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Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

samedi 12 décembre 2009






Politiques 07/12/2009

Quand un cabinet privé est consulté sur une proposition de loi...

Le député UMP Jean-Luc Warsmann a confirmé qu'un cabinet d’experts a travaillé à l’élaboration de son texte de simplification du droit, adopté jeudi dernier. Il assure que le procédé est conforme au règlement de l'Assemblée.

Curieux attelage. Un cabinet d’experts, Lexis Nexis, a bien travaillé à l’élaboration de la proposition de loi (UMP), adoptée jeudi dernier, pour simplifier le droit, comme l’a reconnu l’auteur ce texte, le président de la commission des Lois, Jean-Luc Warsmann. Ce qui confirme une information publiée ce lundi par Le Parisien. Une contribution tout à fait conforme au règlement, s’est empressé d’ajouter le député.

«Il n’y a rien d’irrégulier à cela. Lexis Nexis a fait un travail de recherche préalable mais n’a rédigé aucun article. Nous n’avions pas les ressources suffisantes en interne, nous avons donc eu affaire à un cabinet d’experts», a précisé Warsmann à l’AFP.

Selon lui, une quinzaine de professeurs d’universités ont épluché l’ensemble des codes pour y relever des dispositions obsolètes et «ont fourni des fiches». Un appel d’offres pour ce travail d’expertise a été lancé en octobre 2008, le comité d’évaluation du bureau de l’Assemblée ayant donné un avis favorable à la Commission des lois pour la réalisation de cette mission. Une collaboration qui aurait coûté, d’après Le Parisien, quelque 84.000 euros.

Les trois questeurs de l’Assemblée (Marylise Lebranchu pour le PS, Richard Mallié et Philippe Briand pour l’UMP) avaient validé le cahier des charges sur l’appel d’offres, a assuré Jean-Luc Warsmann.

«Voile de suspicion»

La méthode de travail avait toutefois fait tilter le député (PS) Jean-Jacques Urvoas, qui avait évoqué, la semaine dernière, alors que la proposition de loi était en discussion, une «rumeur inquiétante» selon laquelle «il a été fait appel à un cabinet privé pour écrire une partie importante de cette proposition de loi». «Le nombre de sujets traités, la complexité des dispositions modifiées, les épisodes précédents jettent un voile de suspicion sur ce texte, d’autant que le rapport du Conseil d’Etat n’a pas été publié», avait mis en garde Jean-Jacques Urvoas.

«Les épisodes précédents»? Le socialiste fait, là, allusion au scandale d’un vote favorable aux sectes lors d’une précédente proposition de loi, également sur la simplification du droit. La Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) avait révélé qu’une disposition, votée le 12 mai dans l’indifférence générale, empêchait la dissolution de la Scientologie poursuivie pour escroquerie à Paris.

Président de la commission des Lois, Warsmann s’est défendu contre des «insinuations»: «Aucun cabinet privé n’a rédigé cette proposition de loi.» Il a cité plusieurs sources du texte, dont «un travail réalisé au sein de la commission des lois avec un concours de juristes et de scientifiques». «Un certain nombre de mesures provient des sollicitations de nos concitoyens, notamment par l’intermédiaire du site Internet "simplifions la loi"», a-t-il encore souligné.
(Source AFP)


dimanche 6 décembre 2009





Samedi 05 Décembre 2009
HÔPITAL. Les syndicats Sud et la CGT appellent à la grève, mardi, pour dénoncer le manque de moyens du service psychiatrie. Les investissements à venir leur semblent décalés

Ils ont mal à la psychiatrie









Jean-Louis Dupin (CGT)
et Camille Nogues (Sud)
appellent à la grève mardi.
(photo jean-daniel chopin)


Déjà, en février dernier, puis au mois de septembre, lors de la visite de la ministre de la Santé et des Sports au Centre hospitalier de la Côte basque, ils avaient manifesté leur mécontentement. Les employés du service psychiatrie de Bayonne (site de Bellevue) s'apprêtent, une nouvelle fois, à « tirer la sonnette d'alarme ». Mardi, une partie d'entre eux observera le mot d'ordre de grève des syndicats Sud et CGT. Ils demandent plus de moyens et dénoncent les politiques actuelles de santé.

Pour Sud, Camille Nogues décrit une psychiatrie parent pauvre du paysage médical bayonnais (et basque), « sous dotée et mal adaptée aux pathologies ». Un simple exemple : « À Bellevue, vous avez en moyenne huit chambres doubles sur les 20 que compte chaque unité. Ce qui fait qu'une personne traitée pour dépression peut se retrouver avec un psychotique délirant. »

« Gardiennage »

Le « cégétiste » Jean-Louis Dupin dénonce « des structures mal adaptées à certaines pathologies ». « Sur les 150 patients accueillis par la psy, vous en avez environ 40 qui relèvent d'autres structures. »

Des personnes, selon le délégué syndical, qui pourraient mieux être prises en charges dans des « structures alternatives ». « Mais elles sont là et occupent des lits dont d'autres auraient besoin. »

Côté personnel, les syndicats dressent le même constat de d'indigence. « À partir de 17 heures, il arrive régulièrement de se retrouver à deux soignants par unité, c'est-à-dire pour 20 à 25 patients. Difficile de proposer autre chose que du gardiennage. » Camille Nogues parle du « mal-être » inhérent à cette situation.

Après pareil état des lieux, l'annonce récente d'une enveloppe de 155 000 euros allouée par l'Agence régionale d'hospitalisation (ARH) devrait apaiser un peu les personnels. Du moins leur sembler un signe positif.

La somme sera injectée dans la psychiatrie, mais selon des critères que contestent ceux qui appellent à la grève, mardi. Il s'agit de créer une unité de soins intensifs dédiée aux patients les plus « difficiles ». D'autres investissements (300 000 euros débloqués) iront dans la fermeture du site, sa surveillance vidéo...

Question de sécurité

Pour résumer ces projets, l'ARH et la direction de l'établissement (lire par ailleurs) parlent de l'impératif de « sécurité ». Sud et la CGT, eux, disent « visée sécuritaire ». « On débloque des fonds pour rassurer l'extérieur de l'hôpital. C'est un message à la population qui va dans le sens de la politique gouvernementale en matière de sécurité. Mais on n'investit pas dans le soin », fustige Jean-Louis Dupin.

L'offre de soins psychiatriques serait « en complète chute libre ». Pour arrêter cette « chute », les syndicats demandent « depuis des années » la « création d'un secteur supplémentaire ».

Soit 70 postes d'infirmiers, deux de psychiatres référents, pour 40 lits nouveaux. « Ce ne sont pas des caméras de surveillance qui vont soigner les malades psychiatriques. »

Mardi, les personnels de l'ensemble de l'établissement sont appelés à la grève, et à un rassemblement en rez-de-jardin de l'hôpital Bellevue, de 14 à 18 heures.

Auteur : pierre penin
p.penin@sudouest.com







Livres 26/11/2009

Roustang démonte le divan

Critique

Recueil de textes du psy iconoclaste et spécialiste de l’hypnose

Par GENEVIÈVE DELAISI DE PARSEVAL psychanalyste

François Roustang Feuilles oubliées, feuilles retrouvées Payot, 256 pp., 18 €. Le secret de Socrate pour changer la vie Odile Jacob,238 pp., 23,50 €. Un destin si funeste, Elle ne le lâche plus, Le Bal masqué de Giacomo Casanova, Lacan, De l’équivoque à l’impasse «Petite bibliothèque Payot», 8 € chaque.

Vingt ans père jésuite, vingt ans psychanalyste, désormais théoricien et praticien de l’hypnose, tel est François Roustang, personnage inclassable dans le paysage contemporain de la psychanalyse, à moins que ce ne soit de la philosophie. Les éditions Payot ont l’heureuse idée de reprendre en poche une partie de son œuvre. L’homme est éclectique et fécond.

Il est important de comprendre quelle hypnose il défend : c’est celle du «pape» de la discipline, Milton Erickson, psychiatre américain (mort en 1980) dont l’approche repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu’il rencontre. C’est le fil rouge des travaux de Roustang, chemin qui l’a conduit à s’éloigner petit à petit de la psychanalyse ; ce dont témoigne par exemple Un destin si funeste.

Transfert. L’approche psychanalytique qu’il fustige est d’abord celle de Lacan ; Roustang est à l’évidence un «déçu de Lacan» (y aurait-il du dépit amoureux ?), d’un Lacan qu’il a manifestement bien connu. Mais Freud aussi en prend pour son grade, Freud qui, comme fondateur d’Ecole, a instauré selon Roustang des relations perverses avec ses disciples. Il y aurait «un nombre significatif de cadavres dans le placard» de la psychanalyse. D’où, par extension, la critique majeure de Roustang, qui repose sur l’usage du transfert : «J’ai bien été obligé de me demander si ce n’était pas la cure analytique elle-même, et spécifiquement le transfert en analyse, qui étaient la source de ces liens passionnels difficiles à rompre»(Feuilles oubliées).

Notre homme n’y va pas par quatre chemins ; ce n’est pas, insiste-il, parce que le psychanalyste se dérobe à la vue du patient qu’il ne suggère pas, qu’il n’influence pas. Les patients, par exemple, c’est bien connu, rêvent pour leur analyste… Lacan (qui jouait essentiellement de la séduction, selon Roustang) reconnaissait lui-même qu’un Africain venu avec sa culture sur le divan d’un analyste en ressortait avec un inconscient d’Occidental ! La messe est dite (à croire parfois que, si on mettait Jésus à la place de Freud ou de Lacan, cela marcherait pareil, mais peut-être est-ce une mauvaise pensée…).

Roustang ironise sur «les sectes protectrices à l’intérieur desquelles s’abritent la plupart des analystes, rendus ainsi incapables d’entendre les questions qui viennent frapper à leur porte, ni de se remettre en cause». Il évoque «les estropiés de la psychanalyse qui se sont servis du divan pour revivre les amères douceurs, l’abandon maternel ou les jeux infinis de la soumission révoltée des adolescents» ! On ne s’ennuie pas. Seul Ferenczi trouve grâce à ses yeux, car il avait compris que l’attention flottante exigée du psychanalyste supposait de sa part un état de transe (on rejoint là l’intérêt de l’hypnose). Parmi nombre de changements d’ordre épistémologique proposés à la métapsychologie, notre iconoclaste suggère de remplacer la notion d’inconscient par celle d’«animalité humaine». Il faut lire, c’est passionnant et novateur.

Identité. Socrate est pour Roustang le premier vrai thérapeute, bien que nous apprenions que ce n’est pas lui qui a prononcé le célèbre «Connais-toi toi-même» (le Secret de Socrate pour changer la vie, paru simultanément aux éditions Odile Jacob). Dommage pour les hellénistes distingués et même moins distingués, car cela casse un mythe auquel on aimait bien s’accrocher. Roustang n’est pas à cela près, il étrille gaiement dans la foulée les soi-disant continuateurs de Socrate, à commencer par Platon lui-même !

Notre auteur ne s’adresse guère aux psychanalystes, on s’en doute, bien qu’il soit un enfant du sérail (ou parce qu’il est…) ; à trop le fréquenter ou le lire, un analyste, reconnaît-il, risque de perdre son identité. Les philosophes l’apprécient bien davantage. Et il dit dialoguer beaucoup avec les psychiatres, eux qui sont contraints par les résultats, souligne-t-il non sans ironie, eux «qui ne peuvent se contenter d’être les militants d’une idéologie». Ne nous méprenons pas : il ne s’agit pas ici d’une de ces attaques à la mode contre la psychanalyse venant d’un psychanalyste dévoyé, traître à la cause, dénigrant le sein qui l’a nourri, etc. Roustang fait autorité, son œuvre est impressionnante. Un déconstructeur en somme.






Samedi 5 décembre 2009
Culture
Publié le 23/11/2009
FAITES-VOUS LES POCHES


Une histoire de la psychanalyse à la portée de tout le monde
Par Marine de Tilly







Pas de panique, ceci n'est pas un guet-apens. Et personne ne veut faire de vous un intello qui parle (et lit) un langage barbare. Contre toute attente, cette excellente somme a bien sa place dans votre bibliothèque, et ceci pour trois raisons (au moins). 1 : Elle est unique (il n'existe pas d'autre histoire de la psychanalyse en France). 2. Elle est actuelle (exemple : pour la première fois, homosexualité différenciée de perversité. Il était temps). 3. Elle est parfaitement lisible (ce qui aurait peut-être dû être signalé en 1). Ce texte est donc pour vous, c'est à vous qu'il s'adresse, peut-être plus encore qu'aux dits "spécialistes".

Histoire de la psychanalyse en France , d'Elisabeth Roudinesco (Le Livre de poche, 2.073 p., 29 euros)


Simone de Beauvoir et la psychanalyse


Information publiée le vendredi 4 décembre 2009 par Florian Pennanech (source : Pierre Bras)

Du 19 mars 2010 au 20 mars 2010, Studio Raspail, 216 Bd Raspail, 75014 PARIS

Colloque « Simone de Beauvoir et la psychanalyse »

Université Paris 7 (Denis-Diderot), 19 et 20 mars 2010


Colloque organisé sous l'égide de l'Association pour les Études Freudiennes
Avec le soutien de l'Institut Émilie du Châtelet et du Laboratoire Cerilac, Lettres, arts, cinéma, Université Denis Diderot, Paris 7

Sous la direction de Danièle Brun et de Julia Kristeva
Le colloque se tiendra au Studio Raspail, 216 Bd Raspail, 75014 PARIS


Contact : beauvoir.psy@gmail.com

En 1976, Simone de Beauvoir déclare à Alice Schwarzer : « Il y a une autre chose que j'aimerais beaucoup faire si j'avais aujourd'hui 30 ou 40 ans : c'est un travail sur la psychanalyse. Pas en repartant de Freud, mais en retraçant le chemin d'un point de vue féministe : selon le regard d'une femme et non celui d'un homme » (Simone de Beauvoir aujourd'hui, 94).

Par cette phrase, Simone de Beauvoir rappelle à la fois son intérêt pour la psychanalyse et sa position critique vis-à-vis de l'oeuvre de Freud. C'est ce rapport de Beauvoir à la psychanalyse qui sera étudié lors du colloque qui se tiendra à l'Université de Paris 7, les 19 et 20 mars 2010.

Après avoir enseigné les théories freudiennes dans ses classes de lycée, Beauvoir les a souvent utilisées, critiquées ou simplement évoquées dans son oeuvre écrite. C'est, bien sûr, plus particulièrement le cas du Deuxième Sexe (1949), oeuvre qui révèle l'enchevêtrement entre l'histoire du féminisme et les théories psychanalytiques en matière de sexualité. En établissant un rapport étroit entre la sexualité et l'émancipation des femmes, Beauvoir ouvre la voie à de nouvelles générations de féministes qui intégreront dans leur réflexion la question de la différence des sexes.

Dans son œuvre romanesque et autobiographique aussi, Simone de Beauvoir a donné beaucoup d'importance à la psychanalyse. Elle raconte ses rêves ; elle met en scène des psychanalystes.

Le colloque que nous organisons invite des psychanalystes et des philosophes à relire les textes de Simone de Beauvoir pour débattre de sa position face à la psychanalyse.

Programme

Vendredi 19 mars 2010

Vendredi après-midi 13h – 17h 30

13h. Accueil du public

13h30 : Ouverture :


Danièle Brun, Université Paris 7 – Psychanalyste – Présidente du comité scientifique du colloque
Françoise Barret-Ducrocq, Présidente de l'IEC

13h45 : Conférence inaugurale :
Présidence : Francis Marmande, directeur du laboratoire CERILAC, Université Paris 7

Conférence d'Élisabeth Roudinesco, Historienne – Psychanalyste :

Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe à l'épreuve de la psychanalyse

14h30 : Discussion ouverte par Danièle Brun.

15h : Pierre Bras, University of California at Santa Barbara - Membre du comité scientifique du colloque : Panorama bibliographique sur le thème « Beauvoir et la psychanalyse »

16h -17h30 : Table ronde n° 1 : L'écriture du roman et de l'autobiographie

Présidence : Françoise Gorog, Chef du service de psychiatrie à Sainte-Anne – Psychanalyste

Présentation par Danièle Brun de la problématique de la table ronde : La part du rêve dans l'écriture de Beauvoir.

Lisa Appignanesi, Écrivaine et Présidente, English PEN : L'écriture autobiographique

Françoise Gorog : Simone de Beauvoir et les impasses de la vie amoureuse.

Laurie Laufer, M.C. Université Paris 7 – Psychanalyste : Simone de Beauvoir et la psychanalyse : haine, attrait ou résistance ?

Débat avec la salle

Samedi 20 mars 2010

Samedi matin : 8 heures 30– 11h30 heures

8h30 : Accueil du public

9h00 Retour sur Le Deuxième Sexe.

Présidence : Jacques Sédat, Vice-président de l'Association Internationale d'Histoire de la Psychanalyse – Psychanalyste

Conférence plénière de Monique Schneider,

Directrice de recherche au CNRS – Psychanalyste :

La maternité : une aliénation ?

Discutantes :

Juliet Mitchell, Jesus College, University of Cambridge - Psychanalyste

Jacqueline Rose, Queen Mary University of London

Débat avec la salle

Déjeuner libre : 11h30 – 13h.

Samedi après-midi : 13h00 - 16h30

13 :00 Table ronde n° 2 : Questions sur « la psychanalyse existentielle »

Présidence : Michel Kail, co-directeur de la Revue L'Homme et la Société – Membre du comité scientifique du colloque

Présentation par Michel Kail de la problématique de la demi-journée

Ulrika Björk, Université d'Uppsala : L'argument de Simone de Beauvoir contre le naturalisme.

Cécile Decousu, Université Denis Diderot Paris 7 : Beauvoir - Merleau-Ponty, La psychanalyse comme chiasme.

Geneviève Fraisse, directrice de recherche au CNRS – Philosophe : Étude, souffrance, jouissance.

Débat avec la salle

15h00: Présidence : Lisa Appignanesi, Écrivaine et Présidente, English PEN

Conférence de clôture par Julia Kristeva, Université Paris 7 – Psychanalyste

Conclusion du colloque : Conrad Stein, directeur d'Études freudiennes. – Psychanalyste

Tarif public : 60€ ;

Tarif étudiants : 20€ sur présentation de la carte

Formation continue : 80 €

Les organisateurs remercient la Société littéraire de La Poste et France Télécom et sa secrétaire générale Danielle Mazens pour leur soutien et leur accueil.

Les organisateurs se réservent le droit d'opérer des modifications dans le programme.

Comité scientifique : Danièle Brun, Julia Kristeva, Pierre Bras, Agnès Cousin de Ravel, Cécile Decousu, Danièle Fleury, Pierre-Louis Fort, Michel Kail, Liliane Lazar.

Responsable : Études Freudiennes

Adresse : 66 boulevard Saint Michel - 75006 Paris

jeudi 3 décembre 2009





La résistance de la psychiatrie s’amplifie
Par ERIC FAVEREAU

Beau succès, samedi, pour le collectif contre la «nuit sécuritaire», à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Ils étaient plus d’un millier - psys, infirmiers, magistrats, malades, associatifs - à venir écouter et participer au débat pour une psychiatrie «hospitalière», loin des mesures sécuritaires (Libération de samedi). «Arrêtons les plaintes, résistons. La folie, c’est ce qui nous interroge. Vouloir la détruire ou l’éradiquer, c’est une folie», a dit avec force le docteur Roger Ferreri. «Vous nous avez invités, mais on se rencontre peu, on a parfois l’impression de ne pas être sur la même planète», a lancé une patiente, militante d’Advocacy, un groupe d’usagers en santé mentale. Le psychiatre Hervé Bokobza, coordonnateur de la «nuit sécuritaire», a conclu : «Depuis notre création, il y a un an, quelque chose se passe. Un mouvement est en train de naître. Il est là parce que nos syndicats, nos sociétés savantes sont défaillantes. Ce qu’il va être ? A nous de le construire.» Et de proposer que tout le monde porte un signe, un badge de reconnaissance. Comme un premier pas de résistance partagée.
É.F.


Psychanalyse et déprise sociale
[dimanche 29 novembre 2009]






Situations subjectives
de déprise sociale
Jacques-Alain Miller
(sous la direction de)
Éditeur : Navarin
14 €


Résumé : Voici un ouvrage qui présente des cas cliniques où la déprise sociale serait au cœur de la problématique, mais dont les discussions y font peu référence.
Sébastien VAUMORON

Le livre
"Situations subjectives de déprise sociale" est donc le titre de cet ouvrage qui propose la transcription de la présentation de cas cliniques lus et discutés lors des "Conversation 2008" de l’Ecole de la Cause Freudienne. Cette Conversation 2008 fait suite à des réunions de travail en région, avec principalement les membres des ACF. La première partie de l’ouvrage présente ainsi des cas cliniques, et la seconde les discussions qui ont suivi lors de ces Conversations 2008.

L’expression
Jacques-Alain Miller, animateur de ces conversations, précise que cette "expression" de déprise sociale a été adoptée par le Conseil d’Administration de l’UFORCA en 2007-2008 pour qu’elle puisse "à la fois être entendue dans le langage courant et interprétée de façon diverses". A cela, il précise que ce syntagme commence à agglomérer un certain nombre de significations. Par ailleurs, il rattache cette expression à Jacques Lacan qui a écrit que "le lien social ne s’instaure que de s’ancrer dans la façon dont le langage se situe et s’imprime, se situe sur ce qui grouille, à savoir l’être parlant".

Lors de sa communication, Uberto Zuccardi Merli nous donne sa définition de la déprise sociale : "Le syntagme déprise sociale est une notion clinique qui réunit des traits essentiels du symptôme contemporain : pousse à la jouissance sans limites, chaos identificatoire, absence de père – tant symbolique que réel –, rejet de l’autorité, extrême difficulté à créer un lien, un transfert avec un sujet supposé savoir. …/… La déprise sociale est liée à l’excès, qui, lui, dérive de la prise de l’Autre maternel sur le sujet. A la force de l’emprise maternelle, correspond la déprise dans le champ social".

Ainsi, la déprise sociale est donc une "notion clinique" et non sociologique. Et en effet, ces conversations sont principalement des analyses de cas cliniques, sans perspective sociologique ou anthropologique. Là où la psychanalyse voit des situations de déprise sociale, la sociologie verrait des situations où au moins l’un des quatre liens sociaux (lien de filiation, lien de participation élective, lien de participation organique, lien de citoyenneté) est, pourrait-on dire, en pleine prise. Paradoxe, contradiction, complémentarité… ?

Les cas.
Après la lecture de ces sept cas cliniques, et non pas six comme annoncé dans la quatrième de couverture , le titre du livre interroge : à qui appartient cette subjectivité énoncée sur la déprise sociale ? A la personne dont on raconte la vie, ou bien au psychanalyste qui choisit d’en faire le récit sous cet angle et d'y voir une déprise sociale là où le sociologue ne serait peut-être pas aussi catégorique ?
Aussi, comme le syntagme de déprise sociale n’est pas clairement définit et qu’il est quelque chose qui permet d’agglomérer des significations diverses, cela permet aux discussions de quitter le social pour revenir à la clinique, certes avec pertinence et intérêt pour le lecteur, mais souvent sans grande proximité avec le social.

Car ces cas présentés ici ne racontent pas l’histoire de personnes sans domicile fixe, sans abri ou sans emploi. Ce ne sont pas des gens qui auraient lâché prise avec la société, des gens marginaux… Non, ce sont des personnes salariées, étudiantes, célibataires ou mariées qui, hors du fauteuil ou du divan du cabinet du psychanalyste, semblent mener une vie en prise avec le social malgré quelques aménagements ou difficultés particulières, que ce soit ponctuellement ou de façon stable. Serait-ce là cette déprise sociale dont il est question ?

Titre du livre : Situations subjectives de déprise sociale
Auteur : Jacques-Alain Miller (sous la direction de)
Éditeur : Navarin
Collection : La Bibliothèque lacanienne
Date de publication : 09/07/09
N° ISBN : 2916124055






Les Livres de Psychanalyse
mercredi 14 octobre 2009
Problèmes posés à la psychanalyse
Charles Melman











Sortie le : 15/10/2009
Editeur : Erès
Prix : 12 €


Que signifie « prendre au sérieux la psychanalyse » ? Certainement pas en attendre des injonctions ou des commandements, comme le laisse penser la plupart des médias.

Dans ce séminaire, Charles Melman s'attache à répondre à cette question. Pour ce faire, il porte l'accent sur la question de l'altérité et rapproche au fil des leçons - ce qui pourrait sembler loufoque - féminité, corps, langue des maîtres et organisation sociale.

À tout le moins, l'altérité articule les différents aspects de l'enseignement de Charles Melman : l'attention à l'actualité, la question de savoir comment hériter de Lacan, la nécessité de l'invention clinique, la lecture des problèmes politiques.

Publié par dm





A votre santé
parAnne Jeanblanc
Publié le 02/12/2009


Les psychiatres contre le bracelet électronique chez les malades psychiatriques





Les psychiatres s'opposent au port du bracelet électronique chez les patients psychiatriques, selon 400 spécialistes issus des secteurs de la psychiatrie et de la justice réunis mardi à Lille, pour la deuxième journée "Psychiatrie et justice". Les effets psychologiques et les risques de ce dispositif y ont été exposés. Et pourtant, l'utilisation d'un "dispositif de géolocalisation" pour surveiller et éviter la fugue de malades considérés comme potentiellement dangereux a été prônée en décembre dernier par le président de la République, Nicolas Sarkozy.

"Tous les psychiatres sont contre. Nous avons présenté à l'Élysée un argumentaire contre cette mesure", déclare le Dr Paul Bonnan, du centre hospitalier de Cadillac-sur-Garonne en Gironde. "Nous n'avons pas reçu de réponse formelle, mais il n'en est plus question dans les discussions que nous avons eues avec le cabinet de la ministre de la Santé". Cependant, par prudence, les arguments prouvant l'inadéquation de la mesure à la psychiatrie continuent d'être mis en avant. Après le soulagement de sortir ou de ne pas aller en prison, le port du bracelet électronique dans la population pénale ordinaire provoque un "malaise important", voire des troubles psychologiques, a rapporté la présidente de l'Association nationale des juges d'application des peines, Martine Lebrun, au vu des expériences étrangères (essentiellement aux États-Unis et au Royaume-Uni). Aucune étude n'a été menée en France, où seuls quelques indicateurs sont disponibles.

Le bracelet statique - activé uniquement au domicile, pour vérifier la présence de la personne aux heures fixées par le juge d'application des peines ou lors d'une assignation à résidence - est de loin le plus répandu en France avec 40.000 personnes concernées depuis 2002, dont environ 16.000 en 2009. Il déclenche une alarme en cas d'absence de signal et un appel à la personne pour savoir où elle se trouve. Comme le bracelet mobile, avec GPS pour "géolocaliser la personne", il serait "difficile à supporter au-delà de quatre à six mois", souligne Martine Lebrun. Selon les spécialistes, sa présence permanente peut provoquer "des angoisses massives, une dépersonnalisation, une transformation de l'image corporelle" - déjà perturbée chez les malades - et aussi "un risque d'automutilation" pour se débarrasser du bracelet.


Les Livres de Psychanalyse
jeudi 29 octobre 2009


De René Magritte à Francis Bacon : psychanalyse du regard

Maurice Corcos













Paru le : 28/10/2009
Editeur : PUF
Prix : 35 €

Francis Bacon, ou l'histoire d'un amour fou entre un fils et son père meurtrier, nous rappelle deux choses : le corps est la source des émotions et de l'inconscient, et les affects et les représentations qui leur sont liés sont le chaînon manquant entre corps et psyché.
Bacon est le peintre de la démoniaque dysharmonie entre la nuit et le jour. René Magritte, ou une autre histoire d'amour fou entre un fils et sa mère suicidée, nous apprend ceci : une vie qui n'a pas été rythmée dans l'enfance ne rime à rien, c'est une chanson froide et lisse qui ne chante pas. Magritte est le peintre de l'affable agonie. Il s'agit ici pour une grande part de déterminer la nature de l'encre utilisée par Bacon et Magritte pour engendrer leurs œuvres, deux artistes que tout oppose dans leur vie et dans leur création, mais qui auraient eu peut-être tant à se dire si le hasard avait pu leur organiser une rencontre.
En aucun cas une pathobiographie, cet essai se veut le témoignage de la force de l'art quand il permet d'éclairer, sous la lumière sensible de l'affect, l'expérience des souffrances identitaires, et d'ajouter quelques réflexions sur l'exploration de la conscience et de l'inconscient en faisant émerger les liens entre le rêve, le souvenir, le délire et la création.


samedi 28 novembre 2009





La psychiatrie malade de son enfermement

Par ÉRIC FAVEREAU Jean-Marie Delarue contrôleur général des lieux de privation de liberté

La contention des patients, sans véritable contrôle, est devenue quasi systématique dans les hôpitaux, au grand dam des personnels.


Les personnels soignants de la psychiatrie n’aiment pas en parler. Comme si c’était la caricature de leur travail. Comme si revenait le fantasme du film Vol au-dessus d’un nid de coucous avec ces psychiatres qui enferment leurs malades en toute impunité. Comme si, aussi, les profanes ne pouvaient pas comprendre.

Aujourd’hui, pourtant, la situation autour des mesures d’enfermement et de contention – c’est-à-dire des patients attachés – dans les hôpitaux psychiatriques est inédite en France. Est-ce le grand retour de l’enfermement ? Depuis la Seconde Guerre mondiale, en tout cas, on n’a jamais connu cela. Les chambres d’isolement et les mesures de contention se sont multipliées. Il y a vingt ans, elles étaient rarissimes, aujourd’hui elles sont partout, dans presque tous les services de psychiatrie publique. Il n’y a aucun chiffre officiel, mais, jusqu’aux plus hautes autorités sanitaires, nul ne s’en étonne, bien au contraire. Ces dernières justifiant sans complexe cette privation de liberté, qui se fait pourtant en dehors de tout contrôle juridique sérieux.


SÉCURITAIRE. En décembre 2008, juste après l’assassinat d’un jeune par un malade mental échappé de l’hôpital psychiatrique de SaintEgrève (Isère), Nicolas Sarkozy avait tenu un discours uniquement sécuritaire pour la prise en charge des malades mentaux. Sur le moment, personne ne s’était trop étonné d’un plan pour créer 200 chambres nouvelles d’isolement. «Pourquoi ? Ils en manquent ?» ironisait, alors, un psychiatre de Lille. «Le plus grave, ce n’est pas qu’il y a en ait, note avec bon sens le Dr Mercuel, chef du service santé mentale et exclusion sociale du centre hospitalier de Sainte-Anne, à Paris, car on a besoin parfois d’isoler des patients. Mais l’impression que l’on a, c’est que chacun fait sa tambouille personnelle, au gré des difficultés de service» . Sans contrôle ni évaluation, sans même respecter les règles de fonctionnement, faute de personnel.

Depuis quelque temps, Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, a pris en charge ce dossier et, avec son équipe, multiplie des visites. «Nous n’avons pas à juger la pertinence de ces mesures d’isolement, mais ce qui nous frappe à présent, c’est la variété des pratiques dans un même hôpital ou entre deux établissements. Et surtout l’absence de toute évaluation ». Il ajoute : «On a rencontré certaines formes de brèves phases d’isolement, juste quelques heures, le temps d’un répit thérapeutique nous dit-on. Cela peut se comprendre. Mais nous avons constaté des durées longues, très longues, de plusieurs semaines. Et nous avons vu aussi des isolements sans fin. Comme dans ce service de psychiatrie d’un hôpital général où un malade est enfermé dans une chambre avec un seul matelas, à moitié nu. Il est là depuis des années…».

Quand on lui demande ce qu’en disent les patients isolés, Jean-Marie Delarue note que la plupart d’entre eux se plaignent de ne voir jamais, ou si peu, leur psychiatre.


CHOQUÉS. Aujourd’hui, à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, le collectif de la Nuit sécuritaire (www.collectifpsychiatrie.fr), qui s’était formé en riposte au discours de Nicolas Sarkozy de décembre dernier, va discuter toute la journée de cette question. Un débat que les membres du collectif jugent essentiel mais difficile car, même eux, sont gênés, certains choqués devant ces pratiques d’enfermement, d’autres moins. «On doit affronter cette question et ne pas se taire» , explique le psychiatre, Hervé Bokobza, coordonnateur de ce collectif. Michel Guyader, médecin chef de secteur dans l’Essonne, est plus virulent. Forte personnalité, il est l’un des rares psychiatres publics à se révolter ouvertement contre ces pratiques : «C’est pour moi, un déshonneur ». Mais il reconnaît aussi : «Dans mon service, il y a une chambre d’isolement, qui est trop utilisée. J’ai essayé de faire un moratoire, mais j’ai du mal.»






«On est là pour être soigné, pas pour être puni»

JULIEN et MARIE ont tous deux vécu l’isolement :


Julien

«Le pire, c’est cette impression d’être enfermé. Bon, c’est sûr, il y avait des raisons pour cela…

«Dans ce service fermé, c’était très violent, et je l’étais aussi. Ça hurlait de partout, c’était dur. Il n’y avait pas de psychiatres, que des infirmiers. Je hurlais, dans un état second. Ils ont appelé des gros bras d’autres services que je ne connaissais pas, puis ils m’ont traîné dans une chambre d’isolement. Une femme m’a enlevé mon pantalon, et ça m’a humilié. Ils m’ont mis en cage, comme au chenil, avec une piqûre dans les fesses. Après, j’ai perdu la notion du temps. Il faisait très chaud, je dormais presque continuellement, je n’avais pratiquement pas de vêtements, on pouvait me voir de dehors par une petite ouverture, je me sentais comme dans un zoo. J’avais chaud, je me sentais perdu, désorienté, sans repères. Il n’y avait pas de toilettes, et j’urinais dans un tube. «Les soignants ? Non, il y avait peu de paroles. Après, j’ai retrouvé mes esprits, j’étais moins agressif, il faut dire que ça calme ! Mais quand même il faudrait que les conditions soient plus humaines, avec un matelas convenable, des toilettes accessibles, des boissons et un évier.

«Une autre fois, j’étais dans ma chambre, cette fois-là en hospitalisation libre. Et, tout d’un coup, je me suis rendu compte que j’étais enfermé. Je dérangeais les soignants, alors ils m’avaient enfermé sans me prévenir. Et cela m'a choqué plus que le chambre d'isolement.»

Le mensuel Santé mentale, qui s’adresse aux équipes soignantes en psychiatrie, a consacré un dossier «Au vécu en chambre d’isolement». Voici deux des témoignages publiés par la revue, dans son numéro 139. cela, ça m’a choqué plus que la chambre d’isolement.»

Marie
«J’étais en hospitalisation libre, mais enfin libre de quoi… Après deux jours en chambre d’isolement, je ne comprends pas mon mode de placement. C’était long, trop long. On m’a mise là car je m’étais alcoolisée lors d’une sortie à l’extérieur. Je n’étais pas méchante, juste un peu gaie. On m’a fait souffler dans l’alcootest. L’alerte lancée, dix personnes m’ont poursuivie. J’ai pris des coups, poussé des cris. Arrivée dans la chambre, j’ai été déshabillée. Toute nue comme un ver. Aujourd’hui, j’en fais des cauchemars encore. On est humain, il y a d’autres solutions, non ? Je me suis sentie profondément humiliée.
De plus on m’a attachée, pieds et poings liés. Mise à nu devant les autres, en voilà des manières. On est ici, à l’hôpital pour être soignée, pas pour être punie.
«Après m’être un peu endormie, j’ai eu le sentiment d’avoir été abusée…
«Dans la chambre d’isolement, votre esprit, votre tête, votre conscience vous parlent. On plane parfois, et on range ses idées, ses bêtises.
«Vers la fin de mon séjour en isolement, je souffrais moins, je me raisonnais pour rester calme. Au moment de la sortie, on est venue me voir, et toujours nue on m’a présenté une grande culotte. Mettez-vous à ma place… Les autres patients m’ont dit : “Alors Marie, t’es sortie du trou ; t’es calme, ça va mieux.”
«Je suis sûre d’une chose, lorsque l’on a une grande souffrance, l’isolement ne suffit pas. L’idéal est de pouvoir parler à des équipes
formées à l'écoute. L'isolement, cela ne guérit pas et pire, ce n'est pas thérapeutique.»




«On isole quand on ne sait pas comment s’y prendre»

ALAIN MERCUEL Psychiatre Sainte-Anne à Paris :


«La montée de l’enfermement ? Il n’y a aucune donnée, juste des hypothèses.

Comment l’expliquer ? D’abord, c’est le manque de personnel qui est en cause, avec le recours à des intérimaires qui ne connaissent pas les patients. On isole plus facilement quand on ne sait pas comment s’y prendre. «En second lieu, il y a l’afflux de patients plus difficiles. Ils sont plus lourds, ils échappent aux traitements car ils en ont pris souvent beaucoup. Et à cela s’ajoutent des toxiques, voire des drogues qu’ils ont pris de plus en plus. Il y a, également, les cas de SDF qui ont accumulé des exclusions familiales. Or bien souvent, quand il n’y a pas l’aide de la famille, la situation empire.

«Enfin, il y a ce que j’appellerai la mondialisation des psychotiques, que l’on voit dans les rues des grandes capitales. Ce sont des malades étrangers qui ont des parcours invraisemblables, terriblement douloureux, et qui arrivent perdus dans nos villes. Toutes ces nouvelles populations rendent nos pratiques de plus en plus difficiles. Et provoquent un recours plus régulier à la contention et aux chambres d’isolement.

«Pour le reste, que dire ? Isoler, cela peut permettre de passer la phase aiguë. Mais, si on justifie ces pratiques comme une technique médicale, il faut alors des indications médicales strictes. Il doit y avoir des protocoles et du personnel. La contention et l’isolement sans personnel, c’est une catastrophe. Une contention sans parole, c’est même à mon sens une faute professionnelle.»







L'enfermement revient en force dans les hôpitaux psychiatriques

Recueilli par ERIC FAVEREAU

Jamais depuis vingt ans ne se sont autant multipliées les chambres d'isolement et les mesures de contention (immobilisation) pour les malades mentaux. Hier rarissimes, ces chambres fermées existent aujourd'hui dans tous les services.

En décembre 2008, un collectif «La nuit sécuritaire» s'était élevé contre le plan de sécurisation des hôpitaux psychiatriques, lancé par Nicolas Sarkozy aprés le meurtre d'un jeune par un malade mental, échappé de l'hôpital psychiatrique de St Egréve, près de Grenoble. Une pétition s'en était suivie. Samedi, à Montreuil, le collectif organise une journée de débats sur le thème: «Quelle hospitalité pour la folie ? Non, au retour des gardiens de fous, au grand renfermement, à l’abandon, au tri, à la mise à l’écart» (1).

Nous avons demandé l'avis de Jean-Marie Delarue, conseiller d’Etat, qui est depuis un an contrôleur général des lieux de privation de liberté, poste créé par l’actuel gouvernement, sur la question de l'enfermement des malades.

Y a-t-il une explosion des mesures d’enfermement et des mesures de contention dans les hôpitaux psychiatriques, aujourd’hui ?

Il n’y pas de données générales et globales. Nous, devant cette question, nous faisons comme d’habitude, nous avons visité plus d’une vingtaine d’établissements psychiatriques. Des visites approfondies sur plusieurs jours. Et le premier constat que l’on a pu faire, c’est que l’on avait du mal à faire la distinction entre les patients hospitalisés sous contrainte et ceux hospitalisés libres. Nous avons ensuite examiné la manière dont ils sont enfermés en matière de respect des droits, de leur liberté de mouvement, d’accès aux cultes ou au courrier. Au départ, nous n’avions aucun a priori.

Et finalement ?

En matière d’isolement et de contention, nous avons été frappés par la grande variété des pratiques entre les établissements, mais aussi à l’intérieur d’un même lieu. Ce qui n’est pas sans poser de problèmes, puisque les gens sont hospitalisés en fonction de leurs lieux géographiques, et donc ne choisissent pas. Ils peuvent, ainsi, tomber sur des lieux avec des pratiques très variées… En même temps, il ne faut pas tout regarder en fonction de l’isolement. D’autres éléments peuvent poser problème. Comme, dans certains endroits, cette mise systématique en pyjama pendant quelques jours des patients, pour qu’ils ne fuguent pas. Dans des endroits, le courrier est systématiquement ouvert et lu. Le droit à l’intimité existe, il n’est pas toujours respecté.

Mais l’isolement, alors ?

Nous avons analysé trois facteurs: la fréquence, la durée, et enfin la traçabilité. Sur la fréquence, ce que l’on peut dire, c’est que c’est une pratique relativement répandue, et elle l’est de plus en plus, mais pas toujours dans les lieux où on l’attend.
Sur la durée, ensuite. Normalement, la prescription puis la durée, puis enfin la sortie de la chambre d’isolement se font sur décision d’un psychiatre. Il peut y avoir de brèves phases d’isolement – juste quelques heures – le temps d’un répit thérapeutique, nous dit-on. Cela peut se comprendre. Mais nous avons constaté des durées longues, très longues de plusieurs semaines. Et nous avons vu aussi des isolements sans fin. Comme dans ce service de psychiatrie d’un hôpital général où un malade est enfermé dans une chambre avec un seul matelas, à moitié nu. Il est là depuis des années…

Et la traçabilité ?

Là encore, c’est très variable. Il y a parfois des registres bien tenus, mais souvent ce n’est pas le cas, et même parfois, il n’y a aucune trace. Enfin dans les établissements où il y a des registres, il n’y a aucune analyse de ce qui s’est passé, aucune évaluation. Encore plus troublant, la présence de plus en plus systématique de vidéosurveillance dans ces chambres d’isolement. Le personnel met en avant que cela leur permet d’intervenir à bon escient, mais pour nous, cette violation de l’intimité est problématique.

Et concernant les détenus envoyés par le préfet en hôpital psychiatrique sous le régime de l'hospitalisation d'office ?

On les met à l’isolement, mais sans consigne thérapeutique. Ces patients se retrouvent enfermés, sans télé, ni sortie, ni cigarettes. La plupart s’en plaignent.
En général, le personnel soignant est attentif, mais les psychiatres sont peu présents.

Les malades se plaignent de quoi ?

Ce qui revient, presque tout le temps, c’est qu’ils ne voient pas assez le psychiatre. Puis, l’ennui. Le grand ennui. C’est d’ailleurs un point commun de tous ces lieux, privatifs de liberté.

Au final, vous en ressortez avec quels sentiments ?

D’abord, ce qui est problématique, c’est la grande divergence des pratiques et la non-évaluation de ce qui se fait. Ensuite, nous avons rencontré des problèmes de respect de la dignité, quand l’enfermement n’est justifié par aucune indication claire, quand le patient n’a pas de courrier. Tout individu a droit à une vie privée.
Nous avons vu des endroits dans des états lamentables.

Un nouvelle loi ?

Cela ne paraît pas l’urgence. Il nous semble que certains maires prennent un peu trop de facilités avec les hospitalisations d'office. Et ensuite, il faudrait préciser les recours, ou plus exactement préciser la manière dont les gens sont informés des recours possibles. Enfin, cela ne serait pas inutile que les avocats soient un peu plus présents lors des hospitalisations d'office...

(1) De 9h à 18h, à la maison de l’arbre et de la parole errante 9, rue François Debergues, Montreuil.







CGT – FO Hopital Beaujon Union Locale CGT – FO Clichy
Par Medias Libres le vendredi 27 novembre 2009


Beaujon une nouvelle fois menacé !!!


Le 3 juillet, Monsieur Le Guen qui présidait, au nom du maire de Paris B.Delanoé, le Conseil d’Administration de l’AP-HP a voté et fait voter la mise en place des 11 groupes hospitaliers contre les 38 hôpitaux constituant l’AP-HP.

Pourquoi les 11 groupes hospitaliers ? Pour réaliser les 228 millions d’euros d’économies exigés par le ministère de la santé. Cela se traduit par la suppression de 4000 postes entre 2010 et 2012 et une diminution de l’offre de soins.

Ainsi, Beaujon se trouve dans le groupe hospitalier « Bichat, Beaujon, Bretonneau, Louis Mourier ».

Les premières conséquences de cette décision pour l’hôpital Beaujon :

le service des urgences serait fermé dans un premier temps à partir de 18 heures jusqu’à 8 heures du matin.

Le service de psychiatrie est menacé d’être fermé et transféré sur Louis Mourier à Colombes.

La fermeture des urgences la nuit préfigure de sa fermeture définitive. Où seront pris en charge les 32 000 patients s’y présentant par an ? A Bichat, à Louis Mourier !

Si les urgences disparaissent, que vont devenir le service de médecine interne, la radiologie de nuit, les laboratoires de garde, …. ?

Un hôpital sans urgences, ce n’est plus un hôpital.

Les syndicats FO et CGT de l’hôpital Beaujon disent : « Halte au dépeçage de l’hôpital Beaujon. Plus aucun service de l’hôpital ne doit disparaître ».

Les syndicats FO et CGT exigent le maintien du service de psychiatrie, des urgences, … de l’hôpital Beaujon

Les syndicats FO et CGT s’adressent à Monsieur Le Guen, Président du Conseil d’Administration de l’AP-HP pour qu’il fasse annuler la décision prise lors du CA du 3 juillet afin que les 38 hôpitaux de l’AP-HP puissent être des hôpitaux à part entière permettant ainsi à l’hôpital Beaujon de garder tous ses services (urgences, psychiatrie,…) et d’assurer ses missions au service de la population.

Les Unions Locales CGT et FO s’associent aux demandes des syndicats FO et CGT de l’hôpital Beaujon

Contact presse :
FO : 06.83.44.66.77
CGT : 06.76.19.52.


mercredi 25 novembre 2009





Au fil de l'info Flers
mercredi 25 novembre 2009

Un film tourné à Flers diffusé sur France 2

« La morsure de la folie » est un documentaire réalisé en partie dans les services de psychiatrie de Flers. « Changer le regard », c’est tout l’espoir placé par l’ensemble des acteurs ayant accepté de participer au reportage d’Olivier Pigheti. D'une durée d’une heure, il évoque le quotidien des familles qui vivent avec un enfant malade psychique et celui des professionnels de psychiatrie.

« Un film respectueux, plein de spontanéité et de vérité », salue Charles Lihou, président de l’Union nationale des amis et familles de malades psychiques (Unafam) dans l’Orne. Olivier Pigheti a suivi un foyer de Vimoutiers où Corentin, 15 ans, souffre de maniaco-dépression. Une maladie qui lui provoque des excès de violence incontrôlée qui terrifient son entourage. « Très rares sont les familles qui ont assez de force pour témoigner », souligne Charles Lihou.

Le film donne aussi un aperçu du travail des professionnels. C’est à Flers que les portes se sont ouvertes. « Le journaliste s’est installé avec sa caméra pendant quatre jours au service de psychiatrie, détaille le Dr Elisabeth Oury, chef de service. Il a travaillé en totale indépendance. Sa réalisation est d’une grande qualité technique et humaine ». Les téléspectateurs sont d’ailleurs invités à faire part de leur réaction par courriel (à l’adresse suivante : elisabeth.oury@ch-flers.fr).

« La morsure de la folie », diffusé jeudi soir sur France 2, à partir de 23 h 15 dans le cadre de l’émission Infrarouge. Un documentaire réalisé par Olivier Pigheti.





un psychanalyste dans la cité

La santé mentale est malade

24 Novembre 2009 Par Heitor O'Dwyer de Macedo

Concernant la santé mentale, l’idéal politique de ce gouvernement est de transformer tous les soignants en marionnettes ventriloquées par le discours répressif, les transformer en agents de police. La résistance organisée contre ce projet macabre, résistance qui est un « mouvement minoritaire de masse » (Patrick Chemla), fera le point sur sa réflexion et ses actions le samedi prochain, le 28 novembre, à Montreuil, à la Maison de l’Arbre. Voici un inventaire (très partiel) des enjeux :

Formation des internes

Depuis plusieurs années, la maquette de formation des internes en psychiatrie doit être réformée. Les enseignants universitaires ont produit un document qui consacre le psychiatre dans un rôle de gestion des urgences, du diagnostic et de l’orientation. Ce « chef d’orchestre », délèguera les soins et la psychothérapie aux autres professionnels pour se consacrer à ses activités d’expertise. Toutefois, il devra « quand même » être formé aux techniques psychothérapiques pour pouvoir sereinement « prescrire une psychanalyse » ou d'autres « techniques ». L’approche psychothérapeutique, nécessaire dans ce champ de travail, disparaît donc au profit de « techniques » enseignées dans un éclectisme « d’ouverture ». Ce formatage des futurs professionnels atteint son paroxysme dans les nouveaux items qui consacrent des concepts discutables en vérités scientifiques tels que « la dangerosité », « la valorisation de l’activité en psychiatrie », « la psycho-éducation », etc. On parlera, par exemple, d’« échelles d’évaluation », mais on ne dira pas mot sur les questions éthiques en psychiatrie. Enfin, y a la disparition pure et simple de pans entiers spécifiques à la psychiatrie comme les soins institutionnels, le désaliénisme, le travail de secteur …

Formation des infirmiers

Depuis des années la condition des infirmiers psychiatriques se dégrade. D’abord leur condition de travail, puis leur statut, puis leur formation. Celle-ci est proprement indigente. Pour avoir une idée de l’étendue du massacre : jusqu’à cette année, l’élève infirmier avait environ trente heures de cours en psychopathologie de l’enfant pour l’ensemble de sa formation.Trente heures seulement ! Eh bien, pour la rentrée prochaine, pour certains, elles seront réduites à vingt heures !

Extrait de l’intervention de Serge Klopp, infirmier, au Forum de la Nuit Sécuritaire du « Point de capiton » du 20 novembre 2009 :

« Le management par objectif
» :

Apparemment, personne ne sait de quoi il s’agit, pourtant, il est évoqué dans un article de « Santé Mentale. » d’octobre 2009, sous le titre « de l’ambition pour les cadres hospitaliers ».

Il se met en place au travers de « l’évaluation des prestations des personnels ». Il s’agit d’une évaluation qui va au-delà de ce que prévoient les textes et n’est donc pas encore une obligation légale.

L’objectif annoncé serait de «valoriser» chaque agent en lui demandant de se fixer lui-même des objectifs de travail pour l’année à venir, le supérieur hiérarchique lui en fixant d’autres. Ces objectifs sont inscrits sur une feuille d’évaluation et l’année suivante, l’essentiel de l’entretien consistera à évaluer leur atteinte, avant de fixer de nouveaux objectifs pour l’année à venir.

Cela peut sembler anodin en soi.

Il se trouve que cela porte un nom, cela s’appelle le « management par objectif ». Ce mode de management a été introduit en France notamment par IBM, avant de faire des émules chez Renault, France-Télécom…et maintenant la santé… »

Le sécuritaire

Depuis le discours de NicolasSarkozy en décembre 2008, des moyens ont été mise-en place pour un « plande sécurisation des hôpitaux psychiatriques ». Une enveloppe budgétaire de 70 millions d’euros a été rapidement débloquée pour construire de nouvelles unités pour malades difficiles (UMD), des chambres d’isolement, l’installation de dispositifs de vidéosurveillance ainsi que la mise en place de nouvelles grilles et autres murs. Evidemment, « pour protéger les patients » peut-on nousrétorquer ! Ainsi, à l’UMD de Montfavet, les arbres ont été coupés pour empêcher les fugues, à l’hôpital Sainte Anne à Paris, le pavillon Piera Aulagnier a maintenant deux grilles... Sans compter la difficulté pour les psychiatres à obtenir des sorties d’essai pour leurs patients hospitalisés d’office.

Ce dispositif de contrôle et de gestion des patients psychiatriques doit voir la loi des hospitalisations sans consentement (loi de 1990) se réformer. Les soins sans consentement en ambulatoire sont discutés pour que sécurité ne rime définitivement plus avec liberté. Le débat sur la castration chimique, voire physique, est la prémisse au durcissement des contraintes appliquées aux citoyens médiatisés dans les faits divers.

Et la psychanalyse dans tout ça ?

La psychanalyse est une pratique du politique. Rappelons que Freud, en postulant que l’inconscient était constitué par les représentations refoulées de la sexualité infantile, a fait scandale dans l’institution de la culture. La sexualité infantile, le transfert, la continuité entre le normal et le pathologique et la dimension de contre-culture constituent, ensemble, le tranchant de la psychanalyse. Il est vrai que, partant de France, un certain usage de la théorie du signifiant, a éloigné les psychanalystes du corps, puis des affects, puis de l’actualité, puis de la clinique. Et ils ont déserté le politique et le champ privilégié de la pratique politique de la psychanalyse : le travail avec les fous. Ayant déserté les hôpitaux psychiatriques, nous sommes indirectement responsables ( quand nous ne sommes pas activement complices) du désastre actuel. Mais il y a ceux qui sont restés fidèles au scandale de la découverte freudienne, par exemple, ceux qui ont inventé la pratique nommée Psychothérapie Institutionnelle : François Tosquelles, Jean Oury, Lucien Bonafé – qui ont fait de la psychiatrie française le référent pour tous ceux qui pensaient et pensent le travail à l’intérieur des établissements de soins. De la fin de la guerre aux débuts des années 80, la psychiatrie française était la meilleure au monde. Les premiers héritiers de cette passion d’une recherche théorique qui allie la clinique de l’inconscient avec la politique de la psychanalyse dans le champ de la culture, sont toujours au travail. Citons, parmi d’autres, le travail de secteur de Patrick Chemla à Reims, la clinique d’Hervé Bokobza, à Montpellier. Et les jeunes, plein d’enthousiasme, arrivent : Mathieu Bellahsen, président de l’association nationale des internes en psychiatrie, Loriane Brunessaux, présidente d’UTOPSY, Elie Winter, Appel des 39.

Donc à samedi, à Montreuil.

Voici la convocation à cette journée d’échanges :

"Contre La Nuit Sécuritaire - Appel des 39"

La psychiatrie se verrait-elle expropriée de sa fonction soignante, pour redevenir la gardienne de l'ordre social ?

Nous, citoyens, professionnels du soin, du travail social, refusons de servir de caution à cette dérive idéologique de notre société.


A VENIR:

DE NOUVEAU A MONTREUIL

JOURNEE NATIONALE

APPEL DES 39-CONTRE LA NUIT SECURITAIRE

le 28 novembre 2009
à La Maison de l'Arbre
9 rue François Debergue
93100 Montreuil








dimanche 22 novembre 2009




SANTÉ. L'hôpital psy renforce sa sécurité. Un praticien dénonce un univers quasi carcéral

C'est la fronde derrière les murs de l'asile

Olivier Labouret dénonce « l'instrumentalisation des faits-divers pour justifier une politique coercitive ».

Olivier Labouret n'a pas peur des parallèles osés. Que la direction de l'hôpital psychiatrique entreprenne de rehausser les grilles de l'établissement, évoque l'installation de caméras à l'entrée des unités ou équipe les travailleurs isolés d'émetteur-récepteur à activer en cas de danger, et le praticien dénonce, vingt ans après la chute du mur de Berlin, « un nouveau mur de la honte qui est en train de s'ériger. »

300 000 euros pour le Gers

Pour ce psychiatre, membre de l'Union syndicale de la psychiatrie et du collectif national contre la nuit sécuritaire, « on est en train de cloisonner la société. »

Après le meurtre d'un étudiant par un malade mental l'année dernière à Grenoble, l'État a débloqué des fonds pour améliorer la sécurité des hôpitaux. Sur cette manne, 300 000 euros ont été alloués au département du Gers. « Une enveloppe démagogique, selon Olivier Labouret, qui est en train de nous faire revenir cinquante ans en arrière. Alors que depuis des dizaines d'années, nous avons travaillé à ouvrir les murs de l'hôpital vers l'extérieur, on traite désormais les patients comme des fauves, et avec eux les soignants, qui sont obligés de vivre dans le même environnement quasi carcéral. »

« Faut-il transformer l'hôpital psychiatrique en prison ? », demande Olivier Labouret. « Nous disposons déjà de services fermés et de chambres d'isolement pour les patients dits dangereux. En érigeant des grillages infranchissables de trois mètres de hauteur, on va seulement aggraver les problèmes de violence, alors que dans les faits, nos patients ne sont pas plus dangereux que la population en général. Au contraire, ils sont plus souvent des victimes », déplore Olivier Labouret qui promet de rester vigilant sur « les autres mesures coercitives qui se profilent à l'horizon. »

Auteur : Blandine Philippon