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lundi 10 juillet 2017

Moins de petites épines dendritiques dans la schizophrénie

 03/07/2017



Venant démentir un mot du neurologue américain Frederick Plum[1] (auteur du terme locked-in syndrome) affirmant en 1972 que « la schizophrénie constitue le cimetière de la neuropathologie » car les chercheurs peinent à identifier des caractères anatomo-pathologiques propres à cette maladie, une étude réalisée dans les Facultés de Médecine de Pittsburgh et de Chicago (États-Unis) compare la densité synaptique dans des échantillons de tissus cérébraux analysés post-mortem chez des schizophrènes et des sujets-témoins. Plus précisément, les auteurs ont analysé des neurones de la couche profonde du cortex auditif (neurones pyramidaux de la couche III)[2].

Cette étude tend à confirmer l’hypothèse dite de «l’overpruning » (élagage excessif) proposée par I. Feinberg[3] en 1982, selon laquelle une raréfaction des synapses à l’adolescence pourrait contribuer au déclenchement de la schizophrénie. Il convient cependant d’affiner cette hypothèse de Feinberg, dans la mesure où l’association épidémiologique observée ici se réfère plus particulièrement à un lien entre une perte sélective des petites épines dendritiques[4] et un facteur de risque génétique de schizophrénie : « seules les plus petites épines dendritiques sont perdues dans la couche profonde III du cortex auditif primaire chez les sujets atteints de schizophrénie, tandis que les épines plus grandes sont conservées. »
On observe que les niveaux d’un peptide, associé au gène de risque pour la schizophrénie CACNB4[5] se révèlent «inversement corrélés avec la densité des épines plus petites, mais pas des plus grandes », chez les sujets atteints de cette maladie. Et conformément à cette observation, la sur-expression de ce gène CACNB4 dans des cultures neuronales in vitro entraîne une densité plus faible des épines dendritiques les plus petites. Étayant ainsi l’hypothèse de Feinberg, les résultats de cette étude devraient « stimuler les recherches plus approfondies sur les mécanismes qui régissent la production ou le maintien de petites épines dendritiques, ainsi que la façon dont ce processus est altéré dans la schizophrénie. »

Dr Alain Cohen
RÉFÉRENCES
Coyle JT et coll. : Cortical pyramidal neurons show a selective loss of new synapses in chronic schizophrenia. Am J Psychiatry 2017; 174(6) : 510–511.

MacDonald ML et coll.: Selective loss of smaller spines in schizophrenia. Am J Psychiatry 2017; 174(6) : 586–594.

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