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mardi 15 novembre 2016

CET HOMME N'A RIEN D'UN DANGEREUX PSYCHOPATHE…

Christophe, un jeune infirmier, doit prendre en charge un détenu hospitalisé. Cette confrontation le terrifie et le renvoie à l’image du dangereux psychopathe… Pourtant rapidement la peur fait place à l’empathie.

Il a plu toute la nuit. Toutes les nuits et les jours d’avant. Sans discontinuer, depuis une semaine, sans fin, la pluie, toujours la pluie. D'ordinaire, j'aime beaucoup la pluie, apaisante et poétique, mais là c'en est trop. Elle se glisse partout, sous ma porte, sous mes tuiles, dans mes rêves, dans mes pores, le long de tout mon dos, dans chacun de mes pas, dans toutes mes pensées. Désormais, elle m’envahit, me noit.

Ce matin-là,  je suis frigorifié. Après le départ de l'équipe de nuit, je reste quelques instants blotti contre le vieux radiateur, dans l'espoir vain d'un réchauffement. Les patients des urgences m’attendent, mais je ne peux plus bouger, écrasé par cette pluie qui semble me poursuivre jusque dans le poste de soin. À cause d’elle, tout semble sombre autour de moi et en moi.

Pourtant, je dois m’y résoudre et ne plus croire au miracle, le travail m’attend. Dans un effort conséquent, je m’avance avec crainte. Car un des patients que je vais devoir prendre en charge m’inquiète plus particulièrement. Ce n’est pas la raison de son admission dans le service qui me préoccupe le plus, c’est son statut. Ce patient est un prisonnier.
Au loin, dans les couloirs, j'entends quelques cris, des portes qui claquent, des gémissements, des chariots qui roulent. Et parfois le silence. Sombre. Froid.

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