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vendredi 27 mai 2016

Carburants : « La peur de manquer est un comportement basique et archaïque »

LE MONDE | Par Marlène Duretz
Comment expliquer la ruée vers les stations-service ? Pragmatisme ou inexorable peur de manquer ? Le point de vue de psychologues relayé par #AlloMarlène.
File d’attente à la pompe à essences du centre commercial Atlantis,  le 24 mai, à Nantes, où les carburants sont rationnés par arrété préfectortal.
File d’attente à la pompe à essences du centre commercial Atlantis,  le 24 mai, à Nantes, où les carburants sont rationnés par arrété préfectortal. Franck Tomps pour Le Monde
Le blocage des sites pétroliers et dépôts de carburants par les opposants au projet de loi « travail » engendre des dysfonctionnements dans le réapprovisionnement des stations-service. « Il n’y aura pas de pénurie dans les prochains jours », soutenait, lundi 23 mai sur iTélé, le ministre de l’économie et des finances, Michel Sapin, notant que « parler de pénurie crée la pénurie ». Sur le terrain, les stations-essence sont prises d’assaut. Jeudi 26 mai, 20 % d’entre elles étaient à sec, selon le ministère des transports, un chiffre qui atteint jusqu’à 40 %, selon les référencements de l’application Essence (Android, Windows Phone et iPhone). Comment expliquer cette ruée ?
D’où vient la peur de manquer ?
Se prémunir contre le risque, éviter une immobilisation contrainte : on choisit l’action plutôt que l’inertie subie qui guette son véhicule, s’armant de patience pour s’approvisionner, comme on vient à défendre, d’un point de vue plus personnel, sa « prospérité » matérielle et affective.« La peur de manquer vient du sentiment d’insécurité qu’elle engendre », explique Thierry Gallois, psychologue spécialiste des maladies liées au stress et à des comportements à charge, auteur notamment de Psychologie de l’argent (Ed. L’Archipel, 2003). « Il s’agit là d’un comportement tout à fait basique, et archaïque, pour le psychiatre et psychothérapeute Jérôme Palazzolo. La peur du manque va attiser le désir d’accumuler. » Même si le risque de défaut d’approvisionnement en carburant ne met pas l’individu en danger, « on pourrait toutefois rapprocher cette dynamique de l’instinct de survie ».

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