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samedi 4 mars 2017

LOUIS ROUBAUD, LA FOLIE DE L’ENQUÊTE

Par Frédérique Roussel  — 
Crise d’hystérie observée chez une patiente du Dr Charcot à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris en 1875.
Crise d’hystérie observée chez une 
patiente du Dr Charcot à l’hôpital 
de la Salpêtrière à Paris en 1875. 
PHOTO ADOC-PHO


L’encart vante : «Prochainement, un grand reportage de Louis Roubaud.» Sous un dessin en noir et blanc sur lequel est représenté un homme au visage oblong et maladif derrière des barreaux. On est en 1933 dans les pages de Détective, l’hebdomadaire de faits divers qui cartonne en kiosque. Photos chocs, crimes sanglants, mais aussi belles plumes. C’est une époque où les grands reporters sont des héros, les Joseph Kessel, Albert Londres et d’autres qu’on a oubliés. Louis Roubaud, dont la maison d’édition L’Eveilleur réédite cette fameuse enquête réalisée chez les fous, n’évoque plus rien aujourd’hui.
Une recherche en ligne fait quasiment chou blanc. Sa page Wikipédia renseigne tout au plus sur ses dates de naissance (21 août 1884 à Marseille) et de mort (14 octobre 1941 à Lyon), et liste cinq titres publiés, Démons et Déments n’en faisant pas partie. Au début des années 2000, un homonyme partiel, Jean-Louis Roubaud, se met en tête de se pencher sur sa généalogie et tombe sur ce Louis, qui n’a rien à voir avec sa famille. Intrigué, il passe tout de même trois ans à tenter de retracer la ligne de vie de cet ami d’Albert Londres qu’il désignait comme son «maître». La cueillette lui paraît bien mince : une bibliographie complète, ses collaborations avec la presse, son union sans progéniture, un carton de papiers et de lettres compulsés aux archives nationales, et une pile de ses œuvres. Peu mais suffisant pour redonner un arbre d’ascendance et un sillage au reporter disparu à 57 ans.
Originaire d’une famille bourgeoise d’avocats et d’architectes marseillais, Louis Roubaud «monté» à Paris s’est installé place de Clichy. Du tout début des années 20 jusqu’en 1940, il écrit dans plusieurs journaux. Rédacteur en chef de la revue littéraire la Flamme, puis salarié du Journal, il dirige l’Explorateur français après guerre, crée le grand reportage au Quotidien, avant d’être recruté au Petit Parisien.

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