et s’empare de l’imagination folle » (Simone Weil).
S’inspirant de son observation de terrain et de ses recherches comme sociologue du travail, l’auteur laisse ici filer son imagination pour nous donner plusieurs récits qui décrivent le quotidien de ces personnes. Au travers de fables, de nouvelles et de discours fictionnels, il renouvelle notre regard sur le monde du travail et approfondit notre compréhension de leurs conditions d’existence.