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samedi 26 novembre 2016

Violences sexuelles, les maux durent



Vie privée ou professionnelle, espace public… Une étude de l’Ined, la plus vaste depuis quinze ans, montre l’étendue des abus, y compris chez les hommes.

C’est un rituel aussi glaçant qu’éloquent. Chaque année, à la fin de l’automne, sont brandies d’immuables statistiques, à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, le 25 novembre. Oui, dans l’Hexagone, une femme meurt encore tous les trois jours sous les coups de son conjoint. Mais ce chiffre choc ne dit pas la multitude de sévices dont les femmes peuvent être victimes au cours de leur vie, l’âge auquel ils surviennent, le contexte (travail, transports, études…) ou les conséquences sur leur vie quotidienne. C’est pour répondre (entre autres) à ces questions que l’Institut national d’études démographiques (Ined) a entrepris de mener une vaste enquête, baptisée «Violences et rapports de genre» (Virage), portant sur 28 000 Français de métropole (16 000 femmes et 12 000 hommes, de 20 à 69 ans) interrogés entre février et novembre 2015. Objectif : dépeindre une «réalité protéiforme» pour mieux la combattre. Et mettre à jour des données un rien datées : les derniers travaux d’envergure sur le sujet (l’Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France, ou Enveff) remontent à 2000… Quinze ans plus tard, l’Ined a décidé d’inclure les sévices dont les hommes sont victimes dans son étude. «Leur sort avait rarement été abordé de manière aussi poussée», appuie la chercheuse Christelle Hamel.
Les premiers résultats de l’enquête Virage, qui portent sur les violences sexuelles, viennent d’être rendus publics. Contrairement à ce qui se faisait jusque-là, l’institut a posé aux participant(e)s des questions les plus précises possibles, loin de termes juridiques qui peuvent paraître abstraits. Concrètement ? «Avez-vous subi une pénétration du sexe ou de l’anus par les doigts ou un objet ?» plutôt que «Avez-vous subi un viol ?», car les victimes ne raisonnent pas toujours en termes juridiques.

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