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vendredi 16 septembre 2016

Une étude quantitative et qualitative sur la contention physique en Midi-Pyrénées est lancée

HOSPIMEDIA   
La Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale (Ferrepsy) de Midi-Pyrénées lance officiellement ce 15 septembre ses premiers travaux d'envergure sur la contention physique. Cette recherche, menée au sein de treize établissements membres de la Ferrepsy*, s'attachera à recueillir des données quantitatives quant à la pratique, ainsi que des données qualitatives sur le vécu des soignants. La thèse sur le vécu des patients du Dr Raphaël Carré, psychiatre au sein du CH Gérard-Marchant de Toulouse (Haute-Garonne), sera intégrée comme pan de l'étude globale. "Il en ressort un vécu négatif, une perception de punition, de déshumanisation, de domination, de soumission", résume-t-il.

Avec le Dr Radoine Haoui, président de la commission médicale d'établissement (CME) du CH, ils vont piloter l'étude quantitative. "Le but est d'objectiver le nombre de contentions pratiquées, objet de nombreux fantasmes mais sur lequel nous n'avons aucune donnée chiffrée", explique Radoine Haoui, pour qui la France manque d'études sur ce sujet. Cette recherche est le fruit d'un partenariat avec l'observatoire régional de la santé en Midi-Pyrénées (ORSMIP), qui développe un outil Internet permettant le recueil des données dans chaque établissement par les référents désignés. Ceux-ci devront entrer les données sociodémographiques des patients (âge, sexe), le service concerné, le motif de la contention, ses conditions pratiques et la pathologie du patient. 

Lancé en octobre au CH Gérard-Marchant pour tester l'outil informatique, le volet quantitatif de l'étude sera étendu cet hiver à l'ensemble des établissements membres de la Ferrepsy. Portant sur douze mois, cette première édition a vocation à être reconduite et étendue. "Au-delà de Midi-Pyrénées, l'idée est d'élargir le dispositif au Languedoc-Roussillon, puis de le déployer sur l'ensemble du territoire national pour mesurer l'incidence de la contention en France", note Radoine Haoui. Dans un premier temps, il s'attend à des résultats sous-évaluant la réalité si des praticiens ne jouent pas toujours le jeu. "Mais à terme cela va contribuer à modifier une pratique qui ne doit avoir lieu qu'en dernier recours. Pour le bien des patients comme des soignants", conclut-il.

L'étude sur le vécu des soignants est, elle, menée par Samuel Porteau, interne en psychiatrie. Les entretiens s'échelonneront jusqu'à l'été prochain, pour une restitution à la rentrée 2017. Ils concerneront entre trente et quarante médecins et infirmiers, issus de quatre types d'unités différentes selon des quotas représentatifs : unité pour malade difficile, urgences, unité pénitentiaire, unité d'admission. "Nous avons fait le choix d'entretiens semi-directifs, pour laisser un maximum libre cours au vécu des soignants", explique-t-il. Les entretiens suivront huit axes de questionnement, dont le processus de décision ayant mené à la contention physique, le retrait de la contention ou encore ses alternatives éventuelles.
Bruno Decottignies
* Les CH Ariège Couserans, du Gers, de Lannemezan (Haute-Pyrénées), de Lavaur (Tarn), Gérard-Marchant (Haute-Garonne), de Montauban (Tarn-et-Garonne), le CH Sainte-Marie de Rodez (Gers), le CHU de Toulouse, la Clinique Beaupuy (Haute-Garonne), la Clinique d’Aufrery (Haute-Garonne), la Clinique des Cèdres (Haute-Garonne), la Fondation Bon Sauveur d’Alby (Tarn) et l'Institut Camille Miret (Lot).
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