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vendredi 4 mars 2016

Si « Le Généraliste » était paru en janvier 1900 De différentes façons, plus ou moins curieuses, de devenir médecin…

Alain Létot
| 29.02.2016

En 1784, Pinel eut comme concurrent au concours pour l’obtention d’une chaire de docteur-régent, un jeune docteur qui, ayant été gendarme, s’était dégoûté de sa profession et qui, à l’époque où Pinel était encore à Montpellier, s’y était rendu pour se faire médecin. « Le temps venu de soutenir sa thèse, il eut recours à Pinel, raconte Pariset ; et, pensant qu’il parlerait plus à l’aise sur un sujet qu’il avait pratiqué, Pinel composa pour lui une Dissertation latine sur l’Équitation ; le jeune homme fut reçu avec applaudissement. Le hasard l’avait amené à Paris en 1784 et je ne sais quel démon, ennemi de Pinel, lui souffla l’envie de concourir. Quel contraste ! D’un côté, une taille imposante, un grand fracas de voix, de l’assurance, des paroles à torrents ; d’idées, peu ou point ; de l’autre, une petite taille, une petite voix ; de l’embarras, de la contrainte, beaucoup d’idées, point de paroles. »

Le gendarme fut reçu ! Ceci dédié aux ennemis des concours. Qui pourrait nous dire le nom de ce gendarme, émule du baron de Vaux, que le jury de 1784 préféra à Pinel ?
Corvisart se destinait au barreau : contre la volonté de ses parents, il quitta l’École de droit pour l’Hôtel-Dieu où il était allé chercher asile et où il occupa d’abord les plus bas emplois.
Le professeur Depaul ne déserta les rayons de percaline et de calicot que quand la mort d’un de ses oncles lui laissa dix mille bonnes livres de rente, qui lui permirent de faire ses études médicales.
Le professeur Pajot commença par se destiner au théâtre.
C’est en rencontrant un marchand ambulant qui vendait des chiens en carton que l’étudiantAuzoux conçut le projet de faire ces fameuses pièces anatomiques en carton colorié, qui ont rendu tant de services aux générations d’étudiants, alors que l’École pratique n’était accessible qu’à quelques-uns, et qui en même temps lui inspira l’idée de faire sa médecine.
(Dr Michaut, « La Chronique médicale », février 1900)

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