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lundi 19 novembre 2018

Psychologie comportementale : la MDMA, principe actif de l'extasy, améliore la coopération

Elsa Bellanger
| 21.11.2018



MDMA
Crédit Photo : PHANIE

Déjà expérimentée dans la prise en charge du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) en complément de la psychothérapie, la 3,4-méthylènedioxyamphétamine ou MDMA, le principe actif de l’ecstasy, pourrait avoir une utilité dans d’autres domaines de la psychiatrie. Une étude menée par le King’s College de Londres et publiée dans la revue Journal of Neuroscience (1) met en évidence l’influence de la MDMA sur les comportements coopératifs. Celle que l’on surnomme la « drogue de l’amour » pour sa tendance à favoriser l’empathie rendrait en effet plus coopératif avec les gens de confiance.

Des comportements plus coopératifs avec les personnes de confiance 
Pour aboutir à ce résultat, les chercheurs du King’s College ont observé 20 hommes, dont une partie avait reçu 100 mg de MDMA, lors d’un test comportemental dans le cadre d’une étude en double aveugle, en « crossover », avec un contrôle placebo. Ce test consistait à soumettre les participants au dilemme du prisonnier, un jeu où les joueurs doivent choisir de coopérer ou d’affronter leur adversaire selon le degré de loyauté attribué à cet adversaire.
L’objectif, expliquent les chercheurs, était de « déterminer comment la MDMA, un amplificateur sérotoninergique, modulait le comportement et ses corrélations neuronales au cours d’un dilemme du prisonnier avec des opposants dignes de confiance et non dignes de confiance ». Ils ont ainsi pu constater une amélioration du comportement coopératif lorsque les joueurs étaient face à des adversaires dignes de confiance. « Il s’agissait d’un changement de l’activité cérébrale des régions liées à la cognition sociale » soulignent les auteurs de l’étude. « Après l'administration de la MDMA, les participants se comportent de manière plus coopérative, mais uniquement lorsqu'ils interagissent avec des partenaires de confiance ». Selon eux, « ce travail fournit de nouvelles informations sur l'impact de la MDMA sur les interactions sociales, en soulignant le rôle important du comportement des autres envers nous ».
Ces résultats pourraient être utiles à des patients qui ont des difficultés du point de vue des interactions sociales. Cité par l’AFP, le Dr Mitul Mehta avance que « cela permettrait de se demander si le problème est lié à leur comportement lui-même ou au jugement qu'ils portent sur les autres ».
(1) Anthony S Gabay, et al., « MDMA increases cooperation and recruitment of social brain areas when playing trustworthy players in an iterated Prisoner's Dilemma », Journal of Neuroscience 19 November 2018, 1276-18; DOI:https://doi.org/10.1523/JNEUROSCI.1276-18.2018

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