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mardi 28 février 2017

Hospitalisation après urgences : le profil des patients

28.02.2017
Qu’est-ce qui motive les 25 % d’hospitalisations décidées après accueil aux urgences ? Les statisticiens du ministère de la Santé ont mené l’enquête sur une journée donnée. Le premier constat relevé sur le mardi 11 juin 2013 est plutôt rassurant sur le fonctionnement du système de soins : ce sont l’âge et la gravité qui expliquent le recours à une hospitalisation. Ainsi, relève la Drees « plus de la moitié des patients de plus de 75 ans sont hospitalisés dans un service après leur passage aux urgences. »
L’état de santé explique aussi le choix d’un parcours institutionnel post urgences. De ce point de vue, dans le quarté de tête figurent les patients qui arrivent avec une paraparésie d’un membre dont les trois quarts sont hospitalisés, ceux souffrant de dyspnées (66 %), suivis des personnes arrivées inconscientes (51 %), et de celles fébriles (47 %). Viennent ensuite les motifs psychiatriques qui, quatre fois sur dix sont transférés dans un service ad hoc.
À noter aussi qu’environ un tiers des intoxications, des douleurs abdominales, des motifs cardio-vasculaires ou des douleurs thoraciques sont gardés en milieu hospitalier. A contrario, neuf fois sur dix les traumatismes des membres inférieurs, supérieurs ou même crâniens sans perte de connaissance repartiront d’où ils viennent après prise en charge. Retour chez soi encore plus fréquents pour les motifs ophtalmo ou ORL.
On garde plus souvent les patients qui habitent plus loin
L’étude de la Drees montre néanmoins que d’autres facteurs aussi sont corrélés aux hospitalisations. Ainsi, sans surprise, les patients dirigés aux urgences par un établissement hospitalier ou par un SAMU seront plus souvent hospitalisés ensuite que la moyenne. La géographie joue aussi un rôle non négligeable dans le parcours ultérieur du malade : plus la distance domicile-établissement est importante et plus la probabilité d’être hospitalisé est grande. Les chercheurs de la DREES avancent là-dessus deux explications : les patients éloignés ne viendraient pas pour rien aux urgences ; et de leur côté, les médecins hésiteraient davantage à les laisser rentrer chez eux en petite forme. Le même motif permettrait de comprendre aussi le fait que, lorsqu’on vit seul, le taux d’hospitalisation après urgences est plus élevé.
Enfin, dernier constat qui intéressera les médecins de ville : les patients qui se rendent eux-mêmes aux urgences et dont la situation financière est moins favorable que la moyenne seront moins souvent hospitalisés ensuite. Bizarrerie apparente, que les auteurs de l’étude expliquent par un usage des urgences comme porte d’accès aux soins dans certains milieux sociaux : ils suggèrent en effet que « cet écart peut refléter une différence dans l’accès aux soins, les patients choisissant parfois entre médecine générale et recours aux urgences. »

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