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samedi 29 octobre 2016

Entendre des voix n'est pas forcément un symptôme de la folie

Catherine Mary       28 octobre 2016






Jusqu'ici considérée comme prototype de la folie, l'entente de voix est désormais abordée sous un autre angle par les psychiatres, qui aident les patients à analyser, comprendre, et vivre avec ces compagnons particuliers
 En psychiatrie, l’entente de voix est signe de psychoses redoutées telles que la schizophrénie. Mais en la revendiquant comme une singularité avec laquelle il est possible de vivre, les entendeurs de voix, dont la conférence mondiale s’est tenue à Paris du 19 au 21 octobre, font ainsi sortir l’entente de voix du champ de la folie.
«Avec les entendeurs de voix, il se produit un changement de paradigme très intéressant, car en psychiatrie, ce syndrome est considéré comme très pathologique. C’est le prototype de la folie», s’enthousiasme le psychiatre et psychanalyste parisien Patrick Landman. «Avec les entendeurs de voix, on sort de l’approche binaire qui consiste à dire, vous entendez des voix, il faut les supprimer. Ce qui est important, ce n’est plus tant l’entente des voix, mais l’impact qu’elles ont sur la personne», renchérit le psychiatre Charles Bonsack du Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV).
«On s’est aperçu que l’entente des voix concernait une proportion importante de la population et que les hallucinations pouvaient survenir chez n’importe qui dans des conditions extrêmes, comme le manque d’oxygène par exemple», complète-t-il. «Les entendeurs de voix sont des précurseurs dans l’entraide en psychiatrie. Il s’agit non plus d’être dans une relation de fuite avec les voix, mais au contraire d’en faire des alliés bienveillants», témoigne quant à lui Iannis MacClunskey, pair praticien au CHUV de Lausanne.


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