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vendredi 18 novembre 2016

Les internes en médecine générale livrent leurs propositions pour l’avenir de la discipline

17.11.2016
Le syndicat des internes en médecine générale l’Isnar-IMG va fêter cette année ces 20 ans. Une bonne occasion pour réunir dans un livre blanc toutes ses propositions pour l’avenir de la profession, en espérant donner de l’inspiration notamment aux candidats à la présidentielle.
Conditions de travail: respect de l'existant et de nouveaux acquis
Sur le statut de l’interne et sa formation, le Livre blanc est l’occasion pour l’intersyndicale de rappeler toutes les positions qu’elle défend depuis plusieurs années à travers ses différents guides (du droit de grève des internes, de la protection sociale…) ou devant les pouvoirs publics. Sur leurs conditions de travail, les internes demandent donc notamment des sanctions plus sévères en cas de non-respect du temps de travail des internes, le respect du repos de sécurité ou du droit de grève, la création d’un compte Épargne Temps et Formation ou le passage à six internes par ligne de garde.

En termes de prévoyance, les internes ont un statut particulier en cas de grossesse ou de maladie, mais ils demandent que la durée d’indemnisation soit portée à un an pour les congés maladie et à toucher l’intégralité des émoluments pendant un an en cas d’ALD. La demande est la même pour un arrêt à cause d’un accident du travail avec en plus le versement d’une allocation temporaire d’invalidité. Ils souhaitent aussi pouvoir bénéficier du congé pour enfant malade, de l’accès aux crèches des hôpitaux ou d’un temps d’allaitement.
Une formation réellement adaptée à la médecine générale
La formation est évidemment le fer de lance des revendications de l’Isnar-IMG. Le Livre blanc reprend les positions défendues depuis plusieurs années maintenant par le syndicat. Au premier rang de celles-ci, on retrouve donc la demande d’avoir une formation plus adaptéeaux spécificités de la médecine générale et donc notamment plus de stages en ambulatoire. L’Isnar-IMG veut rendre obligatoire le SASPAS (stage ambulatoire en soins primaires en autonomie supervisée). Ils souhaitent un stage couplé en gynécologie et pédiatrie ainsi qu’un autre orienté vers la prise en charge de la personne âgée.
Parce que, selon eux, les conditions ne sont déjà pas réunies pour des capacités d’accueil en stage ambulatoire optimales dans le D.E.S actuel en trois ans, ils sont opposés à l’ajout d’une quatrième année, souhaité notamment par le CNGE. Le recrutement et la formation optimale des maîtres de stages ou des moyens pédagogiques supplémentaires accordés à la médecine générale permettrait éventuellement d'envisager une année supplémentaire pour le futur. Concernant la médecine générale en tant que filière universitaire, ils réclament encore et toujours plus de postes universitaires de médecine générale, la création de postes de chefs de clinique et la promotion de la recherche ainsi que des initiations.
Incitations et aides à l'installation
Même au stade de l’internat, les futurs généralistes ont déjà une idée de la façon dont ils veulent exercer et leurs stages peuvent être déterminants dans leur projet professionnel. L’Isnar-IMG insiste donc sur la nécessité de développer les stages dans les zones sous-denses avec également une prise en charge de l’hébergement et des transports. Ils soutiennent les différentes mesures prises ces dernières années pour les inciter à s’installer dans ces régions mais soulignent la nécessité de promouvoir ces différents contrats parfois méconnus des internes.
L’équipement en matériel onéreux des médecins ruraux, des prêts à taux réduit, des financements publics pour l’aide à la construction de MSP ou encore une participation à différents frais (stérilisation, achat de matériel à usage unique, élimination des déchets à risque biologique) pourraient permettre selon eux de faire venir les nouveaux praticiens dans les zones déficitaires. En outre, pour inciter les jeunes à visser leur plaque, la formation à l’installation et à la gestion du cabinet doit être uniformisée dans les universités. Et l’Isnar-IMG propose également de : rendre plus aisé l’exercice en cabinet multi-site ou encore de revaloriser les actes techniques coûteux en temps et en matériel. Enfin, comme on le sait, les jeunes sont très partisans de la diversification des modes de rémunération et privilégient le paiement au forfait en complément du paiement à l’acte. Les internes demandent donc aussi une revalorisation des actes en lien avec la prévention et les soins des patients chroniques, ainsi que pour la gestion administrative et les consultations par téléphone

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