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vendredi 3 février 2017

Sus au "Fat shaming" ! Se moquer des personnes en surpoids nuit à leur santé

Roxane Curtet
| 29.01.2017

« Je ne suis pas gros, juste enveloppé ! » Faire des allusions à l’embonpoint des individus demeure une forme de préjudice très courante. Les personnes qui luttent face à leur problème de poids se retrouvent confrontées aux stéréotypes qui les jugent parfois fainéants, voire incompétents. Or, la souffrance qui en découle a un impact sur leur santé et augmente leur risque de développer une maladie cardiovasculaire ou métabolique d’après une étude parue dans la revue Obesity.

« C’est une idée fausse assez répandue que de penser que de stigmatiser les personnes atteintes d'obésité pourrait les motiver à perdre du poids et à améliorer leur santé », affirme le Pr Rebecca Pearl de l’école de médecine de l’université de Pennsylvanie, qui a dirigé les travaux. « Nous constatons l'effet inverse. Quand les gens se sentent honteux en raison de leur poids, il y a plus de chance qu’ils évitent de faire de l’exercice et ils ont tendance à consommer plus de calories pour faire face à ce stress ».
Dévaloriser les personnes souffrant d’obésité les pousse à manger davantage
Plus précisément, les chercheurs ont examiné les données de 159 adultes atteints d’obésité qui ont été inclus dans un essai clinique pour tester des médicaments pour favoriser la perte de poids. Les candidats ont complété des questionnaires afin de savoir s’ils étaient dépressifs ou s’ils souffraient d’une mauvaise image d’eux-mêmes (s’ils ont tendance à se dévaloriser à cause de leur corpulence) avant même le début des tests. Ils ont également été examinés par des médecins afin de déterminer s’ils souffraient de troubles métaboliques, ou s’ils présentaient des facteurs de risque associés à des pathologies cardiovasculaires ou à la survenue de diabète de type 2 (un niveau élevé de triglycérides, une pression artérielle hors norme, un tour de taille important).
Lorsque les patients ont été divisés en deux groupes selon qu'ils avaient une bonne estime d’eux-mêmes ou non, ceux qui se dévalorisaient présentaient un risque 3 fois plus élevé de souffrir de problèmes métaboliques, et un risque 6 fois plus important de présenter un niveau excessif de triglycérides comparé à ceux avec une bonne estime de soi.
Des recherches antérieures avaient d’ores et déjà démontré que ce type de stigmatisation affecte la santé mentale et physique car elle peut entraîner un stress physiologique qui se caractérise par une augmentation de l’inflammation ou une hausse du taux de cortisol.
Ainsi, « Les professionnels de santé peuvent jouer un rôle crucial dans la diminution de cette stigmatisation en traitant les patients avec respect, en discutant de leur poids avec sensibilité et sans jugement, en soutenant et en encourageant les patients qui luttent avec la gestion de leur poids. Ce sont des comportements que tout le monde devrait afficher lors de l'interaction avec les personnes obèses », argue le Pr Tom Wadden, co-auteur de l’étude.




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