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mercredi 5 avril 2017

52 recommandations pour améliorer la psychiatrie des mineurs en France

Roxane Curtet
| 05.04.2017


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MARK SYKES/SPL/PHANIE
Améliorer les connaissances, mobiliser les participants au repérage précoce, garantir la prise en charge en continu, ou renforcer la reconnaissance de la discipline. Voici les solutions proposées par un rapport parlementaire qui vient de paraître afin d'optimiser le parcours de soins des enfants et adolescents ayant des problèmes psychiatriques. À travers 52 recommandations précises divisées selon ces quatre axes majeurs, le texte fait le point sur la situation actuelle et offre plusieurs pistes d'amélioration.

Si la fréquence de ces troubles chez les jeunes ne semble pas s'accroître, les progrès du diagnostic et «l'essor de certaines affections » créent de nouveaux besoins de soins, explique le rapport coordonné par Michel Amiel, médecin et sénateur des Bouches-du-Rhône, dans l'introduction. Par ailleurs, « un repérage et une prise en charge précoce des troubles psychiatriques des mineurs conditionnent l'évolution de la pathologie : le continuum des troubles peut être interrompu ». Logique, vu que la moitié des pathologies d'ordre psychiatriques chez l'adulte apparaissent avant 16 ans selon l'OMS.
 « L'enfant n'est pas qu'un adulte en miniature »
En premier lieu le rapport préconise notamment de soutenir la recherche épidémiologique sur le sujet afin d'acquérir des connaissances plus fines sur la population de mineurs touchés. « L'enfant n'étant pas qu'un adulte en miniature », cette population demeure spécifique.
En outre, le texte appuie sur l'importance du cercle familial,et d'une collaboration avec les parents. L'apparition du mal-être peut aussi provenir d'un environnement spécifique : « une particularité du mineur est qu'il se construit au sein de milieux divers, qu'il peut ressentir différemment ». Il est donc recommandé de mieux accompagner les familles et de mieux diffuser les « outils de repérage » auprès des psychologues et infirmiers scolaires et des services de protection maternelle et infantile. Lors de l'entrée dans le supérieur, faire passer à chaque étudiant une visite médicale afin de faire un bilan de son état de santé, tant physique et psychique s'avérerait également bénéfique. Une autre solution envisagée serait de prévoir un dispositif téléphonique pour que les médecins généralistes puissent donner un avis pédopsychatrique.
Une organisation qui se doit pluridisciplinaire
En ce qui concerne la prise en charge, elle repose sur une diversité de structures sanitaires qui peuvent se trouver submerger. De manière générale, on constate une difficulté d'accès aux soins inégale en fonction des territoires. Il serait donc préférable de « poursuivre le mouvement de réouverture de lits hospitaliers en psychiatrie infanto-juvénile » comme de mettre en place des « indicateurs de saturation » des centres médico-psychologiques ou encore de généraliser l'association des pédopsychiatres dans les équipes de services d'urgences pédiatriques. Par exemple, il est préconisé d'organiser des astreintes téléphoniques.
D'autre part, comme la pédopsychiatrie est un travail pluridisciplinaire qui doit être efficace, il semble nécessaire de mieux reconnaître le rôle et l'intervention des disciplines associées comme la psychologie ou l'ergothérapie. Ainsi, le rapport demande une expertise de la HAS pour proposer des améliorations organisationnelles et d'encourager l'évaluation de stratégies non médicamenteuses. Enfin, la substitution des épreuves classantes nationales (ECN) par des épreuves régionales (ECR) pourrait permettre de former le nombre de spécialistes nécessaires en fonction des besoins dans chaque région.

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