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mercredi 14 septembre 2016

De la souffrance au suicide, comment un infirmier s'est senti "pris au piège" dans son travail

Depuis le mois de juin, cinq infirmiers se sont donné la mort à Toulouse, au Havre ou encore dans la Sarthe. Franceinfo fait le récit de l'un de ces drames.

Un infirmier aide un patient dans un CHU de Maine-et-Loire, le 23 octobre 2013.
Un infirmier aide un patient dans un CHU de Maine-et-Loire, le 23 octobre 2013. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)
"Je vous souhaite du courage pour assumer cette responsabilité. Vous êtes toutes les deux responsables de mon suicide. Mesdames, je ne vous salue pas." Ce sont les derniers mots de Marc*, couchés sur le papier un vendredi du mois de juillet. Ce jour-là, Marc doit prendre ses nouvelles fonctions de cadre de santé. Mais il ne se rend pas au centre hospitalier où il exerce depuis 2012. Il reste chez lui. Il est à bout. Il veut en finir. Il prend un médicament à haute dose et sombre. A côté de lui, trois courriers. Trois écrits dans lesquels il évoque deux membres de la direction pour justifier ce geste, qui lui sera fatal. Marc meurt après quatre jours passés en réanimation.
Ce suicide, comme ceux de quatre autres infirmiers depuis juin, reflète, selon la Coordination nationale infirmière (CNI), l'un des syndicats de la profession, la souffrance du personnel. Elle a appelé à la grève, mercredi 14 septembre, et réclame des "actions urgentes". La CNI incite aussi infirmiers et infirmières à porter un brassard noir sur leur lieu de travail en signe de respect. Pourtant, dans les établissements concernés par les suicides, on pense peu à cette initiative. Le personnel – à la demande des collègues de Marc interrogés par franceinfo, leur établissement n'est pas nommé dans cet article – est encore secoué par la mort de leurs collègues respectifs.

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