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mardi 7 novembre 2017

Les groupes d'entraide mutuelle planchent sur le rôle des gestionnaires et des parrains


La Fédération nationale des usagers en psychiatrie (Fnapsy) organisait ce 26 octobre son neuvième colloque consacré aux groupes d'entraide mutuelle (Gem). L'occasion de réfléchir à leur fonctionnement dans le cadre du nouveau cahier des charges de mars 2016 et de bien définir le rôle des gestionnaires d'une part et des parrains d'autre part.

Les groupes d'entraide mutuelle (Gem) sont des associations autogérées qui ne délivrent ni soins ni prestations mais aident les handicapés psychiques à être acteurs de leur propre vie. Étienne Petitmengin, secrétaire général du Comité interministériel du handicap, rappelle tout l'intérêt que le Gouvernement porte à ces "piliers de l'inclusion citoyenne, maillon aujourd'hui indispensable d'une politique qui veut s'adresser à des sujets de droit et non des objets de soins", en ouverture du colloque de la Fédération nationale des usagers en psychiatrie (Fnapsy), consacré aux Gem. "Les groupes d'entraide mutuelle sont une invention française que l'Europe du Nord, pourtant avancée dans la prise en charge du handicap psychique, nous envie. Ces groupes où tout le monde se connait sont une passerelle entre le soin, le monde médico-social et la cité", précise Claude Finkelstein, présidente de la Fnapsy.

À la pointe des dispositifs inclusifs


Une passerelle que le Gouvernement entend bien utiliser pour développer des dispositifs inclusifs. "Les Gem sont des structures sur lesquelles nous allons nous appuyer pour mettre en place des dispositifs innovants : l'emploi accompagné, l'habitat inclusif et en particulier les appartements de coordination thérapeutiques pour lesquels les appels d'offre des expérimentations exigent la présence d'un Gem sur le territoire", explique Sylvia Guyot de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS). 

Créés en 2005, les Gem ont bénéficié en mars 2016 d'un nouveau cahier des charges, négocié et validé par les fédérations qui les ont porté sur les fonds baptismaux : la Fnapsy, l'Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) et les Croix-Marine devenues depuis Santé mentale France. La mise en œuvre de ce nouveau cahier des charges était au centre de la journée.

Un cahier des charges à populariser

Pour aider les Gem à se mettre en accord avec ce nouveau fonctionnement, la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) a financé 300 000 euros de formation sur les années 2017 à 2019. Mais il n'y a pas que les Gem qui ont besoin d'une mise à jour des connaissances. Du côté des ARS, qui pourtant instruisent la création et financent les Gem, il y a parfois des ratés. Ainsi dans les Hauts-de-France, certains groupes ont eu droit à une inspection musclée tandis qu'en Bourgogne-Franche-Comté l'ARS a semé la panique en envoyant une instruction aux Gem leur demandant de se déclarer comme service médico-social. Pourtant dans l'ensemble, les ARS sont plutôt bienveillantes et facilitantes. "En 2016, la CNSA a versé aux ARS de quoi financer 394 Gem, elles en ont financé 36 de plus sur leurs fonds propres", rappelle Fanny Bouarek de la CNSA. 

Ne plus confondre parrain et gestionnaire


Outre le fait que les Gem doivent tous se constituer en association, le cahier des charges fait désormais bien la distinction entre les deux structures sur lesquelles ils vont s'appuyer : le gestionnaire d'une part et le parrain d'autre part. Dès 2005, les Gem avaient prévu d'avoir des parrains. Parce que ce sont de petites associations qui doivent gérer du personnel — elles comptent en général un à deux animateurs salariés — les Gem passent également souvent des partenariats avec de plus grosses associations ou des établissement médico-sociaux pour la gestion quotidienne. 

"Quand on s'est rendu compte que la gestion était lourde pour une petite association de 40 à 60 membres, les parrains sont devenus gestionnaires mais ce n'était pas sain car lorsqu'il y avait un problème entre le gestionnaire et l'association, il n'y avait aucun médiateur", explique la présidente de la Fnapsy. "Le parrain doit être une structure qui peut jouer de son poids politique pour aider le Gem, il doit être informé de ce qui se passe sans pour autant participer et doit être à la disposition de tous les adhérents. Il doit être capable de prendre du recul et de jouer le rôle de médiateur si besoin. Quant à l'association gestionnaire, elle doit faire bénéficier le Gem de ses compétences en matière économique et sociale sans interférer dans l'organisation quotidienne", estime Michel Girard, président de l'Unafam des Hauts-de-Seine. 
Emmanuelle Deleplace

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