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vendredi 16 mars 2018

Le Cese réclame plus de moyens et de meilleures rémunérations pour la médecine scolaire

Marie Foult
| 15.03.2018



medecine scolaire
Crédit Photo : S. Toubon
La visite médicale obligatoire avant les six ans, prévue en grande section de maternelle, est trop souvent oubliée, constate le Conseil économique, social et environnemental (Cese), qui demande aux pouvoirs publics de la rendre plus efficace.
Le Cese a adopté mercredi en séance plénière (171 voix pour, 1 contre) un avis intitulé « Pour des élèves en meilleure santé », qui contient 15 préconisations pour améliorer la médecine scolaire, et plus généralement renforcer le rôle de l'école dans la prévention et la santé des plus jeunes. « La situation est bien plus alarmante que prévu », souligne le Dr Fatma Bouvet de la Maisonneuve, psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne (AP-HP), membre du Cese et co-rapporteure de l'avis.

La visite des 6 ans peu réalisée
Pour améliorer les choses, il faudrait déjà rendre effective « la visite médicale obligatoire de la sixième année (qui permet notamment de dépister les troubles auditifs ou visuels N.D.L.R.), ce qui est loin d'être le cas pour le moment », et y associer systématiquement les parents, indique Jean-François Naton, l'autre rapporteur de l'avis. D'après l'Éducation nationale, 71 % d'élèves de six ans bénéficient de cette visite, « un chiffre qui varie considérablement selon les départements » selon les membres du Cese.
« Trop souvent, les visites médicales obligatoires ne sont pas assurées, les problèmes de santé ou les troubles de l'apprentissage ne sont pas suffisamment détectés », souligne le Cese, pour qui les médecins scolaires ont tendance à centrer leur activité sur les situations urgentes.
Moyens pluriannuels
Outre l'effectivité de la visite médicale des 6 ans, le CESE veut rétablir les liens entre les « différentes étapes de la vie des enfants ». Il suggère que le groupe de travail chargé de la refonte du carnet de santé de l'enfant (en attendant le DMP enfant) prenne mieux en compte la transmission des informations entre la protection maternelle et infantile (PMI), le médecin traitant et l'Éducation nationale.
Le conseil préconise également une « programmation pluriannuelle des moyens de la médecine scolaire pour les augmenter en priorité sur les territoires qui en ont le plus besoin », selon leurs spécificités économiques et sociales, sur le même modèle que la politique d'éducation prioritaire qui permet d'allouer plus de personnels aux établissements dont les élèves sont issus de milieux défavorisés.
Meilleures rémunérations
Le Cese prône d'ailleurs plus d'attractivité dans les métiers de la santé à l'école. « Cela implique de revaloriser les rémunérations afin qu'elles ne soient plus un frein à l'orientation vers la médecine scolaire », indiquent les auteurs de l'avis. Parmi les propositions : réduire les écarts avec les autres médecins de la fonction publique dans les grilles indiciaires de salaire, les régimes indemnitaires et des déroulements de carrière.
L'avis recommande enfin de valoriser les fonctions de coordination du médecin de l'Éducation nationale, mais aussi de renforcer le rôle des infirmières et psychologues de l'Éducation nationale et de reconnaître d'autres acteurs extérieurs à l’école (médecin traitant, éducateurs, assistants sociaux). « À plus long terme, le changement devrait aussi passer par la pratique avancée, qui permet à des métiers de santé de niveau intermédiaire d'intervenir sur ce qui relève actuellement de l'exercice médical », conclut le Cese sur ce sujet.

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