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mardi 12 juillet 2016

Moins de déprimés parmi ceux qui ont été allaités !

05/07/2016

L’allaitement maternel est « associé négativement » à des problèmes de comportement, de stress psychologique et de symptomatologie anxiodépressive, rappelle Journal of Affective Disorders. Cependant, les études évaluant son incidence précise sur la psychopathologie ultérieure (à l’âge adulte) sont rares.
Conduite à l’Université de Pelotas sur près de 6 000 enfants (nés en 1982 dans les maternités de cette ville du sud du Brésil), une étude de cohorte a recueilli des informations sur leur mode d’allaitement et sur l’évolution de leur santé mentale, trente ans plus tard. Cette évaluation psychiatrique a été réalisée en 2012–2013 sur 3 657 sujets (de la cohorte initiale) alors âgés de 30 ans. Pour apprécier la présence et la sévérité des symptômes, les auteurs ont utilisé l’inventaire de dépression de Beck BDI-II (Beck Depression Inventory)[1], le SRQ-20 (Self-Reported Questionnaire, une grille d’autoévaluation en 20 questions promue par l’OMS)[2] et l’outil MINI (Mini International Neuropsychiatric Interview)[3] d’aide au diagnostic de la dépression sévère, du trouble anxieux généralisé, de l’anxiété sociale...

Un risque de dépression réduit de 30 %

L’étude du lien épidémiologique entre l’allaitement maternel et une problématique psychiatrique trente ans plus tard s’appuie aussi sur des modèles de régression multiple. Les auteurs constatent que le risque de présenter une symptomatologie dépressive sévère à 30 ans est réduit d’environ 30 % chez les sujets ayant été allaités au sein « pendant six mois ou davantage » : Odds ratio (OR) = 0,69 ; intervalle de confiance à 95 %  0,53–0,89.
Si certaines limitations (comme l’absence de données sur le contexte biographique dans l’enfance) ne permettent pas de confirmer de façon indubitable cette association entre l’alimentation au sein et une dépression sévère ultérieure, il reste très vraisemblable que le risque de symptomatologie dépressive sévère à l’âge adulte se trouve amoindri, en cas d’allaitement maternel prolongé (> 6 mois), à l’aube de l’existence.
Dr Alain Cohen
RÉFÉRENCE
Loret de Mola C et coll.: Breastfeeding and mental health in adulthood. Journal Affect Disord., 2016; 202: 115–119.

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