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vendredi 11 novembre 2016

Habitat et Humanisme loge les plus démunis

A travers sa foncière, cette association finance la création de logements sociaux à bas prix.
LE MONDE ARGENT  | Par Laurence Boccara
Habitat et Humanisme dispose d’un patrimoine immobilier de plus de 3 200 habitations
Habitat et Humanisme dispose d’un patrimoine immobilier de plus de 3 200 habitations Wikimédia
Habitat et Humanisme souffle ses 31 bougies. C’est en 1986 que Bernard Devert, jeune promoteur immobilier lyonnais, a créé cette association afin de lutter contre les injustices liées au logement, ­notamment « celles ­engendrées par la rénovation des centres-villes, qui relèguent les classes populaires dans les quartiers périphériques ».Ordonné prêtre un an plus tard, M. Devert trouva ses premiers financements auprès des militants associatifs catholiques de la capitale des Gaules. Dès le départ, son objectif était d’acquérir des logements pour les louer à bas prix à des personnes en difficulté, afin de faciliter leur réinsertion. Trois décennies plus tard, Habitat et Humanisme est devenu une ­institution laïque. Avec la crise économique et l’envolée des prix de l’immobilier, se loger décemment est plus que jamais une ­gageure pour les plus démunis.

Actions diversifiées
Grâce à sa foncière, société en commandite par actions qui a pour objectif la construction, l’acqui­sition et la rénovation des logements, Habitat et Humanisme dispose d’un patrimoine immobilier de plus de 3 200 habitations. Rien qu’en 2016, la ­foncière a réceptionné 350 logements supplémentaires.
« Avec les années, nos actions se diversifient. Nous ­achetons des biens en diffus ou de petits immeubles à réhabiliter afin d’y installer une résidence inter­générationnelle. En procédant à des ­acquisitions auprès de congré­­gations religieuses, nous ­développons aussi des Ehpad[établissements d’hébergement pour personnes âgées dépen­dantes] à caractère social. Nous sommes également présents dans le neuf grâce au quota de 25 % de ­logements ­sociaux qui s’applique aux communes », ­détaille Alix Guibert, responsable des res­sources financières. La spécificité de l’association est aussi de ­développer une ­activité d’intermédiation locative pour le compte des proprié­taires privés. Ceux-ci lui confient leur ­logement, qui est loué à des tarifs ­modérés avec un accompa­gnement des familles installées.
En 1995, Habitat et Humanisme perfectionne sa foncière pour ­lever plus de fonds. Pionnière dans ce domaine, elle étend sa collecte auprès du grand public en faisant des appels à l’épargne publique. En août, la dernière augmentation de capital a levé 10,2 millions d’euros. Objectif : ­financer la production de ­nouveaux logements et ­rénover le parc immobilier ­existant pour améliorer ses ­performances énergétiques. Grâce à ses fonds propres, aux dons (10 millions à 20 millions d’euros, selon les années), à des emprunts ­bancaires et à des ­subventions, ­ « chaque euro ­engagé dans la ­foncière génère un effet de levier de 3 à 4 euros servant à financer la création de logements abor­dables »,souligne Alix Guibert.
Environ 30 000 épargnants font ainsi confiance à Habitat et Humanisme. « J’ai investi 60 000 eu­ros il y a deux ans, ­témoigne Bruno, 42 ans. En plus de bénéficier d’une réduction ­d’impôt, je sais que mon argent est utile. » Entre 2006 et 2016, la valeur de la part s’est appréciée de 18 %. Stable depuis 2014, elle s’élève à 145 euros.
Si l’action d’Habitat et Humanisme a débuté à Lyon, ­son ­organisation est aujourd’hui décen­tralisée à travers ses ­55 associations en France ­métropolitaine.

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