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mercredi 1 mars 2017

Le suicide assisté d’un Italien tétraplégique en Suisse relance le débat sur la fin de vie en Italie

Ariel F. Dumont
| 28.02.2017
« C’est une honte, pas un seul parlementaire a le courage de défendre une loi pour aider les personnes qui souffrent et doivent aller mourir à l’étranger dans les pays qui le permettent contrairement à l’Italie ». Ces mots ont été adressés aux parlementaires italiens par Fabiano Antoniani, ce lundi 28 février au matin, avant de mourir.
À la suite d’un accident de la route en 2014, cet Italien plus connu sous son nom de scène DJ Fabo, devient aveugle et tétraplégique à l’age de 36 ans. Se sentant condamné à une « non vie sans fin », à la mi-janvier, Fabiano Antoniani envoie un message- vidéo au président de la République, Sergio Mattarella, pour lui demander de le laisser mourir.

Une nuit sans fin
Des mots simples prononcés par sa fiancée puisqu’il ne pouvait quasiment plus parler pour raconter sa vie avant l’accident, la passion pour la musique qui l’avait poussé à abandonner sa carrière de broker, les nuits folles en discothèque, le déménagement en Inde pour devenir DJ et après l’accident.
« Je suis enfermé dans une nuit sans fin depuis trois ans et sans aucune chance d’en sortir… Monsieur le président de la République, je veux pouvoir choisir de mourir, sans souffrir mais pour cela, j’ai besoin d’aide », a dit DJ Fabo. Cet appel est resté lettre morte tout comme le débat sur le testament biologique régulièrement relancé au parlement et tout aussi régulièrement enterré depuis quasiment dix ans.
Alors comme d’autres Italiens, deux cent quarante-cinq durant les trois dernières années selon le rapport publié par une association qui défend le droit à l’euthanasie, DJ Fabo a choisi de partir en Suisse pour pouvoir mourir. Non pas parce qu’il était déprimé mais parce qu’il tenait à sa dignité d’être humain a déclaré Marco Cappato, président de l’Association Luca Coscioni qui a aidé DJ Fabo à se rendre en Suisse. Un geste qui selon la loi italienne, pourrait lui coûter douze ans de prison pour assistance au suicide.
Au parlement le 6 mars
Pour les partisans des directives anticipées de fin de vie, le parcours ou plutôt la fin de Fabiano Antoniani pourrait influencer les discussions sur l’adoption du testament biologique qui reprendront le 6 mars prochain au parlement. Soit un an après la présentation d’un nouveau texte longuement revu et corrigé par les membres de la Commission parlementaire des Affaires sociales.
La nouvelle version présentée le 7 décembre dernier, prévoit la possibilité pour le patient (qui peut modifier ou révoquer ses dispositions à n’importe quel moment après avoir rédigé son testament biologique), d’interrompre les soins. Notamment l’alimentation et l’hydratation artificielle.
Le médecin devra obligatoirement suivre les indications de son patient et il ne pourra plus comme auparavant être poursuivi par la justice pour non-assistance à personne en danger. Des dispositions inacceptables pour le parti populiste la Ligue du Nord et la droite catholique qui parle d’introduction du suicide assisté et de l’euthanasie passive et promettent de livrer bataille pour bloquer l’adoption du texte en l’état actuel. En revanche, le parti démocrate et le Mouvement 5 étoiles ont décidé de voter en faveur de ce document.

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