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jeudi 18 février 2021

Naissance du premier enfant par greffe d’utérus en France

Le Monde avec AFP   Publié le 17 février 2021

Une petite fille est née vendredi 12 février, deux ans après la greffe d’utérus dont avait bénéficié sa mère.

C’est une première en France. Une petite fille de 1,845 kg est née, vendredi 12 février, à la suite d’une greffe d’utérus dont avait bénéficié sa mère, a annoncé l’hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine), mercredi 17 février.

« La mère et l’enfant vont bien », a assuré à l’Agence France-Presse le professeur Jean-Marc Ayoubi, chef de service de gynécologie-obstétrique et de médecine de la reproduction de l’hôpital Foch, dont l’équipe est responsable de cette prouesse.

La mère, Deborah, âgée de 36 ans, avait bénéficié en mars 2019 de la première greffe d’utérus française, réalisée par la même équipe. La donneuse n’était autre que sa mère, alors âgée de 57 ans. « On attend toujours un an pour être sûr que l’utérus greffé ne soit pas rejeté », souligne le professeur Ayoubi. Puis l’équipe médicale a été retardée par le premier confinement et l’arrêt de toutes les activités d’assistance médicale à la procréation. Autant de circonstances qui expliquent les délais.

« Le premier transfert a eu lieu en juillet dernier et la patiente a été enceinte après ce premier transfert », relate le professeur. La naissance s’est déroulée dans de très bonnes conditions et sans complications notables, selon l’hôpital Foch. Elle est intervenue après 33 semaines de grossesse (7 mois et demi).

Née sans utérus, la patiente greffée est atteinte du syndrome de Rokitansky (MRKH), une condition qui touche une femme sur 4 500 à la naissance. Cette grossesse constitue un espoir pour les patientes nées sans utérus ou celles auxquelles il a dû être enlevé. Elle représente une alternative expérimentale à la gestation pour autrui (GPA), interdite en France, ou à l’adoption. Le traitement immunosuppresseur (antirejet) est moins lourd que pour d’autres transplantations d’organe. Il est adapté à la grossesse, comme on le fait dans le cas des greffées du rein enceintes.

Première suédoise en 2014

La première naissance au monde après une greffe d’utérus a eu lieu en Suède en 2014. La naissance, survenue un an après la transplantation, avait été annoncée dans la prestigieuse revue médicale The Lancet par l’équipe du professeur Mats Brannstrom de l’université de Göteborg. La donneuse vivante avait 61 ans.

Les Brésiliens avaient réussi à obtenir la première naissance grâce à une greffe d’utérus de donneuse décédée chez une femme née sans utérus. La naissance, datant du 15 décembre 2017, avait été révélée un an après par l’équipe du docteur Dani Ejzenberg de l’hôpital de Sao Paulo. De précédentes tentatives (aux Etats-Unis, ou encore en Turquie) avaient échoué. Au total, « il y a eu autour de vingt naissances dans le monde » après greffe utérine, selon le professeur Ayoubi.

Cette greffe n’a cependant pas vocation à être permanente en raison du traitement antirejet. Il s’agit d’une « greffe provisoire »pour avoir un enfant, rappelle-t-il. Mais, pour celles qui le veulent, il est possible de mener à terme une deuxième grossesse. C’est le cas de sa patiente, mais « on attendra un an ». En Suède, plusieurs femmes greffées ont eu deux enfants, ajoute le spécialiste.

D’autres greffes d’utérus sont prévues à l’hôpital Foch pour des femmes nées sans utérus. L’équipe du professeur Ayoubi avait reçu l’autorisation de l’Agence de la biomédecine et de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé de conduire un essai clinique pour dix greffes avec donneuses vivantes apparentées.



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