Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

jeudi 17 novembre 2016

Le management des pôles est en passe "d'exploser" avec l'émergence des parcours de santé

Occultés par la création des groupements hospitaliers de territoire (GHT), les pôles sont face à un tournant dans leur organisation. Lors des 9es rencontres du management des pôles de la FHF et de la MNH, certains prédisent une explosion du modèle tandis que d'autres perçoivent un prolongement de la logique.
"Nous sommes dans un moment sans doute un peu paradoxal. Nous n'avons jamais eu autant besoin du management par les pôles et nous n'en avons jamais aussi peu parlé depuis leur mise en place", estime David Gruson, le délégué général de la FHF. Un constat qu'il a posé le 15 novembre, à l'occasion de l'ouverture des 9es rencontres du management des pôles de la FHF et de la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH)*. Une édition placée sous le sceau des groupements hospitaliers de territoire (GHT) qui, avec leur mise en place dans un calendrier restreint, ont "occulté" les pôles.

Cette réforme des GHT implique notamment le développement de pôle interétablissements. "Un véritable prolongement de la logique de pôle si la qualité du soin prime", avance Chantal Lachenaye-Llanas, la directrice générale adjointe (DGA) du CHU de Bordeaux (Gironde). Elle cite ainsi comme exemple la création d'un pôle cardio-thoracique dans le GHT, dont le CHU est établissement-support, pour pallier le manque de médecins dans un service d'un des établissements membres. "Il ne faut pas attendre de ces pôles d'être un remède miracle", tranche cependant David Gruson.

Deux finalités différentes

Les GHT et les pôles ont été créés pour répondre à des finalités différentes. Les pôles répondent au besoin d'accroître la responsabilité médicale et à une logique de rationalisation de la gestion avec la mise en place de la T2A. Les GHT reposent sur l'idée d'une synergie entre les équipes sur un territoire, qui se traduit par l'organisation d'équipes territoriales. Ainsi, pour Chantal Lachenaye-Llanas, il faut créer "une intersection entre les deux" plutôt qu'un "antagonisme". Une intersection qui ne concerne pas que les pôles interétablissements.

"C'est une erreur de n'approcher les effets des GHT qu'à la lumière des pôles interétablissements. La réforme va agir sur l'ensemble des pôles et ouvrir une réflexion sur la contractualisation, à l'échelle de la personne morale de l'établissement ou d'harmonisation des outils intra-établissement", détaille David Gruson. Ce n'est pas la simple constitution des périmètres des GHT qui va impacter les pôles mais la réalisation des projets médicaux partagés (PMP) et des projets de soins partagés (PSP), attendus pour juin 2017.

"Le sujet ne sera pas neutre. Les filières prioritaires des PMP iront jusqu'au médico-social. Toute la logique d'objectifs communs va exploser les lignes", prédit la DGA du CHU de Bordeaux. Un avis partagé par Jean-Marie Woehl, président de la CME des Hospices civils de Colmar (Haut-Rhin) et vice-président de la conférence des présidents de CME de CH. Il estime ainsi que la question des pôles n'est pas prioritaire et que la "préoccupation principale est la construction du parcours de santé", qui regroupe les PMP et les PSP. "Cela va faire exploser le modèle, il va falloir travailler avec les libéraux pour réussir le virage ambulatoire", glisse-t-il.

Un mouvement qui pourrait conduire à la disparition des pôles selon lui. "La réponse sera donnée par les professionnels de santé. Peut-être qu'il ne restera plus que des pôles interétablissements, peut-être qu'ils disparaîtront mais nous avons encore besoin d'éléments structurants", estime-t-il. "J'ai la conviction qu'ils ne vont pas et ne doivent pas disparaître", avance Chantal Lachenaye-Llanas. "Il faut des repères mais des repères qui soient utiles", pose Catherine Latger, la directrice du CH des Rives-de-Seine (Hauts-de-Seine).

Trois qualités pour mener la transformation

Le colonel Michel Marlot, ancien responsable du service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Saône-et-Loire est revenu sur la transformation en profondeur de l'organisation des services. Un travail qui a pris sept années, souligne-t-il. Il retient ainsi trois qualités, humilité, ouverture et audace pour porter les innovations dans l'organisation. Un guide proposé pour accompagner et donner du sens aux PMP et aux PSP.
Jérôme Robillard
* Pour information, Hospimedia appartient au groupe MNH.
Tous droits réservés 2001/2016 — HOSPIMEDIA

Aucun commentaire: