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Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

mercredi 9 novembre 2011


Sondage : les Français s’estiment inégaux en matière de santé

03/11/2011


La fondation April santé équitable et l’institut de sondages LH2 ont révélé les chiffres de leur premier baromètre de l’équité en santé. Selon cette étude menée auprès de 1 000 personnes (méthode des quotas), les Français s’estiment inégaux en matière de santé. Ils sont ainsi 70 % à penser que nous n’avons pas tous les mêmes chances d’être et de se maintenir en bonne forme. En cause : les conditions de travail (74 %), les revenus (71 %) et le lieu d’habitation (63 %).









Malgré les inégalités de santé perçues, les Français sont attachés au système de protection sociale en général et au maintien d’une médecine de proximité. La proposition de « privilégier la qualité générale de la prise en charge des malades au sein d’établissements de grande taille plutôt que de maintenir des petits établissements de proximité » est rejetée par 72 % des personnes interrogées.

Quand on évoque leur propre responsabilité dans le déficit de l’Assurance-maladie, les Français se montrent circonspects. Ils sont 46 % à estimer... « être un peu à l’origine du déficit de la Sécurité sociale », loin devant l’État (20 %), les laboratoires (18 %) ou encore les médecins (6 %).
Interrogés sur les actions à mener pour réduire ce déficit, les Français privilégient l’attention à l’alimentation et l’hygiène de vie (82 %), puis la réduction de leur consommation médicale (78 %) et une baisse du nombre de consultations (65 %).
Si 52 % des personnes interrogées pensent que le système de soins n’est pas égalitaire, aucun scénario de réforme n’emporte d’adhésion claire. Ils sont néanmoins 76 % à accepter l’idée de « mieux rembourser les personnes les moins consommatrices de soins ». En revanche, 64 % d’entre eux rejettent la proposition de « rembourser moins les personnes qui auraient des comportements dits à risques » (consommation de tabac ou d’alcool). La carotte, oui. Le bâton, non.
› A. B.-I.















ENQUÊTE SAMENTA

LA SANTÉ MENTALE ET LES ADDICTIONS CHEZ LES PERSONNES SANS LOGEMENT PERSONNEL D’ILE-DE-FRANCE
Premiers résultats
Rapport final – Janvier 2010
Sous la direction d’Anne Laporte (Observatoire du Samusocial de Paris) et de Pierre Chauvin (Inserm)
pdf
Enquête SAMENTA

mercredi 2 novembre 2011


«Enfants, graines de délinquants?» ou les tout-petits sous surveillance

 | PAR LA RÉDACTION DE MEDIAPART ET LUCIE DELAPORTE
En accès libre sur Mediapart, le documentaire de Marina Julienne et Christophe Muel interroge les méthodes de dépistage des troubles du comportement chez les tout-petits. Réalisé en 2008, il reste d'actualité à l'heure où le ministre Luc Chatel reparle d'évaluations en maternelle et où les parlementaires durcissent la justice des mineurs. 
A voir ici

Les militants anti-fessée réclament une loi afin de "bousculer l'opinion"

LEMONDE | 29.10.11

Une bonne fessée n'a jamais fait de mal à personne" ; "Qui aime bien châtie bien" ; "Il y a des coups de pied aux fesses qui se perdent"... Ces poncifs, répandus, suscitent une forte réprobation parmi les professionnels de l'enfance comme chez les défenseurs des droits de l'homme. Le 20 octobre, quelque 400 psychothérapeutes, dont une grande majorité de femmes, assistaient au colloque annuel de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse (FF2P) intitulé "Attachement, empathie et violence éducative". Les participants ont voté, à l'unanimité, une motion réclamant une loi pour "abolir la violence physique et psychologique envers les enfants".

Une loi contre la fessée ? Le texte existe déjà. Alors que la maltraitance des mineurs est passible de sanctions pénales, la députée Edwige Antier (UMP, Paris) a déposé en novembre 2010 sur le bureau de l'Assemblée nationale une proposition de loi bannissant les châtiments corporels. Cosigné par 26 élus de droite, le texte n'a toutefois pas encore convaincu une majorité de parlementaires.
Pédiatre "depuis quarante-cinq ans", la députée raconte que son combat est né des longues heures passées en service de réanimation à sauver un enfant prématuré. Des moments intenses de lutte pour la vie qui rendent incompréhensible l'idée même de châtiments corporels. "On serait parvenu àfaire vivre ce bébé, pour plus tard, lui taper dessus ?", s'insurge-t-elle. Edwige Antier souligne que les enfants punis physiquement développent des comportements négatifs : "Ils deviennent sournois, menteurs, dissimulateurs."Certains s'endurcissent et s'habituent à lâcher, après la gifle, un "même pas mal !" qui a en général pour effet de faire enrager celui qui l'a donnée...
Pour Olivier Maurel, professeur de lettres et auteur d'un livre intitulé La Fessée(éd. La Plage, 2001), tous les châtiments infligés aux enfants - "gifle, bâton, ceinture, mais aussi cris, injures ou mises au coin" -, constituent "une violence du fort (sur le) faible". Qui a pour conséquence d'entraîner les jeunes victimes àreproduire ce qu'ils ont subi. Les petits imitent ces gestes et "les reportent sur les plus fragiles, frère ou soeur, chat et chien, copains et, plus tard, sur leurs propres enfants", poursuit l'universitaire, qui a fondé l'Observatoire de la violence éducative ordinaire (OVEO). S'inspirant des travaux de la psychanalyste Alice Miller, morte en 2010, Olivier Maurel observe que la plupart des dictateurs furent des enfants maltraités. Inversement, les chercheurs américains Samuel et Pearl Oliner ont mis en évidence, en 1988, des points communs parmi les Justes ayant sauvé des juifs pendant la seconde guerre mondiale. Tous avaient reçu une éducation non autoritaire et non répressive. Michel Meignant, psychothérapeute et président de la FF2P, relève pour sa part un lien entre les petites gifles de tous les jours et "le taux élevé de violences faites aux femmes qui prévaut en France".
Les partisans d'une loi s'appuient sur la Convention internationale des droits de l'enfant, ratifiée par la France, qui intime aux Etats de "protéger l'enfant contre toutes formes de violences". Ils brandissent l'exemple de la Suède, premier pays à avoir voté, en 1979, un texte bannissant la fessée. Vingt-neuf pays disposent aujourd'hui d'une telle législation, des Etats européens, considérés comme avancés sur les questions de société, mais également des pays moins connus pour cet engagement tels que le Kenya, le Venezuela, l'Ukraine ou le Soudan du Sud.
Une loi seule ne changerait pas la pratique parentale, admet Edwige Antier. "Elle bousculerait l'opinion, mais il faudrait l'accompa gner d'une campagne d'information", précise la députée. En Suède, des slogans rédigés dans plusieurs langues s'affichent ainsi sur les packs de lait. Résultat, "la quasi-totalité des parents connaissent la loi", affirme Sara Johansson, de la branche suédoise de l'association Save the Children.
Les militants anti-fessée n'ignorent pas qu'ils passent pour de doux rêveurs. Selon Olivier Maurel, "80 % à 85 % des parents, en France, dans toutes les classes sociales", infligeraient de temps en temps une gifle ou une fessée à leur enfant, et cette proportion serait même en augmentation, selon une étude récente de l'Union des familles en Europe.
"Une loi, qui entrerait dans l'intimité des familles, constituerait une stupidité sans nom", proteste le pédiatre Aldo Naouri, qui défraie régulièrement la chronique en prônant une éducation autoritaire. "Qui ferait appliquer ce texte ? Le voisin deviendra-t-il un délateur ?", s'interroge cet auteur prolifique, qui a publié notamment Eduquer ses enfants (éd. Odile Jacob, 2009).
Le spécialiste n'en condamne pas moins "toute violence physique, y compris une tape sur la main, car attentatoire à la dignité". Aux parents qui cèdent à la fessée de temps en temps, Aldo Naouri répond invariablement : "Cela vous fait peut-être du bien, mais pas à l'enfant ni à la relation que vous entretenez avec lui." Il conseille plutôt "la punition universelle, celle qui consiste à isoler l'enfant jusqu'à ce qu'il se calme".
Le psychologue Didier Pleux, également opposé à une loi, attribue la pratique de la fessée à "la permissivité de la société". Le spécialiste vient de publier, sur le thème de l'éducation, un album intitulé Une journée avec Zoup (éd. Odile Jacob, 96p., 11, 90 euros), à lire aux enfants dès l'âge de 3 ans. Selon lui, "tout est fait pour glorifier l'enfant, la garde alternée, la société de consommation ou encore la victimisation""Les parents, précise-t-il, se montrent très permissifs, jusqu'au moment où ils piquent une colère. L'enfant ne comprend pas pourquoi ce qui était toléré devient soudain interdit." Une attitude incohérente préjudiciable aux enfants.
Olivier Razemon

Premiers pas d'une loi sur les soins psychiatriques et le contrôle des internements

le 28/10/2011par Dossier : Grégory Lobjoie et Annick Woehl

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Au centre hospitalier de Rouffach, Thérèse Bailly, juge au tribunal de grande instance de Colmar, tenait audience lundi avec sa greffière. Photo Hervé Kielwasser
Au centre hospitalier de Rouffach, Thérèse Bailly, juge au tribunal de grande instance de Colmar, tenait audience lundi avec sa greffière. Photo Hervé Kielwasser

Depuis août, pour certaines hospitalisations sous contrainte ou sans consentement, le juge mulhousien des libertés et de la détention, accompagné de sa greffière et d’un avocat, tient audience, le jeudi, dans les hôpitaux psychiatriques de la région mulhousienne.

« Bon, nous sommes au complet. On peut aller prendre la voiture du tribunal. » Ziad El-Idrissi, nouveau juge des libertés et de la détention (JLD) de Mulhouse, est également chauffeur d’un taxi pas comme les autres, certains jeudis après-midi. Avec sa greffière et un avocat, ils se rendent dans les hôpitaux psychiatriques de la région mulhousienne pour rendre visite à des malades internés sous contrainte ou sans leur consentement.
« Notre rôle est de contrôler le fond du dossier, explique Ziad El-Idrissi. Il faut être clair : on en discute en amont avec les médecins pour savoir de quoi on parle. » À Mulhouse, la justice a décidé d’aller vers les malades, et non l’inverse. « C’est plus commode pour les hôpitaux, avoue Ziad El-Idrissi. Et je trouve cela normal. »
Arrivée à Altkirch, au centre médical du Roggenberg, le 10 e secteur de psychiatrie du Haut-Rhin, pour la première audience. Elle se passe au 3 e étage, dans une salle de réunion. « La malade ne souhaite pas d’avocat », lance une infirmière. « Cela arrive très souvent, répond le JLD. Allez-y, Maître, et expliquez-lui. » Pour le barreau de Mulhouse, c’est M eChristelle Hardouin qui s’y colle en ce jour. Pendant ce temps, la greffière, Pauline Pelissier, branche l’ordinateur portable du tribunal, avant de prendre des notes en direct lors de l’audience.
« Nous sommes prêts », lance M e Hardouin, après que sa nouvelle cliente a accepté son « aide ». Cette dernière, hospitalisée sous demande d’un maire, explique calmement pourquoi elle se retrouve « enfermée ». « Et avec les médecins ? », lui demande Ziad El-Idrissi. « Avec les infirmières, ça va, mais je ne veux pas trop parler aux psychiatres, répond la patiente. Je sais ce que j’ai fait. Mais je ne comprends pas pourquoi on me garde… » L’audience est suspendue le temps du délibéré. « Madame, je pense que vous allez rester encore quelques jours à l’hôpital, trancheZiad El-Idrissi. Discutez avec les médecins et tout se passera bien. »
Direction l’hôpital du Hasenrain à Mulhouse pour la seconde audience. Elle ne se passe pas au service de psychiatrie de l’hôpital, mais au 1 er étage du bâtiment de la direction. Cette fois, il s’agit d’un homme hospitalisé à la demande d’un des membres de sa famille. Alors que l’on pouvait se demander, lors du premier dossier, pourquoi la patiente était hospitalisée, la question ne se pose pas pour celui-ci : ses propos sont totalement incohérents. Avec diplomatie — normal puisque cet homme se prend pour un diplomate —, le juge motive sa décision. « Je comprends ce que vous me dites, mais je pense qu’il faut que vous restiez ici. Vous allez être très bien soigné. Respectez ce qu’on vous demande et tout ira bien. »
Cinq dossiers étaient prévus : deux seulement ont été traités. « Soit les médecins ont très bien fait leur travail, sourit Ziad El-Idrissi, soit les patients ont finalement été d’accord pour être hospitalisés. »
le 28/10/2011 à 05:01 par Dossier : Grégory Lobjoie et Annick Woehl





Vilipendée ou approuvée

le 28/10/2011

La loi sur la psychiatrie a soulevé une très vive polémique, principalement du côté des psychiatres. Une pétition contre elle a réuni plus de 10 000 signatures. Pourtant, plusieurs de nos interlocuteurs la défendent.
Pour Sonia Garrigue-Peress, présidente du TGI de Colmar, « cette loi n’est pas répressive dans son principe qui est déjà appliqué dans d’autres pays. Mais on est au milieu du gué. Je suis pour la suppression des arrêtés préfectoraux pour les hospitalisations d’office. Je suis pour l’institution d’un juge dédié qui décide de tout : du placement d’office, des levées… Je pense que cela va évoluer jusque-là. On sera alors purement dans la question de la liberté. »
Le directeur de l’hôpital psychiatrique de Rouffach est plus que ravi d’être interviewé à propos de la loi sur la psychiatrie : « Enfin ! », s’exclame-t-il avant de maugréer : « Les médias n’ont écouté que les opposants. » Pierre Wesner parle de « grande innovation », d’avancée en termes de liberté, de droits du malade.
« En 2010, 42 patients de chez nous ont demandé la levée de leur placement, le JLD [qui avait déjà cette compétence] a prononcé trois levées. Depuis début août, excepté une situation de désaccord entre le préfet et le psychiatre, tous les malades ont été maintenus. Ce qui prouve bien que nous ne sommes pas un établissement où on enferme les malades, mais un établissement où on les soigne. Et que s’ils sont là, c’est qu’ils ont besoin d’être soignés. C’est mon message fort. »
Pour le directeur, il semble que le contrôle d’un juge démontrera au fil du temps l’inexistence de placements abusifs et la bonne qualité de l’hôpital haut-rhinois. « On peut toujours dire liberté, liberté individuelle, je vois qu’elle est parfaitement garantie puisque le JLD intervient, que le malade peut donner son avis. »
Le dr Paul Bailey dirige une unité fermée à Rouffach. Contrairement aux quelque 30 000 signataires d’une pétition contre la loi sur la psychiatrie, il se déclare plutôt favorable au nouveau texte. « Le principe est bon, on peut critiquer une mise en œuvre un peu bureaucratique. Il est positif que chaque hospitalisation soit revue par un juge des libertés ». Concernant la levée de boucliers, il commente : « Ce type de dispositif existe dans la plupart des pays européens. En Angleterre, en Allemagne, c’est la France qui était jusqu’alors dans une situation particulière. Mais, je peux comprendre, c’est discutable… Je me demande si cela n’a pas à voir avec la culture française et sa grande séparation entre la santé et la justice. Pour moi qui suis britannique, cette loi est une garantie supplémentaire pour les droits des patients ».


Loi sans consentement et sans moyens !


Force est de constater, trois mois après la mise en place de la réforme des soins psychiatriques, que les moyens en personnel et matériel n’y sont pas. Cette loi pose (n’en doutez pas) de nombreux problèmes à l’hôpital. D’ailleurs, je me permets, à travers ce courrier, d’alerter la directrice de l’ARS sur les conséquences actuelles de cette loi, alors qu’un bilan d’étape doit être réalisé en ce mois de novembre.
Je peux ici décliner mes craintes sur la dégradation de la qualité de soins qui apparaît, la souffrance et le mal-être du personnel soignant, mais aussi des administratifs au bureau des entrées très sollicités dans la constitution des dossiers, comptes rendus, contacts téléphoniques, etc. Un surcroît important de travail, de par cette réforme.
Je peux aussi vous confirmer, que si on enlève deux personnels pour accompagner un patient chez le juge au tribunal deSaint-Denis, ce sera au détriment des soins des autres patients. Car le transport au tribunal et l’accompagnement par deux soignants posent les problèmes de moyens dans cette loi.
Ma démarche vise à vous alerter des conséquences sur les soins et la qualité des soins en psychiatrie au moment de cette évaluation.
Déjà en mars 1999, la mission nationale d’appui a dépeint dans son rapport de l’époque « une psychiatrie insuffisamment respectée et maltraitée » et cela peut continuer, si les moyens ne sont pas attribués en urgence au service. D’ailleurs, ceci ne fait que confirmer une dégradation « insidieuse » sur les conditions de travail de l’ensemble du personnel.
Actuellement, les « connaissances cliniques commencent à déserter les services », les soignants sont accaparés par des tâches qui n’ont rien à voir avec le soin.
Tout professionnel de la psychiatrie sait que c’est le relationnel qui est au cœur de ce beau métier. A ce jour, tous les facteurs de création du lien sont dégradés, les temps de rencontres avec les patients et leurs familles sont parfois sacrifiés par ce manque de moyens.
Enfin, en forme de conclusion, je dirais que si les médecins, les soignants, les administratifs, les cadres, les directions, les partenaires sociaux, si nous sommes tous sur la même barque, maintenant il faut savoir tous pagayer dans le même sens, pour obtenir les moyens pour sauver ce soin de qualité en psychiatrie.