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vendredi 8 juin 2018

Un jeune jugé pour l’assassinat de son ex-petite amie

Par AFP — 


Un jeune à tendance dépressive jugé pour l'assassinat de son ex-petite amie
Un jeune à tendance dépressive jugé pour l'assassinat 
de son ex-petite amie Photo PASCAL GUYOT. AFP

En octobre 2015, un étudiant de 19 ans étranglait et poignardait son ex-petite amie, une lycéenne de 17 ans qu’il harcelait depuis qu’elle l’avait quitté après avoir avorté. Il comparaît pour assassinat à partir de lundi devant la cour d’assises de l’Isère.
Il parle d’elle comme de son «âme soeur». Pourtant, le 2 octobre 2015, vers 8H00 du matin, Simon Thirel est entré dans la maison familiale de Julie, à Saint-Jean-de-Moirans, un village de 3.400 habitants à une vingtaine de kilomètres de Grenoble.
Le jeune homme est passé par la porte du salon restée ouverte, sans y être convié, selon l’ordonnance de mise en accusation que l’AFP a pu consulter. Il s’est rendu à l’étage, puis s’est dirigé vers la chambre de l’adolescente.
Celle-ci, surprise de le voir débarquer, s’est fâchée, l’a giflé. Simon Thirel n’a pas apprécié, il l’a étranglée jusqu’à l’étouffement et lui a donné des coups de couteau. Cinq couteaux ont été retrouvés sur place, certains apportés par le jeune homme.

La mère de Julie, alertée par le bruit, a découvert la situation, s’est battue avec Simon Thirel, avant que celui-ci prenne la fuite et appelle lui-même les secours. Il a très vite été interpellé dans le village à 9H10, sans montrer de résistance.
Les pompiers et le Samu ont pris en charge Julie, dans un état très grave car elle avait déjà perdu beaucoup de sang. Héliportée à l’hôpital de Grenoble, elle est morte à 10H10.
Considéré par ses amis comme «un bon camarade, calme et ouvert» mais dans un état de «dépressivité permanente» selon un expert, et particulièrement jaloux, Simon Thirel n’a pas supporté la séparation d’avec Julie.
- «déferlement de violence» -
La rupture était intervenue peu après un avortement de la jeune fille au début de l’année 2015, au terme d’une relation amoureuse de plus de deux ans.
Subissant un harcèlement de son ex, Julie l’avait bloqué sur tous les réseaux sociaux mais il tentait tout de même de renouer le contact.
Pour cela, et face à un refus de son ex-petite amie, il avait répandu des rumeurs selon lesquelles elle lui aurait transmis des maladies sexuellement transmissibles.
Il avait également tenté d’exercer sur la lycéenne -- décrite comme «ouverte, souriante et sans histoire» -- un chantage à la révélation de détails intimes, et avait provoqué son frère, qui était son ancien meilleur ami.
Les experts considèrent qu’il n’y a pas d’abolition du discernement chez Simon Thirel, seulement une altération.
Un expert psychologue a notamment souligné son incapacité à adopter une bonne distance dans ses relations humaines, étant soit dans la fusion, soit dans le rejet.
Il avait par le passé tenté de se suicider et fait l’objet d’hospitalisations en psychiatrie.
Pour son avocat, Me Denis Dreyfus, la matérialité des faits étant établie, deux questions se poseront principalement lors de l’audience: celle de la préméditation, que nie son client, et celle, «compliquée», du «pourquoi un tel passage à l’acte, un tel déferlement de violence» de la part d’un étudiant qui ne présentait, jusqu’à ces faits, que des problèmes de personnalité.

Poursuivi pour assassinat, l’accusé Simon Thirel, dont le casier judiciaire est vierge, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu mercredi.


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